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La ZLECAF, une passion Africaine…

Les lampions se sont déjà éteints dans les travées du palais des congrès de Niamey, à l’issue du XIIè sommet de l’union africaine sur l’accord de libre-échange que les grandes ambitions pour le continent se dessinent dans un afro-optimisme de bon aloi. La capitale nigérienne aura vibré 5 jours durant, au rythme de l’Afrique qui innove, qui agit résolument vers sa transformation sociale, laissant cette image d’apathie, à la traine dans les échanges mondiaux. Africa is back !

Le sommet aura été une rencontre des possibles à mettre à l’actif du peuple nigérien qui s’est mobilisé pour accueillir, offrir toutes les commodités aux visiteurs de l’Afrique dans toute sa diversité, des eSwatinais aux Erythréens en passant des Egyptiens aux Namibiens. L’honneur échoit aussi au président Issoufou Mahamadou, champion de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) de piloter ce projet imaginé (mais jamais mis en œuvre) par les pères-fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et leurs successeurs.

Faut-il saluer l’organisation parfaite imaginée au millimètre près, une touche authentique qui aura laissé des souvenirs impérissables, de l’avis de nombreux participants. Les rounds des négociations commencées depuis 2012 ont connu, en effet, leur épilogue ce 8 juillet au palais des congrès de Niamey devant une trentaine de chefs d’Etat, validant la signature des 54 pays sur les 55 que compte officiellement l’Afrique.

Il aura fallu la dextérité et le tact diplomatique du président nigérien Issoufou Mahamadou pour amener à la « table des signatures » des pays d’abord réticents, se demandant « que gagner dans cette entreprise ? », douchés sans doute par les projets sans lendemains et le manque de rigueur en Afrique.

Néanmoins il y a toujours les « oui, mais » même au Niger, ces Cassandres qui pourfendent à demi-mots ce genre de raouts que n’importe quel pays aurait l’heur d’accueillir. Ils auraient aimé, dans le déchainement des passions que ces investissements quoique souvent privés (hôtels, rénovation aéroportuaire…) aillent ailleurs, dans d’autres secteurs.

C’est un discours que l’on peut entendre en d’autres temps –o tempora, o mores-, mais la théorie de capillarité (ou de ruissellement) veut que des facteurs induits d’une telle rencontre internationale peuvent aussi générer des investissements dans les domaines de la promotion sociale (santé, de l’éducation…) ; en clair, l’un ne pouvant pas naturellement empêcher l’autre. Faut-il rappeler que la construction de quelques ensembles infrastructurels (hôtel Gaweye, Onarem, palais des congrès), avaient donné aux semblables admonestations, au début des années 80 ?

La zone de libre-échange constitue ce marché commun qui est le préalable d’une intégration sociale et économique. Voilà la première action concrète de l’OUA et de l’UA depuis 1963, imaginée et façonnée par les Africains dans le cadre de la feuille de route de « l’Agenda du développement 2063 ». Tout comme le Plan de Lagos était cette belle idée adoptée en avril 1980 sur la base d’un développement endogène ou autocentré cher à l’économiste tiers-mondiste Samir Amin ou Thomas Sankara : avec des relents panafricanistes « l’Afrique doit compter sur elle-même », la stratégie se voulait volontariste dans divers domaines (agriculture, industries, mobilisations des populations, transports et communications…).

Mais la tornade néo-libérale et la mainmise du FMI et de la Banque mondiale dans les économies africaines ont dévoyé cette stratégie avec les plans d’ajustement structurels rendant le Plan de Lagos inopérant. Et conséquemment, les PAS et ses dérivés avaient montré les limites ou signé les échecs de nos plans quadriennaux et décennaux des années 80-90.

Aujourd’hui on note une faiblesse sidérante des échanges intra-africaines : avec moins de 16% les Africains ont du mal à échanger leurs produits dans leur sphère géographique, pour différentes raisons douanières, ou soumis à un protectionnisme, ce qui fragilise nos pays et la viabilité de nos économies. Seulement 128 milliards échangés sur le continent contre plus de 900 milliards avec le reste du monde dont près de 50% d’hydrocarbures, principal produit d’exportation.

Les propos de K. Nkrumah sonne-t-il comme un couperet ou une alternative pour qui « l’Afrique doit s’unir ou périr ». Ce « continent de l’avenir », paradoxalement très insuffisamment entré dans la mondialisation (3% du commerce mondial) doit absolument s’unir et remonter la pente au risque de sombrer irrémédiablement.

Le marché commun africain qui sera en vigueur en 2020 sera le premier marché mondial en terme de consommateurs : avec l’émergence d’une classe moyenne, d’une industrialisation protégée et l’abaissement des barrières douanières (par la perte de 90% de souveraineté), le développement intégral du continent pourra être assuré ; ainsi le violet de Galmi, la gomme arabique de Gaya, le souchet de Maradi, le niébé, le bétail sur pied et d’autres produits nationaux… peuvent gagner des marchés lointains et accroitre la soutenabilité du secteur primaire nigérien.

Mais la zone de libre-échange africaine doit se départir, pour réussir son pari dans le long terme, des recettes néo-libérales intégrales qui mettraient à mal les pays surtout dits faibles, mais de politiques plus protectrices : une dose de nationalisations, de subventions publiques, règlementations pour soutenir nos économies encore embryonnaires complétées par la fluidité frontalière, la lutte anti-corruption seraient le gage d’une meilleure intégration sociale puis économique.

La ZLECAf a l’avantage de compter un certain nombre de zones économiques régionales plus ou moins actives : la CEDEAO (Afrique de l’ouest), la COMESA (Afrique orientale et australe), la SADC (Afrique australe) ; la CEEAC (Afrique centrale), la CAE (Afrique de l’Est), l’UMA (Maghreb), la CENSAD (Sahel-Sahara) ou l’IGAD (Afrique de l’est) serviront d’instruments de relai du grand marché commun africain de 3 000 milliards de PIB.

La mondialisation des années 90 a accéléré le processus de regroupements économiques territorialisés, condition sine qua non d’échanges basés sur les négociations multilatérales, la règlementation et « l’équité » : l’UE (Europe), l’ASEAN (Asie du sud-est), le MERCOSUR (Amérique Latine), l’ALENA (Etats-Unis, Canada, Mexique) ou TAFTA (UE/Etats Unis)…sont aujourd’hui les outils du contrôle du commerce et de la richesse mondiale ; par exemple, l’accord transatlantique (en veilleuse)TAFTA qui lie l’Europe et les E. U englobera plus de 45% du PIB mondial.

L’Afrique ne saurait rester à la traine au moment où les grands ensembles sont sur les sentiers de libre-échangisme comme en ce moment les négociations de l’UE avec le CETA canadien (malgré quelques réserves sur l’emploi et le climat). L’Afrique se doit de parler d’une voix face à ces grands ensembles (ou en bilatéral), protéger ses produits à l’exportation et règlementer par exemple les importations du coton américain (et autres produits OGM) ou des produits chinois (souvent plus concurrentiels) par exemple, sans porter atteinte aux plans d’industrialisation des pays comme le craignait le Nigeria au départ : en somme, défendre les seuls intérêts de l’Afrique et être audible pour que dans un avenir proche, le continent puisse pouvoir prétendre aux premiers rôles internationaux (OMC, Conseil de sécurité…).

Ainsi l’Afrique, qui est le plus grand marché en termes de consommateurs (bientôt 2 milliards d’habitants en 2050) et l’émergence d’une classe moyenne (indispensable pour un développement), peut être cette grande puissance économique et sociale si les protocoles de la ZLECAf sont correctement mis en œuvre. Et vite, comme le préconise le président Issoufou du Niger.

Par Aboubakar K. LALO (Aménagiste, communicateur (France))

13 Comments

  1. Que ce soit cfa ou eco, le mode fonctionnent reste le même. c’est toujours la France qui est derrière .
    Tant que alassane ouattara est vivant l’Afrique ne peut jamais s’ensortir
    Mr Ouattara aime la France mieux que sa propre mère.

  2. ZLECAF……

    ECO…….

    CAURIS……

    Des pro …et Ses con ( ☺️ mais pas cons dans le sens de couillon OOOOOO😋)

    Un autre son de cloche ….. que TOTO A DIT partage…. 😙😗 Il NE faut aller à la ligne DEY…:

    Quand un Économiste Africain donné son opinion sur la question ……que disent les ÉCONOMISTES DU NIGER .. et les autres MOI JE SUIS DOCTEUR….MOI JE SUIS INTELLECTUEL et autres ‘ZINTELLECTUELS BUCHEURS avec leur sempiternels et kilométriques …. UNTEL A DIT …. jusqu’à avoir la MOUSSE à bouche 😂…….

    ÉCO OU FCFA ? LES CINGLANTES RÉPONSES DE MICHEL NADIM KALIFE

    La nouvelle monnaie unique de la CEDEAO, Eco, devrait voir le jour en 2020. Comment l’économiste que vous êtes appréhende-t-il cette devise?

    Il faudrait peut être attendre de connaître les mécanismes de cette nouvelle monnaie pour se prononcer. Sans vouloir être pessimiste, on peut dire que le jour où la France ne garantira plus le change fixe du Franc CFA en euro, on assistera à des bouleversements. L’Eco non garanti dépendra essentiellement du Nigeria qui représente 70% du PIB de la CEDEAO. Nous verrons alors cette nouvelle monnaie dégringoler comme le Naira en ce moment. Les petits épargnants, les employés du secteur privé, les fonctionnaires, les paysans et les retraités n’auront plus que leurs yeux pour pleurer leur perte de pouvoir d’achat.

    Vous voulez dire que tout le monde est perdant dans cette nouvelle monnaie ?

    Hélas, seuls les commerçants et les pilleurs de L’État s’en sortiront. Les premiers sauront revaloriser leurs marchandises en fonction de la dépréciation de l’Eco. Les seconds auront toujours les moyens de reconvertir leur butin en € ou en $. Quant aux producteurs de cacao, café, coton, palmistes, de noix de cajou, …tous produits d’exportation, ils verront leurs recettes dégringoler entre le moment où ils auront vendu leur récolte et le moment d’encaisser la somme, parce que durant ce délai la valeur de l’ECO aura chuté… Alors, la civilisation du “DASH”, en vigueur au Nigeria, Ghana, sierra Leone, Gambie, Guinée, s’étendra aux pays de l’UEMOA où les perdants, soit 80%, vont voir leur pouvoir d’achat se déprécier.

    Nous vous trouvons bien pessimiste sur ce projet de monnaie unique?

    Je suis en effet désolé d’aller dans le sens inverse de la plupart des analystes qui abreuvent notre jeunesse de fausses théories. La monnaie c’est de la réalité immédiate. Gardez bien cette analyse prévisionnelle quelques longues années encore, car il faudra beaucoup de temps à l’ECO pour qu’il soit adopté par tous les 15 pays de la CEDEAO et devenir une monnaie unique remplaçant les 8 monnaies nationales actuelles (FCFA, Naira, Cedi, dollar libérien, livres gambienne et Sierra Leonaise, Franc Guinéen, escudo du Cap Vert), mais, attention!, sans la garantie du Trésor Public français. D’ici là, je serai décédé de vieillesse…mais mon analyse me servira à survivre parmi vous, en honorant ma mémoire pour vous avoir dit une vérité prophétique qui fera honte à tous les pourfendeurs du Franc CFA auxquels leurs moutons de Panurge demanderont des comptes pour leur avoir promis le paradis alors qu’ils vont vivre l’enfer monétaire… Miserere Nobis !

    Il s’agit quand même d’un vieux projet, réfléchi pendant de longues années et mis en oeuvre par des experts du domaine ?

    Cette histoire de monnaie me rappelle la boutade du président Abdou Diouf lors de la conférence des Intellectuels africains en décembre 1996, à Dakar, sur initiative de son ministre d’État d’alors, Abdoulaye Wade. “La maladie des Africains, c’est la ” Colloquite, celle de faire des colloques sans suite … “, s’était exclamé le président sénégalais. C’est exactement ce qui caractérise le projet de création de la monnaie commune et unique de la CEDEAO, qui avait été projeté à la suite du “Plan de Lagos ” en 1980. J’avais alors, (à travers mes conférences débats données à l’hôtel ” Palm Beach” de Lomé en 1982/1983), proposé deux dénominations : Cauris et Afro. Il a fallu, aux autorités de la CEDEAO, 36 ans pour accoucher de la petite souris “ECO” qui ne fait que reprendre les 3 premières lettres de ” ECOWAS”, acronyme de la CEDEAO en anglais, cela signifiant bien la domination des anglophones, dont le tout-puissant Nigeria !… Alors, je dis : “chapeau!” à Abdou Diouf… Miserere Nobis !

    Donc, pour vous, la messe est dite. L’Eco est déjà un échec ?

    Non, pas tout à fait. Je dis que tant que nous n’aurons pas L’État de droit et le respect de la supra -nationalité, nous n’aurons pas l’ECO comme monnaie unique remplaçant les 8 monnaies nationales de l’espace CEDEAO… Il faut vous dire que nos régimes présidentiels ont offert à nos chefs d’État le goût du pouvoir personnel. Je les vois mal accepter de limiter leur pouvoir personnel. Les 7 pays à monnaie nationale, dont le Nigeria et le Ghana, ont actuellement la facilité de payer leurs fonctionnaires et leurs forces de l’ordre sans retard, juste en appuyant sur le bouton de la planche à billets… Ils ne voudront pas abandonner ce privilège. En définitive, il y a du chemin avant d’atteindre l’Etat de droit. C’est le seul moyen de s’assurer une monnaie inspirant confiance à ses citoyens.

    Vous conviendrez avec nous que la zone Franc n’est pas non plus un paradis avec un spectre de la dévaluation omniprésent ? Pensez-vous qu’une dévaluation est totalement exclue en ce moment ?

    il n’y a aucune raison de dévaluer le FCFA chez nous en Afrique de l’Ouest. Par contre, en Afrique centrale, il risque d’y avoir une dévaluation pour leFranc CFA XAF quand nous, en zone UEMOA, nous changerons le nom du FCFA XOF en ECO, sans dévaluer! Tout simplement. Les 8 pays de l’UEMOA adopteront l’ECO à la même valeur du Franc CFA, en définissant le taux de change entre le Franc CFA et l’ECO, tout comme en France, quand on est passé du FF à l’€, sans changer la valeur du FF, mais simplement en convertissant le FF en €, et nous, en zone UEMOA, nous définirons le FCFA en ECO sans changer notre pouvoir d’achat! Donc, pas de dévaluation en vue, parce que les réserves de la BCEAO sont bonnes et bien gérées.

    En clair et en définitive, il ne faut pas trop se réjouir de l’arrivée de l’Eco ?

    Celà dépend de bien des paramètres dont l’Etat de droit et la discipline monétaire. Il faut comprendre l’économie monétaire, une science aussi difficile à comprendre par un économiste généraliste qu’un médecin généraliste en qui concerne la neurochirurgie. L’ECO est la monnaie de référence envers laquelle chaque monnaie d’un pays membre de la CEDEAO doit définir la sienne, que ce soit le FCFA, le Naira, le Cedi, le dollar libérien, la livre de Sierra Léone ou de Gambie,…ou le Franc guinéen. Les anti-CFA polémiquent par ignorance à mon avis.

    La nouvelle monnaie mettra-t-elle fin aux mécanismes du Franc CFA tant décriée par le camp des anti- CFA?

    Les anti-CFA font dans l’émotion. Le Franc CFA est une monnaie garantie par le Trésor public français sur la base de 1€=655,957FCFA tant que la BCEAO le souhaitera en respectant les règles de convertibilité prévues dans leurs accords de change illimité. Et parmi ces conditions, il y a le fait que la BCEAO doit déposer 50% de ses réserves sur le compte du son garant, le Trésor public français, ouvert à la Banque de France, moyennant rémunération de ces dépôts à un taux supérieur de 0,65% par rapport au taux international de rémunération à vue (pourquoi à vue, parce que ces dépôts varient d’une seconde à l’autre pour payer les importations de la zone UEMOA). C’est cela que ne comprennent pas les anti-FCFA parce qu’ils n’ont jamais été de grands importateurs ni servi dans l’un des 32 comptes d’opérations de la BCEAO, dont le plus important est celui ouvert à la Banque de France, qui, seul, rémunère les dépôts de la BCEAO à 0,65%, au dessus du taux pratiqué par les 31 autres comptes ouverts à travers le monde. C’est pourquoi, au lieu d’y déposer les 50% obligatoires, les Banques centrales africaines (BCEAO, BEAC) y déposent la quasi totalité des réserves pour obtenir un supplément annuel d’intérêts de 50 à 80 milliards FCFA par an, selon les années. Mais, les anti-FCFA ignorent tout cela, parce que leurs meneurs, pourtant bien informés de la chose, se gardent bien de les en informer pour pouvoir mieux les mener comme des moutons de Panurge… C’est déplorable ! Donc, pour en revenir à la monnaie commune, l’ECO, elle ne deviendra unique qu’après que tous les 15 pays de la CEDEAO aient réussi à stabiliser le change de chacune des monnaies nationales, ce qui va permettre de remplacer chaque monnaie nationale par l’ECO, sans problème, puisqu’elle lui est devenue équivalente tout en ayant l’avantage de favoriser les échanges entre les 15 pays de la CEDEAO du fait qu’il n’y aura plus de problème de change entre leurs anciennes monnaies nationales. Mais la grave question qui se présente est la suivante: Combien d’années de bonne gouvernance faudra-t-il pour les 6 pays à monnaie nationale (Naira, Cedi,dollar libérien, livres gambienne et de Sierra Léone, Franc guinéen) pour rejoindre les critères de convergence de l’ECO ? Par contre, seuls le Franc CFA, dont les 8 pays membres sont déjà convergents depuis la dévaluation de 1994, ainsi que l’escudo du Cap Vert, soit 9 pays sur 15, respectent et respecteront les sept critères de convergence. Les autres 6 pays, à mauvaises habitudes de gestion budgétaire et donc monétaire, auront beaucoup de mal à ne plus user de leur planche à billets pour combler leurs déficits et autres habitudes menant à la dépréciation à répétition de leur monnaie nationale. C’est pourquoi le Franc CFA peut dès à présent définir son change avec l’ECO, tandis que les autres monnaies évolueront leur taux de change, mois après mois, du fait de leur dépréciation continue sur le marché international, notamment vis à vis du Franc CFA, qui demeure la monnaie la plus stable et la plus forte du monde, même plus forte que l’€ en laquelle il est aujourd’hui défini, du seul fait que la monnaie du Trésor public français est l’€. Car, si un jour l’€ éclate, le FCFA survivra fort et stable, grâce a la garantie du Trésor Public français qui sera toujours là pour nous protéger contre les attaques des cambistes et autres spéculateurs…grâce aux accords de coopération qui lient la France à l’UEMOA, tant que celle ci en respectera les conditions. Quant à l’ECO, l’autre question grave sera de savoir si son institut d’émission, s’il est placé à Abuja, comme l’exige le Nigeria, respectera les règles de bonne gestion monétaire pour assurer sa stabilité et ne pas faire fuir nos épargnes à l’étranger pour les protéger contre la d’évaluation…. That is the question.

    Comment analysez-vous les prises de position du président Ouattara, ouvertement militant pour une monnaie unique à change fixe par rapport à l’euro?

    Le président Ouattara est un grand économiste. Ce n’est pas pour rien qu’il a su à la fois redresser l’économie ivoirienne à la vitesse grand V et faire remonter les réserves de la zone Franc cfa de la BCEAO. Il est le seul à être en mesure de tenir tête à l’impérialisme du Nigeria qui veut nous absorber comme des nains de la CEDEAO… Le président ivoirien connaît l’économie monétaire, et donc le FCFA, mieux que tous! De tous les chefs d’État de la CEDEAO, il est le seul spécialiste monétaire. C’est pourquoi, il mènera la barque de l’ECO tant qu’il est président de Côte d’Ivoire… Malheur à nous, pays de l’UEMOA, le jour où il sera remplacé par un non économiste monétariste !!! Car le Nigeria va absorber l’ECO en en faisant équivalent au Naira, en l’imprimant à Abuja. La dégringolade sera inévitable. Les classes moyennes qui pensaient sortir de la “servitude monétaire”, théorie chère aux anti-CFA , n’auront que leurs yeux pour pleurer. Devrais-je le rappeler, le président Ouattara s’occupait du Franc CFA quand il évoluait au sein du FMI. Il a aussi officié en tant que gouverneur de la BCEAO et a bien négocié la dévaluation indispensable du Franc CFA en janvier 1994.

    Donc, vous êtes d’accord avec le président Ouattara quant à la parité fixe de l’Eco avec l’euro et non au panier de devises défendu par certains économistes ?

    Certainement. L’option du président Ouattara de conserver la parité FCFA/€ tant que la monnaie commune Eco (qui est une monnaie de référence vers laquelle doivent tendre les diverses monnaies autres que le Franc CFA pendant la longue période de transition) n’est pas devenue monnaie unique !!! Alors, ceux qui n’ont pas étudié la monnaie, je leur demande de considérer ce domaine spécifique en dehors des comportements politiciens. Sinon, ce sera la pagaille comme avec les anti FCFA.

    Cela dit, l’option défendue par le président Ouattara n’est autre que le schéma suivi par tous les pays européens qui ont intégré la monnaie unique € après avoir traversé la longue épreuve de convergence des 6 premières monnaies de la zone € dont les monnaies suivantes: DM (Allemagne), FF (France), florin ou DFl(Pays-Bas), FB (Belgique et Luxembourg), Lira( lire italienne), ptas(Espagne), qui mirent 24 ans pour converger de 1975 à 1999 vers la monnaie commune avant de l’adopter en 3 ans comme monnaie unique entre 1999 et 2002, trois ans au cours desquels la nouvelle monnaie commune remplaça progressivement chaque monnaie nationale. Alors, cela m’étonnerait que nous autres, 15 pays CEDEAO, où l’Etat de droit est loin d’être en vigueur, mettions moins de temps que ces 6 pays européens avancés…

    Certes, les 8 pays UEMOA conserveront leur FCFA durant la période de convergence qui exige que chaque pays qui veut adopter l’ECO s’aligne sur les exigences des 7 critères de convergence (dont le déficit budgétaire inférieur à 5%, le taux d’inflation inférieur à 3%, le déficit du commerce extérieur inférieur à la marge restante après la limite de 20% du taux des réserves monetaires par rapport à la circulation monétaire dans le pays concerné,… Etc). A défaut d’y parvenir, chaque pays restera dans la période de transition vers l’ECO sans l’adopter, l’ECO restant une référence vers laquelle il faut tendre. Ce n’est que lorsque tous les15 pays membres de la CEDEAO auront réussi à respecter ces 7 critères de convergence que l’ECO sera adoptée comme monnaie unique en remplacement du FCFA de même que des 7 autres monnaies nationales (Naira, Cedi, dollar libérien, franc guinéen, escudo du Cap vert, livre de sierra Léone,…Dalasi de Gambie). Je crains que cela ne prenne plus que les 24+3=27 ans pris par les 6 premiers pays de la zone €…. Alors, laissons le temps au temps comme disait le génie politique François Mitterrand.

    Finalement, à quoi sert de changer l’appellation du franc en eco?

    Tout d’abord, cela va calmer les ardeurs anti-FCFA et anti- françaises qui font florès. Ensuite, si l’ECO est adopté par les autres pays de la CEDEAO – à la condition qu’ils respectent la discipline monétaire, ce qu’ils n’ont jamais respectée jusqu’ici, malgré leurs promesses datant de 1997 en vue de la monnaie commune-, cela peut aider la région à condition que la discipline monétaire soit respectée. Mais si le Nigeria et le Ghana continuent à refuser la garantie de change de l’ECO par la France, le taux de change risque de se déstabiliser à la moindre baisse des prix des matières premières d’exportation (pétrole, cacao, coton, café, cajou, palmistes, OR, bois, …). Autre scénario à éviter, le cas de figure où les importations de la CEDEAO dépassent ses exportations, ou encore s’il y a un désordre politique provenant de coups d’État ou d’attaques djihadistes. Tout le problème de confiance des investisseurs se trouvera là… Ce qui est le plus à craindre, c’est qu’il n’y aura plus Alassane Ouattara pour défendre la bonne gestion du FCFA devenu ECO, et que ce soit alors le Nigeria (géant dominant la CEDEAO avec 70% de son PIB et de sa population, et qui ne réfléchit qu’en fonction de ses propres intérêts, comme il l’a prouvé en rejetant l’accord APE entre l’UE et la CEDEAO signé à Dakar en janvier 2014) qui dirige la CEDEAO en y transposant sa malheureuse gestion du Naira… Ce qui fera dévaluer l’ECO à répétition, avec toutes ses conséquences sur le pouvoir d’achat des populations, qui seront obligées de recourir à des pratiques illicites pour rattraper leurs pertes de pouvoir d’achat…ce qui signifie que la corruption redeviendra systémique, touchant tout le monde, comme au Nigeria, à la différence de l’actuelle zone FCFA où la corruption est limitée aux rouages du pouvoir (douanes, justice, police,…). Pour conclure, il y aura risque de dévaluations à répétition de l’ECO dès que le Nigeria arrivera à l’adopter en remplacement du Naira. Car le poids du Nigeria, 70% de la CEDEAO, décidera de l’avenir de l’ECO, surtout qu’il n’y aura plus le président Ouattara pour veiller à la rigueur de gestion de cette monnaie commune, en tenant tête au président nigérian.

        1. 😋🤔 c’est aussi ton choix et ton droit de vouloir parler PEU….😝😂😛

          OU se situe donc l’issue : l’option à la différence????

          Et pour clarification…. pour le lectorat…. TOTO A DIT n’avait il pas dit qu’il partageait ??

    1. Cet article est très intéressant. Il nous apprend bcp de choses et il fixe très bien les enjeux.
      Et surtout il nous rappelle que le Niger est économiquement très faible.
      Or, une monnaie ne crée pas de richesse.
      Demain, nous ne serons pas plus riches parce que le franc cfa aura disparu….
      Nous deviendrons plus riches seulement par notre travail et notre production…

      1. que ce soit CFA OU ECO, LE MODE FONCTIONNEMT RESTE LE MEME. C EST TOUJOURS LA FRANCE QUI EST DERRIER .
        TANT QUE ALASSANE OUATTARA EST VIVANT L,AFRIQUE NE PEUT JAMAIS S’ENSORTIR
        JAMAIS

      2. Si ça peut te faire plaisir..
        Continue à chercher des boucs émissaires..
        Ça nous permet de nous donner des excuses pour persister dans notre pauvreté qu’elle soit économique ou intellectuelle.

  3. Y aura pas de zone de libre échange en afrique, des menteurs, qui imaginent des fictions pr tromper le peuple.toujours des mensonges. Qu’est ce que vs allez échanger ? La pauvreté? Mettez l’électricité, l’eau, les routes, les rails, construisez toutes les écoles, donnez du travail au peuple etc voilà votre travail.

    1. Et aussi créez des industries :
      Nous ne produisons presque rien: où sont les motos africaines, les voitures, les avions, l’électroménager, les ordinateurs, les industries alimentaires ???? Etc etc….
      On attend quoi pour faire comme en Asie et devenir des producteurs?
      Mais pour cela il faudrait avoir des dirigeants qui croient en l’Afrique et qui aient une vision à long terme.
      Or nous savons tous que leur objectif est de se remplir les poches encore et encore…
      :

  4. C’est une bonne chose que l’Afrique est créée la plus grande zone de libre échange en nombre de consommateurs. Mais si nous sommes des consommateurs sans argent !!!!
    Si cette zone ne sert pas à industrialiser notre continent et à créer des emplois, si elle ne sert pas à améliorer de façon très importante le niveau de nos écoles et de nos universités, alors tout cela est inutile.

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