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Diplomatie - 26 décembre 2020

Lettre citoyenne…

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Dans quelques semaines le Niger et son peuple ont une fois de plus rendez-vous avec la «démocratie» et l’histoire.

Après la Guinée, la Cote d’ivoire, le Ghana et comme un peu partout en Afrique d’ailleurs, la fièvre électorale s’empare du Niger. Comme toute année électorale et face à une multitude de prétendants, le peuple Nigérien va à la quête désespérée du Bonheur proposé par les « Messies » surtout en cette année 2020 ou la crise sanitaire mondiale a aiguisé les défis dans tous les domaines. Mais, qu’il n’échappe à personne que c’est dans le terreau de la naïveté que poussent les vendeurs d’illusion.

Depuis toujours, ces mêmes acteurs politiques, en lieu et place d’un véritable programme de développement basé sur l’éducation, se combattent, se remplacent, se renouvellent et tout va de travers. Les élections sont devenues des opportunités de règlement de compte et de revanche. La base ne comprend rien.  Au final, c’est le serpent qui se mord la queue. Et dans ce cercle vicieux, des « opportunistes » et de nouveaux « Sauveurs » se mettent en scène.

Dans quelques semaines comme en 1990 nous somme à un tournant historique dans notre histoire récente. Cependant si on jette un coup de regard évaluatif sur la trajectoire du pays sahélien 60 après « d’autogestion » on constate que le pays est à la traine dans bien de domaine en matière de développement socio-économique et technologique. Le peuple Nigérien qui sait dans quel but il va choisir un Président de la République ignore pourquoi les fins de mandat laissent un goût de déception. Elus sur la promesse de conduire au développement d’un peuple sorti de 60 ans de tâtonnements après les indépendances, les présidents qui se sont succédés depuis l’avènement de la démocratie tombent en disgrâce avant de retrouver une certaine admiration une fois vomie, les choses allant de mal en pire.

Pour trouver une raison à ce retard aussi abyssal et indigne chacun peut aller de son commentaire sur les causes « profondes » de celui-ci. Pour certains, projets de sociétés mal conçus sur la base de diagnostics faussés, démagogies récurrentes, … Nonobstant, s’il y a une chose qui ne fait aucun doute, comme cause et conséquence, de celui-ci c’est l’affaissement de notre système éducatif a tous les échelons (de la maternelle à l’enseignement supérieur) de l’indépendance à nos jours mais aussi et surtout un taux ahurissant d’analphabétisme encore autour de 70 % qu’on traine comme un boulet rouge.

Le Général Seyni Kountche aimait dire « qu’on ne peut pas faire d’un véritable démocrate quelqu’un qui est mentalement sous-développé, matériellement sous-développé et qui n’arrive pas à satisfaire ses besoins primaires ». Aujourd’hui notre pays dispose de toutes les potentialités pour amorcer son envol et occuper la place qui lui est dévolue de droit dans le concert des nations mais ceux qui opportunément se proposent de nous tirer du gouffre sont les ouvriers de premières heures de l’égarement. Pour cela, il faut qu’on se mette en amont tous au travail et revenir aux fondamentaux de n’importe quel développement endogène : la préparation constante d’un capital humain en quantité et en qualité. Il est urgent que les gouvernants actuel et future puissent se rendre à l’évidence qu’il est bien beau d’engranger des réalisations structurants si nécessaires mais pour former le nigérien nouveau, pour jeter les bases d’une véritable «RENAISSANCE» sociale ou culturelle il faut rediriger toutes les énergies vers la formation continue, l’encadrement, la science en commençant par le commencement : « alphabetiser, alphabetiser et alphabetiser » , en finir le plus rapidement possible avec cette honte nationale d’un taux d’alphabétisation encore bas. Cela n’est pas « qu’un » des moyens pour lutter contre l’oscurantisme, la pauvreté chronique, le sous-développement mental ou matériel, ou encore de tirer au maximum les dividendes de notre démographie galopante, mais malheureusement la seule solution actuelle.

Les prochaines autorités avec l’accompagnement de toutes les composantes sociales doivent y consacrer le temps nécessaire pour refonder le système éducatif, alphabétiser le peuple et donner à cette jeunesse les moyens de son épanouissement. Ce qui jetera les jalons définitifs de notre indépendance et développement durable. L’alphabétisation n’est pas « que » savoir lire et écrire, c’est aussi donnée les moyens au citoyen de s’auto-émanciper, de s’impliquer efficassement dans la vie communautaire, de participer activement aux débats politique et la vitalité démocratique. L’alphabétisation est indispensable au développement humain durable dans les sociétés d’aujourd’hui, qui sont complexes et changeantes, une condition préalable d’une vraie inclusion sociale et un instrument d’autonomisation aux plans individuel et collectif paraphrasant Koïchiro Matsuura. Autrement, c’est de lui conférer les outils pour mieux appréhender le présent et participer sereinement à l’édification d’une nation plus solidaire dans la quelle chacun compte ; la préservation d’un environnement sain et meilleur pour tous, en conclusion, pour l’édification du Niger que nous voulons.

L’alphabétisation est le socle de toute éducation, de toute formation et apprentissage ultérieur. Cet objectif aussi titanesque qu’il puisse paraître n’est pas pour autant insurmontable et nous pouvons l’atteindre en 3-5 ans à l’image d’autres peuples qui ont accompli telle prouesse avec des moyens assez modestes et en temps record.
Chers jeunes, chers gouvernants, citoyennes et citoyens si on veut remettre la nation sur les rails du progrès durable alors voilà par ou on doit tous converger et main dans la main amorcer cet élan de transformation et construction national sans quoi le bout du tunnel est encore très loin.

Oumarou Issaka Ismaël (Citoyen Nigerien)

2 Comments

  1. Ce bien précieux, le savoir, qu’ils ont eu la chance de bénéficier et qu’ils font tout pour en priver les autres.
    Et à la fin de leur parcours, en jetant un coup d’oeil derrière eux et voir le désastre qu’ils ont causé, ils essaient de justifier leurs echecs avec des mots élogieux. Les mots peuvent mentir mais les faits non.
    À la veille des élections on se comporte comme un ange avec le peuple et après avoir eu la confiance de ces innocents, on se transforme en démon contre eux.

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