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ACTUALITE - CONTRIBUTIONS - 29 septembre 2021

« Le moment est venu pour la communauté internationale de prendre en compte les nouveaux défis auxquels notre monde est confronté et qui mettent en péril la paix et la sécurité internationales »

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LE MINISTRE D’ÉTAT, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DE LA COOPERATION, S.E.M HASSOUMI MASSOUDOU s’est adressé lundi dernier, à la 76ème Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Placée cette année sous le thème « Miser sur l’espoir pour renforcer la résilience afin de se relever de la COVID-19, reconstruire durablement, répondre aux besoins de la planète, respecter les droits des personnes et revitaliser l’Organisation des Nations Unies », cette session a enregistré la participation de plusieurs Chefs d’Etat, de Gouvernements et des chefs de la diplomatie de nombreux pays.

Dans l’allocution qu’il a prononcée en cette occasion, le Ministre Massoudou s’est particulièrement appesanti sur la situation internationale post Covid 19 et sur des grandes questions d’intérêts communs.

S’agissant particulièrement de cette lancinante question de la Covid19, le Ministre Massoudou a indiqué que « La présente session se tient dans un contexte où la communauté internationale fait face aux répercussions socio-économiques néfastes de la pandémie de la COVID-19. En effet, beaucoup d’avancées, laborieusement obtenues par les pays en développement, se trouvent durement compromises, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et du Programme de Développement Durable à l’horizon 2030 des Nations Unies.  

En outre, devant la propagation de nouveaux variants du virus et la lenteur dans la distribution des vaccins dans les pays en développement, les perspectives de redressement et de croissance à court et moyen terme, pourront aussi être compromises si des initiatives vigoureuses ne sont pas entreprises pour renforcer les mesures de lutte contre cette grave pandémie.

Je demeure convaincu que la vaccination de masse, est seule en mesure de contenir la pandémie et de garantir la reprise de l’économie mondiale.

À ce stade, je voudrais me féliciter du mécanisme COVAX qui a permis de collecter et distribuer des doses de vaccins anti-Covid-19 en faveur des pays en développement. Que tous ceux qui y ont contribué trouvent ici l’expression de notre gratitude.

Au Niger, les mesures prises par le gouvernement pour faire face à cette pandémie ont, non seulement permis de maitriser sa propagation mais aussi, d’amoindrir ses impacts socioéconomiques ».

Il a en outre « salué également les efforts du G20, des Nations Unies, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale et en faveur d’un moratoire sur la dette des États les plus fragiles, dont beaucoup sont déjà en situation de risque de surendettement. Bien évidemment, un moratoire sur la dette, seul, ne suffira pas, au regard de l’immensité des défis à relever, d’où l’impérieuse nécessité de concevoir et de mettre en œuvre un nouveau paradigme pour prendre en charge, entre autres, les besoins de développement des pays les plus fragiles.

Dans la même perspective, je reste convaincu que le relèvement des économies dépendra aussi de la qualité et du dynamisme du partenariat ainsi que de la libéralisation des échanges entre les pays en développement. Nous devons donc tirer avantage de toutes les potentialités qu’offre la coopération sud-sud et triangulaire, dans les domaines techniques, culturels et commerciaux ».

En évoquant la question cruciale du changement climatique et de la crise sécuritaire, le chef de la diplomatie nigérienne  a souligné que «  Si dans certaines régions du monde il se traduit par les inondations, les incendies de forêt ou la montée des eaux des océans, dans d’autres, comme la région du sahel, il se traduit par des phénomène météorologie phénomènes météorologiques extrêmes, dont les sécheresses récurrentes, la dégradation des terres agricoles (le Niger en perd 100.000 hectares par an), et les inondations et les infestations de criquets.

Comme l’a indiqué S.E.M. Mohamed BAZOUM, Président de la République, Chef de l’État, lors de la réunion du comité des Chefs d’État et de gouvernement africains, sur le changement climatique (CAHOSCC), tenue à Niamey, « si nous devions gagner la lutte contre le changement climatique, il nous faudrait davantage de volonté politique. Il nous faut, aux niveaux stratégique et opérationnel, promouvoir la mise en œuvre des actions synergiques et cohérentes pour une meilleure résilience de nos populations face aux chocs climatiques et aux défis émergents, dans l’esprit de l’Accord de Paris ».

A cet égard, le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC), qui vient de paraitre, sonne comme un appel pour une mobilisation a l’action. En affirmant clairement l’action humaine est le facteur indéniable du dérèglement climatique, ce rapport nous invite à agir immédiatement pour gagner le pari de maintenir à 1,5 degré Celsius le niveau du réchauffement de notre planète.

La prochaine conférence des parties, à l’Accord de Paris, la COP26, prévue à Glasgow en novembre prochain, devrait répondre à cette exigence, notamment à travers l’élaboration d’une position commune de nature à nous permettre de surmonter les défis qui subsistent encore.   Au nombre de ces défis figurent le financement des politiques d’adaptations ainsi que celui du Transfer de technologie en faveur des pays en développement. 

C’est l’espoir du Niger,  que le grand rendez-vous de la COP 26, à Glasgow, servira de cadre, pour la réaffirmation d’une volonté politique en faveur de la lutte contre les effets des changements climatiques.

Pour sa part, le Niger en tant que co-président, avec l’Irlande, du groupe d’expert informel du Conseil de Sécurité sur cette importante question, travaille à ce que le conseil traduise toute l’importance qu’il accorde à cette question en adoptant une résolution à cet effet ».

Le Ministre n’a pas manqué d’informer la communauté internationale « qu’en juin dernier environ 5935 personnes, ressortissantes de la localité de Baroua à Diffa et de 19 autres villages environnants, ont rejoint leurs terroirs, qu’ils avaient quittés depuis 2015, grâce à un programme pilote, qui visera aussi, à terme, le rapatriement d’environ 130.000 déplacés, de la Région de Diffa vers l’État de Borno au Nigeria. Ce même programme est dupliqué dans la région de Tillabéry.

En menant notre combat pour la paix et la sécurité, nous ne renonçons, pour autant, à ce celui pour le développement de notre pays. Nous demeurons convaincus que le terrorisme et le crime organisé ne sont que les conséquences de défis multiples qu’il conviendra de surmonter dont, en particulier celui de la pauvreté et des inégalités. A terme, ce ne sont pas seules les actions militaires qui nous permettront de vaincre définitivement le terrorisme, mais aussi notre capacité à mettre en œuvre des programmes de développements pour répondre aux besoins essentiels de nos populations. Le redéploiement de l’administration et des services publics de l’État dans les zones affectées constituent le prolongement indispensable de l’action militaire.   

Dans cette perspective, il nous faudra prendre dûment en compte les dimensions genre et jeunesse dans les différents processus de développement et de restauration de la paix. En effet, dans les zones de conflit, les femmes et les enfants sont les premières victimes des groupes terroristes qui ciblent délibérément les populations civiles et les écoles, comme c’est le cas dans la région du Sahel Central, où des villages sont fréquemment attaqués et des milliers d’enfants privés d’éducation du fait de ces attaques. C’est ainsi que depuis 2017, près de 5000 écoles ont fermé du fait des attaques terroristes, perturbant l’éducation de plus de 700.000 enfants et privant plus de 20.000 enseignants de la possibilité d’exercer leur métier. De ce fait, il est crucial que nous honorions notre responsabilité collective visant à bâtir un monde de paix et de sécurité dans lequel tous les enfants pourront s’épanouir.

Face à la gravité de la situation, le Niger appelle à des actions concrètes pour la protection des écoles”.

En conclusion le Ministre Massoudou a rappel les engagements forts du Président de la République en matière d’éducation, l’un des axes prioritaires du programme du président de la République.  Pour le Président Bazoum,  « le développement du capital humain reste la clé de voute dans la construction d’une société prospère, attachée aux valeurs de paix, de démocratie et de l’état de droit.

C’est pourquoi selon Massoudou, le Président de la République a pris l’engagement, devant les Nigériens, de veiller personnellement à ce que le secteur de l’éducation soit au centre de toutes les actions du gouvernement durant les cinq années à venir avec l’appui technique et l’accompagnement de tous les partenaires de l’école, qu’ils soient nationaux ou internationaux.

D’ores et déjà, le gouvernement vient de lancer le Projet ‘Amélioration de l’Apprentissage pour une Performance dans le secteur de l’Éducation (LIRE-NIGER), avec l’appui de la banque mondiale pour un coût de 140 millions de dollars. La mise en œuvre de ce projet permettra de poser les jalons d’une transformation qualitative de notre système éducatif nigérien, tout en le rendant plus adapté à nos besoins spécifiques de développements.

Concernant le devenir de l’ONU, il a martelé que Si durant les sept dernières décennies, l’organisation des Nations-Unies a su éviter au monde les conflits de grande envergure, force est de constater que l’instrument central de gouvernance mondiale qu’elle incarne doit se reformer et s’adapter aux nouvelles réalités et défis du 21ème siècle.

A cet égard, l’une des leçons principales que nous devrions tirer de la pandémie actuelle demeure sans conteste, la nécessité de revisiter notre façon de voir le monde, notre façon de travailler, et notre façon de nous organiser. Nous avons plus que jamais besoin d’un multilatéralisme plus inclusif qui se nourri de solidarité et de partage et qui prend en compte les diversités qui font la richesse de notre humanité.

Ainsi, la revitalisation de l’Assemblée Générale, de l’ECOSOC, du Conseil de Sécurité, mais également des institutions financières internationales, telles que le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, doit être poursuivi sans complaisance et à son terme de façon répondre aux impératifs du monde contemporain.

S’agissant, en particulier, de la réforme du Conseil de Sécurité, le Niger réitère une fois de plus son attachement à la position africaine commune telle qu’exprimée à travers la Déclaration de Syrte et le consensus d’Ezulwini.

 Le moment est venu pour la communauté internationale de prendre en compte les nouveaux défis auxquels notre monde est confronté et qui mettent en péril la paix et la sécurité internationales.

Tout comme nous l’avons fait dans le cadre de la lutte contre la pandémie du COVID-19, nous devons résolument nous attaquer aux défis : du changement climatique, cette autre pandémie aux effets dévastateurs; de la lutte contre le terrorisme et de la cybercriminalité; et de tant d’autres problèmes spécifiques à notre siècle. 

Par Tamtam Info News

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