Accueil / ACTUALITE / LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DES FINANCES DU NIGER

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DES FINANCES DU NIGER

Monsieur le Ministre, C’est avec surprise et stupéfaction que les Nigériens ont pris connaissance de votre projet de loi relatif à la nouvelle réforme sur les impôts et donc dans le cadre de la mobilisation des ressources internes. L’idée est bien bonne comme elle me donne l’impression d’avoir une équipe qui travaille pour la première fois dans notre pays. Mais quel Travail ? Pour qui ? Et sur la base des quelles réalités ? Certes des questions courtes mais d’une profondeur relativement significative et porteuse de sens en elles-mêmes.

Il faudrait certes le réitérer, mais cela n’engage qu’un citoyen issu d’une majorité silencieuse qui a enfin décidé de ne plus jamais se taire non pas pour vous faire des remontrances aussi bien en gestion qu’en la notion de pertinence et de priorité seulement, mais de vous informer tout en vous rappelant que toute loi a un prix et que celles et ceux qui la portent, doivent de facto cultiver un sentiment d’appartenance à la même société pour laquelle les reformes sont engagées et dans le même temps se donner le courage républicain et civique de se conformer aux valeurs et aux intransigeances des réalités qui prévalent.

Monsieur le Ministre, Votre élan allait être perçu comme un sursaut si tant soit peu, auriez-vous imbriqué le rationnel d’avec la réalité du Niger. Mais croyez-moi j’ai eu l’impression de vivre au Niger sous les ordres d’un ministère comme le vôtre avec des injonctions venues de Quai d’Orsay et/ou de votre homologue français. Certes le choix est là, mais je n’ai jamais cru revivre les options coloniales qui ne font que vous éloignez de nos réalités et davantage vous obscurcir le chemin qui vous prouve être au Niger au service des Nigériens.

Faites-vous le choix d’un ministre français ou celui d’un ministre nigérien cela nous aide à savoir qui vous êtes. Dans l’optique que vous êtes l’un des nôtres, permettez-moi de partager avec vous ce que je sais et que vous-mêmes aviez su à un moment de votre vie académique et professionnelle.

Monsieur le Ministre, les taxes imposées ont de prix à payer, De la France là où vous est venue l’idée, la taxe d’habitation fut être appliquée lorsque l’Etat français avait, de droit, du à son peuple les logements sociaux, lui a permis d’imposer aux Banques de faciliter l’abstention des prêts pour construire et au même moment s’offrir des titres fonciers, le même Etat a su éduquer son peuple en faisant de l’école publique un pactole de connaissances gratuit et pleinement doté de tout ce qu’il lui fallait pour donner des cerveaux qui reviennent à leur tour à vous apprendre comment ‘traire’ de l’argent sur un peuple qui, dans une certaine mesure, ignore ce que veut réellement dire l’impôt sur les revenus, il s’est assuré d’avoir garanti la santé de base, puisque tout français âgé de 28 ans est affilié dans une institution sociale obligatoire appelée sécurité sociale, pour les moins de 28 ans sont également souscrits dans des mutuelles santé, de pourcentages vont de 70 à 100 % de sorte qu’aucun français ne meurt de maux de tête en tout cas pas d’une mort qui ne lui est pas naturelle.

Il a également su exiger, de toute famille comme de tout français et de tout étranger justifiant légalement son séjour, un médecin traitant afin de mieux optimiser aussi bien les données que de faire face à toutes les maladies. Dans la même lancée, le gouvernement français a su offrir à son peuple une administration opérationnelle de proximité, pompe certes les entreprises privées, les PME comme les grandes firmes réputées par des gros chiffres d’affaires, mais allège les charges pour embaucher plus des français et de créer beaucoup plus de valeur, Il a dans le même esprit construit des infrastructures modernes, une logistique de taille des moyens de communications hautement réputés dans le monde, les français comme les étrangers légalement installés âgés d’au moins de 25 ans sous une certaine condition bénéficient d’un Revenu de Solidarité Active ce qui est appelé en France RSA et ceux de 18 à 24 ans y sont soumis à d’autres conditions bien plus légères que ceux de 25 ans à plus, les prix des denrées alimentaires sont contrôlés, les exportations et importations sont aussi sous les orbites de l’Etat, des prêts bancaires sont imposés aux banques pour permettre aux jeunes étudiants, diplômés, et de talent à en bénéficier même en cas d’insolvabilité les fonds de garanties sont mobilisés pour leur donner la chance de produire, d’innover, enfin de se donner un rêve.

Les assistantes sociales sont instituées partout dans les centres communaux d’actions sociales, dans ces conditions faites-nous part de ce que jouit un seul Nigérien, à part vous, de ce qui est ci-haut laissé en substance ? Monsieur le Ministre, Quand on veut de l’eau de puits on se donne la corde et l’épuisette pour y parvenir, ou alors s’offrir un forage pour se servir au mieux, c’est cela que le gouvernement français a su et dû mettre en œuvre pour imposer les taxes sur l’immobilier comme toute autre taxe de sorte qu’après l’avoir prélevée ce serait de facto la traduire dans d’autres secteurs sociaux de base, à investir pour davantage soulager.

D’aucuns me diront que la comparaison n’est pas raison mais si, que la comparaison l’est ici pour la première fois à la lecture de votre projet aussi non contextuel que mal conçu. D’un pays largement laïc et de liberté fondamentalement nue se plaçant aux antipodes de nos réalités religieuses,

Monsieur le Ministre osiez-vous proposé sur la terre de vos ancêtres, à vos parents, amis proches et fils une taxe sur l’héritage, cela démontre combien de votre gouvernement il n’y a ceux qui ne savaient ce que voulait vraiment dire un héritage puis qu’ils n’en avaient pas bénéficié par manque et maintenant riches on se demande comment l’optimiser. Non ! Monsieur le Ministre vous faites erreur, celle de croire imbriquer deux réalités qui ne sont pas les mêmes et qui ne peuvent avoir des finalités communes.

C’est bien beau de copier ce qui se fait ailleurs, mais de grâce ce qui est admissible et n’insultant pas la mémoire et la conscience de celles et de ceux qui vous ont fait confiance. Nous avons autant d’opportunités au Niger pour mobiliser les ressources internes sans entendre un seul bruit, l’allégement des dépenses de l’Etats, la suppression pure et simple de certaines institutions de l’Etat, les frais des missions honteusement partagés, des parlementaires, ministres et présidents qui gagnent plus qu’ils perdent dans un pays aussi pauvre comme le nôtre, cela est inadmissible.

Monsieur le Ministre, Croyez-moi ce package d’insultes vis-à-vis de nos concitoyens ne fait qu’asphyxier le mode de gouvernance pour rendre le système bien plus tranchant et méchant en vers le peuple. Il faut du vain courage et d’estime basse de soi pour exiger la TVA sur des produits de première nécessité. Les jeunes nigériens qui cherchent à obtenir de quoi manger, de quoi se faire loger, et surtout de mieux quoi offrir à manger aux siens par l’entremise des kiosques et ventes ambulantes après ne leur avoir rien offert en terme d’insertion professionnelle se réveillent voir obliger de payer des taxes à une hauteur par ans qui n’existe nullement dans le lexique de l’encouragement des jeunes à la création d’entreprise.

Monsieur le Ministre, Il est bien beau de proposer, mais quand on lit votre projet, se donnant une lecture aussi objective que rationnelle l’on se demande si ce projet a été conçu par un Nigérien et même si cela pourrait être le cas prière de lui offrir la chance de se régulariser auprès de nos préfectures parce qu’il vit en exil dans son propre pays. Les multinationales sont à vos portes pour qu’ils payent aux pauvres, aux faibles comme à ceux qui cherchent à devenir Monsieur le Ministre, des grosses sociétés internationales se font de l’argent sans jamais payer des taxes, les avez-vous oubliées ? Eh bien le peuple non !

Ayez la décence de vous rappeler de qui a fait de celui qui vous a nommé Ministre des Finances. Comme vous l’êtes vous oubliez à qui devez-vous une légitimité, une considération, mieux à qui vous devez espoir et vie meilleure Monsieur le Ministre. Monsieur le Ministre, Je suis donc choqué que vous et votre gouvernement continuiez obstinément à présenter des recettes pour combler le déficit budgétaire: plus de taxes (augmentation de la TVA, augmentation des accises), démantèlement de notre sécurité en nous faisant croire être en sécurité, attaque contre les chômeurs et les bénéficiaires des maigres revenus, attaque contre les malades, attaque contre les plus faibles, saut d’index, réduction fiscale au patronat (qui ne fait que vider les caisses de l’Etat), etc…

Il est urgent que vous vous en preniez à ces bandits fiscaux et non aux citoyens comme vous le faites. Le peuple en a assez de payer pour une crise qu’il n’a pas commise ! Il y a des mesures, où il faut perdre tout repère pour les exprimer, comme des reformes qui ne sont pas dignes d’un musulman qui prie les cinq prières de la journée.

Enfin, mon interpellation n’est pas de vous froisser Monsieur le Ministre mais de vous exprimer l’inadéquation de votre projet eu égard de nos réalités. S’il le faudrait et que cela pourrait dépendre de vous, il y a des mesures de taxe à retirer sans attendre et devant lesquelles vous ne devez jamais insister. Une ruse du prince quand il veut jeter sa graine divisionniste dans son large empire. La France veut nous mettre les uns contre les autres en usant de votre stature et de votre pouvoir actuel.

Ne vous trompez pas de qui doit les taxes à ce pays, car plus vous vous obstinez mordicus moins la paix régnera dans ce pays et c’est delà que beaucoup nous veulent voir en spectacle gratuit. Je vous remercie de votre attention et vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma très haute estime.

À propos de l'Auteur

Mohammed Elhadji Attaher

À propos Administrateur

3 plusieurs commentaires

  1. Mr le ministre je vous parle

    Avec haut voix
    Changer votre avis sinon
    Avant que nous fâché pour prendre notre mesure

  2. la courbe de la laffer est elle en vogue au Niger en tout cas tout bon fiscaliste sait que  » les taux élévés tuent les totaux »

  3. J’ai été surpris des propos liminaires du MF quand il a détaillé les causes qui les ont poussé a mener une politique budgétaire expansionniste (c’est à dire d’évolution très forte des dépenses publiques) depuis l’arrivée au pouvoir du Guri en 2011. Ainsi, les PROJECTIONS (c’est à dire l’argent qu’on a pas encore encaissé) des recettes budgétaires liées à IMOURAREN, la rafinerie de pétrole (le cours mondial était au plus haut en 2011/2012) ont poussé le regime a triplé la masse salariale et s’engager dans des dépenses de prestige improductives (y compris par l’endettement, exple du prêt EXIMBANK). J’etais effaré devant ma télé d’ecouter les arguties d’un ministre des finances. N’importe quel étudiant en première année d’économie ou de gestion sait qu’on ne peut pas augmenter des dépenses pérennes (salaires notamment) sur la base de recettes espérées dans 3, 4 ou 5 ans. Surtout dans un domaine comme le secteur minier et pétrolier, où le Niger n’a aucune prise sur les cours mondiaux de l’uranium et du pétrole. Je suis dépassé par cet amateurisme surtout que des leaders comme Cissé et Hama Amadou ont particpé à cette gestion dans le premier mandat pour le premier et jusqu’à mi-mandat pour le second.

    La taxation excessive ne permettra pas de relancer la croissance du secteur moderne (hors agriculture en général) car elle pesera sur le pouvoir d’achat des ménages (baisse de la demande intérieure) et la marge des entreprises. Alors qu’il y a unanimité dans le pays (y compris au sein de la majorité pour reconnaître que la corruption a atteint des degrés inégalés, voir déclarations de STJ, DIABIRI et BAZOUM; etc.) aucun mot du Ministre sur ce fléau qui mine la gestion des finances publiques. Et tout le monde sait qu’une bonne partie des recettes internes et de l’aide internationale a fini dans les poches des dignitaires et autres proches du régime à qui aucun compte n’est demandé. Plus grave aucun mot sur les mesures éventuelles pour maîtriser l’utilisation des recettes qui sont actuellement réalisées, autrement dit une maîtrise des dépenses (au contraire on constate même une inflation des dépenses de certaines institutions de la République dont personne n’a vu l’utilité à ce jour à part prendre en charge des affiliés de la première et de la dernière heure.

    Nous sommes vraiment victimes de nos propres turpitudes, manque de vision sur ce que l’on veut faire du pays, propension incommensurable de s’enrichir à moindre frais et cela dans la sphère publique. Avec la croissance démographique et les inégalités qui se creusent, c’est la cohésion nationale qui peut être menacée à long terme car toute cette horde de jeunes, semi-instruits, qui ne pourra pas bénéficier des opportunités qui seront offertes car dans leur trés grande majorité mal formés, risque de nous exploser à l figure.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*