Tandja fêté par Pékin Imprimer
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Écrit par La Lettre du Continent n°569 2009 07 23   
Vendredi, 24 Juillet 2009 15:02
Niger et ChineDe plus en plus isolé, le président Tandja, qui va faire appel au peuple lors du référendum du 4 août, possède un puissant joker financier : la Chine ! Revue de projets.

En moins de quatre ans, la Chine et ses entreprises d'Etat ont pris totalement en mains les secteurs stratégiques de l'économie nigérienne - pétrole, mines et infrastructures -, réussissant à exclure la compagnie américaine ExxonMobil et à fortement concurrencer le groupe français Areva, obligé de sortir plus souvent que prévu son gros portefeuille.
La percée chinoise dans les cercles politiques à Niamey est l'œuvre de Trendfield Holding, codirigée par Y.Y. Tang de Hongkong et le Français Guy Duport. Trendfield possède notamment une participation de 5% dans la Somina (Société minière d'Azelik) aux côtés de la China Uranium Corp. (CUC), Zhongxing Joy Investment Co. (ZXJOY Invest) et l'Etat du Niger qui va mettre en exploitation dès mi-2010 les gisements d'uranium d'Azelik/Teguidda (15 000 tonnes de réserves ; 700 t/an de capacité de production). En revanche, les négociations de CUC avec Areva pour une prise de participation dans l'exploitation du méga-gisement d'Imouraren n'avancent pas d'un iota (LC nº564).

Dans le pétrole, la CNODC (China National Oil and Gas Exploration and Development Corp.), filiale de la CNPC (China National Petroleum Corp.), accélère le rythme d'exploitation du champ d'Agadem (ex-ExxonMobil) avec un cinquième puits en cours de production et la récupération de trois anciens puits d'Exxon/Petronas. CNODC termine par ailleurs l'étude de faisabilité de la raffinerie de Zinder (20 000 b/j ; un milliard $). Le projet de centrale thermique de Tahoua a été repris par la CSCEC (China State Construction Engineering Corp.) sur financement de l'Eximbank chinoise. La CSCEC a par ailleurs signé un protocole d'accord avec la SNCA (Société nigérienne de charbon de l'Azawak).

Toujours dans le secteur de l'énergie, c'est également une société chinoise, la CGC (China Geo-Engineering Corp.), qui a remporté l'appel d'offres pour la construction du barrage de Kandadji (250 millions $ pour la première phase, dont 50 millions $ de la BID et 20 millions $ du Saoudi Development Fund). Parmi les autres soumissionnaires : Satom/Dodin Campenon Bernard/Vinci ; Alstom Hydro France ; Razel ; DSD Noell Gmbh (Allemagne) ; Cengiz Insaat (Turquie) ; OM Metals & Magor Burkina (Inde) ; Salini (Italie) ; et deux firmes chinoises : Sinohydro et China Gezhouba Group.

Dans le secteur industriel, Trendfield est associée à la Sopamin (Société du patrimoine des mines du Niger) et à cinq privés nigériens dans les Nouvelles Cimenteries de Kao SA qui mettront en production fin 2012 une cimenterie (5 000 t/j). Sa construction et son financement sont assurés par le groupe chinois IPPR International Engineering Corp. Enfin, China Construction achève actuellement à Niamey la construction d'une représentation économique à deux pas du ministère des mines et de l’énergie… C'est cette même entreprise qui a livré en 2008 une ambassade de Chine flambant neuve, dont la superficie fait concurrence à celles de la France et des Etats-Unis. L'empire du Milieu est déjà bien ancré !


Mis à jour ( Vendredi, 24 Juillet 2009 17:24 )