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Formation sur le rôle des médias dans la gestion de crise alimentaire au Niger : Pour une meilleure couverture des actions humanitaires

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Une vue de la table de séance lors de la cérémonie d’ouvertureLe 19 décembre 2012, un atelier de formation a regroupé, à la Maison de la presse, une centaine de journalistes, issus de la presse écrite et audiovisuelle, du public et du privé. Organisée par le Réseau nigérien des journalistes pour l’éducation et le développement (RENJED), cette séance de formation a été financée par le Programme alimentaire mondiale (PAM) au Niger.

Prenant le premier la parole, le président du RENJED a, de prime abord, expliqué le contexte dans lequel s’est tenu l’atelier de formation qui a porté sur «Le rôle des médias dans la gestion de la crise alimentaire au Niger». M. Ousmane Dambaji a, par la suite, exprimé ses remerciements à l’endroit des autorités qui ont marqué de leur présence à la cérémonie d’ouverture et au PAM qui a bien voulu financer cette formation. Pour sa part, le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information, qui a présidé la cérémonie de lancement de la séance de formation, a, dans son allocution, rappelé le caractère récurrent des crises alimentaires au Niger et montré l’importance des actions des institutions humanitaires qui interviennent pour accompagner le Niger.

En effet, a expliqué M. Salifou Labo Bouché, après la crise alimentaire de 2005 qui a affecté les 2/3 de la population du Niger, notamment les enfants de 0 à 59 mois et les femmes, une autre plus alarmante a touché la moitié de la population de 2011à 2012. L’État du Niger et la communauté internationale, témoins de ce mal, a-t-il poursuivi, essaient de concourir pour apporter une réponse à ce fléau. Les hommes des médias nationaux et internationaux rejettent un regard sur cette crise en s’exprimant, pour soit dénoncer et/ou faire des plaidoyers à l’endroit des autorités locales et à la communauté internationale pour des réponses d’urgence, a-t-il ajouté.

Le chargé de l’information publique du PAM au Niger, agence onusienne qui a financé la formation, a, quant à lui, axé son intervention sur la source, le contenu, la manière de diffusion de l’information humanitaire ainsi que le lieu du déroulement de l’action. M. Victor Hounkanli, qui a expliqué le concept humanitaire en tant que domaine visant à traiter humainement des humains au nom des humains, a également développé la différence de vision des corpus juridiques qui régissent l’information humanitaire dans le monde. Tout expliquant que l’information doit être professionnalisée avec l’utilisation d’images illustratives tout en respectant les règles, il a incité la presse à relayer les vraies informations des ONG humanitaires.

Il a enfin donné quelques interventions du PAM Niger en 2012, notamment des actions humanitaires au profit de quatre millions de personnes, la distribution de 146 000 tonnes de vivres, la distribution en cash for work de 23 milliards de francs de FCFA, l’achat de plus de 3000 tonnes de vivres avec les producteurs locaux, la récupération de 118 000 hectares de terres dégradées et l’octroi d’importants appuis aux cantines scolaires. Au cours de cette séance de formation, les participants ont suivi plusieurs communications présentées par d’éminents panélistes. Dans son exposé qui a porté sur «Sécurité alimentaire : mythe ou réalité ?», le secrétaire exécutif de l’ONG Karkara s’est penché sur les acteurs concernés, les causes probables, les défis, l’analyse des potentialités, les approches de solution, les initiatives en cours au Niger et les solutions envisageables à long terme.

M. Baaré Amadou a, par la suite, énuméré les cinq crises alimentaires et nutritionnelles qu’a connues le Sahel ces dix dernières années, notamment en 2002, 2005, 2008, 2010 et 2012. Le conférencier, qui a expliqué le concept de résilience et défini les enjeux, a indiqué que la sécurité alimentaire ne doit pas être réduite à la seule dimension de production, mais elle comporte plusieurs aspects, notamment la recherche agronomique, l’accès aux/et l’utilisation des ressources naturelles, l’industrie agroalimentaire, le mode de consommation, les emplois agricoles, les habitudes alimentaires, la disponibilité locale. Selon M. Baaré Amadou, les causes de l’insécurité alimentaire sont changeantes en fonction des zones et du contexte.

Tout en citant les changements climatiques, la fréquence croissante des sécheresses, la croissance de la population, la forte dépendance de la population et des animaux des ressources naturelles, entre autres, il a distingué quatre types de causes de l’insécurité alimentaire, à savoir les causes sécuritaires, les causes politiques, les causes liées aux habitudes et les causes climatiques et environnementales. Il a, enfin, défini les effets et conséquences des crises alimentaires, avant de donner des pistes stratégiques et des recommandations pour une bonne réponse. La deuxième communication a porté sur «La récurrence de l’insécurité alimentaire au Niger : causes, conséquences et perspectives».

Le chargé de projet sur le droit à l’alimentaire et souveraineté alimentaire à Alternatives Espaces Citoyens, qui a, dans un premier temps, défini les concepts de l’insécurité alimentaire, la crise alimentaire et la famine, s’est appesanti sur les causes conjoncturelles et structurelles de la crise alimentaire. M. Diori Ibrahim a, par ailleurs, relevé la cyclicité des crises, qui est passée de décennale à triennale, voire biennale. Le conférencier a, en outre, expliqué le droit à l’alimentation, ses implications et les réponses basées sur ce concept. A la fin de son exposé, il a évoqué le rôle des médias dans la gestion des crises alimentaires au Niger.

Quant au responsable d’OCHA, le troisième conférencier, il a commencé sa communication par la présentation de cette organisation humanitaire qui axe ses interventions sur la coordination des actions humanitaires, la définition de politiques en matière de gestion de crises, le plaidoyer, la gestion de l’information en lien avec les crises et le financement des actions humanitaires. Il a, en outre, expliqué que l’OCHA rapproche des individus, des expériences et des outils pour sauver des vies humaines, veille sur la clarté et l’orientation de la politique humanitaire, parle au nom des victimes, et collecte, analyse et partage des informations et enfin organise et assure les financements humanitaires.

L’OCHA a-t-il ajouté, assure une gestion spatiale de l’information humanitaire par une base de données internationales qui sert d’outils d’aide à la décision et publie régulièrement des bulletins d’information humanitaires au Niger et dans le monde. A la fin des exposés, les participants ont engagé des débats pour, soit poser des questions d’éclaircissement, soit faire des contributions, qui ont, enfin de compte, montré la nécessité de respecter la dignité des victimes et de l’ouverture des institutions humanitaires pour travailler avec les médias.

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