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ACTUALITE - Diplomatie - 4 décembre 2020

Le Président Issoufou Mahamadou plaide pour que les pays africains jouent un rôle central dans les discussions et le processus de prise de décision du Conseil de Sécurité de l’ONU

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Le Président de La République, Chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou a participé par visioconférence aujourd’hui à un Débat de Haut Niveau du Conseil de Sécurité sur la Coopération entre l’ONU et les Organisations régionales et sous régionales (Union Africaine).

Présidée par le Président sud africain, Cyril Ramaphosa, Président en exercice de l’Union Africaine, en presence de Présidée par le Président Sud-Africain, Cyril Ramaphosa, Président en exercice de l’Union Africaine, en présence du Président Tunisien, du Président de la Somalie, du Premier Ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Premier Ministre du Soudan, du Secrétaire Général des Nations Unies, du Président de la Commission de l’Union Africaine et plusieurs ministres des Etats membres du Conseil de Sécurité, cette reunion s’est axée sur l’état de la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, notamment l’Union Africaine.

Dans l’allocution prononcée en cette occasion, le Président Issoufou a rappelé que « l’Afrique occupe une place importante sur l’Agenda du Conseil de sécurité ces dernières années. Aujourd’hui, les statistiques indiquent que plus de 50 % de son agenda et ’jusqu’à 70 % des situations de paix et de sécurité sous le chapitre VII de la Charte concernent des pays africains.

C’est une triste réalité qui commande une attention particulière et qui appelle à une coopération appropriée, ainsi qu’à des actions décisives et coordonnées de l’Union Africaine et des Nations Unies dans l’accomplissement de leurs mandats en matière de prévention et de règlement de conflits, de consolidation de la paix, du développement et du renforcement des capacités des pays dans tous les domaines.

C’est pourquoi, nous avons accueilli favorablement, les conclusions des quatorzièmes consultations entre le Conseil de Sécurité de l’ONU et le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, tenues sous la présidence du Niger au mois de septembre 2020, mais aussi, le dernier rapport du Secrétaire-Général sur la coopération entre ces deux Organes, à travers le cadre conjoint ONU-Union Africaine de 2017 pour un partenariat renforcé dans le domaine de la paix et de la sécurité.

Ces instruments de référence ont permis d’avoir une meilleure compréhension des causes profondes des conflits en mettant en exergue le rôle et l’importance des acteurs régionaux disposant déjà de mécanismes adaptés leur permettant de faire face aux situations de crise. »

 Après avoir félicité le Président de la Commission de l’Union Africaine, M. Moussa Faki Mahamat, le Président de la Commission de l’Union Africaine, Monsieur  Moussa Faki Mahamat, pour les efforts consentis dans la mise en place d’une architecture de paix et de sécurité propre à l’Union Africaine, conformément à la feuille de route de Lusaka. Je salue également le rôle éminemment positif de la CEDEAO en matière de paix et de médiation dans l’espace Ouest Africain.  C’est dire que les conditions d’application du principe de subsidiarité, en matière de conduite et de coordination des opérations de paix et de sécurité sur le sol africain, existent et c’est de cette façon seulement, qu’on donnera un sens et un contenu au concept des solutions africaines aux problèmes africains, auquel nous adhérons.

S’il faut se féliciter de ce que plusieurs accords ont été négociés avec la contribution des Nations Unies, de l’Union Africaine, et d’autres organisations et institutions partenaires, fort est de constater que cette coopération n’a pas été toujours effective ».

 A titre illustratif, le Président Issoufou a cité « le cas de la crise Libyenne a mis à nu les divergences dans les rôles et les responsabilités du Conseil de Sécurité et du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine. L’opposition ferme du Niger et des autres pays voisins de la Libye à toute intervention dans ce pays frère, n’a hélas pas été entendue. La Libye connaît aujourd’hui une situation de chaos avec pour conséquences la dissémination d’armes et de mercenaires, l’instabilité pour le Sahel et le bassin du lac Tchad ainsi qu’une crise humanitaire et migratoire sans précédent. »

Avant de terminer son propos, le Chef de l’Etat a réaffirmé que« La pandémie du COVID-19 nous a rappelé combien il est urgent et important de reformer le système de gouvernance mondiale actuel, en le rendant plus à même de refléter les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies. Aussi le Niger estime-t-il que le continent africain doit prendre toute sa place au sein des organes des Nations Unies, notamment au Conseil de Sécurité, conformément au Consensus d’Ezulwini, et en parfaite harmonie avec les aspirations des autres régions du monde.  

La coopération entre nos deux institutions, devraient également prendre en compte l’ensemble des facteurs qui peuvent constituer une menace à la paix et à la sécurité internationales, ou qui peuvent saper nos efforts pour l’atteindre. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place une collaboration opérationnelle entre les organisations régionales et l’ONU, qui aboutirait à la création d’Agences de développement axés sur l’objectif fondamental d’endiguer les causes profondes des problèmes sécuritaires dans les zones affectées par les crises. Notre responsabilité n’est pas seulement de résoudre ces problèmes sécuritaires, mais aussi et surtout de les prévenir.

L’architecture de notre action commune devrait nous permettre de prendre en compte les nouvelles menaces à la paix et à la sécurité comme les pandémies, le terrorisme, l’impact du changement climatique, la cybercriminalité et le crime organisé y compris à travers une nouvelle conception des opérations des Nations Unies. Cette architecture, devrait également permettre aux Nations Unies et à l’Union Africaine d’accorder une attention particulière aux questions de la jeunesse, des femmes et des enfants. »

En conclusion, le Président Issoufou a fait 4 propositions.

La première porte sur une nouvelle conception des opérations de maintien et d’imposition de la paix.

La deuxième consiste à établir un mécanisme de financement pérenne des opérations de maintien de la paix dirigées par l’Union africaine ou les organisations sous régionales suivant l’application du principe de subsidiarité.

La troisième concerne le renforcement de la coopération entre les deux conseils, en mettant l’accent sur une harmonisation de leurs agendas et des objectifs à atteindre, au moyen des rencontres plus régulières ;

La quatrième enfin, comme je l’ai mentionné précédemment, consiste à veiller à ce que les pays africains jouent un rôle central dans les discussions et le processus de prise de décision du Conseil, dans la mesure où les questions africaines constituent la majorité des sujets traités par cet organe ». 

 Par TamTam Info News

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