LE PREMIER MINISTRE RENCONTRE LE CORPS DIPLOMATIQUE A PROPOS DE LA SITUATION ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE DU PAYS
- Écrit par Mahaman Bako (le sahel du lundi 31 decembre 2012)
Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, SEM. Brigi Rafini, a rencontré vendredi dernier dans la Salle Sani Bako du Ministère des Affaires Etrangères, les représentants du Corps diplomatique et des Organismes internationaux.
Il s'agissait pour le Premier ministre de partager avec eux les informations découlant de la situation agro-sylvo-pastorale et nutritionnelle du pays ainsi que du Programme 3N. C'est ainsi que, sous la présidence du Premier ministre, trois (3) exposés ont été faits aux participants à savoir sur le bilan prévisionnel de la campagne agro-sylvo-pastorale 2012 par le ministre de l'Agriculture, M. Oua Saïdou ; un exposé sur les activités de la Cellule de gestion des crises alimentaires et catastrophes naturelles par la Secrétaire permanente de la cellule Mme Ousseini Hadiza et le 3ème exposé sur la mise en œuvre de l'Initiative 3N par M. Allaouri Diallo.
Il ressort de l'exposé du ministre en charge de l'Agriculture, M. Oua Saïdou, que la campagne agricole 2012 a été globalement bonne sur l'ensemble du pays avec une production céréalière brute prévisionnelle de 5.070.374. Selon toujours les chiffres du Ministère de l'Agriculture, cette production nationale brute équivaut en termes de bilan net en céréales sèches au chiffre national de 4.309.818 tonnes. Sur la base des besoins annuels de la population du pays qui se chiffrent à 3.889.854, ce bilan prévisionnel dégage un excédent alimentaire de 419.964 tonnes. Par rapport à la situation alimentaire du pays au sortir de la campagne agricole 2011 qui a été particulièrement difficile, le Gouvernement et les partenaires au développement ont donc de quoi se réjouir.
(Un bilan alimentaire prévisionnel excédentaire de 419.964 tonnes) Cependant, le résultat prévisionnel global de la campagne agricole 2012 cache aussi des disparités. Malgré l'excédent dégagé au niveau national, 2.157 localités sur les 11.754 que compte le pays se présentent déficitaires à cause soit des inondations, soit des attaques des ravageurs des cultures ou de stress hydrique. Ces différentes poches de déficit totalisent une population de 2.187.872 habitants soit 13% de la population totale du pays. Le même bilan prévisionnel de la campagne 2012 note aussi une baisse de la production des cultures de rente notamment le niébé et l'arachide en raison des infestations de pucerons et punaises observées et de l'intensité des précipitations enregistrées ayant compromis la formation des gousses.
Ainsi, la production nationale du niébé qui est en moyenne de 1.334.961 n'est que de 1.109.692 tonnes cette année; la production de l'arachide qui est en moyenne de 302.319 tonnes n'est que de 223.966 tonnes cette année. Seul le voandzou connait une production en hausse avec 32.228 tonnes cette année contre une moyenne de 22.447 tonnes. La production nationale du sésame est stable cette année avec 57.464 tonnes et le souchet est légèrement en baisse avec une production nationale de 22.948 tonnes cette année. Dans son exposé le ministre Oua Saïdou a également évoqué l'aspect pastoral de cette campagne 2012 qui se traduit par un bilan fourrager globalement excédentaire de 1 767 889 tonnes de matières sèches avec une couverture végétale généralisée et diversifiée avec des niveaux de développement végétatif variant selon les zones agro-écologiques.
Autant dire que les 33 millions d'UBT que compte le cheptel national auront de quoi brouter toute l'année avec cependant quelques poches déficitaires de pâturage sur les régions de Maradi, Dosso et Tillabéri. Le deuxième exposé a concerné l'essentiel des activités de la Cellule de gestion des crises alimentaires et catastrophes naturelles en 2011-2012 en réponse à une situation alimentaire et nutritionnelle difficile ainsi que la prise en charge des personnes déplacées au Niger par le conflit malien ; les ressortissants nationaux rapatriés de Libye, de Côte d'Ivoire et du Nigeria ainsi que la gestion des inondations. Pour rappel, au sortir de la campagne agricole 201, le déficit alimentaire national est de 620.000 tonnes et la situation nutritionnelle était préoccupante avec un taux de malnutrition aigué de 14,8% chez les enfants de moins de 5 ans.
Bref, 94,9% de la population était en insécurité alimentaire aggravée par l'arrivée des refugiés maliens qui finiront par être au nombre de 66.000. Dans son exposé, la Secrétaire Permanente de la CGCAC a mis en exergue la promptitude et l'efficacité des réponses apportées à tous ces défis à travers les activités suivantes : appui aux cultures irriguées ; le Food For Work (FFW) ; les transferts d'argent : le déstockage des animaux ; la redistribution du cheptel ; la Distribution gratuite ciblée de vivres ; la vente de céréales et d'aliments bétail à prix modéré ; le renforcement des stocks de proximité (BC, BAB) ; la distribution de semences d'urgence (hivernale) ; la prise en charge de la malnutrition aigüe ; le Blanket feeding ainsi que les diverses assistances aux personnes sinistrées et aux réfugiés.
Plusieurs centaines de milliards de FCFA ont été mobilisés et consacrés par le gouvernement et les PTF comme réponses à toutes ces situations. La Cellule de crise alimentaire, malgré la production agricole satisfaisante cette année, doit continuer ces activités pour prendre en charge les zones de déficit 2012, faire face à la situation nutritionnelle et aux éventuelles crises et catastrophes qui peuvent surgir. Enfin, le 3ème exposé a concerné la mise en œuvre de l'Initiative 3N cette année notamment les investissements dans les composantes accroissement et diversification des productions agricoles ; l'accroissement et la diversification des productions animales et halieutiques ; la gestion des ressources naturelles et la restauration de la base productive ;
la conservation, transformation et commercialisation des productions agro-sylvo-pastorales ; la prévention et gestion des crises alimentaires, nutritionnelles et des catastrophes et la mobilisation des populations et coordination des actions et reformes. Aux termes des exposés la parole a été donnée à la salle qui a fait quelques observations et contributions puis le Premier ministre a repris la parole pour remercier l'inestimable appui des partenaires au Gouvernement et au peuple du Niger et a ajouté que malgré la disponibilité alimentaire de cette année, les partenaires au développement doivent considéré que le Niger reste un pays sahélien exposé aux menaces de toutes sortes donc, ils ne doivent pas baisser la garde.

Commentaires
Pourquoi ne pas imiter l'exemple de Feu Seyni Kountche qui dans les années 80 avait donné des instructions fermes de rappatrier les Nigeriens qui s'adonner a la mendicité dans les pays hôtes ?
Je me rappelais du cas d' Accra ou un fort contingent de Nigeriens ont ramenés pour eviter de ternir l'image de marque du Niger justement.
Je suis toujours offusqué quand je vois que nos dirigeants n'ont pas une véritable politique de développement. Il est indéniable qu'au Niger la mendicité est érigée en système de gouvernement, malgré toutes les richesses minières, pétrolières et pastorales dont il dispose.Il faut que nous nous rendons à l'évidence qu'au autre pays ne pourra venir construire le Niger à notre place.
Cela fait mal de voir les compatriotes (les seuls à le faire) quémander jusque dans les rues de Dakar, Libreville, Brazzaville. Capitales comme Cotonou, Lomé étant coutumières des faits.
Je ne sais pas si les dirigeants le savent. Mais cela ternit l'image du pays, qui ne pourrait jamais être pris au sérieux dans ses actions.
quel pays s'est développé avec l'aide des ONG? Petit Paul a bien dit leurs objectifs: Obtenir toujours plus d'investissemen t au lieu de renforcer les structures de l'Etat pour qu'elles fassent elles même le boulot un jour. Nationalisme ou pas si on veut se développer on doit se donner les moyens et non compter sur des tiers sinon ça serai déjà fait.
Voyons dans les sous de l'uranium,petro le,or et credits pour financer notre devpmnt on a pas a chaque fois rendre compte de notre situation alimentaire.
DEBOUT NIGER pour que Viva independancia et libertad
Alors, on ne peut qu'espérer que le 3N se traduise effectivement par des augmentations significatives et qualitatives de la production dans les prochaines années. Il n'y a pas d'autres solutions pour le Niger.
Le nationalisme c'est bien mais il faut avoir le moyen de son orgueil.