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Lutte contre le paludisme au Niger : Des mesures pour déclasser la maladie de son rang de première cause de morbidité

Dr Djarmakoye Hadiza Jackou

Dr Djarmakoye Hadiza Jackou

Le paludisme demeure encore la 1ère cause de morbidité au Niger. Conscient de cet état de fait, l’Etat nigérien a lancé plusieurs réformes de santé afin de réduire l’impact de cette maladie. Tout un paquet de mesures sont mises en œuvre à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Distribution gratuite de moustiquaires imprégnées, campagne de sensibilisation des communautés, opération de chimio-prévention pour les enfants, prévention chez les femmes enceintes, prise en charge des cas déclarés dans les centres de santé autant d’actions qui commencent à porter leurs fruits avec notamment la baisse des cas présumés.

D’ailleurs les services en charge de la question, annoncent qu’avec ces mesures, le paludisme sera déclassé et ne sera plus la 1ère cause de morbidité dans notre pays.
C’est en ce sens que la coordinatrice du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), Dr. Djarmakoye Hadiza Jackou, assure que relativement à l’année en cours et concernant cette période de haute transmission, des activités sont déjà initiées, ce, en matière de prévention, de sensibilisation et de prise en charge. Elle relève que depuis la fin de l’année 2014, une distribution de masse de plus de deux (2) millions de moustiquaires, a été entamée et a concerné les régions de Tillabery, de Maradi, de Zinder et de Tahoua, qui sont des zones de forte endémicité et de haute transmission. Elle rappelle cependant que dans le cadre cette distribution, son institution est en train de s’organiser pour ce qui concerne la région de Niamey dans l’optique de commencer d’ici le mois de septembre. Cette même opération s’étendra aussi à une partie de la région de Dosso qui n’a pas pu bénéficier de cette distribution lors de l’opération de l’an dernier.

 

«Dans le cadre de notre campagne de prévention à l’endroit des enfants, des femmes enceintes, mais également de toute la population, nous avons à la date d’aujourd’hui, distribué plus de huit (8) millions de moustiquaires, en nous basant sur le ratio d’une unité pour deux (2) personnes» a précisé la coordinatrice du Programme National de Lutte contre le Paludisme. En matière de mesures préventives, le PNLP est selon sa coordonnatrice, également engagé dans des actions de la chimio-prévention du paludisme saisonnier, qui est actuellement mis en œuvre dans les régions à forte endémicité. Ces mesures concernent les enfants âgés de trois (3) à cinquante-neuf (59) mois. Cette année douze (12) districts des régions de forte endémicité ont été concernés, et plus de sept 700.000 enfants sont protégés grâce à cette stratégie.
«Nous sommes à notre première campagne de chimio-prévention du paludisme et elle va s’étaler sur quatre (4) mois, soit, jusqu’à la fin de la saison des pluies. D’ici novembre, nous prévoyons que cette politique va contribuer à diminuer le nombre de cas à une hauteur de plus de 75% chez les enfants. La prévention se poursuit chez les femmes enceintes lors de la consultation prénatale avec l’administration de la sulfadoxine et la distribution de moustiquaires » souligne la coordinatrice du PNLP.
Relativement à la prise en charge de cas survenus, Dr. Djarmakoy Hadiza Jackou, affirme que le PNLP est en train mettre à la disposition de tous les quarante-deux (42) districts du Niger, des tests de dépistage rapide pour le diagnostic. A cela s’ajoute également la mise à disposition des médicaments pour une prise en charge effective des malades. Elle précise à ce sujet que l’opération est terminée pour ce qui concerne les régions les plus éloignées et devrait être finalisée au courant de cette semaine pour les autres districts.
Cependant estime-t-elle, un changement de comportement s’impose pour une lutte efficace contre le paludisme. Pour la coordonnatrice du PNLP, ce changement commence aussi par l’amélioration de l’environnement, en évitant les eaux stagnantes, qui sont une source de prolifération des moustiques. C’est pourquoi, le PNLP est engagé auprès des populations à travers une campagne de sensibilisation. Ainsi, à partir du lundi 24 août, le projet de lutte anti-larvaire avec le bio-larvicide va débuter en collaboration avec la République de Cuba.
«C’est un projet cher au Président de la République, qui va consister à détruire tout ce qu’il y a comme gites larvaires au niveau des eaux stagnantes, des mares et des rivières. Cette année est différente en matière d’actions parce que l’Etat a mis plus de moyens que les années précédentes, et nos partenaires sont également mobilisés. Par ailleurs, le Niger a été cité en exemple par l’OMS pour les bonnes pratiques en matière de la lutte contre le paludisme et c’est ce qui fait aussi une des particularités de cette année » a déclaré Dr. Djarmakoye Hadiza. Elle annonce par rappelle par ailleurs que notre pays a signé une convention avec la Banque Mondiale pour la lutte transfrontalière au Mali, au Niger et au Burkina.

 

Cette convention va consister à la prévention chez les enfants mais également à la prise en charge communautaire. « Le paludisme qui était la première cause de morbidité au Niger, devrait grâce à ces mesures se retrouver cette année en deuxième position» a dit la coordonnatrice du PNLP.
Cependant précise la coordonnatrice du PNLP, certains cas de paludisme échappent aux formations sanitaires du fait du niveau de la couverture sanitaire qui s’élève à peu près à 50%. Mais, un projet de la Banque Mondiale permettra d’aller vers les villages qui n’ont pas accès à des centres de santé pour diagnostiquer les cas de paludisme et les prendre gratuitement en charge. Au regard de toutes ces mesures et politiques, le nombre de cas présumés de paludisme ont connu une baisse passant de plus de quatre (4) millions entre 2012-2013 à moins de trois (3) millions de cas rapportés en 2014.
Le paludisme aussi appelé malaria, est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, propagée par la piqûre de certaines espèces de moustiques. La cause de la maladie a été découverte le 6 novembre 1880 à l’hôpital militaire de Constantine (Algérie) par le médecin, Alphonse Laveran. Ainsi, le parasite est principalement transmis, la nuit, par la piqûre d’une femelle moustique du genre Anophèles, elle-même contaminée après avoir piqué un individu impaludé. Le paludisme demeure la parasitose la plus importante et concerne majoritairement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. 80 % des cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne.

À propos de l'Auteur

Samira Sabou et Abdoul Moujib Aboubacar (Stagiaire) (ONEP)

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3 plusieurs commentaires

  1. Dr IBRAHIM M Laminou

    Aucun programme de lutte ne marchera sans une évaluation d’impact rigoureuse faire par une expertise externe. Les données administrative sont fausses car une auto évaluation est toujours subjective. Prenez l’exemple du Sénégal, Burkina et Mali. Décloisonnez votre programme et ouvrez vous aux universités et aux centre de recherche. Vous ne pouvez que gagner des résultats des mesures de lutte et plus de visibilité.

  2. Cette lutte doit inclure la formation des chercheurs dans le domaine de Parasitologie-entomologie médicale pour réfléchir sur une stratégie de lutte durable. Depuis plus des 20ans le Niger a toujours fait la distribution gratuite des moustiquaires imprégnés, fait la chimio-prophylaxie, fait des formations de recyclage à travers de cours de paludologie par le CERMES, fait…Le résultat est là, le paludisme est et demeure la première cause de mortalité chez les enfants au Niger.
    A titre d’exemple d’une stratégie durable, la technique de l’insecte stérile (TIS),
    qui a permis l’éradication ou la suppression des populations de nombreux insectes nuisibles
    aux cultures et à l’Homme, représente un moyen de lutte prometteur contre les moustiques. Cette technique s’appuie sur le lâcher en masse de mâles stérilisés par rayonnements ionisants qui, en transférant un sperme stérile aux femelles sauvages, vont permettre une
    diminution progressive de la population cible.
    « Elle annonce par rappelle par ailleurs que notre pays a signé une convention avec la Banque Mondiale pour la lutte transfrontalière au Mali, au Niger et au Burkina » ça fait rire: Ces pays comptent sur des centres de recherche mondialement connus ( Au Niger, le CERMES connait sa plus grande crise, débrayages et que sais d’autres…) et des chercheurs de renom tel Professeur Ogobara Doumbo, lauréat du Prix Christophe Mérieux pour le Mali, Professeur R.T. Guiguemdé pour le Burkina Faso.

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