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L’air du temps L’IDH en question

Le verdict du rapport sur le rapport mondial le développement humain pour l’année 2017 est tombé, tel un couperet : une fois de plus, notre pays, le Niger, s’est vu relégué à la 187ème place sur 187 pays classés. Pour tout Nigérien imbibé, ne serait-ce que d’un tout petit brin de patriotisme, ce rang très peu enviable sans cesse attribué à notre pays doit être ressenti comme un véritable coup de massue.

Loin de nous l’idée d’engager une polémique inutile du genre à jeter du discrédit sur ce rapport mondial élaboré par le PNUD, qui se trouve être un des principaux partenaires actifs pour soutenir notre pays dans ses efforts de développement. Mais, il est des questions qui s’imposent à la curiosité humaine, pour lesquelles les experts auront beaucoup de mal à convaincre ceux qui ne sont pas dans le secret de leurs critères de calcul de l’indice.

Par exemple, entend-t-on des voix de se demander, comment des pays en crise perpétuelle, dans lesquels l’Etat et l’appareil administratif sont complètement par terre depuis belle lurette, où les enfants ont cessé d’aller à l’école du fait de l’insécurité ambiante, où les centres de santé sont dévastés, où les droits les plus élémentaires sont bafoués, se trouvent, mine de rien, classés en bonne place, devant tant d’autres pays qui ont su garantir la sécurité et la quiétude sociale à leurs citoyens, voire mettre en œuvre des programmes et des projets entiers dans intervenant dans les secteurs sociaux de base ?

C’est sans doute faute d’éclairer la lanterne des uns et des autres sur ce genre d’interrogations qu’à chaque fois, la publication du rapport sur l’IDH suscite des réactions et de des cris de frustration, voire de désapprobation. Ce fut le cas en 2005, lorsque le Niger avait été classé à la dernière place ; ce fut surtout le cas lors du classement 2009 où le Sénégal et le Maroc ont réagi énergiquement en portant réserve sur la fiabilité du classement, soutenant que l’indice ne traduit pas réellement les efforts de développement des pays, les aspects qualitatifs n’étant pas mis en avant.

Mais pour ce classement 2017, l’on reste serein au Niger en évitant de tomber dans la logique du mauvais élève qui tente désespérément de justifier ses mauvais résultats scolaires en se passant pour la victime toute désignée de l’acariâtreté de son maitre. Mieux, l’on essaye de comprendre et de chercher les voies et moyens d’améliorer nos performances dans les domaines de l’éducation, de la santé et du revenu national par habitant, dans l’espoir de nous hisser à un rang plus honorable pour le prochaine édition du  classement IDH.

Toujours est-il que, sur la question de l’IDH, le débat reste ouvert. Et, aujourd’hui, beaucoup d’observateurs craignent que ce classement mondial IDH n’aboutisse au contraire l’effet escompté. Car, si en définitive, l’objectif visé est d’inciter les Etats à fournir davantage d’efforts pour se hisser sur la voie du développement humain, dans certains cas, la frustration ressentie est telle qu’elle pourrait pousser les acteurs et les décideurs de nos pays à sombrer dans le fatalisme et le découragement. Ce qui serait un parfait gâchis…

[author ]Assane Soumana (ONEP)[/author]

4 Comments

  1. Même si « il ne faut pas rêver », une solution pour sortir de l’ornière l’école nigérienne au sens large, serait qu’on mette la politique de côté par rapport à ce problème crucial car l’éducation conditionne tout et concerne tout le monde indépendamment de son parti politique. Et si telle ou telle personnalité pense qu’elle a les moyens pour inscrire sa progéniture ailleurs, il n’est pas sûr qu’elle ait les mêmes moyens à dépenser pour ses cousins, ses neveux..etc. Dès lors il est impératif de se mettre tous d’accord par rapport à l’école. Une proposition utopique peut être dans le cadre de cet espace confidentiel et la réalité socio-politique serait:

    Que le président mette en place trois commissions totalement apolitiques pour réfléchir sur les solutions pour reconstruire l’école nigérienne(primaire, secondaire, supérieur) en précisant qu’il s’agit d’une question stratégique et national qui ne sera la priorité d’aucun parti; mais que tous les partis au cas où ils gagneraient les élections s’engageront à mettre en oeuvre. Que tous le partis politiques proposent alors leurs cadres au fait des questions de l’éducation donc ayant l’expérience et la compétence requises. Il en existe dans tous les partis. Il faudra en prime que la personne soit irréprochable sur le plan moral et que les partis ne voient pas les per diem potentiels. Quant au financement du document qui en sortira, si des personnes crédibles « pondent » un document crédible et si on donne la garantie aux bailleurs de fonds que ces fonds seront utilisés à bon escient, alors avec la montée des périls vus de l’occident (immigration,…) stabiliser le Niger suppose aider son secteur éducatif. Il ne doit pas s’agir aussi d’un nième « copier-coller » genre boulot de consultant (mes excuses pour les vrais consultants faisant un vrai boulot de consultant).

    Si les partis politiques et le président actuel ou à venir arrivent à taire leurs divergences et à remettre l’école nigérienne sur les rails, toutes les générations leur seront reconnaissantes, ad aeternam. Ils auront réaliser « leur grande oeuvre ». Mais hélas il est permis de rêver.

  2. Malheureusement, on peut se donner rendez-vous l’an prochain, inch’allah, et on lira les mêmes choses.
    Nous ne maîtrisons rien: ni notre croissance démographique, ni la conservation de notre territoire avec le désert qui avance, ne parlons même pas d’industrie ou d’artisanat où l’État fait tout pour mettre des bâtons dans les roues des entrepreneurs…Pour l’agriculture, on en reste souvent à des techniques qui n’ont pas évolué depuis des décennies et la formation de nos agriculteurs est en souffrance.
    Quant à l’éducation de nos enfants, chacun peut voir la baisse générale du niveau dans les écoles.
    Donc, l’an prochain nous resterons là où nous sommes: les derniers.

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