Accueil / ACTUALITE / Industries extractives : suspendu, le Niger se retire de l’ITIE

Industries extractives : suspendu, le Niger se retire de l’ITIE

Ici, une mine d’uranium exploitée par Areva, à Arlit au Niger. © AP/SIPA

Le moins que l’on puisse dire est que sa suspension le mois passé de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) «  pour progrès insuffisants  » n’a pas du tout été du goût des autorités de Niamey. Alors, le pays s’est purement et simplement retiré de l’institution, a annoncé le ministre des Mines, Barazé Moussa, au cours d’une conférence de presse.

Des efforts, mais peut mieux faire

Dans une correspondance datant du 25 octobre dernier, le conseil d’administration de l’ITIE avait, tout en saluant la position de pionnier que le Niger a occupée pour un pays qui est le premier producteur d’uranium de l’Afrique, «  suspendu  » le pays pour «  progrès insuffisants  ». Notamment dans les domaines «  du non-respect des exigences de l’ITIE en matière de divulgation des contrats, de publication des données sur les versements infranationaux au profit des collectivités territoriales des régions extractives  ». En outre, il est reproché au Niger «  la restriction des libertés et de l’espace de la société civile  », en lien avec de récentes arrestations d’acteurs s’intéressant au secteur minier.

Pour le ministre nigérien des Mines, Barazé Moussa, cette décision de l’organisme international «  est injuste  ».

Il a attribué, dans des propos rapportés par la radio nationale, la suspension du Niger au fait que l’instance dirigeante de l’ITIE s’est «  mêlée d’une affaire judiciaire au Niger  », notamment la vente présumée douteuse d’uranium nigérien à travers de multiples intermédiaires.

Uraniumgate refait surface

Un collectif de la société civile avait déposé une «  plainte contre X  » à la suite de cette affaire appelée «  Uraniumgate  ». L’opération de vente présumée douteuse d’uranium baptisée «  Uraniumgate  » a été mise au point par Areva, soucieuse de mobiliser des fonds afin de «  sécuriser  » les mines d’uranium dans le nord du Niger, avait révélé une enquête parlementaire. «  Suite à l’enlèvement par Aqmi en 2011  » de travailleurs d’Areva à Arlit, Niamey «  avait demandé le soutien d’Areva  » pour «  sécuriser  » les mines d’uranium dans le Nord qui étaient en «  danger  », souligne le rapport.

Mais Areva, qui ne pouvait «  débloquer  » des «  sommes importantes  », avait proposé au Niger «  d’utiliser  » la Sopamin [Société de patrimoine des mines du Niger, société d’État, NDLR] pour lever des fonds, mentionne le rapport de l’enquête menée en mars.

Pour le ministre, l’ITIE s’est clairement «  mêlé d’une affaire judiciaire  » en établissant «  un lien entre l’arrestation de certains acteurs de la société civile  », auteurs de la plainte et cette affaire de vente frauduleuse d’uranium nigérien. Ce qui expliquerait en partie la décision de l’ITIE de suspendre Niamey. Et la riposte du gouvernement de ne plus bénéficier de cette norme.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a été lancée en 2002 et est devenue aujourd’hui une norme internationale visant à assurer une meilleure transparence dans la gouvernance des industries extractives. Ayant adhéré à l’Initiative en 2005, le Niger a été admis «  pays candidat  » en 2007 et déclaré «  pays conforme  » en 2011. Le Niger, avec une superficie de plus de 1 267 000 kilomètres carrés, dispose d’un sous-sol regorgeant d’importantes ressources minières et énergétiques, dont l’uranium, le charbon, le cuivre, l’or, le phosphate, le molybdène, le zinc, le pétrole, le gaz, le fer, et d’autres métaux précieux, selon des études réalisées par le ministère en charge des Mines.

Le pays est déjà producteur et exportateur d’uranium, de pétrole, de charbon, d’or, de ciment et de gaz.

À propos de l'Auteur

http://afrique.lepoint.fr/

À propos Administrateur

4 plusieurs commentaires

  1. Si, selon notre ministre des Mines, notre sous-sol est aussi riche, peut-on nous expliquer pourquoi on ne l’exploite pas???
    Ou bien tout ça c’est encore des paroles???

  2. « Le Niger, avec une superficie de plus de 1 267 000 kilomètres carrés, dispose d’un sous-sol regorgeant d’importantes ressources minières et énergétiques, dont l’uranium, le charbon, le cuivre, l’or, le phosphate, le molybdène, le zinc, le pétrole, le gaz, le fer, et d’autres métaux précieux, selon des études réalisées par le ministère en charge des Mines ».
    Allahou Akbar pourtant le Niger reste le dernier en terme d’IDH; a qui profitent toutes ses gammes???
    Ok rendez vous devant le JUGE SUPRÊME.

  3. Rentabilisons notre uranium en installant notre centrale nucléaire….C’est ça la solution!!!

  4. Bonjour,

    L’Etat du Niger doit tout faire pour empêcher le licenciement de plusieurs centaines de nos frères des sociétés des mines, car je ne comprends pas comment chez nous, avec notre matière première, avec des salaires déjà pas à la hauteur (comparer aux français), sans compter la compression de 2015, l’état va encore accepter cette humiliation venant de Areva. Cette société a financé l’achat d’armes contre le Président Laurent Gbagbo, et d’autres coups d’états en Afrique. Regardez les avantages énormes dont jouissent ses soit disant experts, les éternels voyages de luxe, mais dès qu’il y’a moins d’un euro sur le prix de l’uranium, ce sont les nigériens qui paient le prix. C’est honteux pour nos dirigeants que d’accepter cette honte et ce mépris à l’égard de notre Niger. L’histoire retiendra……

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*