Accueil / ACTUALITE / SOCIETE / Le Président de la République procède au lancement officiel du forum sur la paix, la sécurité et le développement dans l’espace sahélo-saharien, à Arlit (Agadez)

Le Président de la République procède au lancement officiel du forum sur la paix, la sécurité et le développement dans l’espace sahélo-saharien, à Arlit (Agadez)

« Cessons de nous diviser, de nous replier sur nos ethnies, sur nos régions. N’encourageons plus l’irrédentisme et unissons nous », déclare SEM. Issoufou Mahamadou…

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM. Issoufou Mahamadou, a effectué une visite, dimanche dernier à Arlit où il a procédé au lancement officiel du forum sur la paix, la sécurité et le développement dans l’espace sahélo-saharien, événement de très haute importance dans la consolidation de la paix et de la sécurité dans nos pays, auquel s’ajoutent deux autres manifestations non moins importantes, à savoir la 8ème édition du festival de l’Aïr et l’ouverture de la de la saison touristique.

A cette occasion, le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, a prononcé une importante allocution relative à la consolidation de la paix et de l’unité nationale. (Nous publions ci-dessous, l’intégralité de l’allocution du Chef de l’Etat)

« Madame le Premier Ministre du Mali,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales,

Monsieur le Gouverneur de la Région d’Agadez,

Messieurs les Gouverneurs,

Monsieur le Président du Conseil Régional d’Agadez,

Messieurs les Maires, Conseillers régionaux et municipaux,

Honorables chefs traditionnels et religieux,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer et de remercier Madame le Premier Ministre du Mali et les membres de la forte délégation qui l’accompagne. Je voudrais aussi la remercier pour le message fort qu’elle vient de transmettre au forum et je souhaite qu’elle transmette à mon frère et ami, le Président Amadou Toumani Touré, tous mes remerciements et toute ma solidarité. Permettez moi aussi de dire que c’est avec beaucoup d’émotion que je préside, aujourd’hui, les cérémonies de lancement de la saison touristique et du Festival de l’Aïr ainsi que celles de l’ouverture du forum paix et développement dans l’espace sahélo-saharien, ici à Arlit, ville dans laquelle j’ai séjourné cinq ans, de 1986 à 1991, alors que j’occupais le poste de Directeur des Exploitations de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR). Le souvenir que j’ai de ce séjour, mises à part les difficultés que connaissait le marché de l’uranium dont l’exploitation est à la base de la création de cette ville ainsi que de celle d’Akokan, toute proche, est dominé par le flux de touristes qui empruntaient la route transsaharienne à travers l’Algérie et notre pays. Je me souviens aussi des randonnées organisées, en toute quiétude, par les travailleurs des sociétés minières et des sociétés sous-traitantes dans la région, si belle, d’Agadez avec ses déserts et ses montagnes. Je me souviens également des vols Charters qui étaient organisés directement d’Europe sur l’Aéroport Mano Dayak, de la multitude d’agences de voyages qui exploitaient, en toute sécurité, des circuits touristiques ainsi que du Paris-Dakar qui traversait le Niger et qui est, aujourd’hui, transféré loin de nous, en Amérique Latine. Tout cela était le signe que la paix existait dans le pays. La région d’Agadez et le pays tout entier bénéficiaient des retombées de toutes ces activités et si la tendance s’était maintenue, le secteur du tourisme, qui assurait des revenus importants à nos artisans, serait devenu, comme dans beaucoup d’autres pays, une des mamelles de notre économie.

Malheureusement, les rébellions récurrentes et l’insécurité résiduelle qui en découle toujours, le terrorisme qui gangrène la zone sahélo-saharienne, les trafics d’armes, de drogue et autres trafics humains qui ont semé l’insécurité, ont mis fin à cet âge d’or et freiné notre développement économique et social. Ces menaces, surtout suite aux enlèvements des travailleurs des sociétés minières et sous-traitantes, opérés ici même à Arlit, le 16 Septembre 2010, ont même failli compromettre la poursuite de l’exploitation minière. Ces travailleurs toujours gardés en otages, victimes innocentes d’une vision qui ternit l’image de notre religion, l’Islam, nous pensons à eux.

Mesdames et Messieurs,

Les menaces que je viens d’évoquer sont communes à toute la zone sahélo-saharienne, zone convoitée du fait notamment des ressources de son sous-sol, des ressources qui ne peuvent être mises en valeur au profit des populations qui y vivent, que s’il y a la paix et la sécurité. Il est évident qu’il existe une corrélation entre sécurité-paix et développement. L’insécurité et les conflits, tout particulièrement les conflits fratricides, tuent non seulement l’économie d’un pays mais le pays même. Cessons donc de nous tirer des balles dans les pieds ; cessons de nous auto-poignarder. Cessons de nous diviser, de nous replier sur nos ethnies, sur nos régions. N’encourageons plus l’irrédentisme et unissons nous. Evitons les vaines querelles comme nous le commande notre hymne. Musulman dans son écrasante majorité, le peuple Nigérien doit s’élever au dessus des bas instincts car l’Islam ne dit-il pas que nous sommes tous des frères ? L’unité et la paix sont à un pays ce que la bonne santé est à un homme. Voilà pourquoi, le programme de la renaissance fait de la sécurité et de l’unité nationale la première des priorités. La répartition présente et passée des ressources du pays confirme le caractère incontournable et impératif de l’unité du pays. En effet, le Niger dispose aujourd’hui de beaucoup de ressources pour son développement. Il fut un temps où il ne vivait que de l’agriculture, notamment de l’arachide des régions de Maradi et de Zinder, et de l’élevage auxquels, par la suite, sont venus s’ajouter le ciment de la région de Tahoua, l’uranium et le charbon de la région d’Agadez et l’or de la région de Tillabéry. Depuis le 29 Novembre 2011, il dispose du pétrole extrait dans la région de Diffa et raffiné dans celle de Zinder. On ne sait pas de quelles régions surgiront, à l’avenir, d’autres ressources du sous-sol. On voit donc bien comment le sol et le sous-sol de chaque région, ont contribué, contribuent et pourront contribuer au bien-être commun. La sauvegarde de celui-ci, et notamment l’organisation de la solidarité entre les régions en vue de leur développement équilibré, entre les citoyens ainsi que les générations, relève de l’Etat et des collectivités décentralisées. Seul un Etat fort, démocratique et républicain est capable d’assumer une telle mission. C’est pourquoi, la mise en place d’institutions démocratiques fortes et stables constitue une autre de nos priorités. Elles constituent une priorité aussi parce que sans elles il n’y aura ni sécurité, ni paix, ni développement.

Mesdames et Messieurs,

Imaginons, en effet, une société sans institutions, sans par exemple, forces de défense et de sécurité capables de maintenir l’ordre en son sein et de la défendre des agressions extérieures, une société sans lois et sans justice. Dans une telle société, les hommes vivront de razzias et de braquages, il n’y aura pour seule loi que celle de la jungle, l’anarchie s’y installera et il n’y aura de sécurité pour personne, même pas pour le plus fort. Le développement économique et social ne peut être possible dans une telle société. C’est pourquoi « tout homme doit s’efforcer à la paix, aussi longtemps qu’il a un espoir de l’obtenir ». La construction d’un Etat démocratique et républicain est justement le meilleur moyen d’obtenir, non pas seulement l’espoir de la paix mais, la paix elle-même. C’est le lieu de rappeler que la sauvegarde de la sécurité commune est le fondement du monopole de la violence confié à l’Etat : ce monopole signifie que seul l’Etat doit posséder des armes de guerre sur l’ensemble du territoire national. Je me réjouis de ce que de plus en plus de nos concitoyens comprennent le sens de ce monopole : en effet ces derniers temps, plusieurs cérémonies de remise d’armes ont été organisées. J’encourage ici la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix et la Commission Nationale de Contrôle et Collecte des Armes Illicites à poursuivre la mission salutaire de récupération des armes. Je salue et félicite ceux de nos concitoyens qui ont répondu ainsi positivement à l’appel de l’Etat en rendant leurs armes et encourage tous les autres à suivre l’exemple donné. Nous fondons l’espoir que cet exemple fasse tâche d’huile sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne, surtout que cet espace est partagé entre pays dirigés par des Etats démocratiques au sein desquels les peuples sont libres, s’expriment et choisissent librement leurs dirigeants. Il n’est plus nécessaire de se faire entendre par les armes. L’arbitrage périodique des peuples permet de recourir à la force des arguments tout en bannissant l’argument de la force. En plus, la mise en œuvre de la décentralisation, comme c’est le cas, récemment, au Niger où des élections régionales et municipales ont été organisées, consacre, dans ces pays, la démocratie à la base permettant ainsi aux populations locales de prendre, elles mêmes, leur destin en main.

Mesdames et Messieurs,

Paix, sécurité et démocratie, voilà le socle politique sur lequel nous devons écrire désormais les nouvelles pages de l’histoire non seulement du Niger mais aussi celle de l’ensemble du Sahel et du Sahara. Ce socle politique doit être combiné au socle économique et social. En effet, la question de la paix, nous l’avons toujours dit, a une dimension à la fois sécuritaire, démocratique, économique et sociale. Cela nous impose d’aborder tous les problèmes dans leur globalité. C’est dans cette perspective que nous avons élaboré le programme sécurité et développement dans la zone sahélo-saharienne. Ce programme d’un coût de plus de 1200 milliards de FCFA reprend les priorités économiques et sociales du programme de renaissance : initiative « 3N », infrastructures de communication, éducation, eau, santé et création d’emplois. Ainsi, le programme prévoit, pour la région d’Agadez, des actions que vous détaillera, dès demain, Monsieur le Premier Ministre. Je me contenterai ici d’indiquer que des mesures sont prévues pour la réinsertion des jeunes sans emplois, notamment les ex-combattants.

Mesdames et Messieurs,

Le présent forum coïncide avec la tenue du festival de l’Aïr dont les thèmes sont le renforcement de l’unité nationale, la culture de la paix, la promotion de l’économie locale, la revalorisation du patrimoine culturel, le développement du tourisme. Je souhaite plein succès au festival de l’Aïr ainsi qu’au forum paix et développement dont je déclare ouverts les travaux en même temps que je déclare lancée la saison touristique 2012.

Je vous remercie »

À propos Super User

2 plusieurs commentaires

  1. Marcel Uzan Certes, mais il faut bien rlipemr le vide. Alors chacun y va de son commentaire. Et parfois, c’est encore plus vide une fois qu’on a rempli. Enfin, je me comprends.

  2. Nous remercions le bon Dieu que notre région ait survécu à ces actes de barbarie qui nous ont ramenés 20 ans en arrière et demandons grâce au bon Dieu de nous réconcilier à tout jamais afin que nous travaillions pour notre chère nation! Que chacun y mette du sien afin que Agadez redevienne cette ville tant convoitée par l’extérieure sur le point touristique!

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.