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La marche  »forcée » de la MRN

Du berger à la bergère, la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN) projetterait d’organiser une marche populaire suivie de meeting pour le 04 mars prochain, à Niamey, afin de montrer à la Société civile, selon les organisateurs, que  »le Président de la République n’était pas seul ». En effet, comme vous le savez, une composante de la Société civile nigérienne, aux motivations politiciennes évidentes, a décidé d’empester l’atmosphère sociopolitique du pays depuis un certain temps.

Prenant prétexte de l’adoption récemment par le parlement de la Loi de Finances 2018, cette frange de la Société civile nigérienne sera devenue particulièrement active ces derniers temps au point où  il est légitime de se demander si ces activistes  » civils » ne seraient pas sur le point de se substituer à l’opposition politique officielle dont la visibilité se fait de plus en plus rare.

Fallait-il pour autant prendre au sérieux ces  »mécontents d’un jour », au point qu’une alliance aussi respectable que la MRN envisagerait de répondre, du tic au tac, aux élucubrations d’une bande de frustrés politiques qui n’a reçu du peuple, dont elle prétend pourtant défendre les intérêts, le moindre mandat électif ? Allons, comment une structure comme la MRN, matérialisation concrète de la vision politique d’un homme d’Etat (Issoufou Mahamadou), une coalition politique qui a donné, à deux reprises, au Niger un Président de la République, pourrait-elle se ramener au niveau d’attroupement de quelques frustrés politiques ayant trouvé refuge dans une soi-disant Société civile ?

En effet, il est bien plus facile de réunir des  »mécontents d’un jour que charrie ces organisations dites de la Société civile que de rassembler les citoyens pour la réalisation des grands desseins de la nation, comme le fait la MRN ! Il faut de tout pour faire un monde, a-t-on coutume de le dire !

Cette société civile est bien dans son rôle, l’agitation permanente, la subversion, car elle a fondamentalement horreur de l’accalmie ambiante et s’emploie au maximum à maintenir une sorte de climat insurrectionnel sur le pays afin de légitimer son activisme outrancier. En science politique, on sait faire avec pertinence la distinction fondamentale entre un parti politique et un groupe de pression.

Un parti politique a vocation à conquérir et à exercer le pouvoir ; un groupe de pression, au contraire, cherche à influencer seulement le pouvoir. Vous comprenez donc que la MRN corresponde au premier cas de figure et la Société civile au second. Aujourd’hui, que la Société civile manifeste bruyamment, qu’elle tienne des fora citoyens sur tel ou tel aspect de la gouvernance dans le pays, elle ne pourra jamais prétendre succéder au pouvoir actuel.

Toute son action se limitera uniquement à influencer le pouvoir dans un sens ou dans un autre, ressemblant en cela à une épée en bois. Par contre, la MRN est une coalition politique qui a conquis le pouvoir par les urnes et qui l’exerce à travers ses représentants. Son champ d’action privilégié reste les institutions de la république au rayonnement desquelles elle devrait beaucoup contribuer de par la majorité qu’elle y détient.

Un pouvoir formel dispose de nombreux leviers pour agir efficacement, pour réaliser les objectifs pour lesquels il avait sollicité le suffrage populaire, sans se perdre dans des débauches d’énergie inutiles. Les manifestations de rue sont le propre d’organisations subversives qui ne disposent pas des canaux traditionnels pour défendre leur cause et sont obligées de s’en remettre à la rue pour cela. Si la MRN avait brillé par le passé, plus précisément, pendant le premier quinquennat, force est de reconnaître qu’elle se fait de plus en plus discrète depuis l’entame du second mandat du Président Issoufou.

C’est justement son manque de visibilité actuelle qui aurait permis à la Société civile actuelle de se croire pousser des ailes pour venir occuper l’espace laissé vacant du fait de l’inertie de la MRN. Du temps de sa splendeur, la MRN forçait même le respect de ses adversaires qui, désabusés, finirent par comprendre que cette coalition était taillée dans le roc, car construite autour d’un projet politique ambitieux qui est la renaissance du Niger.

Aujourd’hui, peut-être que l’affaiblissement de l’opposition politique, consécutif à un manque de leadership pour la canaliser, conjugué à la griserie du pouvoir, sans oublier les jeux de repositionnement politique dans la perspective des échéances électorales futures, expliqueraient, en grande partie, cette espèce de léthargie dans laquelle semble plongée la MRN.

Au moment où le pouvoir, en difficulté, sur le plan médiatique, avec l’élaboration puis la discussion de la Loi de Finances 2018, avait besoin de sa majorité pour traverser la zone de turbulence, celle-ci était aux abonnés absents, laissant le Ministre Massaoudou seul aller relever le défi avec brio devant la représentation nationale ! La MRN gagnerait davantage en crédibilité si elle arrivait à définir précisément ses priorités de lutte et à identifier clairement son adversaire politique qui ne pourrait pas être cette Société civile à laquelle elle envisagerait répondre le 04 mars prochain.

Lui répondre déjà par une déclaration publique était, en soi, de notre point de vue, accorder du crédit à cette composante de la Société civile nigérienne dont les inconséquences politiques s’étalent au grand jour et au gré des circonstances. En effet, vouloir démontrer qu’un Président de la République démocratiquement élu  » n’est pas seul au monde » relèverait tout simplement de l’absurde à propos de quelqu’un qui a recueilli près de 70% des suffrages de ses concitoyens !

Le Président Issoufou n’a pas attendu une quelconque marche de la MRN pour conquérir sa légitimité populaire, il était allé sur le terrain, aux contacts des électeurs, pour l’obtenir. En revanche, tout ce dont il aurait besoin pour s’acquitter honorablement de son engagement pris avec le peuple, ce serait tout simplement la disponibilité des Nigériens à œuvrer pour la réalisation heureuse de son ambitieux programme de la renaissance du Niger Acte II !

Ce n’est pas dans le folklore et autres manifestations jouissives que le Niger d’aujourd’hui trouvera son salut, mais bien dans le travail productif et la réflexion féconde. Il faudrait rompre avec cette tradition fêtarde qui n’est, au bout du compte, que distraction, gâchis et recul ! Si on raffole justement de ce genre de festivités, c’est parce que, très souvent, ce sont des occasions où l’argent coule à flots et on s’en met plein les poches, côté organisateurs.

Aujourd’hui, la seule priorité pour la MRN et ses animateurs serait d’élever, un tant soit peu, le niveau du débat politique menacé par des relents etno-régionalistes qui dominent sur les réseaux sociaux. Composée d’une myriade de partis politiques de toutes dimensions (une soixantaine, semble-t-il), la MRN pourrait être, de par sa diversité, un puissant rempart contre ces excès extrémistes auxquels l’on assiste ces derniers temps en livrant un combat sans merci contre les tenants de ces positions identitaires.

Voilà, en clair, ce que le Président Issoufou attend de nous tous, c’est-à-dire notre engagement ferme à l’accompagner dans l’accomplissement de sa difficile mais exaltante mission de réaliser le bonheur des Nigériens.

Du moins, c’est-là la vision du journal  »OPINIONS » qui vaut ce qu’elle vaut, qui peut, certes, paraître iconoclaste, mais qui a au moins le mérite de poser clairement le débat sans gêne !

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ZAK (OPINIONS N° 385)

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10 plusieurs commentaires

  1. Djafarou Maman Matto

    En tout cas, je ne vois même pas de l’opposition politique au Niger puisqu’elle est quasi inexistante mais seulement une bande de frustrés politiques d’une part et une société civile se substituant à l’opposition en empruntant la vocation qui n’est pas la sienne d’autre part.
    Concernant la marche de la MRN, dans un État de droit où la liberté d’expression est la règle ainsi que la liberté d’opinion et de choix politique, une guerre de légitimité est une bonne guerre. L’opposition et la société ci-vile ont fait des manifestations pour dénoncer la loi de finances 2018, et la Mouvance présidentielle de sa part à décidé d’organiser une marche non pas pour prouver sa légitimité mais pour expliquer en grand pont l’importance de la loi de finances.

  2. C’est quoi la société civile? la définition que les uns et autres donnent est une aberration inventée par les occidentaux pour freiner le développement des pays en voie.Qui n’est pas de la société civile? Les partis politiques ou bien les animateurs des groupes d’inconscients qui organisent des résistances dont le but de salir les dirigeants? Hé détrompez vous les gars.Nous avons vu des syndicalistes et soit disant acteurs des associations civiles devenir des responsables politiques a la tête des postes juteux. Et c’est les fuyards qui vont nous dire le contraire.Aujourd’hui même les militaires font partis de la société civile mais avec une robe de protéger les intérêts du pays.Il n’y a pas des personnes neutres d’autant plus que chacun jouissait de ses droits civiques.Tout le monde fait parti de la société qui compose une nation.

  3. Tamtaminfo est le dernier des sites. Pas de comparaison avec les autres comme fasonet seneweb maliweb .

  4. Ne nous attardons pas sur les inepties de ce vaurien de ZAK, avançons , ne nous décourageons pas. Ce Mr est tout sauf journaliste et je ne le vois pas exercé ce métier à la fin du mandant de l’actuel pouvoir. c’est un commando et sa mission prend fin en 2021.
    Quand à la marche de la MRN j’estime que un manque de respect au peuple et tout parti politique , en dehors du PNDS qui se dit élu, qui ose mobiliser ces militants pour cette cause le regretterait amèrement. Le PNDS est au bord de la tombe et il veut entrainer avec lui les partis qui lui ont fait allégeance. Je conseille aux Partis qui ont encore une ambition et un idéal pour le Niger et qui sont dans la MRN de faire un examen de conscience et de quitter cette barque pendant qu’il est encore temps. Simple conseil au Président du MNSD Elh. Seyni OMAR.

  5. Bonjour,

    Certains politiciens se retrouvent avec ces marches inutiles, trop d’energie et de ressources perdues.
    C’est vraiment enfantin, la société civile fait une marche contre la loi de finances 2018, la MRN veut aussi faire une marche pour soutenir cette même loi.
    Prochainement, nous allons assister à:

    – Une marche de la MRN quand les étudiants vont faire une marche,
    – Une marche de la MRN quand les médecins vont faire une marche,
    – Une marche de la MRN quand les syndicats de taxi vont faire une marche,
    – Une marche de la MRN quand les transporteurs vont faire une marche,
    – etc…..

    On est ou la ?

  6. le janjajawid mohamed bazoum ,c est 1 bon danseur de timbinjam ,regardez-le bien sur la photo et l homme que je croyais sage ,serieux ,qt a lui ,il dansait le takaba de gao, et pourqoi dansez ?
    – response pauvre goorkoo ,ns dansons car ton leader qui ns genait plus au niger .

  7. C’est très curieux. Un régime qui sort dans la rue pour délégitimer sa légitimité. Un régime est bon s’il y a prospérité générale(Descartes). Même dans votre foyer si vous refusez d’écouter les plaignants vous aurez un désordre à plus forte raison une nation. Dans le cas où la marche serait maintenue le régime va inaugurer le désordre et peut être le chaos.

  8. Ha ha ha
    La marche de la société civile -politique soutenue par l’opposition est une marche volontaire et la marche de la MRN est une marche forcée. Hi hi hi
    Pauvre journaleux.

  9. J’ai vraiment du mal a comprendre ce journaleux….sans aucune objectivité..
    vraiment c’est pathetique si les acteurs de la société civile crie à la subversion donc toi tu fais quoi….espece de griot

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