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Le printemps des vautours au Niger !

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Depuis l’avènement de la Septième République, on aura assisté à l’apparition et à la prolifération d’un genre nouveau de vautours, cette espèce de rapaces qui festoient volontiers sur les cadavres exposés dont ils sentent les relents à des centaines de kilomètres. Par extension, l’expression vautours désigne des personnes ou des groupes de personnes qui vivent et agissent exactement comme ces charognards en flairant les bons coups, comme on dit souvent, sans le moindre scrupule, l’essentiel étant de s’enrichir par tous les moyens.

Leur seule et unique devise reste l’enrichissement à tout prix, le pays entier pouvant s’embraser, ces adeptes de l’argent-roi n’en ont cure !

Le culte exclusif qu’ils vouent à l’argent leur enlève tout scrupule moral et en fait de serviles valets du métal jaune et du billet fiduciaire qui sont leurs divinités suprêmes. Aussi bien les trois grandes religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam) que la profonde sagesse de la Grèce antique avaient déjà pré- venu l’humanité des menaces de ces dérives mercantilistes susceptibles d’opposer l’homme à son prochain en les transformant en loups, les uns contre les autres.

Source de toutes les corruptions matérielles et morales, l’argent n’a cessé de dé- naturer le genre humain et de réduire la belle épopée humaine à une lamentable compétition d’accumulation primitive du capital, pour parler comme Karl Marx. Pourtant, depuis Epicure jusqu’à nos jours, jamais l’argent n’aura eu le monopole du bonheur suprême chez l’homme, quand il n’est pas justement la source intarissable de toutes les vanités humaines et le cimetière des valeurs morales. Partout dans le monde, cette quête effrénée de richesse s’est accompagnée d’une régression morale et surtout d’un déclinprogressif de l’idéal démocratique et républicain, chacun ne se préoccupant que de ce qu’il peut gagner dans cette funeste course à l’enrichissement à tout prix.

Le modus operandi des vautours au Niger Par le passé, les vautours se signalaient par les surfacturations et les faux marchés publics via les LAP, les PSOP et autres techniques de captation de ressources publiques. La Cinquième Ré- publique du tandem Tandja/Hama fut le parangon de cet affairisme débridé au plus haut sommet de l’Etat. A cette époque se chevauchaient deux Niger : le Niger des nouveaux nababs qui rachetaient les vieilles maisons en banco du centre-ville de Niamey à des prix d’or ; le Niger de la précarité, de la famine et de l’insécurité, caractérisé par une grande paupé- risation de ses couches vulnérables.

Aujourd’hui, les vautours n’ont pas pour autant disparu, ils ont seulement changé de mode opératoire. En effet, ils auront réussi à tisser leur toile autour des grands centres de décisions de l’Etat, dont, principalement, la présidence de la république ou la primature qu’ils sont parvenus à noyauter. Leur stratégie est immuable : ils rodent autour de l’Aéroport International Diori Hamani, sans doute munis de leurs titres de conseillers ou ministres de ceci ou de cela, faisant des allers retours entre le salon officiel et le tarmac de l’aéroport, exactement comme des putes battant le trottoir.

Lorsque vous avez la chance de les croiser et que vous leur posiez la question de leur présence dans ces lieux, ils vous répondent toujours, avec suffisance ceci : nous sommes venus accueillir des investisseurs ! La technique est désormais bien huilée, on s’arrange pour goupiller une audience à ces pseudos investisseurs auprès des plus hautes autorités, en l’occurrence, auprès du Président de la République ou du PM, que l’on aura, au préalable, bien  »travaillés ». En réalité, ce ne sont point de véritables investisseurs, mais bien souvent de simples chercheurs de marchés publics, des escrocs notoires comme dans l’affaire Africard ou encore pour la construction du barrage de Kandadji confiée à d’anciens officiers russes originaires de la Tchétchénie !

Le subterfuge est simple pour ces aventuriers : on cherche le marché public, on se fait payer une avance de démarrage conséquente avec laquelle on rétribue le ou les complices locaux, ensuite on disparait dans la nature ! Le cas le plus emblé- matique de cette escroquerie à grande échelle reste l’affaire des Espagnols qui étaient venus au Niger en 2012 pour y construire des bâtiments administratifs, dont un immeuble de onze étages devant abriter la nouvelle primature et dont le terrain, ironie de l’histoire, se trouve en face de l’actuelle primature. Le marché en question avait été attribué et une avance confortable avait été libérée.

Les adjudicataires espagnols du marché engagèrent une entreprise nigérienne pour la démolition des bâtiments existants.

Les bâtiments furent donc démolis, mais rien, absolument rien n’a poussé à leur place, nos espagnols s’étant volatilisés dans la nature !

Idem pour les 5000 logements sociaux, dont personne ne sait, aujourd’hui, à l’heure actuelle, ce qu’il en est exactement !

La liste de ces escroqueries étant loin d’être exhaustive, nous ne pouvons que nous limiter aux cas emblématiques de ces escrocs internationaux qui agissent, bien souvent, de concert avec les vautours locaux tapis dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Le drame dans tout cela, c’est que c’est l’argent public qui est ainsi détourné en toute impunité. L’affaire qui a défrayé le plus la chronique ces derniers temps, c’est justement l’affaire Africard dans laquelle des biens appartenant à l’Etat du Niger à l’extérieur étaient menacés de saisie par des soi-disant créanciers du seul fait du comportement peu patriotique de certains hauts fonctionnaires de l’Etat du Niger.

Par leurs agissements indélicats, ils ont mis le Niger à la merci de ces vautours internationaux qui réclament aujourd’hui au Niger le paiement de plusieurs milliards de nos francs, sans aucune contrepartie réelle, et qui est dû, notamment, à l’incompétence du contentieux de l’Etat du Niger. Au passage, il conviendrait de mettre fin à cette croyance erronée de vouloir placer toujours à la tête du Secrétariat Général du Gouvernement un juriste constitutionnaliste. Sans manquer de respect à ce profil, nous pensons qu’il ne possède guère la compétence et l’expérience nécessaires pour mener ce genre de mission.

On se rappelle encore le passage calamiteux d’un certain Laouel Kader Mahamadou au poste de SGG sous l’ère Tandja et qui aurait profité de ce poste stratégique pour négocier un strapontin de minable de Conseiller à AREVA en échange, peut-être, de services rendus !

Voilà pourquoi les plus hautes autorités du pays devraient revoir leur copie dans la nomination à ce haut poste stratégique qu’est le Secrétariat Général du Gouvernement.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos vautours pour constater comment cette horde d’escrocs patentés aura réussi à prendre en otages les plus hautes autorités du pays dont ils abusent de la confiance pour gruger l’Etat.

Voilà un des maux profonds dont souffre le Niger de la Septième République, cet affairisme sauvage monté et entretenu par des hommes et des femmes grenouillant autour du pouvoir pour voler les ressources publiques !

Le drame, c’est que tout cela se passe dans l’impunité la plus totale (lire notre article sur l’assainissement)

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ZAK (OPINIONS N° 371 )

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2 plusieurs commentaires

  1. Le plus choquant est le sentimentalisme d’un peuple dérouté de la vérité.
    Un peuple manipulé et insouciant

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