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ACTUALITE - DEFENSE - 18 septembre 2021

La CEDEAO a intérêt à se pencher sérieusement sur la consolidation de la démocratie et la bonne gouvernance dans son espace au lieu de se mettre aux ordres de Paris

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Nous avons suivi avec grand intérêt le communiqué final de la conférence des chefs d’Etat, de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO , sur la situation sociopolitique en Guinée Conakry et au Mali .

Sur la Guinée :

La CEDEAO réitère la suspension de la Guinée de ses instances et demande à la Guinée d’organiser les élections constitutionnelles dans un délais de six mois.
La CEDEAO envisage des sanctions ciblées  sur les responsables du coup d’Etat en Guinée.
Le paradoxe ! la CEDEAO demande à la communauté internationale de l’aider à mettre en œuvre sa batterie de sanctions .

Par  rapport à la situation sociopolitique en Guinée, nous pensons que la CEDEAO aurait dû faire son autocritique objective en vue  déceler les vraies causes du coup d’Etat en Guinée et faire respecter son protocole additionnel de bonne gouvernance démocratique.

Que faisait la CEDEAO lorsque le président Alpha Condé malmenait la démocratie et la bonne gouvernance en Guinée ?

Nous pensons que la CEDEAO a une part de responsabilité dans la situation en Guinée, elle a laissé pourrir la situation, laissé faire le troisième mandat proscrit par la constitution guinéenne, elle a toléré les massacres des innocentes populations guinéennes qui  réclamaient mains nues rien que la démocratie et la bonne gouvernance.
En Côte d’Ivoire, la démocratie et la bonne gouvernance sont aussi malmenées , que dit la CEDEAO, elle voit  venir la crise et attend de faire le médecin après la mort !

La situation au Mali :

Au Mali, la CEDEAO se préoccupe des  risques des retards dans l’organisation des élections générales constitutionnelles prévues pour février 2022. Ces risques sont réels, mais les menaces ne sont pas la solution idoine. Il faudrait engager des discussions sérieuses avec la junte militaire au pouvoir au Mali.

La France est dans la panique au Mali, la CEDEAO se devrait d’être lucide et de bien analyser la situation avec nos frères maliens, c’est la seule solution.

À notre humble avis  la CEDEAO se devrait de bien analyser les vraies causes du retard dans l’application du calendrier électoral au Mali et prendre des dispositions diligentes utiles en vue d’aider le Mali a bien finir sa transition politique et démocratique.

Si les français sont ignorants de la situation réelle au Mali, les chefs d’Etat africains des pays membres de la CEDEAO sont sur place en Afrique , ils ne devraient pas ignorer la situation réelle que vit le peuple souverain du  Mali et emboîter ainsi naïvement le  pas à la grande puissance excolonisatrice , la France, dans ses erreurs d’appréciations sur la situation sociopolitique réelle au Mali.

Le chefs d’Etat africains des pays membres de la CEDEAO, se devraient de se convaincre que  si le Mali tombe entre les mains des terroristes , c’est tout l’espace de la CEDEAO qui serait concerné.

La France veut imposer son propre agenda au Sahel , celui de la déstabilisation de la région du SAHEL en raison de la  géopolitique et géostrategie étrangères à l’Afrique. La France a des intérêts à défendre, elle utilise la CEDEAO et certains des ses alliés occidentaux pour empêcher au Mali et la Guinée de lever la tête haute .
C’est pourquoi, elle multiplie des manœuvres , des déclarations tapageuses sur le projet d’accord de coopération militaire entre la Russie et le Mali.
La Guinée et le Mali sont des pays souverains , il appartient aux peuples de ces pays de prendre leur destin commun en main face aux dérives, aux défaillances de notre organisation sous-régionale chargée de l’intégration économique et des peuples.
Les africains se doivent d’être solidaires aux peuples souverains de la  Guinée et du  Mali.
La France n’a pas des solutions heureuses aux problèmes d’insécurité dans les pays africains, la CEDEAO doit être vigilante et conséquente.

La problématique qui se pose aujourd’hui : est-ce que notre organisation sous-régionale, chargée de l’intégration économique et des peuples, n’est pas en train de devier de sa vraie mission ?

Face à l’incapacité des dirigeants politiques africains de faire la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, n’est-il pas légitime que d’autres composantes  bien organisées de la société se sentent interpeller pour prendre leurs responsabilités devant l’histoire ?
L ‘Afrique doit rester soudée, unie ou périr !
À bon entendeur salut !

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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