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Lettre ouverte au Colonel-Major Djibrilla Hima Hamidou dit « Pelé », ex Porte-parole du Conseil de Réconciliation Nationale…

Mon Colonel-Major, 9 avril 1999 – janvier 2019, près de 20 ans déjà que le Président Ibrahim Mainassara Baré (paix à son âme) a été assassiné, et toujours pas le moindre rayon de lumière sur cet acte odieux. Pour ma part, je n’ai toujours pas enregistré votre réaction publique par rapport aux malheureux propos tenus dans un média de la place relatifs à ce drame : « En 1999, je n’ai pas opéré. C’est une situation qui a été créée, nous avons géré.…le peuple avait fait appel à nous. Tous les Nigériens ont applaudi à chaque fois…J’ai toujours agi dans l’intérêt du peuple… Si je suis putschiste, tous les Nigériens sont putschistes ».

Vous n’aviez pas alors observé les recommandations de Cicéron, disant : « La parole, comme la flèche, ne revient plus ; regarde donc, avant de la lancer, si elle n’est ni aiguë ni empoisonnée ». Et  » La parole est un projectile qui tue à distance  » comme l’a dit Adolphe d’Houdetot.

 Et puisque vous ne semblez pas du tout comprendre votre tort, rappelez-vous que Winston Churchill a dit que « La politique est plus dangereuse que la guerre… A la guerre (ou lors d’un putsch), vous ne pouvez être tué qu’une seule fois. En politique, plusieurs fois. »

Puisque vos paroles assassines ont été tenues sur un média, j’étais en droit d’attendre que vous repreniez la parole pour rectifier le tir, par les mêmes canaux pour mieux recadrer votre position, si tant est que vous auriez quelques regrets. Mais en vain !

C’est pourquoi, je m’adresse derechef à vous, au travers de ce médium, du fait que, tout comme vous, je sois « un mordu » du ballon rond. Et  puisque, sur le terrain,  la balle est ronde pour tout le monde, je vous relance dans un support consacré à notre passion commune qu’est le « ballon rond ».

Je rappelle que le Sage Amadou Hampâté Ba enseigne « qu’il y a trois vérités : il y a « Ma » vérité, il y’a « Ta » Vérité et il y’a « La »  Vérité ». Donc, rassurez-vous, puisque trois (3) nigériens sur quatre (4) ont moins de 25 ans aujourd’hui, n’ont donc pas connu le président Baré, et sont mordus de « foot » pour la plupart, ma lettre ne vise qu’un seul but : dire « ma » vérité à ceux qui l’ignorent, en espérant, la balle étant ronde pour tous, que vous livreriez « vôtre » vérité, pour que l’on puisse espérer approcher « La » Vérité sur certains actes graves posés par de pseudos « proches du président Baré » durant son mandat, et que nous ne saurions endosser.

Surtout que l’arrêt du 23 octobre 2015 de la CEDEAO, à son point 54, affirme que les lois d’amnistie derrière laquelle vous vous refugiez pour narguer les victimes amnistie « ne sauraient constituer un voilage forcené du passé, une fin de non-recevoir péremptoirement opposée à toute entreprise légitimement curieuse de connaître la vérité. La loi d’amnistie laisse intact le droit à la vérité des victimes… »

Comme vous pourriez l’imaginer, je suis régulièrement interpellé sur des actes de violence posés sur la tranche d’histoire de 1996 à 1999 pour lesquels je n’ai malheureusement pas de réponse. Savez-vous que, parmi les questions qui me sont fréquemment posées, figurent en bonne place les agressions  de certains citoyens et des comportements déviants que certains médias ont attribués souvent à tort à « des proches de Baré » dont vous faisiez partie ?

  1. Sur l’usage irrespectueux des véhicules personnels du président Baré

Je m’interroge encore sur ce qui a bien pu se passer dans votre tête, à peine quelques jours après la « disparition subite du Président ». Vous aviez été aperçu, en train de parader au volant du véhicule Chevrolet 4X4 blindé bleu-nuit. Ce, après avoir utilisé et endommagé dans des conditions obscures, le véhicule 4×4 personnel de couleur blanche préféré du président Baré.

Je vous rappelle que c’est Feu, le président Omar Bongo Odimba (Paix à son âme), Doyen des Chefs d’Etat à l’époque, celui-là même qui vous avait traités vous et vos complices de proscrits quand vous aviez souhaité le rencontrer, celui-là même qui a prêté ce véhicule au président Baré en juin 1996, à la veille de l’élection présidentielle, en vue d’assurer sa sécurité, suite à la volonté exprimée par certains opposants violents à porter atteinte à son intégrité physique. Le Président Bongo père, plus que rompu dans les affaires africaines, avait tenu à mentionner mon propre nom sur l’acte de prêt du véhicule que j’ai eu à parapher dans son bureau présidentiel, en lui promettant un retour dudit véhicule, sitôt les menaces dissipées. Et c’est ce véhicule 4X4 blindé que vous aviez eu à utiliser en violation des règles d bienséance pendant la période de Transition de 1999. Mon désarroi est d’autant plus grand que l’équipage de l’hercule C130 de l’armée de l’air avec à sa tête le Lieutenant-Colonel Ibrahim Bila (Paix à son âme et à celles de ses co-équipiers et aux autres morts du crash) qui a eu à acheminer le dit véhicule 4×4 de Libreville à Niamey a péri dans le crash de l’aéronef, le 19 avril 1997. Je vous demande, à présent que par la grâce Divine, le fils du président Omar Bongo Odimba et actuel président de ce pays, recouvre sa santé, d’approcher « vos collaborateurs » d’alors pour rendre ledit véhicule à son légitime propriétaire, c’est-à-dire la Famille Bongo Odimba.

2 – Sur l’agression, en mars 1999, d’A. C. M, militant connu d’un parti de l’opposition de l’époque dans un lieu public

Autre évènement intervenu en mars 1999, près d’un mois avant l’assassinat du président Baré et sur lequel je suis régulièrement interpellé. Au risque de  me répéter, pouvez-vous révéler à l’opinion, qui était « ce proche de Baré » impliqué dans le récit de la bastonnade du citoyen A. C. M., militant d’un parti d’opposition de l’époque, que des politiciens avaient voulu instrumentaliser pour nuire « aux véritables proches de Baré » que nous sommes, peu avant l’assassinat. Ils s’étaient ravisés quand tout le monde a su que ladite agression a eu lieu, pour, semblerait-t-il, une raison que la raison elle-même ignore (A ouzou billahi mina chaytani rajim)? Mais le silence s’imposait-il pour tous, un mois avant « l’Opération Scier le Baobab » ?

3 – Sur le mélange du genre entre politique partisane et sport

Vous avez foncé tête baissée sur le terrain glissant de la politique politicienne et surtout de l’autoglorification injustifiée au détriment de votre bienfaiteur qui n’est plus de ce monde. Ne pensez-vous pas qu’en agissant de la sorte, vous  confirmez chaque jour un peu plus à l’opinion nationale que vous avez été injustement coopté à la tête de la FENIFOOT par des auteurs, co-auteurs et complices des assassinats du 09 avril 1999 qui se sont succédés à la tête de l’Etat, ce, au détriment des véritables mécènes du football du seul fait de votre implication dans cette forfaiture ?  Sinon, comment s’expliquer que vous puissiez violer votre devoir de réserve en prononçant des paroles abjectes sur un mort sans encourir une sanction ?

 4- Sur l’engagement personnel du président Baré pour le sport et la culture

Sur ce volet, vous devriez retenir et admettre que  le président Baré, sa vie durant, a  toujours été un pratiquant assidu du sport et un promoteur du sport et de la culture. C’est ainsi que je ne citerai entre autres actions et activités :

 – sa vision quand il avait négocié et obtenu du sommet de la Francophonie à Bamako au Mali, en 1998, l’organisation à Niamey pour l’année 2005 des Cinquièmes Jeux de la Francophonie qui ont permis la réalisation d’importants travaux d’infrastructures dans le pays ;

 – son engagement en tant que membre actif de la Fédération Nigérienne de Judo et disciplines assimilées dès 1973 et finalement Président cette Fédération de 1980 à 1982 ;

– son soutien constant et régulier au Sahel Sporting Club, ex Secteur 7, club de son quartier familial du « Nouveau Marché ».

C’est pourquoi, quand vous parlez de football comme faire valoir, vous devriez avoir le triomphe modeste.

Je m’en tiens à ces interpellations, puisque la sagesse acquise au contact du vrai peuple, « recommande de ne pas dire tout ce que l’on sait ».

Tout en espérant que vous accepterez, au nom du devoir de vérité, d’éclairer la lanterne du peuple que vous prétendez avoir servi, je vous prie d’accepter mes vœux sincères de longévité. Pour que jaillisse la lumière sur l’assassinat du président Baré !

Par Djibrilla Mainassara Baré (Ancien Conseiller Spécial du Président Baré)

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Un commentaire

  1. la politique > guerre
    mort > guerre
    sagesse > l’homme
    Dieu > politique + mort + sagesse .
    Vérité = Dieu.
    Tout ce qui vient devrait arriver .
    L ‘Homme = celui qui s’assume.
    Femme = parole différente .
    Drone = vision virtuel des fois incomplète .
    Mémoire universelle = caméra naturelle.
    Le genre humain jouera la cache cache aux yeux de son ego mais pas à ceux de son créateur = nos actes positive / négative nous rattraperont à coup sur mais reste à savoir ou? quand ?
    Le cadeau Divin qui puisse venir dans la vie de l’ Homme dans en sa survie c’est la prise de conscience sur ses erreurs du passé + faire l’effort pour ne plus les répétés = ne regrettons jamais les causes que nous crayons , se racheter est mieux dans la mesure que nous en somme tous loin de la perfection donc plus ou moins digne du mal par essence . Que Dieu nous en garde et nous guide ver la droiture sociale + politique à travers le monde entier

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