Accueil / ACTUALITE / LES ENSEIGNANTS d’HIER et d’AUJOURH’UI et L’ENSEIGNEMENT DE QUALITE: « Les enseignants bien formés constituent la première ressource la plus significative pour un enseignement de qualité»…

LES ENSEIGNANTS d’HIER et d’AUJOURH’UI et L’ENSEIGNEMENT DE QUALITE: « Les enseignants bien formés constituent la première ressource la plus significative pour un enseignement de qualité»…

L’enseignant est chargé de transmettre des savoirs, des valeurs ou des méthodes de raisonnement. Le terme enseignant est surtout utilisé au préscolaire et au primaire. On parle généralement de formateur dans l’enseignement professionnel et plutôt de professeur au secondaire et à l’université. A l’université, les enseignants ont d’autres appellations et sont classés en plusieurs grades assistant, maitre-assistant, maitre de conférences et professeur qui est le grade le plus élevé. L’enseignement est un métier noble, un beau métier qui permet un contact quotidien avec les élèves ou les étudiants.

La recommandation de l’UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant définit la profession comme suit : « L’enseignement devrait être considéré comme une profession dont les membres assurent un service public ; cette profession exige des enseignants non seulement des connaissances approfondies et des compétences particulières, acquises et entretenues au prix d’études rigoureuses et continues, mais aussi un sens des responsabilités personnelles et collectives qu’ils assument pour l’éducation et le bien-être des élèves dont ils ont la charge. »

Celle de 1997 concernant la condition du personnel de l’enseignement supérieur est presque identique : « Enseigner dans l’enseignement supérieur est une profession dont les membres assurent un service public ; cette profession exige des enseignants non seulement des connaissances approfondies et des compétences particulières, acquises et entretenues au prix d’études et de recherches rigoureuses et continues, mais aussi un sens des responsabilités personnelles et collectives qu’ils assument pour l’éducation et le bien-être des étudiants et de la communauté dans son ensemble, ainsi que le respect de normes professionnelles rigoureuses dans l’étude et la recherche. »

L’enseignant bénéficie de nombreux avantages inhérents à la Fonction publique, dont la sécurité de l’emploi et une durée des vacances plus importante que dans toute autre profession. Mais en réalité c’est un métier difficile où l’on donne beaucoup de soi (préparations, présentations de leçons ou cours magistraux, exercices ou travaux dirigés, travaux pratiques, corrections, encadrement de mémoires etc.) et plus particulièrement en début de carrière.

Les attentes envers l’école sont fortes mais depuis plus de deux décennies, voire trois,les enseignants ont perdu leur autorité et sont tenus pour responsables de la baisse continue et inquiétante du niveau des élèves. Ils sont interpellés face à cette dégradation continue par les partenaires de l’école notamment les parents d’élèves, les chercheurs en sciences de l’éducation et les autorités centrales des ministères en charge de l’éducation. Plus que par le passé, ils doivent rendre des comptes, être évalués et prouver leurs compétences.

Comment expliquer cette dévalorisation ou perte de prestige des enseignants dans l’opinion publique ? Les enseignants sont-ils vraiment les seuls responsables de la baisse de qualité de l’enseignement ? Pour cela, il faut procéder à une analyse profonde et précise de la situation actuelle de l’enseignement afin de trouver des réponses appropriées.

Dans le temps la plupart des personnes qui choisissent d’enseigner ou d’encadrer les élèves ou les étudiants n’avaient pas de grands diplômes mais avaient la vocation d’enseigner, l’amour des enfants et du travail bien fait et une conscience professionnelle avérée. Le symbole était utilisé à l’école primaire pour obliger les élèves à bien parler le français et pour les encourager à bien travailler.

Le châtiment corporel était à l’usage pour corriger les élèves indisciplinés et pour certains cas de mauvais comportements, les parents étaient convoqués. Les élèves qui font « l’école buissonnière », ceux qui s’amusent souvent dans la rue, ceux qui ne font pas de progrès ainsi que les cas difficiles, étaient toujours interpelés pour les amener à s’amender. Les enseignants rendaient visite aux élèves malades jusque dans leurs familles.

L’école constituait alors la principale voie de promotion sociale et les enseignants étaient très sérieux et respectés conséquemment par tout le monde. Ils posaient aussi leurs revendications de façon responsable, sans mettre en péril l’avenir des enfants.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui viennent dans l’enseignement faute de trouver mieux, simplement pour les salaires et ne s’acquittent même pas correctement du travail correspondant à ce salaire.Pour de beaucoup de jeunes l’enseignement est aujourd’hui considéré comme un simple Gagne pains. Plusieurs heures ou jours de travail sont perdus à l’occasion de la perception des salaires ou pécules.

Beaucoup ne veulent pas servir dans les centres ruraux. Les revendications des syndicats sont plus importantes à cause de conditions de travail plus difficiles (surnombre des élèves dans les salles, retard dans le paiement des pécules, cadre de travail inconfortable etc.) et moins d’esprit de sacrifice probablement.

Mais, il faut le reconnaitre, c’est l’Etat qui a recruté ces enseignants, dont une grande proportion n’a d’ailleurs pas de formation pédagogique initiale, sous la contrainte du Fond Monétaire International au cours des décennies 1980 et 1990 avec les programmes d’ajustement structurel et par la suite sous la pression d’énormes besoins en éducation.

En dépit de cette mauvaise conjecture, le Niger a accompli des progrès importants et a rehaussé davantage les taux de scolarisation à tous les niveaux d’enseignement mais l’amélioration de la qualité n’a pas suivi le rythme. Il est aussi important de mesurer le rendement scolaire et de vérifier si les enseignants exercent convenablement leur métier et font preuve de compétence. Mais tout contrôle doit se faire selon les dispositions légales applicables aux fonctionnaires du statut général de la fonction publique de l’Etat.

Les enseignants bien formés constituent la première ressource la plus significative pour un enseignement de qualité.

Mais la qualité de l’enseignement n’est pas uniquement déterminée par des enseignants qualifiés. Pour une bonne amélioration de la qualité de l’enseignement, en plus des enseignants qualifiés et en nombre, il faut :
– Renforcer davantage l’encadrement pédagogique et la formation continue des enseignants
– Créer un bon environnement pédagogique avec des infrastructures (classes, toilettes, blocs administratifs, laboratoires, ateliers, bibliothèques) en matériaux définitifs et des matériels didactiques de qualité comme les manuels et les guides pour les enseignants en quantité ;
– Disposer de programmes bien conçus mais qui doivent cependant être évalués dans le temps pour intégrer de nouvelles connaissances et revoir certains contenus ;
– Utiliser de bonnes méthodes ou approches pédagogiques testées et appropriées et non toutes les propositions d’expérimentations des bailleurs de fonds ;
– Respecter les normes environnementales, physiques et pédagogiques telles que définies par les arrêtés des ministères en charge de l’éducation avec une mise en œuvre effective de la carte scolaire.
– Revaloriser financièrement les pécules et salaires des enseignants à défaut d’un statut particulier pour leur permettre de vivre plus décemment face la cherté des coûts de la vie et de l’inflation.

Les parents doivent assurer leurs rôles d’éducateurs en enseignant les bonnes valeurs sur le respect des règles sociales, la discipline, l’entraide, la solidarité. Ils doivent aussi suivre le travail des enfants à la maison, âpres les cours et éveiller leur sens civique, nationaliste par l’exemple. Les enfants doivent savoir qu’ils ont obligation de bons résultats, de bonne conduite et que seul l’effort paie.

La réussite d’une bonne éducation nationale de qualité exige la participation de tous et de chacun car les responsabilités sont partagées entre les élèves, les parents, l’institution scolaire, les encadreurs pédagogiques, les directeurs et les autorités centrales. Il est impérieux d’organiser une grande rencontre de discussions entre tous les acteurs de l’éducation au niveau national pour dégager des points d’accord en vue de l’amélioration de notre système éducatif dans l’intérêt de tous.

À propos de l'Auteur

MOUSTAPHA LIMAN TINGUIRI, Planificateur de l’Education, Chef de division formation examens et concours /DRES Zinder.

À propos Administrateur

4 plusieurs commentaires

  1. Arrêter 2 minutes svp.

    En quoi es ce que la promotion des langues du Niger constitue un frein pour l’éducation?

    Etre éduquer ne signifie absolument pas étudier en Français.

    S’il y a une langue qui ne devrait plus être enseigner au Niger c le Français.

    Tout pays se doit de promouvoir sa culture et sa langue ce que fait et a réussi parfaitement la France(en imposant la sienne).

    Tout le monde n’a pas besoin d’apprendre le français.
    Les paysans/commerçants de tout ages serait meilleurs dans leurs activités s’ils apprennent a lire écrire en haussa,zarma …. ou même l’anglais(la majorité de leurs transactions ce font avec le Nigeria).
    Ils parlent déjà ces langues !

    Enfin bref enseigner les langues locales est un principe qui ne doit pas être optionnel qui peut se prouver pratique pour le peuple Nigérien.

    • Une experience en cours au senegal a demontre que les ecoles ou les cours sont dispenses en langue nationale ont de meilleurs resultats que les autres. A mediter

  2. TRES BIEN …BRAVO!!!
    ALAN GOUBOURO!!! ALAN GOUBOURO!!! A GAYE SHEKA!!! TU AS BIEN PARLE LIMAM TINGUIRI.NGLA!!!
    LE SEUL PROBLEME DE NOTRE SYSTEME EDUCATIF EST LE PROGRAMME D AJUSTEMENT STRUCTUREL LE FAMEUX P.A.S. QUI A FAIT PARTIR DES ENSEIGNANTS QUI ONT ACQUIS UNE GRANDE EXPERIENCE A L AGE DE MOINS DE 50 ANS POUR BEAUCOUP D ENTRE EUX….SI ON DOIT PARLER D UN AUTRE PROBLEME C EST LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES DANS NOS ECOLES QUI N EST AUTRE CHOSE QUE LE RENFORCEMENT DE LA DIVISION DES DIFFERENTES ETHNIES CAR AVEC LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES CHAQUE ETHNIE SE VERRA LIMITEE A SA PROPRE LANGUE ET SE VERRA OBLIGEE DE FAIRE RECOURS A QUELQU UN D AUTRE COMME INTERPRETE AFIN DE SE FAIRE COMPRENDRE…….MAIS IL N EST PAS ENCORE TARD POUR INVERSER CETTE TENDANCE TOUT SIMPLEMENT EN RENONCANT A CETTE PROMOTION DES LANGUES NATIONALES POUR N ENSEIGNER QUE LE FRANCAIS QUI EST LA LANGUE OFFICIELLE ET EN OBLIGEANT LES ELEVES ET LEURS MAITRES A NE COMMUNIQUER QUE EN FRANCAIS DES QU ILS SE TROUVENT A L ECOLE.
    EN OUTRE ON DOIT PORTER LA RETRAITE A 65 ANS AFIN DE BENEFICIER DE LA PRESTATION DES EXPERIMENTES.

    • Arrêter 2 minutes svp.

      En quoi es ce que la promotion des langues du Niger constitue un frein pour l’éducation?

      Etre éduquer ne signifie absolument pas étudier en Français.

      S’il y a une langue qui ne devrait plus être enseigner au Niger c le Français.

      Tout pays se doit de promouvoir sa culture et sa langue ce que fait et a réussi parfaitement la France(en imposant la sienne).

      Tout le monde n’a pas besoin d’apprendre le français.
      Les paysans/commerçants de tout ages serait meilleurs dans leurs activités s’ils apprennent a lire écrire en haussa,zarma …. ou même l’anglais(la majorité de leurs transactions ce font avec le Nigeria).
      Ils parlent déjà ces langues !

      Enfin bref enseigner les langues locales est un principe qui ne doit pas être optionnel qui peut se prouver pratique pour le peuple Nigérien.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*