Politique : MNSD-Nassara: La guéguerre perdure Imprimer
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Écrit par Saadou Assane (Le Démocrate du Mardi 27 janvier 2009)   
Jeudi, 29 Janvier 2009 21:26
Alors que les initiateurs du « Tazartché » que l’on retrouve aussi bien au sein du MNSD-Nassara que des hamaautres formations politiques de la majorité présidentielle, grincent des dents, désarmés qu’ils sont face à la levée de boucliers provoquée par la possibilité entrevue par certains de donner un troisième mandat à Mamadou Tandja et ensuite la « lumineuse » idée d’une prolongation de tous les mandats, la crise maintenant est très bien installée au sein du parti MNSD-Nassara, la locomotive de la majorité au pouvoir et même au delà. La rupture est aujourd’hui nette entre les partisans de l’actuel premier ministre, Seini Oumarou président de la section de Tillabéri et également président par intérim du parti et ceux du président du parti, Hama Amadou aujourd’hui en prison à Koutoukalé. Les partisans de Seini Oumarou, candidat à la présidence du MNSD-Nassara s’étaient réunis le dimanche 11 janvier 2009 à l’ONAREM pour décider de la tenue d’un congrès extraordinaire à Zinder le 21 février prochain. Pour crédibiliser cette rencontre on a fait le point des présences : la totalité des présidents des autres sections, la majorité des députés que compte le MNSD et d’autres grosses pointures du gouvernement.
 
Sur les 150 délégués attendus, 118 étaient là et 104 ont voté pour la convocation d’un congrès à Zinder. Du côté des inconditionnels de Hama Amadou on s’est également réuni le même 11 janvier pour rendre publique une déclaration qui ressemble plus à un pamphlet contre Seini Oumarou qu’autre chose. Ainsi, lui le rassembleur, est présenté aujourd’hui comme un ambitieux qui ne lésine sur aucun moyen pour arriver à ravir la présidence du MNSDNassara. On l’accuse d’être à la base de tous les problèmes que connaît le parti parce que ne voulant pas respecter les clauses des accords intervenus entre les deux parties pour sortir de la crise.
 
Bref, les auteurs de cette déclaration sont arrivés jusqu’à s’adresser au président de la République pour lui signifier qu’ils retirent leur confiance à Seini Oumarou. Eux se présentent comme les membres du bureau politique national ayant voulu de Seini Oumarou à la primature ! Cela fait sourire quand on sait la qualité des hommes et femmes qui étaient le même jour, réunis à l’ONAREM. Dans la même foulée, pour faire rendre gorge à ceux qui soutiennent Seini Oumarou, les pro-Hama Amadou dirigés par le député Soumana Sanda et l’opérateur économique Oumarou Dogari ont décidé de régler son compte au président de la section de la communauté urbaine de Niamey, Amadou Salifou.
 
Pour le faire, 240 délégués ont été réunis et seuls 54 ont voté en faveur de lui pour continuer ou non à diriger la section. Ainsi donc selon les organisateurs de cette rencontre, Amadou Salifou mis en minorité, n’est plus président de la section de la CUN. Pourquoi Niamey ? C’est un symbole parce que l’on sait que l’aile de Hama amadou mobilise beaucoup de monde dans la capitale et ses environs. Les griefs contre Amadou Salifou : son soutien à Seini Oumarou considéré comme un crime de lèse-majesté. Seulement dans la situation actuelle du parti où tout le monde revendique la légitimité, est ce- que Soumana Sanda et ses troupes pourront dans les faits, débarquer ainsi Amadou Salifou ?
 
A moins qu’ils n’aient d’autres ressources qu’ils veulent utiliser pour ce faire. C’est qui est dommage dans cette affaire, c’est le manque de sérénité dans les débats. Depuis quelques temps on assiste à un échange de propos violents à travers les médias entre les deux camps. Mieux à cette violence verbale est venue s’ajouter une violence physique. D’où certainement cette importante présence des forces de l’ordre dimanche 11 janvier pour boucler toute la zone autour de l’ONAREM. Une présence que les pro-Hama ont condamné. C’est de bonne guerre. Mais peut on, en toutze responsabilité, laisser une bande de nervis venir envahir la salle de réunion de l’ONAREM. Les suites seraient fâcheuses !
 
Le constat que l’on fait aujourd’hui est que la scène politique est en ébullition avec l’approche des différentes élections et les enjeux. A cette situation déjà tendue, vient s’ajouter l’accusation portée par la société civile contre les députés nationaux accusés d’avoir violé la constitution en s’octroyant des «avantages faramineux et d’avoir illégalement perçu des fonds importants ». Ces députés qui sont en session extraordinaire depuis ce mardi, doivent également se pencher sur le cas de trois de leurs collègues dont la levée de l’immunité a été demandée par le gouvernement pour être entendus par la justice dans le cadre de l’affaire MEBA.
 
Il s’agit du député RSD, Rajah Chaïbou, Hassane Intarou et Bonkano Maïfada du MNSD. Ces deux derniers sont proches de l’ancien premier ministre Hama Amadou même si aujourd’hui ils gardent un profil bas. Crise profonde au sein du MNSD, tentative de violer la constitution, fronde contre les députés nationaux... Bref, il y a beaucoup de remous dans le microcosme politique nigérien. Approche des échéances électorales oblige !