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La diaspora Nigérienne – vectrice de développement local durable

Je suis né dans le village de Laouèye commune rurale de Hamdallaye où j’ ai fréquenté l’ école primaire. Je me souviens encore quand j’ étais enfant, je récupérais  de la graisse animale chez le Bouchet du village pour ma grand-mère.

Parfois je lui apportais aussi  celles des bêtes immolées pendant la tabaski. Cette graisse elle la conservait en toute sécurité. Gare à toute souris qui oserait s’ aventurer près de son précieux trésor.

Combien étions-nous ces “enfants du village” à avoir  récupérer pour nos grand-mères le suif, ce produit résiduel obtenu de la fonte de la graisse d’espèces animales comme le mouton, la chèvre où le bœuf ?

Apprès les récoltes ma grand-mère me demandait de lui ramasser des tiges de mil que je  faisais bruler et récupérer la cendre, résidu principalement basique obtenu  de la combustion en plein air.  C’est en mélangeant  eau, cendre et graisse qu’ elle fabriquait pour ses besoins le Savon noir communément appelé « Safoun Bi ‘’ .  Ce savon noir utilisé surtout par les personnes âgées à des fins multiples, a presque disparu de nos jours dans nos villages. Car ce savon plein de vertus est concurrencé par les savons cosmétiques importés tels que le Savon de Marseille qui inondent les boutiques.

À l’ instar de beaucoup de Nigériens issus de la diaspora , je soutiens depuis des années mon village et alentours dans le domaine du développement local durable notamment l’ accès à l’ eau potable, l’ hygiène et l’assainissement. Nous faisons aussi la sensibilisation pour le changement de comportement surtout dans les écoles. Il faut noter de passage qu’ au Niger  la mortalité infantile est essentiellement rurale et est liée à la pollution de l’eau, au manque d’hygiène et à des moyens d’assainissement inadaptés.

Ainsi pour apporter ma modeste contribution dans la promotion des bonnes pratiques d’ hygiène à l’ école, je me suis un jour posé la question de  savoir si nous devrions continuer à sensibiliser les élèves en utilisant le savon de Marseille made in France?  C’ était pour moi une question d’honneur. Car pour cultiver l’esprit patriotique des futurs responsables qui auront en charge la gestion de ce pays, il est impératif de les éduquer à valoriser les  produits issus du savoir-faire local. Il n’ est nullement pas donc question pour nous de sensibiliser notre jeunesse à l’ hygiène avec le savon de Marseille. Nous devons le faire avec du savon made in Niger, disponible, pas cher, efficace et durable.

Notons pour la petite histoire que le vrai savon de Marseille était à l’origine le savon d’Alep, à base d’huile d’olive et de laurier, fabriqué à Alep, en Syrie depuis des millénaires. Il est le plus ancien savon encore utilisé de nos jours.  Il semblerait que ce sont les Croisés qui l’ont apporté dans leur besace, le diffusant dans l’ensemble des pays méditerranéens.

Le Savon de Marseille, fleuron du patrimoine français n’ est pas une marque mais plutôt le lieu de fabrication: Provence de Marseille. C’ est d’ ailleurs pourquoi la Chine et la Turquie sont aujourd’hui les plus gros fabricants de savon de Marseille.

Et comme tout Français, Turc ou Chinois, j’ ai aussi la fibre patriotique et donc l’amour de mon pays, le Niger.

C’ est  pourquoi ayant toujours à l’esprit, cette idée du savoir-faire local de ma grand-mère, j’ ai décidé d’ aider les femmes de mon village à fabriquer du savon.

Ainsi, elles pourraient donner à leurs enfants une partie pour le lavage des mains à l’ école, garder une partie pour leurs propres besoins domestiques, et l’ autre partie sera vendue pour générer des revenus à fin de faire fonctionner leur petite entreprise.  Et pour faciliter la tâche aux femmes, nous les avons maintenant dotées  d’ infrastructures composées d’ une salle polyvalente et des latrines. Cette salle sert d’ espace de réunion, de séminaire, de formation et d’ atelier de fabrication de savon. Car pour nous la solution aux problèmes de la pauvreté féminine au Niger réside dans la création d’ entreprises locales.

 

Remarquons de passage que c’ est dans le secteur des entreprises ou des finances que beaucoup de personnes dans le monde se sont enrichies. Par exemple, le banquier-nouveau locataire de l’ Élysée a gagné rien qu’en  18 mois 2,4 millions d’euros lors de son passage chez la banque Rothschild.  Et oui, nous savon tous que l’ argent est synonyme de pouvoir. Et le langage de ces quelques privilégiés n’ est qu’ un ramassis d’ arrogance en vers et de mépris pour les pauvres. D’ où le comportement humiliant voire insultant  de Macron lors de sa tournée africaine.  D’ ailleurs ils sont nombreux ces  Africains dont le grand-frère Alpha Blondi  à avoir  fustigé cela.

Mais on ne demande pas le respect en se limitant seulement à l’ indignation et à la dénonciation.

Pour que l’ on respecte les Africains, nous les fils et les filles du Continent des Ressources devons prendre nos responsabilités en mains et conjuguer nos efforts pour son développement.

Donc pour que Macron respecte les Africains, nous devrons faire d’ abord en sorte que le Savon de Marseille n’ ai plus la cote en Afrique.

Alors chèr(e)s (Com)Patriotes, le savon made in Niger ou le savon de Marseille, made in France?

Dans la prochaine contribution nous parlerons de comment chaque village peut créer son Areva renouvelables.

À propos de l'Auteur

Abdoulaye SOUNA SOULEY Diaspora Nigérienne, Belgique sounasouley@gmail.com

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12 plusieurs commentaires

  1. Nayo Maiga Younoussa

    Bon courage, et que Dieu te bénisse abondamment

  2. Depuis la CNS :
    1. c’est la même logique de destruction
    2. C’est la même logique de blocage
    3. C’est la même volonté de créer l’instabilité
    4. Ce sont les mêmes déclarations incendiaires
    Pauvres nègres pauvres de nous.
    1. A quand la stabilité ?
    2. A quand la paix sociale ?
    3. A quand l’harmonie ?
    4. A quand la sortie de l’ornière ?
    5. A quand la sortie de la honte ?
    6. A quand la fin de la mendicité ?
    Il y a deux jours le président américain a traité les pays africains et Haïti des pays de la merde.
    Il veut sans doute parler de l’Afrique.
    La seule région du monde qui reste à la traine malgré ses potentialités.
    La seule région du monde qu’on peut insulter impunément.
    Quand est ce que nous allons mériter le respect ?
    Quand est ce nous allons cesser nos querelles intestines pour nous prendre en charge ?
    Le « grand homme blanc » qui disait que les nègres sont incapables de s’entendre pour construire quelque de bon ensemble a-t-il donc raison ?

  3. « La diaspora nigérienne – VECTRICE de développement local durable »

    S’il vous plaît, quelqu’un pourrait-il m’expliquer le mot VECTRICE ? J’ai vainement cherché ce mot dans les dictionnaires français les plus usuels. Nada!
    Merci d’éclairer ma lanterne.

    • C’est le féminin du mot vecteur. Mais ce n’est pas très utilisé…
      Dans ce sens là il s’agit d’indiquer la bonne direction et le bon moyen. Ce qui, vu la petitesse du projet et le discours très mal documenté du promoteur ne semble pas très évident.

  4. Les problèmes des africains il veulent tricher les blanc tous c est qui ne pas importe ne pas de la bonne qualité alors k c pas vraie encore regarde nous le nigérienne on veut vivre au dessus de notre moyenne c est qui encourage la corruption el le détournement de dernier public

  5. Aboubacar Sidikou GADO

    Aboubacar Sidikou GADO
    Mes félicitations et mes encouragements à Monsieur Abdoulaye SOUNA SOULEY et à la diaspora nigérienne, de Belgique, de France, d’Amérique, qui devient de plus en plus entreprenante et tournée vers le pays natal.
    Un adage bien de chez nous dit que le voyage est une école. L’intérêt principal du voyage c’est d’apprendre, de voir ce qui se passe ailleurs et de s’en inspirer, pour un transfert chez soi.
    Je suis entièrement d’accord avec vous Monsieur Abdoulaye, il ne faut pas se limiter « à l’ indignation et à la dénonciation ». Il faut entreprendre, créer, inventer, valoriser et améliorer en le modernisant, le savoir faire endogène. Aucune initiative n’est de trop. Toute initiative est la bienvenue, qu’elle soit individuelle ou collective, à grande ou à petite échelle.
    Bon courage et bonne chance à nos frères de la diaspora.

  6. Le savon de Marseille est fabriqué au Niger par la société Lavibel qui en vend pour plusieurs milliiards de CFA.
    Cette société est une filiale d’UNILEVER qui est un groupe Anglo-Hollandais.
    Autant dire que la France s’en fout royalement de tout ça…
    Et enfin si c’est ça le développement conduit par la diaspora..et bien on est pas sorti du sous-développement.

    • La diaspora agit en benevole. Il ne lui revient pas de developper le pays, a ce que je sache. Ce groupe a au mois eu le merite d’initier une activite formatrice dans un village avec du potentiel pour generer des revenus. Felicitons-le au lieu de le denigrer.

      • Alors, s’il ne lui revient pas de développer le pays, pourquoi le titre de l’article?
        Et pourquoi nous donner de fausses informations?

    • Pendant que le feu ravageait la foret et que tous les animaux s’indignaient le colibiri volait jusqu’à la mer pour prendre de l’eau avec son bec qu’il versait sur le feu. Les autres animaux se moquaient et il leur répondit qu’il faisait part…et si chanque nigérien faisait sa part, aussi insignifiante qu’elle puisse paraitre aux yeux de certains…

      • Abdoulaye Souns Souley

        Être un colibri, qu’est-ce que c’est ?
        Depuis quelques années, une lame de fond traverse la société sans qu’elle en soit elle-même consciente. Des milliers de personnes, aux quatre coins du monde, se mettent à penser, à agir, à créer, à échanger, bref, à vivre différemment. Ils aspirent à se réaliser plutôt qu’à faire carrière, se soucient des autres, de la nature, cherchent à résoudre leurs problèmes personnels pour améliorer la société, sont non-violents, pensent le monde comme un tout et plus comme un puzzle morcelé, aiment les cultures et les échanges, veulent prendre le temps de vivre et ne sont plus prêts à sacrifier leur famille, leur santé, pour gagner leur vie à tout prix, préfèrent regarder les problèmes comme une occasion de comprendre et de créer du neuf, savent que pour transformer la société il faudra sans doute faire tomber des barrières et apprendre à travailler ensemble, chacun à sa juste place, sentent que féminin et masculin doivent s’équilibrer, imaginent que l’argent pourrait redevenir un moyen d’échanger nos richesses plutôt qu’un instrument de pouvoir et de domination, rêvent et agissent, s’insurgent et trouvent des solutions, ne font pas de clivages entre ville et campagne, entre modernité et tradition, mais cherchent à rassembler ce que l’humanité a de meilleur, au profit de tous, se sentent responsables de leur vie et de l’impact qu’ils ont sur le monde, prennent du temps pour aimer, admirer, se relier à eux, aux autres, à la nature et prendre soin de la Vie sous toutes ses formes.

        Ces personnes sont comme vous et moi, rien ne les distingue au premier regard. Certains s’appellent entre eux « colibri » en référence à une courte légende amérindienne qu’ils se répètent de bouche à oreille.

        Dans certains endroits, ces colibris se regroupent et développent des trésors d’ingéniosité, inventent de nouvelles façons de vivre ensemble, de communiquer les uns avec les autres, de se nourrir, de construire ou de transformer des villages et des villes, de produire de l’énergie sans épuiser les ressources, d’échanger et de faire commerce sans exploiter qui que ce soit, sans porter atteinte à l’intégrité, à la liberté ou la dignité d’autres personnes, ils offrent une attention immense aux enfants, tâchent de les éduquer sans violence, en relation avec qui ils sont, leurs émotions, leurs talents, expérimentent d’autres façons de prendre des décisions collectivement, cessent de travailler pour vivre mais s’épanouissent dans des activités qui les font vivre, qui ont du sens pour eux et pour la communauté dans laquelle ils grandissent.

        Ces colibris sont partout, disséminés dans une société qu’ils ne sentent plus à même de porter l’humanité au XXIème siècle. Ils sont nombreux, si nombreux qu’ils pourraient sans doute peser sur la transformation du monde, s’ils prenaient conscience de leur nombre et de leur pouvoir.
        Regardez bien autour de vous. Peut-être en connaissez-vous qui se reconnaîtraient en partie dans cette description.
        Peut-être même êtes-vous l’un d’entre-eux…

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