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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - 7 avril 2021

La question qui m’a été posée :

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Quelle réflexion nous inspire à chaud le discours d’investiture du Président de la République, le camarade Mohamed Bazoum ?

Un petit survol historique sur les activités menées par l’intéressé sein du mouvement syndical nigérien où il a été rélevé aux nigériens, avant d’entamer sa carrière politique , nous permettrait de bien comprendre l’homme.

Le président Mohamed Bazoum est un grand orateur hors pair , à l’occasion des différents congrès de son syndicat de base , le Syndicat National des Enseignants du Niger, le SNEN, il avait toujours fait partie de ce que nous appelons les grands tireurs d’élites des congrès, les meneurs des congrès, les faiseurs des secrétaires généraux, comme : Sabo Saidou, Ibrahim Boubacar, Mohamed Moussa, Moussa Oumarou, feu Sahabi Barmou, feu Namagaré Harouna, pour ne citer que ceux-là. Ces camarades étaient capables de changer les cours d’un congrès, tout candidat au poste de responsabilité au bureau exécutif du puissant unique syndicat des enseignants du Niger , de l’époque, le SNEN, qui n’avait pas leur soutien est voué à l’échec. Ils avaient la rhétorique facile , la capacité de battre un adversaire au congrès et de faire élire leur candidat.
Nous nous rappelons encore , des récits de notre défunt frère, Abdoulaye KADO, un ami au feu camarade, Ibrahim Mayaki , qui avait l’aval des tirreurs d’élites jusqu’à un certain temps , un grand habitué des congrès du SNEN , à chaque fois de retour d’un congrès, il aimait nous narrer les différents prouesses du camarade Mohamed Bazoum au congrès .

Dans le milieu syndical nigérien, il était considéré comme un grand orateur de talent, personne ne veut l’avoir contre lui à l’occasion d’un congrès syndical.
Un congrès sans la participation du camarade Mohamed Bazoum et ses autres camarades tireurs d’élites, dans les 1980/ 1990, était considéré comme un congrès dépourvu des jougs oratoires, essence du syndicalisme, du SNEN. Donc sans intérêt.

Aux différents congrès aussi de l’unique centrale syndicale qui existait jusqu’à 1991, l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger, USTN , le camarade Bazoum Mohamed avait fait preuve toujours d’une éloquence exceptionnelle.

Au conseil syndical de Goudel en 1990, grâce à son intervention, celles de Sabo Saidou, Moussa Oumarou Diallo, Mohamed Moussa, Ibrahim Boubacar, la crise qui minait les actions de l’USTN, a pu être évitée , ainsi l’unité syndicale avait été sauvée et l ‘USTN avait repris le chemin de la lutte qui avait permis d’atteindre certains des objectifs fixés , entre autres , l’instauration du multipartisme intégral au Niger.

Ce petit survol historique nous paraît nécessaire avant de porter notre appréciation sur le discours d’investiture prononcé par le président de la République Mohamed Bazoum.

Le discours historique qu’il a prononcé à l’occasion de son investiture en tant que Président de la République du Niger, ne peut être autrement si il voudrait bien rester le socialiste qu’il est, et le syndicaliste qu’il a été.
À la conférence nationale souveraine, il faisait partie avec nous, des grands meneurs qui avaient dominé le débat sur la situation socio-économique et politique du pays.
Les mesures qu’il vient de citer pour restaurer le redressement économique, financier et social du Niger, ne peuvent être autrement.
Tous les responsables des organisations syndicales des enseignants disent se retrouver à travers ce discours. Il donne l’espoir aux syndicats de tous les secteurs confondus car il promet de faire du dialogue social franc et constructif, qui a fait défaut par le passé, son principal credo.

Il promet d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, de relever le niveau de la scolarité de l’école nigérienne.

A propos : de la corruption, du passe droit, des fausses factures dans le circuit financier de l’administration publique, des faux marchés publics au detriment de la qualité de la dépense publique , le trafic d’influence, en un mot ,toutes les magouilles néfastes, seront combattues sans pitié .

Le Président Mohamed Bazoum a dit que chaque délinquant économique et social , sera jugé sans complaisance.
La loi sera appliquée sans état d’âme, le parti politique, la communauté du délinquant, les parents , ne seront d’aucun secours pour lui . Il répondra seul devant les juges de son délit.

Le nouveau Président est resté conforme à ses convictions des années 1980/ 1990 qui avaient contribué, entre autres, de mobiliser les travailleurs nigériens pour la lutte de la restauration de la démocratie.

Le camarade Mohamed Bazoum ne peut pas passer sous silence les aspects de la faiblesse de la gouvernance passée, s’il veut bien séduire et calmer les différents fronts sociaux.

La société civile, les organisations syndicales, ont toujours dénoncé la faiblesse de la gouvernance passée.

Ce discours a été très sincère avec les travailleurs et les acteurs de la société civile. Car il a reconnu la faiblesse du dialogue social franc et constructif avec les partenaires sociaux, il a promis de corriger toutes ces erreurs du passé .

On ne peut que se réjouir d’un tel discours plein de sincérité et de charme.

Maintenant la problématique qui se pose au président Mohamed Bazoum, est de savoir si les différents délinquants socio-économiques , qui sembleraient se constituer en une mafias , qui saignait gravement les finances publiques, lui permettront de mettre en aeuvre toutes les mesures selvatrices annoncées ?

La meilleure stratégie en pareilles circonstances serait l’effet de surprise.

L’ ancien président de la République , Issoufou Mahamadou , avait promis dans ses différents discours d’investiture de mettre fin à la délinquance économique et financière au Niger, il était surnommé Issoufou Mahamadou, « le grand bouclier contre la délinquance économique et financière », mais à l’épreuve des faits , il s’était confronté à plusieurs obstacles, notamment le jeu d’alliance, certains partis alliés nids des délinquants socio-économiques, avaient bradi la menace de faire éclater leurs alliances qui avait permis de venir au pouvoir. Par conséquent de faire basculer la majorité ailleurs.
Tant que le système du scrutin électoral, actuel n’est pas changé, il serait très difficile à un chef d’Etat , président de la République, quelque soit sa bonne volonté d’éradiquer certaines pratiques néfastes, frauduleuses, qui retardent le pays dans son décolage pour le développement économique et social.

Cependant l’espoir est permis, le principal parti politique au pouvoir, celui du président Mohamed Bazoum , le PNDS/TARAYYA, a une majorité confortable à l’assemblée nationale, ce qui lui permettrait d’appliquer toutes les mesures salvatrices annoncées.

Mais la majorité des délinquants socio-économiques se retrouveraient réfugier à l’assemblée nationale, ils sont également dans tous les partis politiques, ils sont des grands bailleurs des fonds des partis politiques, ils se permettraient souvent de menacer des fonctionnaires honnêtes au sein de l’administration publique, ils avaient le pouvoir de faire limoger certains fonctionnaires intègres qui refuseraient d’accepter certaines magouilles .
Le gouvernement passé avait rencontré beaucoup des obstacles pour la levée de
l ‘immunité parlementaire de certains députés présumés délinquants .

Les partis politiques alliés du président Mohamed Bazoum, se devraient de faciliter la tâche au nouveau président, ils pourraient entre autres proposer des personnes intègres , rigoureuses , compétentes, jouissant des bonnes moralités , aux différents postes politiques , administratifs et techniques , gage d’une réussite de la bonne gouvernance.

La majorité des hommes d’affaires qui investissent dans les partis politiques, considèrent la politique comme une rente .
Ils attendent toujours le retour des dividendes .

D’où la nouvelle problématique qui se pose : est-ce que les esprits sont bien préparés à accepter ces mesures salvatrices au profit de l’intérêt supérieur du Niger ?

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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