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L’ambassadeur des Etats-Unis au Niger, SE. Mme Eunice Sharron Reddick : « La présence des soldats américains relève du cadre de la coopération militaire entre le Niger et les Etats Unis »

Mme l’ambassadeur, vous voilà en fin de mission après avoir passé trois années en qualité d’ambassadeur des Etats Unis au Niger. Quels ont été les principaux axes de la coopération bilatérale sur lesquels votre pays a mis l’accent ces dernières années?

Je tiens d’abord à remercier le journal « Sahel Dimanche » de me donner l’opportunité de m’adresser aux millions de nigériennes et nigériens à la fin de ma mission dans votre beau pays, le Niger. Pour revenir à votre question, je soulignerai de prime abord que les relations de coopération entre les Etats Unis et le Niger sont au beau fixe et n’ont eu de cesse à se renforcer d’année en année.

En effet, nos deux pays travaillent étroitement ensemble dans plusieurs domaines d’intérêt commun. Je m’en vais vous citer, entre autres domaines, sans être exhaustive bien sûr, la sécurité, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, l’éducation, la santé, le monde rural, les questions de l’entrepreneuriat des jeunes et l’autonomisation de la femme, mais aussi les droits de l’Homme, la gouvernance, etc.

Récemment une attaque meurtrière à Tongo-tongo a ôté la vie à plusieurs militaires américains et nigériens : quel impact pourrait-elle avoir sur l’engagement des Etats Unis au Niger ?

Avant de vous répondre, je voudrais saisir cette occasion pour présenter mes condoléances au gouvernement du Niger et à son peuple tout entier pour les pertes en vies humaines occasionnées par les différentes attaques des éléments terroristes au Niger. Nous avons encore en mémoire le douloureux souvenir de la récente attaque terroriste survenue à Tongo-tongo. Je pense que ces attaques, bien qu’elles aient coûté la vie aux militaires américains, ne vont jamais nous décourager à être aux côtés du Niger. Nous ne baisserons pas les bras.

Tongo-tongo n’est qu’une épreuve. Et ensemble, les forces armées nigériennes et leurs frères d’arme gagneront la bataille contre l’ennemi. Bien au contraire, les Etats Unis vont accroitre leur soutien au Niger pour faire face à ces menaces. A cet effet, je réaffirme l’engagement du gouvernement américain à continuer à dispenser son assistance matérielle aux partenaires régionaux dont le Niger ainsi qu’à d’autres formes d’efforts régionaux comme la force régionale du G5 Sahel.

Votre pays est en train d’installer une importante base militaire au Niger (à Agadez notamment) : est-ce qu’il y a des troupes combattantes américaines au Niger ?

IMAGE D’ILLUSTRATION

La présence des soldats américains relève du cadre de la coopération militaire entre le Niger et les Etats Unis. A Agadez, les militaires américains sont en train de construire une base aérienne pour l’armée nigérienne. Et c’est très important pour le Niger de disposer de ces infrastructures, d’avoir la capacité de mieux surveiller les frontières face aux menaces qui arrivent des pays voisins.

C’est un très bon exemple de coopération. C’est vraiment pour renforcer la capacité du pays à lutter contre toutes les formes de menaces le long des frontières et dans le vaste espace saharien. Je précise que c’est à la demande des autorités nigériennes que les Etats Unis ont répondu. Nous avons des militaires ici au Niger. Mais ils sont là pour la formation, le conseil et l’accompagnement. La situation est très différente que nous avons avec le partenaire comme le Niger. Je voudrais dire que l’objectif est de permettre au Niger d’avoir les capacités pour prendre la responsabilité de la lutte. Mais nous sommes ensemble et seront toujours partenaires.

Excellence, tout au long de votre mandat et à travers vos multiples activités et réceptions, on constate que votre agenda diplomatique a particulièrement mis l’accent sur la jeunesse, les femmes et les filles : expliquez-nous les raisons de ce choix.

Pour le cas de la jeunesse nigérienne, l’Ambassade soutient l’entreprenariat des jeunes à travers le conseil national de la jeunesse et le ministère en charge de l’Entreprenariat des Jeunes. Nous finançons des projets montés par des jeunes dans plusieurs domaines. Le point phare de nos initiatives est celui des jeunes leaders africains dénommés Young African Leaders Initiative (YALI) qui développe le leadership dans le cadre du civisme, de l’entreprenariat et du service communautaire.

Au sein de notre réseau, qui compte actuellement 4 000 membres, nous avons envoyé beaucoup de jeunes talentueux au Centre Régional de leadership à Dakar et aux États-Unis à travers le prestigieux  »Mandela Washington Fellowship  » ; à ce niveau, les activités sont multiformes.

Dans le cadre de l’autonomisation de la femme, l’Ambassade appuie des initiatives de femmes nigériennes telles que des projets soumis par le club des femmes entrepreneures du Centre Culturel Américain (CCA). Par exemple, en Mars 2017, nous avons appuyé la candidature de la première femme militaire nigérienne pour recevoir le prix du courage féminin du Gouvernement Américain. Il s’agit du commandant Aichatou Issaka Ousmane. En effet, elle s’est engagée au sein des forces armées nigériennes à aider les victimes des actes terroristes et leurs familles. Les Etats-Unis, à travers l’Ambassade, ont également formé la première femme pilote du Niger, en la personne du Lieutenant Ouma Laouali.

Aussi, les Etats-Unis appuient la scolarisation des jeunes filles, la formation des femmes et filles leaders, à l’exemple des députées à l’Assemblée Nationale à travers le  »National Democratic Institute » (NDI) ou la  »United States Agency for International Development » (USAID).

Et, pour les communautés rurales, toujours parlant de l’appui des Etats-Unis aux populations rurales du Niger, le Gouvernement américain et ses partenaires ont apporté une assistance à plus de 236 000 personnes en particulier dans la Région de Diffa qui fait face à la crise humanitaire. Tous ces exemples ne sont pas suffisamment exhaustifs.

Mme l’Ambassadeur, de tout temps, votre pays a réitéré son soutien singulier à la Liberté de la Presse. Qu’avez-vous concrètement fait dans ce sens lors de votre mandat ?

Les Etats-Unis d’Amérique sont un pays basé sur les principes du droit à la liberté d’opinions et à la liberté de la presse. Les Etats-Unis considèrent la liberté de la presse et de l’expression essentielle pour les échanges d’idées et comme élément clé de la gouvernance démocratique.

Nous croyons également que la liberté dans les médias aide à transformer les sociétés, les mentalités et à libérer les génies et les talents.

Je salue le travail des journalistes nigériens pour leur mission d’informateurs. Il est important de rappeler le travail de l’Etat du Niger dans la facilitation du métier de journaliste à travers la ratification des textes de lois en faveur de la dépénalisation des délits commis par voie de presse au Niger depuis 2010.

D’autre part, l’Ambassade des Etats-Unis apporte son soutien au Niger à travers la formation, tels que des conférences, des échanges et des bourses pour soutenir la formation des médias traditionnel et médias sociaux.
Dans le cadre du renforcement des valeurs démocratiques, les Etats-Unis renforcent la dynamisation des journalistes nigériens en période électorale et pour la production des articles de presse de bonne qualité.invite-2

Que pensez-vous de l’état de la liberté de presse au Niger ?

A mon avis, il y a encore des défis à relever. J’ai entendu qu’il y a un manque de ressources. Les journalistes demandent aussi plus de formation pour se professionnaliser. Ce sont des aspects entre la presse et le Gouvernement qui peuvent s’améliorer. Le gouvernement a aussi une responsabilité envers les médias, par exemple partager l’information, la protection des journalistes ; il faut travailler et améliorer les relations. Le gouvernement reconnait déjà ses responsabilités après avoir signé la  »Table de la Montagne ».

Parmi plusieurs sujets d’échanges entre le Gouvernement nigérien, l’Ambassade des Etats-Unis et les représentants du Gouvernement américain qui visitent le Niger, nous discutons des sujets tels que la liberté, la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Sachant que le développement va de concert avec l’économie, quelles sont les initiatives engagées par votre diplomatie pour accroitre les échanges économiques entre les Etats-Unis d’Amérique et le Niger ?

Les Etats-Unis soutiennent le Niger dans la construction d’une économie plus forte. Je citerai ici le programme du  »Millennium Challenge Corporation » (MCC) dont le compact lancé cette année est très important. Ce programme va toucher le secteur de l’agriculture, l’irrigation et les routes. Nous œuvrons aussi dans l’augmentation de la fourniture en énergie renouvelable au Niger.

Après un séjour de trois années au Niger, vous avez visité certaines localités, rencontré les populations : quels souvenirs gardez-vous du Niger et son peuple ?

Je garde beaucoup de beaux souvenirs du Niger. En particulier du peuple nigérien, je retiens son hospitalité et comment ils ont ouvert leurs portes, même leurs cœurs, non seulement à moi mais aussi aux déplacés et réfugiés. Je prends l’exemple de Diffa, la partie nord de Tillabéry. Je garde vraiment l’image d’un peuple très ouvert, très gentil mais aussi très résilient parce que c’est une région d’instabilité, d’insécurité surtout et soumise à des chocs climatiques. Le peuple nigérien a démontré sa capacité de résilience.

Pour moi, c’est une très bonne expérience et je vais garder de très bons souvenirs du Niger dans mon cœur. Après mon retour aux Etats Unis, je vais entamer ma retraite. Bien sûr, je vais rester très active. Je vais décider de quelle manière. Mais sachez que je suis toujours, on peut dire, l’ambassadeur du Niger aux Etats Unis (rires).

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Propos recueilli par Zabeirou Moussa(onep) et Samira Sabou(onep)

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5 plusieurs commentaires

  1. Ambassadeur Eunice Sharron Reddick, ….le villageois TOTO A DIT vous souhaite une bon retour et une paisible retraite …… au nom de tous les campagnards et villageois ,…Des eleveurs et cultivateurs des fins fonds hameaux du Niger …..qui ignorent c’est quoi coupelec ou seenecoupe…. Ils s’en foutent royalement de la Nigelec ou la Seen ‘…. Leur Nigelec depuis depuis leur ancetre est la claire de lune …. Leur SEEN …sont les marigots….les mares et puits …..ils vous supplient d’interceder a leur faveur pour AVOIR BEAUCOUP DE PANNEAUX SOLAIRES……… BEAUCOUP DE FORAGE …..DE PUITS…….LE RAJOUT DE QUELQUES GROUPES ELECROGENES SOLAIRES ….. SERA AUSSI APPRECIE… Plaidez pour la cause de ses sans visages et sans nom qui souffrent quotidiennement dans leur corps et ame…. Ces citoyens lambda qui difficilement joignent les deux bouts ……..ils entendent seulement que le Niger regorge de richesses …or ….uranium…petrole…..gaz …..charbon….mais eux ne voient et demeurent pauvres comme des RATS DE TOMBE…. Ils entendent seulement que dans les grandes villes …..les maisons ont accouche de beaucoup de grandes maison …..que les voitures ont accouche de beaucoup de grosses voitures …….et se demandent s’ils vivent dans le meme Niger …..

    Mme Eunice Sharron Reddick, meme en redevenant simple citoyenne americaine ….il faut pas oublier ces dits analphabetes a plus de 85% ….car leur dits intellectuels ont failli et se sont enrichis dans leur dos et leur nom….certains qui scratchaient se sont transformes en lmultimillionnaires et multiproprietaires en un temps deux mouvements …..

    N’oubliez pas ces sans voix des campagnes qui remercient la Communaute Internationale qui au besoin les nourrit…..
    Bonne retraite…..Mme Eunice Sharron Reddick……

    Sous une autre note …..vous bien dit …….😊 »Je précise que c’est à la demande des autorités nigériennes que les Etats Unis ont répondu »😊

    comme pour dire….nous autres americains avons essaye d’avoir notre base d’operation AFRICOM …dans plusieurs pays d’afrique et a chaque fois rencontre un NON categorique des autorites et qu’en dehors de notre quartier general en allemagne et notre seule base en Djibouti…… Nous avons saute sur l’occasion quand vos autorites nigeriennes nous ont invitees et nous americains ne sommes pas dire deux fois….nous avons reoondu a l’apoel et sommes sur le moment a notre deuxieme…. QUELLE CHANCE ET AUBAINE DU SIECLE…..😇😇

    Et ce que nous autres americains avons aime de cetre invitation …..NOUS N’AVONS PAS PAYE UN CENTIME en contrepartie de l’usage de ces terres nigeriennes….nous pouvons decoller et atterrir quand nous voulons …..faire venir et sortir ce que nous sans rendre compte a qui que soit …’.
    HIIIYYYAAAAAAA !!

    Apres SOCOM …..nous autres americains avons pu enfin finaliiser notre mission d’ AFRICOM ……et gratuitement…..sans contrepartie financiere …..et nous sommes la pour prendre racine….meme avec des grues ….koulchi….vous ne pouvez plus nous faire partir…..et a la ligne pour le partage..

    La récente embuscade au Niger, qui a coûté la vie à quatre soldats des forces spéciales américaines, a mis en lumière la discrète mais très nette montée en puissance de ces unités d’élite en Afrique, devenue leur deuxième zone d’intervention dans le monde, après le Proche-Orient.

    Leur mission est de contrer la progression des mouvements jihadistes: “neutraliser” les shebabs en Somalie, “affaiblir” le groupe Etat islamique au Sahel, en Libye ou en Egypte ou encore Al-Qaïda au Mali, et “contenir” Boko Haram au Nigeria, selon des responsables des Forces spéciales rencontrés récemment au siège de leur commandement (SOCOM) à Tampa, en Floride.

    Sur les 8.000 “opérateurs” des Forces spéciales américaines déployés chaque jour dans le monde en 2017, plus de 1.300 le sont en Afrique, et près de 5.000 au Proche-Orient, ont précisé ces responsables ayant requis l’anonymat. En cinq ans, leur nombre sur le continent africain a triplé: ils n’étaient que 450 en 2012.

    Typiquement, il s’agit d’équipes d’une douzaine de soldats d’élite, surentraînés et suréquipés, qui pendant 60 à 90 jours servent d’instructeurs à quelque 300 soldats d’un Etat africain. Ils sont déployés chaque jour dans une vingtaine de pays en moyenne, selon le SOCOM qui ne précise pas les pays concernés.

    Selon un rapport au Congrès du commandant des forces américaines en Afrique, le général Thomas Waldhauser, les militaires américains sont notamment présents au Tchad, en République démocratique du Congo, en Ethiopie, en Somalie, en Ouganda, au Soudan, au Rwanda et au Kenya.

    Les Etats-Unis n’ont officiellement pas d’autre base sur le continent que celle de Camp Lemonnier à Djibouti. Mais les forces spéciales, qui regroupent des unités d’élite de l’armée de Terre (les “Bérets verts”), de la Navy (les fameux Navy Seals), des Marines et de l’armée de l’Air, utilisent aussi la base aérienne de Moron, dans le sud de l’Espagne, pour leurs opérations en Afrique.

    – ‘Installations durables’ –

    Les Forces spéciales ont aussi des “installations durables” dans les pays amis, selon une source au commandement américain en Afrique (AFRICOM). “Mais tout ceci est fait à la demande du pays-hôte”, a assuré cette source ayant requis l’anonymat. “Notre objectif n’est pas de mener des opérations unilatérales”.

    Officiellement, il ne s’agit pas d’une mission de combat, mais d’”entraîner, conseiller, assister”. Pourtant, divers épisodes ces derniers mois ont montré que les opérations menées allaient souvent bien plus loin.

    Début mai, un soldat américain, qui officiellement assurait une mission de conseil et d’assistance de l’armée nationale somalienne, avait été tué par un tir d’armes légères dans un raid contre les islamistes somaliens.

    Et l’opération menée le 4 octobre avec des soldats nigériens dans l’ouest du Niger, à la frontière avec le Mali, reste bien mystérieuse. Officiellement, la patrouille américano-nigérienne devait rendre visite à des chefs tribaux. Mais elle est tombée dans une violente embuscade qui a fait huit morts au total, dont quatre Nigériens et quatre Américains.

    Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a défendu jeudi cette opération, expliquant que les soldats américains étaient là pour “aider les peuples de la région à se défendre eux-mêmes” contre les “terroristes qui sèment instabilité, meurtres et pagaille depuis cette région”.

    “Si nous avons des soldats là-bas et pas des volontaires du Peace Corps, c’est bien pour une raison: nous sommes armés et le danger auquel nos troupes sont confrontées pendant ces opérations anti-terroristes est bien réel”, a-t-il ajouté.

    Les Etats-Unis soutiennent l’opération militaire française Barkhane dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso), laissant à la France la tâche de mener le combat contre les groupes islamistes radicaux dans cette région avec les alliés africains.

    Les Etats-Unis ont notamment apporté du ravitaillement aérien pour les avions français et échangent du renseignement avec les Français.

    • Lire

      sommes en ce moment sur la construction de notre deuxieme BASE….

      faire venir et sortir ce que nous VOULONS …au Niger sans rendre compte a qui que soit …’.

      Vous autres Nigeriens et Nigeriennes, nous avez demandez de venir et nous autres americains avons repondu …..ou est le probleme donc ???

      Ou est notre probleme ??

      DITES !!! 😕😕

    • Faudrait il aussi dire 1300 opérateurs” des Forces spéciales américaines déployés en AFRIQUE …..les 800😱 sont au Niger😊
      Et ce n’est pas TOTO A DIT qui douterait du nombre comme emanant d’un autre responsable du Pentagone……

      Pour simplement dire ce n’est pas TOTO A DIT qui le dit ….il ne fait que partager.😉

  2. ……….LA MONTAGNE DE LA TABLE………..

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