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Merci, Docteur Seydou Badian Kouyaté !

Otto Von Bismarck a dit que « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va. » Et le Sage Amadou Hampâthé Bâ, a dit : « En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ».

C’est pourquoi nous refusons le fait que la disparition ce 29 décembre 2018, du célèbre écrivain, le Docteur Seydou Badian Kouyaté, médecin de formation, ce vieillard de 90 ans qui fut ministre du plan durant le régime du premier président malien, Modibo Keïta (1960-1968), reste sous silence dans notre pays.

Et pourtant, ce médecin et homme de lettres j’ai eu la chance de rencontrer à Dakar au Sénégal où il s’était exilé pendant plusieurs décennies, après sa libération suite à son incarcération et sa  déportation à Kidal (nord) après le coup d’État de Moussa Traoré qui a renversé Modibo Keïta, le premier président du Mali, en 1968. Il a discrètement et utilement servi notre pays, au nom de la continuité de l’Etat.

La jeunesse de notre pays, très largement majoritaire aujourd’hui, à qui l’on ne peut faire le reproche de ne pas connaître l’auteur de « La saison des pièges » et « Sous l’orage », doit savoir que l’homme était très populaire aussi bien dans son pays, le Mali que dans les autres pays francophones. Ce dernier roman, relate une histoire de mariage forcé entre une jeune villageoise et un vieux, donc un conflit de générations dans une Afrique tiraillée par les divergences entre jeunes et anciens. Ecrit en 1957, « Sous l’orage », toujours d’actualité, a été au programme des collèges et des lycées dans plusieurs de nos pays d’Afrique.

Notre première rencontre eut lieu dès, le lendemain du coup d’Etat du Colonel Baré, le 28 janvier 1996, à son domicile Dakarois de Ouakam, où je me rendis pour recueillir les conseils de l’homme d’expérience qu’il était, face aux écueils qui se dressaient devant les tout nouveaux putschistes. Je gardais à l’esprit qu’avant même son accession au pouvoir, le président Baré pour avoir lu et relu le fameux « Livre rouge » de Mao Tse Toung, contenant le fameux proverbe chinois : «  Quand un homme a faim, mieux vaut lui appendre à pêcher que de lui donner un poisson», pourrait nourrir l’ambition de reprendre rapidement les relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine.

En effet, durant la Transition post-conférence nationale, le premier Ministre, coincé de toutes parts avec cahier de charges « surchargé » et une « marmite vide », sous la dictée de certains camarades, était tombé sous le charme de Taiwan. C’était, on se rappelle, la vague des formules dithyrambiques « Taiwan ou le chaos », « Taiwan, mon amour », devenues orphelines aujourd’hui. C’est ainsi que pour cinquante millions de dollars, la République Populaire de Chine, en place dans notre pays depuis 1976, fut honteusement congédiée le 19 juin 1992 du Niger. Qui n’avait pas alors fait le voyage de Taipeh ?

C’est pourquoi, la rencontre avec M. Seydou Badian Kouyaté, le célèbre écrivain que je n’avais jusque-là connu que par son célèbre roman, « Sous l’orage », rendue possible par une de mes sœurs était capitale. En effet, cet ancien ministre malien du plan sous la Présidence Modibo Keita, connu pour son penchant pour la République populaire de Chine, disposait de solides attaches dans ce pays où il a séjourné pendant une décennie et qu’il pouvait mettre à la disposition du tout nouveau chef de l’Etat du Niger.

Dès son arrivée à Niamey, fin février 1996, nous nous étions immédiatement  mis à l’œuvre dans l’ombre du président Baré qui avait, entre temps, réaffirmé à son illustre hôte, son ambition d’amorcer rapidement une réorientation diplomatique, avec la reprise au plus vite des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant dont le Niger et l’Afrique entière pourraient tirer largement profit. Je me souviendrais de ce mémorable entretien secret intervenu en mai 1996 avec l’ambassadeur de la République Populaire de Chine au Mali dans son bureau à Bamako, organisé pour la mise en œuvre de cette reprise des relations diplomatiques par le discret écrivain, devenu par nécessité, conseiller du Président Baré. Au vu du personnel politique favorable à Taiwan, parce que  « traité » par ce pays, pour que le projet aboutisse, il fallait que la diplomatie souterraine tourne à plein régime

Sur le front desk, le ministre d’Etat André Salifou, l’une des rares personnalités à ne pas avoir été « mouillée » à l’époque, l’ancien président Ali Saibou, le ministre Abdourahmane Saidou et bien d’autres, ont finalisé les ultimes négociations. Les relations diplomatiques entre les deux (2) pays seront rétablies par un communiqué conjoint, dès le 19 août 1996, soit dix jours à peine, après l’investiture du général Baré comme président de la République.

Dans l’interview qu’il avait accepté d’accorder à notre quotidien national « Le  Sahel », le 14 mars 1996, il avait professé : « La démocratie africaine doit être une démocratie consensuelle. Si nous nous entêtons à greffer la démocratie à l’occidentale à l’Afrique, ça ne marchera pas ». Les conférenciers du 29 juillet 1991, n’avaient pas dû apprécier. Ceci, explique peut-être cela.

Pour ma part, tout ce que je peux dire, c’est merci Docteur Seydou Badian Kouyaté !

Y’aurait-il aujourd’hui un seul nigérien qui ne soit pas satisfait de la reprise des relations diplomatiques entre notre pays et la République Populaire de Chine ? Non, je ne le pense pas.

Encore mille fois merci Docteur !

Et repose en paix Docteur !

Par Djibrilla mainassara Baré (Ancien Conseiller Spécial du Président Baré)

5 Comments

  1. Ça c’est quel journaliste !, Nous refusons sa disparition, un fait de dieu qui peut refuser,donc il faut le ramener
    Il n’a jamais été ministre de plan
    Sous l’orage n’est son dernier roman c’est son 1er roman. Vraiment il faut réfléchir avant d’écrire, et écrire ce qu’on connait

    1. ,😂😊 Si tu savais au moins lire et ne pas te limiter en borné d’esprit, ce ne point la disparition du célèbre et digne fils d’Afrique que Djibril refuse…. Mais le fait que sa disparition n’ait point faire de matraquage ou couverture médiatique digne de cet Africain …au Niger …. Dernier pays de la race humaine…..
      As tu compris maintenant …. Où il faut un marteau pour briser ton congolo de retardé ?😁😀😎

      Djibril n’avait il pas dit son article ……C’est pourquoi nous refusons le fait que la disparition ce 29 décembre 2018, du célèbre écrivain. reste sous silence dans notre pays.???
      Qu’est ce que tu n’as pas pigé jusqu’à le traiter de…..
      Ça c’est quel journaliste…..sans connaître Djibril t’a t il dit être UN???

      ET TOI C’EST QUEL LECTEUR ÇA ???
      Mais de quoi se mêle TOTO A DIT….. la même ? :
      KARAMBANI DEY!!!

      Ou bien tu comprendras si Djibril que le doyen est MOURTI de sa vraie mort sans que les media du Niger en parle suffisamment ?,😊😊

    2. Malick Napo, es-tu un nain en lecture ? Pour savoir à quoi se rapporte le verbe il suffit de posez la question :
      Nous refusons quoi ? Et là tu as le complément. C’est compris ?
      Le français n’est pas difficile, voyons.

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