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Le Niger en quête d’une meilleure gouvernance

N’ayant de cesse de promouvoir la recherche d’une gouvernance adaptée aux grands enjeux nationaux et internationaux, la classe politique nigérienne consolide le processus démocratique et contribue ainsi à installer un Etat de droit.

Ainsi toutes les activités relevant du politique et du fonctionnement interne de l’Etat doivent être régies dans une totale transparence.

La qualité d’une gouvernance ne peut se mesurer qu’au bon fonctionnement et au contrôle rigoureux des institutions de l’Etat, notamment celles qui garantissent le respect des droits élémentaires du citoyen ainsi qu’à l’éthique et à l’efficacité de l’action publique. Et cette gouvernance doit se caractériser en particulier par une attention portée à l’instauration d’une justice sociale veillant scrupuleusement à l’amélioration des conditions de vie des populations. L’expérience a montré que, au Niger comme partout ailleurs, la bonne gouvernance tient moins aux textes officiels qu’au sens politique et éthique de ceux qui les mettent pleinement en œuvre dans leur gestion de la cité.

Il y a manifestement une carence dans la manière dont la classe politique aborde son rôle dans ses rapports avec l’État et avec les citoyens. Pourtant, un consensus national sur un certain nombre de points devrait être un impératif vital. Il s’agit d’une ligne jaune qui garantit la cohésion nationale et la stabilité du pays où les intérêts supérieurs y seraient identifiés et leur défense relèverait pleinement d’une responsabilité collective.

Pour mettre le pays sur la voie d’une bonne gouvernance, il faudrait apaiser le climat politique afin de conduire les réformes nécessaires au fonctionnement correct de l’Etat. II revient toujours au Président de la République de trouver les voies et moyens de rétablir le dialogue avec l’opposition en usant des prérogatives que lui donne la Constitution et en tenant compte des impératifs qui découlent de la conjoncture actuelle. Le CNDP (Conseil national de dialogue politique) avait été mis en place pour fluidifier les relations entre la majorité et l’opposition. Si cela ne fonctionne pas, il faudrait imaginer un autre mécanisme inclusif dont l’objectif devrait être de constituer un cadre de concertation sur les sujets revêtant la plus haute importance pour la sécurité et la stabilité du pays. Le Niger ne peut s’autoriser pendant encore longtemps une tension permanente qui appesantit la vie politique et menace gravement le fonctionnement normal des institutions de la République.

La décentralisation effective : un objectif démocratique

Le 6 septembre 2017, le président Issoufou Mahamadou a présidé une cérémonie pour consacrer le transfert de compétences et de ressources de l’Etat central vers les collectivités locales. Devant l’ensemble des élus locaux, le chef de l’Etat avait souhaité remettre au goût du jour la question du découpage territorial. Il s’agirait, en effet, de prendre en compte un certain nombre de situations qui appellent une réponse de l’Etat afin d’améliorer l’efficacité des administrations décentralisées.

Cette nouvelle étape dans la politique de décentralisation devrait se traduire par un transfert conséquent des pouvoirs aux Conseils régionaux. En effet, dans un système abouti, le rôle de l’Etat central devrait se limiter à assurer la sécurité et la défense du pays, à garantir la stabilité en veillant, notamment, à la cohésion des territoires. Afin d’obtenir des résultats tangibles en matière de développement local dans ces territoires, les politiques publiques doivent impérativement combattre le fatalisme et les ravages d’un état d’esprit qui fait abstraction de toute notion d’intérêt général. Un impératif absolu pour gagner, également, la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux qui interviennent dans les différents secteurs.

Une bonne gouvernance se reconnaît par la qualité des institutions dont le bon fonctionnement se traduit par l’existence d’un Etat de droit qui bénéficie de la confiance des citoyens. En effet, l’éducation à la citoyenneté commence par l’exemplarité des élites. Les dirigeants ne peuvent demander aux citoyens de respecter des règles qu’ils transgressent eux-mêmes aux yeux de tous! Il convient, par conséquent, de combattre les réflexes d’une corruption endémique par une pratique s’affranchissant des habitudes improductives des appareils politiques. Le clientélisme électoral favorise bien sûr le nomadisme politique qui retarde gravement l’avènement d’un paysage politique lisible, stable et sain pour conduire les affaires du pays.

Transparence et respect de la déontologie en matière de service public

Une démocratie apaisée devrait se traduire par un comportement républicain au sein de la classe politique. La démocratie a véritablement besoin de contre-pouvoirs puissants, structurés et responsables. Parmi eux, les médias ont un rôle important qui nécessite le respect d’une rigoureuse déontologie. Il appartient à l’Etat d’accorder un intérêt plus affirmé au cadre et aux règles qui régissent cette profession indispensable à la vie des cités afin de s’approcher d’un standard plus démocratique, ce qui lui permettrait de remplir beaucoup plus facilement sa mission.

En raison du fonctionnement encore erratique des institutions de l’Etat, il revient au politique de pallier cette insuffisance par une vigilance accrue par rapport au respect des équilibres qui structurent la cohésion nationale et la paix sociale. Le Pacte national et le Pacte républicain sont à revisiter régulièrement pour en assurer la vivacité et la consolidation. Le dynamisme citoyen conduit par une société civile responsable et indépendante, contribue à cette veille démocratique nécessaire à l’encrage d’un esprit constructif et patriotique.

Le Niger souffre de ce que les autorités officielles ne cherchent pas à mobiliser des institutions séculaires dont l’aura et la crédibilité pourraient transcender les clivages partisans. Le pays n’a pas su ou voulu veiller à la pérennité des institutions coutumières et religieuses, celles qui représentaient le socle de référence de nos cultures depuis des siècles. Cette méfiance due à la recherche urgente d’une modernité moins aisée qu’il n’y paraissait a contribué lourdement au déclin de notre cohésion nationale.

Nous constatons tous que leur affaiblissement a engendré une perte de repères et de valeurs dont nous souffrons cruellement encore aujourd’hui. De plus, la classe politique ne devrait pas chercher à compromettre ces autorités morales déjà bien affaiblies dans des jeux politiques partisans, car cela ternit encore plus leur image aux yeux de la population. Et ce n’est pas un service à rendre au pays que de le priver de ces autorités qui pourraient jouer un rôle central utile à l’apaisement des tensions politiques et sociales dès lors que les intérêts vitaux du pays sont menacés.

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Abdoulahi ATTAYOUB (Consultant) Lyon, octobre 2017

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