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La jeunesse nigérienne face à l’avenir, quelles perspectives ?

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La problématique : La jeunesse nigérienne face à l’avenir, quelles perspectives ? Est une problématique qui se pose au monde en général, et à l’Afrique en particulier.
En effet, qu’il s’agit de l’Europe, de Etats Unis d’Amériques, de l’Asie et de l’Afrique, les mouvements des jeunes ont été toujours à l’avant-garde de la lutte de libération, de la lutte pour le triomphe de la démocratie, ou des revendications syndicales d’ordre matériel et moral.


Au Niger , au moment de la lutte pour l’indépendance, la jeunesse a joué un rôle très prépondérant dans la lutte politique. Des jeunes syndicalistes nigériens ont pris largement part dans la lutte de libération du continent .


Après avoir aidé la puissance coloniale, la France à se libérer de l’occupation allemande, des jeunes nigériens de l’époque coloniale, avaient procédé à la création des syndicats qui ont permis de mettre fin au travail forcé, d’arracher le code de travail, d’obtenir les allocations familiale et la sécurité sociales aux travailleurs.

En plus du combat syndical qui est née et qui a pris forme dans la lutte politique, la jeunesse nigérienne de l’époque coloniale a joué un grand rôle dans la lutte pour l’indépendance du pays.


Le Niger est proclamée république le 18 décembre 1958 et a obtenu son indépendance le 3 août 1960. Suite au referendum de 1958, le Parti Progressiste Nigérien, section Rassemblement Démocratique Africain, PPN/RDA, dirigé par le Président Diori Hamani, a fait campagne pour le oui, c’est-à-dire de rester dans la communauté française telle proposée par le Général De Gaulles.

Il avait remporté les élections mais contestées par l’Union Démocratique du Niger , UDN/SAWABA de DJIBO BAKARY, ancien syndicaliste , qualifié de chef de classe par les colons français , qui a fait campagne pour l’indépendance immédiate comme l’a obtenu son ami et camarade de lutte Ahmed Sékou Touré de la Guinée .


Certains historiens avaient interprété la victoire du PPN/RDA de Diori Hamani , sur l’UDN/SWABA, de DJIBO BAKARY , comme une revanche que la France a prise sur les jeunes leaders progressistes qui avaient fait campagne pour la non au général De Gaulles d’une part et d’autre part pour l’avènement des Etats Unis d’Afrique prônés par Dr KWAME N’KURMA .

Le parti politique UDN/SAWABA avait refusé de capituler , il avait organisé la lutte armée , grâce à l’aide de certains pays communistes : la Chine , la Russie , le Ghana de KWAME N’KURMA , ect , pour reconquérir le pouvoir qui lui avait été volé grâce à l’aide du Général De Gaulles , selon certains historiens.


C’est ainsi que les deux partis rivaux, chacun de son côté avait organisé sa jeunesse pour se défendre, pour le parti politique UDN/SAWABA, la jeunesse SAWABA était organisée en commandos, dirigé par le charismatique, le commandant Ousmane Dan Galadima et la jeunesse PPN/RDA était dirigée par Abdou Gaoh .


Les deux camps s’étaient affrontés à travers leurs jeunesses des partis organisées en milices. Cette confrontation fratricide avait fait plusieurs morts dans les deux camps et plusieurs prisonniers politiques dans les rangs du parti politique UDN/SAWABA.


Djibo Bakary et certains de ses partisans étaient restés longtemps à l’exil, près de quinze ans .


Le multipartisme était de fait interdit. Un seul parti politique dirigeait le pays, toute contestation était sévèrement réprimée. Seuls les jeunes scolaires et certains professeurs progressistes tenaient le flambeau de la lutte car le SAWABA était contraint à l’exil. La situation socio-politique du pays était crispée, la sècheresse et la famine s’abattaient sur le pays. Les libertés démocratiques n’étaient pas respectées.


Les jeunes scolaires de l’époque avaient créé les conditions favorables à la prise du pouvoir par une junte militaire dirigée par le Lieutenant –Colonel Seini Kountché, le 15 avril 1974 , à travers des grèves et des tracts.
Plutard la vraie cause du coup d’État avait été dévoilée par certains historiens nigériens qui avaient établi le lien entre la demande à la hausse du prix d’achat du kilogramme de l’uranium par la France , formulée par le Président Diori Hamani et le coup d’État organisé par le lieutenant colonel Seini Kountché.


Tous les détenus politiques, Sawabistes, scolaires et enseignants incarcérés suite aux différentes grèves de protestations avaient été libérés par la junte militaire.


Un conseil militaire suprême, avait été institué, il avait dirigé le pays pendant treize ans. Ce conseil s’était appuyé sur les organisations traditionnelles des jeunes appelées « SAMARIA » pour réaliser certains investissements, construction des classes, construction des dispensaires , des maisons des jeunes etc., également pour bien occuper la jeunesse, des festivals de la jeunesse étaient organisés de façon tournante dans chaque chef-lieu de département, aujourd’hui érigé en région.
Une dictature militaire s’était installée, le pouvoir du général Seini Kountché n’acceptait pas la contestation, cependant les biens publics étaient bien gérés avec rigueur, la corruption, le népotisme, le régionalisme et le détournement de deniers publics étaient sévèrement combattus.


Le 10 novembre 1987, le général Seini Kountché n’était plus. Le colonel Ali Chaibou avait pris les rênes du pouvoir. Il avait instauré un climat de décrispation, tous les prisonniers politiques étaient libérés.


Le régime de Ali Chaibou , s’était aussi appuyé sur l’organisation sociale traditionnelle des jeunes , « LA SAMARIA » pour créer un parti Etat , dénommé, Mouvement National pour la Société de Développement , MNSD .


Le 9 février 1990, des jeunes scolaires et étudiants étaient sortis pour revendiquer une amélioration des conditions de vie et d’étude, le paiement de leur bourse, etc. , les forces chargées de maintien de l’ordre avaient tiré à balles réelles sur les manifestants , c’était le point de départ de la lutte pour l’instauration du multipartisme intégral et l’avènement de la conférence nationale souveraine .

Le général Ali Chaibou a autorisé le multipartisme intégral et la tenue de la conférence nationale souveraine , en 1990 , grâce aux pressions exercées par les jeunes scolaires , étudiants et syndicalistes qui manifestaient régulièrement à la place de la concertation, devenue lieu des différents meetings de protestations.


Donc comme vous le constatez, la jeunesse nigérienne comme ses homologues , africaine et du reste du monde , a toujours été à l’avant-garde de toutes les luttes démocratiques , qu’il s’agissait de la période coloniale à nos jours , les jeunes avaient été toujours les fers de lance de tous les combats politiques et des luttes pour le développement économique et social .


La problématique qui se pose : étant donné que les jeunes ont toujours joué leur partition, en contrepartie, est-ce que les adultes qui géraient et gèrent aujourd’hui les partis politiques, dans l’exercice du pouvoir, leurs ont retourné l’ascenseur ?


De 1960 à nos jours, l’encadrement conséquent de la jeunesse nigérienne en vue de la préparer à bien assurer la relève, n’ a pas été bien ficelé.


La jeunesse , au lieu de servir de moteur de l’histoire, elle est aujourd’hui utilisée comme un instrument entre les mains de certains politiciens habiles qui exploitent ses défauts et ses qualités.


Il n’est pas rare d’entendre certains jeunes des partis politiques, au lieu d’apporter des critiques constructives et objectives dans la bonne marche des leurs partis politiques, ils se réjouissent dans des compliments élogieux adressés aux dirigeants des partis politiques.

Certains jeunes trouveraient même bien normal que leur parti politique arrivé au pouvoir grâce leur lutte, puisse importer d’autres jeunes étrangers à la lutte et leur assurer une promotion au détriment de ceux qui sont restés sur place se battre et qui remplissent les mêmes conditions de promotions que ceux venus à l’occasion de la victoire.


La situation des jeunes qui sont promus dans l’administration n’est pas de nature à assurer une bonne relève dans la bonne conduite des politiques : économiques, financières, monétaires, et internationales etc. En effet, les politiciens adultes préfèrent s’accommoder des jeunes courtisans, flatteurs, menteurs, voleurs , au lieu de s’entourer des jeunes intègres, sérieux, nationalistes, honnêtes et travailleurs.


La jeunesse est aujourd’hui enveloppée dans un carcan idéologique qui l’empêche d’évoluer, de progresser, car la promotion des compétences ne se fait pas de manière objective, ce qui fait que les plus faibles d’esprits se trouvent contraints de se prostituer pour se voir promus à des hautes fonctions. En conséquence les ressources humaines et matérielles sont utilisées de manière irrationnelle, ce qui risquerait d’être une bombe à retardement si nous ne prenions garde.


Le Président Ahmed Sékou Touré disait au général Seini Kountché devant les jeunes de la SAMARIA à Maradi, dans les années 1980 : « La jeunesse ne supportent pas la pesanteur de l’égoïsme, c’est pourquoi elles s’explosent  » Ce qui se passent aujourd’hui , en Europe, particulièrement en France, avec le phénomène des gilets jaunes doit nous interpeler.


La nouvelle problématique qui se pose : est-ce que le personnel politique nigérien est disposé à accompagner la jeunesse sérieuse, consciente, travailleuse et intègre, vers sa future mission, c’est-à-dire une relève en vue d’assurer la poursuite de la construction de l’Etat Nation ?
A bon entendeur salut !


Par: Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

3 Comments

  1. C’est quand un groupe de nigériens se sont réunis hors orbite de tout pourtour, contour ou espace de toute forme politique; sans gauchisme, centrisme, droitisme ou extrémisme; tous les membres réunis autour d’un seul et unique fléau qui guettent non seulement leur pays (notre Niger); mais aussi, la totalité du Continent Africain et le monde entier) dis-je, le terrible et extravagant Changement Climatique. Tout en observant les changements de couleurs du ciel politique de mon pays, j’intervenais en giclant de temps en temps, quelques idées sur le changement de couleur d’arc-en-ciel de la politique de mon pays. Mais, ce que je viens de recevoir sur mon bureau résultant les travaux de ces jeunes sûrement pilotés par un baroudeur ou routinier des grandes routes de développement en Afrique quant à l’idée fondamentale qui m’a fort bien dépassé sur la PROBLÉMATIQUE DE LA JEUNESSE AFRICAINE, m’a tant épaté au point de se demander si, sont-ce vraiment des nigériennes et nigériens qui ont développé de telles idées en des thèmes constituants le vocable de haut niveau à toutes les tribunes d’actualité mondiale? Finalement, j’ai compris les raisons des uns et des autres qui ne cessent de croire en scandant l’apologie de SEM le Président Issoufou Mahamadou toujours infatigable à la recherche des femmes et des hommes prêts à s’anoblir pour passer du niveau de simples nigériens conservateurs au cap de citoyens filles et fils NOVATEURS du Niger. Ces jeunes nigériens ont compris que: « QUAND LA MUSIQUE CHANGE, LA FAÇON DE DANSER DOIT CHANGER. Ainsi, suite aux multiples appels de SEM le Président Issoufou Mahamadou, la Jeunesse consciente nigérienne a su trouver les pagaies qu’il faut pour piroguier elle-même, sa flotte vers le port de sa survie. Certes, des jeunes engagés sauront déposer leurs créativités dans des mains sûres telles celles des Abdouramane Zakaria pour accomplir la volonté de notre guide.
    La problématique : La jeunesse nigérienne face à l’avenir, quelles perspectives ? Est une problématique qui se pose au monde en général, et à l’Afrique en particulier.
    En effet, qu’il s’agit de l’Europe, de Etats Unis d’Amériques, de l’Asie et de l’Afrique, les mouvements des jeunes ont été toujours à l’avant-garde de la lutte de libération, de la lutte pour le triomphe de la démocratie, ou des revendications syndicales d’ordre matériel et moral.

    Au Niger , au moment de la lutte pour l’indépendance, la jeunesse a joué un rôle très prépondérant dans la lutte politique. Des jeunes syndicalistes nigériens ont pris largement part dans la lutte de libération du continent .

  2. le grand défaut de la jeunesse nigérienne est qu’elle n’a pas de temps pour des comptes rendus , elle est indifférente peut importe les interrogations qu’on se pose sur elle. En effet , elle préfère toujours que ses actions la justifie car l’essentiel c’est ce que Dieu sait et non les autres , la seule chose qui doit être iné au comportement jeune est la conscience du fait que une personne qui nous devance d’âge sans distinction de status sociale + politique mérite notre respect s’il se tient droit et respectueux enver lui même car nous dénonceront toujours les gens qui font atteinte à notre dignité humaine .Nous sommes des miroirs dans lesquels autrui peut voir une image à sa ressemblance qu’elle soit belle ou laide .
    Nous œuvrons pour le bien de l’humanité entière à l’aide de la plume sans oublier que même si tout les drapeaux du monde tombent , celle du Niger notre ville natale restera debout : nous la tiendrons à cœur ouvert pour ne pas perdre nos bons souvenirs lorsqu’ils nous seront nécessaire .
    La jeunesse nigérienne mérite pas des doutes psychologiques ou sociales = sachez qu’elle est clairvoyante et avec elle les solutions créatives viennent compte tenu des circonstances , nous sommes réalistes .
    NB : <>.

  3. Merci Camarade KADO de votre effort pour contribuer à la construction de l’édifice.
    Contnuez à nous éclairer sur des sujets d’intérêt général. Ne vous laissez pas décourager par certains esprits malhonnêtes et faibles.
    La problématique est bien posée, bien analysée, et la nouvelle problématique dégagée est bien dégagée également.
    Au lieu d’aller dans des fadas en train d’écouter les ragots, et raconter des histoires , vous avez choisi cette piste de réflexion. Vous faites oeuvre utile.
    Encore une fois, merci ! Vous êtes restez vous même ! Il n’est pas donné à n’importe qui.

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