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Nécrologie: Adieu Moulaye…

Cher grand frère et collègue Moulaye Abdoulaye, ainsi donc Dieu a décidé de te rappeler à lui en ce jour de mardi 23 octobre 2018. Tu viens de nous devancer dans le royaume des cieux, rejoignant ainsi d’autres collègues comme Seydou Allakaye, Iboun Guèye, Maïtouré Boulama, Abdou Tchiroma, Ibro Youka et Amadou Ousmane, pour ne citer que ces quelques acteurs de la presse publique et privée nigérienne que la mort a fauchés ces deux dernières années.

Ce mardi, comme je le fais tous les jours, je m’étais connecté à Facebook quelques temps après mon réveil c’est là que je suis tombé sur la triste nouvelle de ta disparition. Je te savais malade depuis des années, mais ta force à vaincre cette maladie me faisait toujours penser que tu vivras aussi longtemps qu’on ne pouvait l’espérer.

La dernière fois que nos regards s’était croisés, c’était le jeudi dernier au quartier Liberté où, alors que j’empruntais une voie pour aller à un rendez-vous, j’étais tombé sur le nouveau emplacement de notre ami commun Kimba, vendeur des journaux, qui avait récemment déménagé de l’ancien siège de la Loterie nationale situé en face de l’Hôtel de Ville de Niamey.

Ce jour-là, tu semblais aussi avoir un moral de fer. Je m’en veux aujourd’hui de n’avoir pas pris quelques secondes de mon temps pour te serrer la main. On s’était juste saluer verbalement et j’ai continué mon chemin.

On devrait se retrouver plus tard au siège du journal «L’Actualité» où, ces derniers temps, on se croise presque tous les jours. Mais les circonstances de la vie ont fait que nous nous sommes, chacun, livrés à nos occupations au point où nos heures de passage à ce lieu de rencontre n’ont pas coïncidé. Cher Moulaye Abdoulaye, je t’ai connu dès mes premiers pas dans le journalisme. Tu faisais partie des premières personnes que j’ai croisées et qui m’encourageaient à y persévérer, bien que ce soit un «métier ingrat». Au fil du temps, nos rapports se sont davantage solidifiés, surtout quand on se retrouvait dans des ateliers, tant au niveau national qu’à l’étranger.

C’est ainsi qu’en 2005, nous étions ensemble à une formation organisée par l’UNICEF au profit des journalistes du Niger et du Bénin sur les droits de l’enfant à Ouidah (Bénin).

Pendant une dizaine de jours, tu n’as cessé d’animer nos heures de pause, de déjeuner et diner avec le sens de l’humour qu’on te reconnaît. Même lorsque tu évoquais l’enlèvement et la bastonnade dont tu as été victime au lendemain du coup d’Etat militaire du 27 janvier 1996, tu faisais rire l’auditoire, tellement que ton cœur semblait plus dominé par le plaisir de faire rire que la rancune.

Trois plus tard, en 2008, on s’était encore retrouvés à Bamako (Mali) pour un atelier sur les informations scientifiques organisé par l’UNESCO et l’ISESCO. C’était encore la même ambiance. Tu étais devenu l’ami de tout le monde que lorsque tu as manifesté ton intérêt pour le poste de président du nouveau réseau des journalistes scientifiques qu’on venait de mettre en place, tout le monde a voté pour toi. Je garde de toi l’image d’un homme affable ayant toujours sa tête sur les épaules, au point que tu comptes des amis même parmi des journalistes qui n’avaient pas fini de téter quand tu as débuté ta carrière.

Nous sommes malheureusement dans une société où on dit du bien d’une personne que lorsqu’elle arrête de respirer et n’a donc pas la possibilité d’entendre ce qu’on dit d’elle. Mais je m’en voudrai de ne pas sacrifier à la tradition, en te rendant ce petit hommage. Je sais que ce dont tu as le plus besoin maintenant, ce sont nos prières pour que Dieu t’accorde son pardon et t’accueille dans son paradis éternel.

Repose en paix cher grand-frère et collègue.

[author ]Kané Illa[/author]

3 Comments

  1. N’est ce pas la mort des autres qui fait mal lorsqu’elle vous donne conscience de la vôtre comme disait quelqu’un???

    Pour dire et rappeler que la vie dans ce bas monde aussi luxueuse … matérialistique pour certains et difficile , paupérisante et vegetante pour d’aucuns n’est qu’une jauge du passage transitoire et éphémère de l’homme sur terre : toute âme goûtera a la mort .. qui que tu sois !

    Moulaye que la terre te soit légère..

    Moulaye que ton âme repose en paix ..

    Les condoléances, les sincères de TOTO A DIT a sa famille éplorée dans ce moment très difficile.

    Moulaye! D.C.D ….. Delta Charlie Delta … L’oeuvre de la « grande faucheuse » pour évoquer et rappeler que de Dieu l’homme vient et a Dieu inévitablement son retour.

    Bro Moulaye RIP…….

    Le courage de son vivant Moulaye n’en manquait pas de son vivant et disait ce qu’il pensait…. Que tu aimes ou pas ce qu’il disait … OOH.. HOO…Il le disait..

  2. Je l’ai connu à travers les débats radiotélévisés dont il participe activement et positivement . Monsieur Moulaye est un homme courageux, un libre penseur, il a participé au renforcement du débat démocratique au Niger. C’est grand journaliste, un grand penseur !
    Que Dieu le plus puissant lui accorde sa grâce infinie et assure sa grande protection à sa descendance.

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