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L’Hôtel Gaweye peut-il être rentable ?

Le processus de privatisation de l’Hôtel Gaweye est quasiment à son terme, le temps de désintéresser le personnel en débloquant les trois milliards de Francs CFA (ou presque) du Plan social.

​Cet exploit est à mettre à l’actif du Ministre BOTO et son équipe actuelle, ce qui du reste est attendu avec empressement par les délégués du personnel.

​Il y a lieu de rappeler que, depuis sa mise en exploitation en août 1981, l’Hôtel Gaweye a été géré par la Chaîne hôtelière SOFITEL du Groupe français ACCOR sur la base d’un contrat de management (gestion pour compte). Après 22 ans de gestion d’un hôtel de classe internationale, tout neuf, le Groupe ACCOR a baissé son enseigne pour non-conformité avec les standards de son label « SOFITEL ».

​La situation en 2003 est la suivante :- Des dettes importantes dont celles de leur propre rétribution (594.204.470 FCFA) et le non paiement par l’Etat de la dette (Fonds de garantie) de la construction et l’équipement de l’hôtel ;- Des arriérés importants d’impôts, de cotisations sociales, des fournisseurs dont la NIGELEC (186 millions depuis 1999) ;- Des charges du personnel accrues et importantes du fait de la catégorie internationale de l’hôtel et de l’ancienneté du personnel qui a négocié et obtenu des avantages multiples à incidence financière. Toutefois, le salaire du Directeur Général de l’hôtel est resté le même depuis 2002 ;- Des options d’exploitation devenues plus onéreuses comme la facture mensuelle de la NIGELEC (26 millions de Francs CFA en moyenne hors le paiement des arriérés). Cela s’explique par le fait que la climatisation centrale, la cuisine centrale, la buanderie, etc. sont électriques. Ces options sont obsolètes pour une bonne partie des activités.

Les conséquences de tout ce qui précède sont :- Un cumul de déficits des résultats nets des vingt-deux exercices consécutifs qui ont impacté à jamais la rentabilité ;- Le capital initial a été englouti par des dettes importantes.

Entre temps, en 2003, une rénovation a étéeffectuée pour un coût de 2 milliards de Francs CFA remboursés sur fonds propres, ce qui a réduit la capacité financière de nos prédécesseurs pour maintenir l’hôtel en bon état.

Les efforts accomplis par la nouvelle gestion, entamée depuis septembre 2010, ont permis ce qui suit :- Le règlement mensuel des arriérés de toutes sortes (impôts, CNSS, fournisseurs dont NIGELEC et Fonds de Garantie) tout en investissant dans les outils de production pour relever le niveau des prestations ;- Supporter chaque mois des charges courantes élevées malgré l’accroissement du chiffre d’affaires, doublé à partir de 2011, et la maîtrise des charges qui peuvent l’être.

Il faut souligner au passage que les créances de l’Etat et de ses démembrements s’élèvent à plusieurs milliards de Francs CFA.

Malgré tout, l’Hôtel Gaweye est resté viable (assurant des prestations à la hauteur de ses moyens et du confort actuel), mais impossible de le rendre rentable par un résultat net positif.

A son temps, l’Hôtel Gaweye a été créé comme structure de prestige et non pour sa rentabilité à l’instar du Palais des Congrès construit à la même période pour accueillir des rencontres internationales et celles de moindre envergure.

L’Hôtel Gaweye a toujours joué un rôle économique et social indéniable.

Pour notre part, nous pensons avoir géré l’Hôtel Gaweye en bon père de famille malgré tous les aléas.

Par Sanady BABA AHMED                                                                    Directeur Général de l’Hôtel Gaweye

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