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Meurtre de l’ouvrier de MIGAS Maradi : Crime passionnel ou homicide involontaire ?

Le dimanche 29 avril 2018, René Eustache, 34 ans, ouvrier chef section chaudronnerie à la Société MIGAS futs Maradi, rendait l’âme au soir sur un lit du CHR des suites d’atroces blessures. Il y avait été transporté au petit matin totalement inconscient, le corps ensanglanté, notamment sur la sa tête, comme l’ont constaté tous ceux qui l’ont vu sur son lit d’hôpital.

Après son décès, une enquête judiciaire a été ouverte et deux personnes, un homme et une fille (que nous appellerons M et L), ont été arrêtés et inculpés de meurtre et complicité de meurtre et placés sous mandat de dépôt à la prison civile de Maradi. Loin d’être élucidé, le mystère sur cette mort atroce, reste complet. D’ores et déjà, plusieurs versions circulent dans la ville de Maradi.

Enquête autour d’une mort décrite par la rumeur comme un crime passionnel. Une si longue nuit !

En ce début de matinée du dimanche, les premières informations qui arrivent dans les rédactions des radios de la place, font état d’un cadavre de voleur retrouvé sur une dé- charge d’ordures au quartier ADS. Et comme il s’agissait d’un  » voleur « , aucun média n’a accordé de l’importance à l’information. A midi, la Direction de MIGAS est saisie par le CHR qu’un de ses éléments, en l’occurrence le sieur René, est gravement blessé. Rapidement, tout fut mis en place pour sa prise en charge médicale intégrale. Ses collègues de travail qui ont eu la primeur de l’information se transportèrent d’urgence à ses chevets.

La suite est connue de tous. En réalité, tout a commencé le samedi 28 avril, pourtant un jour de grande joie pour le jeune ouvrier qualifié. La société dans laquelle il travaille, l’une des plus importantes de Maradi, s’apprêtait à fêter en grande pompe le 1er mai. Une fête qui finalement ne sera jamais fêtée. Genre un peu flambeur, René Eustache avait organisé une virée nocturne en compagnie de sa copine, mademoiselle L avant de terminer la soirée au  » Pacifique « .

Et c’est là que tout à commencé. Sur les lieux, pendant qu’ils étaient assis dans un coin, M le soupirant de L était également présent. On ignore l’intégralité du contenu des discussions que le couple a eu au  » Pacifique « , mais les témoins sur place ont rapporté un premier clash survenu quand René avait annoncé à L qu’il s’apprêtait à faire venir sa femme et son enfant d’Arlit. Sur ce, d’après les mêmes témoins, mademoiselle L se serait dilatée et aurait commencé à l’insulter et le menacer, en disant vouloir s’interposer à ce projet de retour de sa femme par tous les moyens.Vers 2h du matin, peut-être pour mettre René dans tous ses états, elle s’était fait remorquer sur la moto de M qui l’a conduite directement chez lui.

Quelques temps après, ne pouvant plus digérer cette infortune, il sortit du bar, apostropha un kabou kabou qui l’emmena jusqu’à la porte de monsieur M. D’après sa déposition, le conducteur de Taxi moto qui s’est promptement présenté à la police après avoir appris le décès de son client, a confirmé en effet qu’il l’a bel et bien déposé devant la porte de M. Vers 4h du matin, le voisin de M, un mé- decin, alerté par des bruits insolites sort dans la cour de sa maison et retrouve nez à nez face à René. Un moment il voulut le frapper en croyant à un voleur, mais s’était très vite ravisé, au vu de l’état de son visiteur impromptu.

Celui-ci était couvert de sang et était dans un état d’urgence absolue. Sur le champ, il appela l’ambulance de son service qui l’évacua au CHR via le CSI 17 Portes. Alertés par les premiers témoins, la police et la gendarmerie se sont également retrouvées sur place.

Des prévenus qui ne reconnaissent pas les faits

L’enquête se met donc rapidement en branle. Le principal témoin, celui chez qui René a été retrouvé, est entendu par la police et la gendarmerie. D’après sa déposition, rien n’explique le fait que la victime se retrouve dans sa cour. Il a fallu la déposition du taxi moto pour que les enquêteurs commencent à voir clair. La maison de M est investie. Les enquêteurs cherchent  » l’arme du crime « . En effet les expertises légistes montrent que la victime a succombé suite à des coups provenant d’un objet contondant et non tranchant. Ça tombe à pic, la maison est entièrement pavée.

Un morceau de pavé pourrait en être parfaitement l’arme du crime. Autre découverte intéressante, un arbre élagué à côté du mur qui aurait pu servir de tremplin pour balancer le corps dans la maison voisine. Les enquêteurs s’interrogent. René a-t-il é été balancé par-dessus le mur en se servant de l’arbre élagué ou bien, après avoir été mortellement frappé, a-t-il dans un ultime instinct de survie, escaladé le mur en se servant de l’arbre pour sauver quelques heures de sa vie ? Interrogé, monsieur M, malgré les faisceaux d’indices qui le compromettent, nie catégoriquement être l’auteur des blessures ayant occasionné la mort de l’ouvrier de MIGAS.

Il admet simplement que cette nuit là, il était dans sa maison avec mademoiselle L, mais n’a rien su à propos de ce qui est arrivé à René. Interrogée à son tour, Melle L, outre le fait de nier sa participation dans ce meurtre, nie également avoir passé cette nuit fatidique chez M comme il l’a prétendu devant les enquêteurs. Le comble, c’est qu’elle prétend même avoir passé la nuit chez René et qu’elle s’était mise à sa recherche dès 6h du matin en constatant qu’il avait découché.

Des parents très croyants !

L’enquête de la justice est donc à ce point enlisée. Les deux principaux inculpés continuent de nier les faits qui leur sont reprochés dans des versions contradictoires. Du coup, les maradawas se posent plusieurs questions et les enquêteurs d’ébaucher plusieurs hypothèses. Monsieur René Eustache a-t-il succombé des coups reçus chez monsieur M ? A-t-il été mortellement tabassé par des jeunes du quartier qui l’ont assimilé à un voleur ? Par quel  » miracle  » s’est-il retrouvé dans la maison du médecin voisin de M ?

Qui lui a véritablement asséné les coups mortels ? Informé par la Direction de MIGAS de la mort de leur enfant, les parents Eustache sont venus de Zinder récupérer sa dépouille. Leurs premiers mots étaient qu’ils laissaient Tout dans les mains de Dieu.

À propos de l'Auteur

EL Kaougé Mahamane Lawaly (LE SOUFLE N° 24)

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