Inondations: Bras de fer entre sinistres et le maire du 5eme arrondissement
- Écrit par DIALLO (Le Monde d'aujourd'hui n°03 du mardi 4 décembre 2012)
Rompre d’avec les anciennes pratiques de gestion à l’à peu près et circonstancielle des crises, tel est l’un des objectifs que se sont fixées les autorités de la 7ème République.
Depuis leur installation, des problèmes récurrents ont eu des débuts de solutions durables, comme l’épineuse question de la famine dont une des issues trouvées est l’aménagement et l’exploitation de tous les potentiels points d’eau dans le cadre de la politique 3N. Dans le même ordre d’idée, l’année 2012 a enregistré une série d’inondations, principalement dans les régions riveraines du fleuve. A Niamey, c’est principalement les populations du 5ème Arrondissement qui ont été victimes. Des quartiers entiers ont été engloutis par les eaux du fleuve qui a débordé. Parmi ces quartiers, on notre une grande partie de Karadjé, l’un des plus grand de la rive droite. Le quartier Karadjé est aujourd’hui en ébullition depuis à peu près deux semaines ; depuis que le maire du 5ème Arrondissement a annoncé la décision des autorités de déplacer les populations sinistrées de Karadjé à Séno, un village situé sur la route de Torodi.
Cette décision a provoqué de vives protestations tant des populations de Karadjé que de Séno. Quelles sont les motivations des uns et des autres ? Pour les sinistrés de Karadjé, il s’agit juste de rappeler au maire de la Commune 5 qu’il a eu à leur faire des promesses auxquelles ils n’aurait pas tenu. En effet, au moment où on demandait à ses populations de libérer les salles de classes qui les ont accueillies, on leur avait promis qu’elles se retrouveraient bientôt sur un terrain de recasement avec toutes les conditions requises : parcelles loties, eau, électricité et autres. On leur aurait même souff lé à l’oreille qu’elles auraient des tentes en attendant de construire leur parcelle. Aujourd’hui, rien de tout cela n’a été fait. On les a tout simplement sommés de quitter les sites inondables pour se recaser à Séno. Avec des rumeurs qui annoncent encore 150 mètres carrés pour chaque déguerpis.
Voilà en substance les raisons qui font que ces populations se rétractent et refusent de regagner le site de Séno sans compter les soupçons d’une éventuelle vente de leurs terrains à des plus nantis qui érigeraient des immeubles sous leur barbe pour les narguer. Pour les populations de Séno qui sont entrées dans la danse, les raisons sont raisonnables. Cette tautologie montre bien que ces populations ont le droit d’exiger un dédommagement pour leur terroir qui est en train de leur être pris. Ce sont avant tout leurs champs, leurs jardins, leurs fiefs ancestraux qui seront distribués aux sinistrés. Quoi de plus normal que ces populations soient rétribuées à juste titre ? Ces deux argumentaires des populations de Karadjé et de séno pourront ils résister conséquemment à ceux fournis par les autorités communales ?
Comme annoncée plus haut, la décision du maire relève du souci affiché par les autorités à ne plus voir se reproduire les situations comme celle de 2012 et des années précédentes. En effet, les inondations de 2012 ont dévoilé aux yeux du monde la précarité dans laquelle vivent certaines de nos populations. Il a fallu une intervention conséquente tant de la communauté nationale qu’internationale pour remettre la population à l’abri des menaces de famine et d’épidémies diverses. La stratégie d’intervention pour sauver les populations a provoqué un important gap financier qui a coûté des centaines de milliards à l’Etat, une somme qui aurait largement servi à déguerpir et à dédommager les sinistrés. Il faut aussi signaler que la décision du maire du 5ème Arrondissement est consécutive à des annonces par les services compétents des menaces d’une crue certaine du fleuve, par conséquent de nouvelles inondations.
Faudrait- il donc laisser ces populations qui viennent juste de quitter les écoles pour regagner leurs fiefs desséchés revivre le calvaire d’un passé récent ? Faudrait-il encore que le monde entier témoigne de notre élan de mendicité en appelant au secours ? Sur cette question, il y a une question de lucidité et de choix à faire. Il y a un tapis à dérouler, celui des pourparlers et de la négociation pour que les choses se passent dans la juste mesure des choses. On vient de sortir des Etats généraux de la justice ; gageons que nos réflexions servent à quelque chose.

Commentaires
Chers frères et sœurs, ne dit-on pas que, ce que voit un vieillard assis, un jeunhomme ne l'apercevra jamais!!! L'Etat est le seul vieillard que nous possédons. Dieu merci. Il n'a pas à regarder les beaux yeux des uns et des autres avant de réagir. Il doit plutôt affronter le problème et trouver une solution quelle que soit la situation. C'est la vie de nos concitoyens qui est en danger! Il doit vite réagir le plus tôt possible. Et je crois que c'est ce qu'il est entrain de faire. AS SALAM.
Thumb up!