Home ACTUALITE Les justifications produites par le Président ivorien Allassane Ouattara sont en contradictions avec les textes qui regissent la CEDEAO et l’UEMOA

Les justifications produites par le Président ivorien Allassane Ouattara sont en contradictions avec les textes qui regissent la CEDEAO et l’UEMOA

Le Président Alassane Ouattara a tenté de se justifier et de convaincre, par rapport à son coup fourré à la CEDEAO, à Londres devant ses compatriotes en vain, les faits sont têtus,  la ruse apparaît.
En effet , les explications données par le président ivoirien, Alassane Ouattara, pour justifier son annonce unilatérale du 21 décembre 2019 , sur le passage du franc CFA à l’ECO, devant la communauté ivoirienne à Londres, a crée des doutes sur le sérieux de cette annonce d’Abidjan.

Le Président Alassane Ouattara a dit devant ses compatriotes, qu’il a informé les chefs d’État de l’Union Économique Monétaire Ouest Africaine, l’UEMOA , de sa décision d’ annoncer devant le Président français Emmanuel Macron,le 21 décembre 2019 à Abidjan, le passage du franc CFA à l’ECO, depuis le 3 décembre 2019 , ceux de la CEDEAO ont été informés le jour même de l’annonce.
Conformément aux textes qui regissent les deux institutions, la CEDEAO et l’UEMOA, le Président en exercice de la conférence des chefs d’États est tenu de convoquer une réunion des chefs d’États pour statuer sur une question aussi importante que la monnaie , il n’est pas question de les informer, la décision qui consacre le passage du franc CFA à l’ECO, devrait être collégiale.

C’est encore une autre ruse . Car il prétend aussi que la mise en œuvre de l’ECO qu’il a annoncé,  prendra effet dans trois ans ou plus.
Une décision d’une telle importance se prend à travers les organes de l’UEMOA, conseil des ministres et conférence des chefs d’États de l’UEMOA , par une décision collégiale et un communiqué officiel rendu public.

Le fait troublant , Allassane Ouattara a assisté le même jour de son annonce historique , à Abuja au Nigéria, à une conférence de la CEDEAO où il a été convenu avec tous les pays membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, de la mise en œuvre de l’ECO, projet de la CEDEAO, en 2020 .
Un communiqué officiel de la CEDEAO a sanctionné la tenue de la dite réunion. Une zone monétaire ouest africaine , la ZMAO, et la Banque Centrale de l’Afrique de l ‘Ouest , BCAO, sont créées à cet effet.

Si réellement les chefs d’État de l’UEMOA étaient  d’accord avec l’annonce du président Alassane Ouattara et du président français, Emmanuel Macron, cela se traduirait normalement par une décision d’abord du conseil des ministres , puis celle de la conférence des chefs d’États , en fin un communiqué officiel serait rendu public par le président de la Commission de l’UEMOA, conformément aux traditionnelles coutumes consacrées en pareilles circonstances.
Le Président ivorien Allassane Ouattara, a fragilisé la CEDEAO et a conforté la thèse de ceux qui pensent qu’il serait en mission commandée , du sabotage des institutions sous-regionales de l’Afrique . C’est vraiment dommage !
Son exposé des explications données à Londres, devant ses compatriotes , prouve s’il en est besion que les Institutions, Fonds Monétaire International , le FMI et la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, la BCEAO, étaient à son temps des intruments plus aux service des puissances étrangères qu’au service des pays africains. Car les pays membres de l’UEMOA sont toujours derrière le peloton dans les classements des indicateurs économiques mondiaux.
En effet, malgré l’expérience bancaires dont il se targue , beaucoup des pays membres de l’UEMOA sont encore derrières les autres pays africains dans le classement général de l’indice du développement humain, l’IDH, des Nations Unies et le classement général du Produit Intérieur Brut par Habitant, le PIB .

On a l’impression que ces banquiers dits de grandes expérience ont mis leur grande expérience et expertise, au profit des intérêts étrangers à l’Afrique.
Dans son exposé, il explique qu’il a convenu avec le Président français de l’annonce qu’il a faite .
Le rejet de la dite annonce , par les six chefs d’État de la CEDEAO, contredisent bien cette troublante annonce et illustre bien que la décision annoncée par le Président ivoirien Alassane Ouattara est contraire à la décision prise par les chefs d’État de la CEDEAO.

En effet, les chefs d’État africains membres de la CEDEAO avaient mandaté, le Président Muhammadu Buhari , du Nigéria, Issoufou Mahamadou, du Niger, et Nana Akufo Ado,du Ghana, en vue de coordonner les travaux portant sur la création de l’ECO qui est un projet de la CEDEAO , en outre la mise en œuvre de la dite monnaie a été envisagée en juillet 2020. Le taux de change retenu est un taux flexible, plus conforme aux intérêts de la majorité des pays membres de la CEDEAO.
Un communiqué officiel de la CEDEAO a été rendu public à cette occasion.
C’est très surprenant d’apprendre à travers sa réunion politique de Londres avec ses partisans , que c’est , lui, le Président Alassane Ouattara qui aurait été mandaté par l’UEMOA pour créer l’ECO, ainsi l’ECO serait un projet de l’UEMOA .
Peut-être c’est un discours politique à consommation locale qu’il a tenu pour galvaniser ses troupes en vue des prochaines élections générales.
Mais grâce à la technologie de l’information le détaille de la dite réunion est su par le grand public.

Les mécanismes qui ont présidé à la création de l’ECO, projet de la CEDEAO, ont fait l’objet d’une large diffusion par la CEDEAO, la presse internationale en a fait une large diffusion.
Les Présidents, Allassane Ouattara et Emmanuel Macron ont fait une annonce unilatérale en contradiction avec les décisions des instances de la CEDEAO et de l’UEMOA .
Cette manière de faire n’est pas élégante et crée des doutes sur la crédibilité des décisions prises dans les différentes instances des institutions sous-regionales ouest-africaines .
La crédibilité de nos chefs d’État se trouve aussi écorchée à travers cette zizanie ainsi créée de toute pièces pour nuire à l’intégration économique sous-regionale .
Aussi , aucun communiqué officiel de l’UEMOA n’a mis en cause la décision portant création de l’ECO, le 29 juillet 2019 , à Abuja, au Nigéria, par la CEDEAO. Alassane Ouattara, président ivorien, était présent entant que membre statutaire.

Le Président Alassane Ouattara expliquerait devant ses compatriotes, que sa décision unilatérale serait sous-tendue par le fait que son pays est un pays agricole qui exporte beaucoup plus vers les pays européens, c’est pourquoi l’arrimage de l’ECO à l’Euro est la meilleure option mais si le Ghana par exemple, qui est un pays exportateur de pétrole accepterait de venir , il pourrait être envisagé deux options d’arrimage, l’un à l’Euro et l’autre au Dollar à titre exceptionnel pour lui permettre d’être membre .
Cette proposition frise le ridicule et fait preuve  d’une part, du manque de respect pour le Ghana et d’autre part de  manque du professionnalisme de la part des experts qui ont fait la proposition.

Le Niger et le Sénégal sont des pays membres  de l’UEMOA,  bientôt grands exportateurs du pétrole.

Depuis que le Ghana a pris ses distances  vis  à vis des institutions internationales, le Fonds Monétaire International, le FMI, et la Banque Mondiale, la BM, le Ghana arrive à mobiliser beaucoup plus des ressources que celles que le FMI lui avait  proposées , il est devenu le pays le plus performant en matière économique, cité en exemple, dans l’Afrique de l’Ouest. Son économie se porte mieux que celle de la Côte d’ivoire qui est actuellement en difficulté.
En outre , les indicateurs économiques du Ghana ne sont pas maquillés.

Cette manière de se comporter peu élégante, face à une décision aussi importante, qu’est  la création  de la monnaie,  confortent la position de ceux qui pensent que le Président ivoirien, Alassane Ouattara, est en mission commandée, en vue de diviser la CEDEAO, de saboter la monnaie commune unique africaine, ECO , au profit des intérêts ivoiriens et français, au détriment de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest ,la CEDEAO.

L’ Afrique aurait raison de ne plus compter sur un tel chef d’État pour amorcer son intégration économique globale et tendre vers une monnaie commune unique africaine globale.
L ‘exposé du Président ivoirien devant la communauté ivoirienne à Londres semblerait insinuer que la décision prise a tenu compte entièrement des intérêts de la Côte d’Ivoire et de la France, tant pis pour ceux qui ne sont pas d’accord.

Les pays membres de la CEDEAO se devraient de prendre leur responsabilité face à l’histoire et prendre leur destin en commun main, ils ne pourraient rien attendre des Présidents, Alassane Ouattara et Emmanuel Macron.
L ‘objectif de ces derniers serait de fragiliser la CEDEAO et saboter la mise en œuvre de la monnaie ECO.
Les réactions des pays membres de l’UEMOA d’une part et d’autre part des pays membres de la CEDEAO, ne tarderaient pas , nous serons édifiés dans les jours à venir.
Cette manière de se conduire dans les relations internationales entre États souverains africains, dans les organismes sous-regionaux africains, n’honore pas nos chefs d’État, ce ci donne l’occasion aux puissances néo-imperialistes de nous trainer dans la boue .

S’ il y avait un désaccord par rapport à la décision prise à Abuja que tous les citoyens de la CEDEAO ont d’ailleurs applaudie , le Président, Allassane Ouattara aurait dû annoncer sa position devant tous les pays concernés dans un langage conforme à l’usage , en pareilles circonstances.
Ce qu’il vient de dire devant ses partisans à Londres , est une sorte coup de poignard porté aux dos des chefs d’État de la CEDEAO sans aucune distinction d’anglophones ou de francophones.
Les pays dont les relations économiques sont très liées au grand géant économique, le Nigéria,  60% du PIB de toute la CEDEAO, (le Niger, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Togo ), n’apprécieront pas sans nul doute cette manière cavalière de banaliser la décision de la CEDEAO qui tient pourtant plus compte des intérêts supérieurs de leurs peuples. Ces pays ont plus intérêt à s’entendre avec le Nigéria et le Ghana qui sont plus proches de leur attente.

Le Président Alassane Ouattara dans son exposé ne fait aucune référence à la CEDEAO, il considère l’ECO comme son projet à lui.
Il appartiendrait donc aux pays membres de la CEDEAO de relever ce grand défi humiliant lancé par un de leurs.

La nouvelle problématique qui se pose : est-ce que les pays membres de l’UEMOA dont il prétend être le leader incontesté , qui commercent avec les autres pays du monde hors zone de l’Union Européenne, accepteraient-ils cette annonce si humiliante à partir de Londres ?

Par Issoufou Boubacar Kado MAGAGI. (Contribution Web)

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