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ACTUALITE - Politique - 7 octobre 2021

Le sommet Afrique-France ou sommet France- Afrique,  serait-il   même pipe  même tabac ?

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La question que se posent les analystes africains : le 28 ème sommet Afrique-France  qui se tiendra à Montpellier du 7 au 9 octobre 2021 , en France, tiendra-t -il  cette fois- ci réellement compte des véritables aspirations des peuples souverains d’Afrique ?
Notre tentative de réponse .
La France pense que c’est un sommet inédit, le  fait qu’aucun chef d’Etat africain ne soit invité donne au sommet un caractère innovant.
À l’occasion de ce sommet nouvelle formule, des innovations sont attendues dans  les relations internationales, notamment, économiques , diplomatiques, que  la France  entretient avec la grande mamelle, l’ Afrique.
Les autorités françaises souhaiteraient toucher du doigt les vraies aspirations des peuples africains,  déceler les pratiques de coopération économique contraires aux réalités socio-économiques et culturelles africaines, en vue de les abandonner, et établir des nouvelles relations basées sur un partenariat gagnant -gagnant, à l’image de ce que fait  la Chine, sur la base des  respects mutuels .

Cependant, certains esprits africains préjugent  du sommet avant même sa tenue.   Les gouvernements africains ne sont pas associés dans la  désignation des participants au sommet, ce qui fait dire qu’il  présagerait un complot contre les dirigeants africains actuels ,  considérés comme corrompus et irresponsables.

La majorité des participants sont des jeunes de la société civile, des artistes, des journalistes,  des intellectuels et des chefs d’entreprise, en un mot  les acteurs économiques du continent, ils seront au nombre de trois mille délégués qui discuteront des relations économiques avec la France, la puissance excolonisatrice.

Par contre d’autres pensent que la France espère tirer un grand profit de ce sommet, elle pourrait  obtenir , de la société civile , des  jeunes panafricanistes africains , des opérateurs économiques, conscients, patriotes et responsables , des vraies informations relatives aux aspirations des peuples souverains d’Afrique et un soutien à sa politique de coopération en Afrique tant critiquée par la  même jeunesse africaine.

La France pourrait avoir des alliés de taille, si elle arriverait  à s’entendre avec les dits délégués, dans le cas d’un éventuel bras de fer avec certains chefs d’Etat africains réfractaires au changement en vue de créer les conditions idoines de la bonne pratique de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Les objectifs assignés au sommet, c’est d’une part de donner les vraies informations sur la politique de la France en Afrique et d’autre part, recevoir aussi les véritables attentes de la jeunesse africaine, des acteurs de développement économique et social , de la France.

La France espère ainsi aplanir  certaines divergences avec la jeunesse africaine sur sa politique néocolonialiste en Afrique. 
  La politique française en Afrique fera sans doute l’objet d’une communication détaillée et d’un débat nourri  à ce sommet dit inédit , en contrepartie la jeunesse panafricaniste africaine dira de manière très claire et précise, ses  critiques de la politique française en Afrique. Elle exigera sans doute  plus de la démocratie et de la  bonne gouvernance dans la gestion des États en Afrique, moins des élections tropicalisées avec la complicité d’une certaine communauté internationale et des organismes sous-régionaux, soupçonnés d’être manipulés par la France.

Le fait que les chefs d’Etat africains soient absents du dit sommet, donne-t-il un gage de  grande crédibilité à ce sommet ?

Nous pensons que le sommet traditionnel France-Afrique  a toujours été un sommet des grandes annonces sans effet concret , aucune mise en œuvre concrète des conclusions des différents sommets qui  s’étaient tenus n’avait fait l’objet d’une évaluation.

L ‘absence  des dirigeants politiques africains chargés de la conduite des politiques, économiques, financières et monétaires des pays , ne sera -t-elle  pas un handicap dans  la mise en œuvre des recommandations issues du dit sommet ?

Nous pensons que ce sommet peut-être porteur des grands espoirs , des changements significatifs dans les relations commerciales entre l’Afrique et la France,  mais à condition que les objectifs fixés soient très sincères, qu’ils ne  soient pas encore une nouvelle stratégie qui
permettra à la France de repérer  et recruter quelques têtes ,futures partenaires, maniables en vue d’un éventuel renouvellement de la classe politique africaine actuelle, considérée corrompue et trop sournoise .

La  France ne maîtrise  pas bien l’évolution du  vieux continent,  l’Afrique a évolué, elle est en pleine effervescence, la jeune génération montante est intraitable par rapport aux intérêts supérieurs du peuple souverain d’Afrique.
Il serait très difficile aujourd’hui pour une société civile africaine,  pour des opérateurs économiques, patriotes, nationaliste, responsable , de faire la promotion de la politique française en Afrique qui ne serait  pas en phase avec les aspirations des peuples souverains d’Afrique . La France a donc intérêt à jouer franc jeu avec ses invités au sommeil dit  inédit de Montpellier.
La génération montante a tout compris, elle ne supporte plus la pesanteur de l’égoïsme, elle saura dire aux autorités politiques françaises tout ce qu’elle pense des effets pervers de la politique française actuelle,  en Afrique.

La jeunesse africaine reclamera sans doute un nouvel ordre économique  plus juste ,plus équitable, dans les relations commerciales entre l’Afrique et la France.
Les  matières premières africaines doivent être achetées à des prix justes,réels et équitables .
Les aides publiques au développement doivent être  orientées vers des secteurs susceptibles d’engendrer le développement économique et social.

Les aides extérieures financières sont imposées, il n’est pas permis aux pays bénéficiaires de choisir librement les secteurs d’activités à financer , pour permettre de relancer l’économie.

La monnaie commune unique africaine de la CEDEAO,  l’ ECO,  sera sans doute abordée. Les pays membres de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO ont créé une monnaie commune unique africaine, l’ECO, qui sera  une monnaie pilote en vue de tendre vers une intégration économique globale africaine et la création d’une monnaie commune globale africaine gage d’un décollage économique.

La France a court-circuité la CEDEAO, en utilisant le président de l’Union Monétaire Ouest-Africaine , l’UEMOA, le président de la Côte d’Ivoire, Allassane Ouattara, pour faire une annonce contraire aux principes qui sous-tendent la création de la monnaie ECO, à Abuja, au Nigéria, en 2019.
La monnaie commune unique africaine de la CEDEAO aura un taux de change flexible, elle sera battue sur un territoire africain, dans une zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest, la ZOMAO contrairement à la monnaie ECO annoncée par le président français, Emmanuel Macron et le président de la Côte d’Ivoire, Allassane Ouattara , qui sera battue en France et arimée à l’Euro   avec un taux de change fixe qui ne favorise pas le développement économique et social de l’Afrique.

La France chercherait t-elle  à disloquer la CEDEAO en vue de lui voler sa monnaie commune unique africaine créée en 2019 à Abuja, dans le but de maintenir les pays africains francophones membres de l’UEMOA dans la servitude monétaire ?
ce qui handicape le décollage économique de L’Afrique.
La jeunesse africaine montante , invitée au sommet Afrique-France saura sans doute porter ce message clair et fort de la jeune génération montante africaine,  à la France.

Les échanges entre  l’Afrique et  la France, ne doivent plus se limiter à des  gouvernants, en invitant  ainsi les trois mille  acteurs économiques  africains au sommet de Montpellier, la France espère être bien  informée sur les vraies aspirations  des peuples africains et en contrepartie elle changerait sa politique de coopération avec l’Afrique .
Nous osons espérer que ce sommet sera une nouvelle étape de changement qualitatif de la coopération entre l’Afrique et la France. Cette coopération sera enfin bénéfique à toutes les deux parties.

La problématique qui se pose : est-ce que la vraie raison qui sous-tend à vouloir s’entretenir avec la société civile africaine et des  opérateurs économiques, n’est pas un stratagème en vue de chercher d’autres nouveaux futurs partenaires en remplacement des dirigeants politiques africains actuels, considérés comme corrompus et irresponsables par  la génération montante des panafricanistes africains , rejointe aujourd’hui par la France dans ses analyses ?

La nouvelle problématique qui se poserait est la suivante : Comment la France pourra-t-elle mettre en aeuvre les recommandations qui seront issues de ce sommet sans la présence et l’aval des autorités  politiques légales  africaines ?

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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