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Niger: la faible contraception ralentit la maîtrise de la démographie

Le taux de contraception estimé à seulement 12% chez les femmes ralentit la maîtrise de la démographie galopante au Niger, qui peine à nourrir ses 18 millions d’habitants, a déploré mardi le gouvernement.

« Le taux de contraception a connu une légère augmentation, de 5% en 2006 à 12%. La situation de la planification familiale demeure encore une préoccupation majeure au Niger », a déclaré Christelle Rakiatou Jackou, la ministre de la Population, à l’occasion de la Journée mondiale de la Population.

« Seulement 14% » des femmes nigériennes mariées utilisent une méthode de contraception moderne, contre une moyenne de 12% au plan national, s’est-elle alarmée dans un message radio-télévisé.

La ministre a justifié ce faible penchant pour la contraception par les difficultés d' »accès à l’information » et « aux services de planification familiale ». « Malgré ces chiffres alarmants », le Niger veut porter son taux de contraception « à 50% d’ici 2010 », a-t-elle persévéré.

Pour y parvenir, le pays soutenu par les Nations unies, a déployé des mesures, notamment un « Plan d’action national pour la planification familiale » sur la période 2013-2020 et une loi « qui favorise l’accès et la gratuité des produits contraceptifs », a énuméré la ministre.

La croissance démographique du Niger est une des plus fortes au monde, à 3,9% par an, soit 7,6 enfants par femme, selon les statistiques officielles. A ce rythme, le Niger comptera 25 millions d’habitants en 2025 et 90 millions en 2050, contre 18 millions aujourd’hui.

Un niveau de population que ce pays, abonné aux sécheresses et aux crises de malnutrition, ne pourra pas supporter. Le Niger tente depuis plusieurs années de maîtriser sa fécondité galopante, provoquant la colère des islamistes radicaux, qui assimilent la contraception à « une oeuvre satanique de l’Occident ».

Les moeurs pro-natalistes, bien ancrées dans les mentalités, plombent également les efforts des autorités. Début mars le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a exposé devant une délégation de l’ONU à Niamey le « véritable défi » que son pays doit relever pour assurer sa « transition démographique ».

« Si vous demandez aux femmes (nigériennes) le nombre d’enfants qu’elles désirent elles disent: +en moyenne neuf+ et les hommes: +onze+ », a pointé le président Issoufou.

8 Comments

  1. Où est Sanoussi Jakou dans toute cette affaire. Il semble qu’il n’est pas au courant si non, il allait dire à sa fille de démissionner. Hahahaha. Ce vieux là n’a pas honte aujourd’hui. Hier il était contre, aujourd’hui il est pour, parce que c’est l’intérêt de sa famille………… Dieu est GRAND.

  2. D’ abord il n’y a pas de difficulté pour nourrir 18 millions de nigériens. Depuis longtemps les gouvernements ont utilisé ce fallacieux slogan pour parler de la réduction de natalité. Il y a plutôt une mauvaise volonté politique pour nourrir la population. La première chose faite par tous les pays développés, ils se sont substitués à leurs peuples pour produire et atteindre l’autosuffisance. Ce n’est qu’après que leurs peuples ont pris la relève avec encadrement renforcé de des Etats. Il n’y a pas de développement économique sans agents économiques(consommation). Tous les espaces s’élargissent pour assurer le grand nombre de consommateurs pour booster les économies. j’encourage la Ministre à transformer la démographie en capital économique.

  3. J’aurai aimé entendre son père sur cette intervention de sa fille, car à un autre temps, il y a des années de cela, quand Hama Amadou avait soulevé cette question, son père Zakou l’a traité de tous les nom d’oiseaux, de diable et d’anti-islam. Là c’est la fille qui parle de contraception, pas espacement de naissance comme l’avait suggéré à son temps Hama Amadou, qui n’est pas connu dans l’islam et voir même interdite, Allahu Alam [mais Dieu sait mieux que moi] sur ce point. Je voudrai l’entendre parler de sa propre fille….

  4. Contraception ….contracetioo………contractatuon.

    Et qu’en penses tu.. TOI ?

    Pour Macron, le développement de l’Afrique passe par la baisse de la fécondité

    Interrogé sur le développement de l’Afrique au G20, le chef de l’État a ciblé les « 7 à 8 enfants » des femmes africaines comme un problème « civilisationnel ». Si ces propos choquent sur les réseaux sociaux, ils sont loin de heurter les spécialistes.

    « Le défi de l’Afrique, il est civilisationnel aujourd’hui », a déclaré Emmanuel Macron, samedi 8 juillet, en conférence de presse lors du G20 à Hambourg.
    « Quels sont les problèmes ? Les États faillis ou les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est l’un des défis essentiel de l’Afrique”, a-t-il énuméré avant d’ajouter : “Dans un pays qui compte encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien.”
    Selon le président, la fécondité serait donc un facteur essentiel du sous-développement du continent africain. Les subventions destinées à doper la croissance économique seraient vaines car le problème du continent est avant tout démographique.

    Face à de tels propos, les réseaux sociaux n’ont pas tardé à réagir pour dénoncer ce que les Internautes considèrent comme un faux-pas du président français qui cite des chiffres erronés.

    Chiffres éloignés de la réalité
    Il faut dire que les données avancées par Emmanuel Macron sont éloignées de la réalité.
     Selon une étude de l’ONG Population Reference Bureau datée de 2016,
    le taux de fécondité en Afrique s’élèvait à 4,7 enfants par femme contre 2,5 en moyenne dans le monde. En 1950, il était de 6,5. 

    Seul un pays affiche un taux de fécondité proche de celui évoqué par le président : le Niger avec 7,6 enfants. « Les propos d’Emmanuel Macron ne tiennent pas compte de l’aspect très composite du continent africain », commente Youssef Courbage, démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED).

    Selon le démographe et ancien expert des Nations unies, la déclaration du président ne concerne en fait que les pays francophones de l’Afrique subsaharienne, où la transition démographique n’a pas encore opéré, comme au Mali (6 enfants par femme) ou au Niger qui affiche le taux de fécondité le plus élevé au monde.
    « Dans ce pays fortement rural, les enfants sont sortis de l’école pour être utilisés comme une main-d’œuvre gratuite ou à bas coût », poursuit Youssef Courbage.

    Selon lui, les pays du Maghreb central, comme le Maroc, la Tunisie ou encore l’Algérie, qui affichent respectivement un taux de 2,4, de 2,4 et de 3,1 – contre 2 pour la France – ne sont pas concernés par cette déclaration, au même titre que les pays subsahariens anglophones comme l’Afrique du Sud (2,4), le Botswana (2,8) ou encore la Namibie (3,6). 

    Vision anglo-saxone

    Reste que la théorie avancée par Emmanuel Macron de réduire la fécondité pour amorcer le développement reflète la pensée de nombreux spécialistes africains. À commencer par Laurent Chalard, géographe de la population et membre du think tank European Centre for International Affairs. « Cette vision détonne car elle s’éloigne du discours habituel français selon lequel le développement économique passe par la lutte contre la corruption, explique-t-il. Le président a choisi de se rapprocher de la vision anglo-saxone, selon laquelle la politique de planning familial est indispensable pour créer un terrain favorable à la croissance ».

    La France, qui fait figure des pays natalistes, a tendance à se détourner de la question du planning familial. « Il est difficile d’appliquer ailleurs ce qu’il ne se fait pas dans son propre pays », relève Laurent Chalard.

    Mais le constat est sans appel, selon le géographe : aucune ancienne colonie française ne peut se targuer d’une croissance économique forte, affirme le chercheur, qui cite en contre-exemple le cas de l’Éthiopie : 10 % de croissance et 4 enfants par femme.

    Facteur d’enrichissement

    Autre argument avancé par les spécialistes : la baisse de la fécondité est un facteur favorable à la croissance économique. « Elle permet tout simplement d’augmenter la richesse moyenne par habitant », explique Youssef Courbage. Pour que l’Afrique sorte de la misère, « les pays doivent maintenir leur taux de croissance à 10 % pendant trois décennies, tout en réduisant leur taux de fécondité », surenchérit Laurent Chalard.

    Sauf que sur ce point, un travail reste à faire sur les mentalités. D’ici à 2050, la population de l’Afrique devrait doubler, atteignant ainsi 2,4 milliards de personnes, avant de s’établir à 4 milliards vers 2100.

    Qu’en pense Alimata Cissé , une Militante de la Société civile senegalaise et a la ligne

    Le commentaire du président français sur la fécondité des femmes africaines est des plus déplacés. Ce qui n’a pas été accepté de Sarkozy ne le sera pas davantage de lui. On s’attendait qu’à son âge, il comprenne qu’il y’a une manière respectueuse de s’adresser aux africains et à leurs dirigeants.

    S’il avait été bien briefé par ses conseillers, il aurait su que toutes les enquêtes démographiques indiquent que les femmes africaines souhaiteraient avoir en moyenne 3 enfants mais n’ont pas accès aux méthodes contraceptives. Les programmes de planification familiale en Afrique souffrent de déficit criard de financement et c’est là où il aurait été utile d’entendre l’offre d’appui du Président Macron.

    En lieu et place, on a eu un avant-goût d’une arrogance à peine cachée sur un ton de donneur de leçons aux allures coloniales. D’ailleurs, pour information à Macron, la moyenne de la fécondité en Afrique n’est pas de 8 enfants par femme mais de 4,7 enfants en 2016 selon le Fonds des Nations Unies pour la Population.

    Au cas où il ne le saurait pas encore, Macron doit bien se rendre compte que la place de la France en Afrique s’érode inexorablement, notamment du point de vue de ses parts de marchés dans les économies africaines.

    L’Afrique a aujourd’hui un choix varié de ses partenaires parmi lesquels la Chine, beaucoup plus liquide que la France et plus sensible au respect des africains. Donc si Macron compte renforcer le positionnement de la France, il faudra d’abord qu’il apprenne à attraper les mouches avec autre chose que du vinaigre.

    Parlant des milliards de la coopération reçus par les pays africains, il est vrai que de nombreux chefs d’Etat africains ont privilégié leur enrichissement personnel au dépens du développement de leur pays.

    Mais que Macron se rappelle que le devoir de solidarité de la France se fonde sur le pillage des ressources du continent africains pendant des siècles par son pays la France. Et ça Macron ne devrait jamais l’oublier.

    Si les chefs d’Etat tenus par le protocole diplomatique ne lui apporteront pas la réplique qu’il sache qu’il y’aura toujours des jeunes, des intellectuels et des citoyens africains pour le remettre à sa place. Espérons que ceci ne soit que les ratés d’un apprentissage en accéléré de la fonction présidentielle pour laquelle il était complètement inattendu.

    1. Sous la meme note ….est ce dire….comme insunier ….

      Que les femmes africaines seraient-elles responsables du sous-développement de l’Afrique ?
      Mais partager est un probleme ???? 😱 TOH ?? 😱

      Dans «le Ventre des femmes», la politologue revient sur le scandale, dans les années 70, des interruptions de grossesse et des stérilisations sans consentement sur l’île, alors que se jouait en métropole la mobilisation pour l’IVG avec le «Manifeste des 343».

      En 1970,le Nouvel Observateur publie une enquête intitulée «l’Ile du docteur Moreau». Elle révèle un scandale : à la Réunion, des centaines de femmes sont avortées ou stérilisées à leur insu. Les responsables ne seront pas ou peu condamnés, et l’affaire retombera vite dans l’oubli. La politologue Françoise Vergès (fille du fondateur du Parti communiste réunionais Paul Vergès), titulaire de la chaire «Global South(s)» à la Maison des sciences de l’homme, à Paris, revient sur cette affaire dans le Ventre des femmes (Albin Michel). Elle montre comment la France républicaine réserve un traitement différencié aux femmes selon leur territoire.

      Votre livre revient sur une terrible affaire d’avortements forcés, tombée dans l’oubli. Comment fut-elle révélée ?
      En 1970, sur l’île de la Réunion, un médecin est appelé au chevet d’une jeune fille de 17 ans baignant dans son sang. Il comprend que cette hémorragie est la conséquence d’un curetage et prévient la police. A l’époque, en France, l’avortement est un crime. L’enquête confirme des rumeurs qui avaient déjà été relayées par la presse : des interruptions de grossesse et des stérilisations sont pratiqués sans consentement sans doute par centaines, sinon par milliers, dans une clinique orthopédique, à Saint-Benoît. A ces faits s’ajoute une importante fraude à la Sécurité sociale – les médecins déclarant des actes factices pour se faire rembourser chaque avortement. Un procès s’ouvre en 1971. Trente femmes ont porté plainte et viennent témoigner : elles sont noires. Les médecins sont en majorité des hommes blancs venus de France, un seul est d’origine marocaine. La fraude à la Sécurité sociale ne sera jamais évoquée : la direction locale refusera de porter plainte. Les médecins ne seront pas condamnés, sauf le professionnel d’origine marocaine, interdit de pratiquer et condamné à payer une amende, ainsi que l’infirmier-chef réunionnais, d’origine indienne. Les femmes ne recevront aucune réparation.

      Vous relevez que quelques jours après le procès, paraît en métropole le «Manifeste des 343» pour le droit à l’avortement. Pourquoi dressez-vous ce parallèle ?
      Dans l’Hexagone, des femmes luttent pour le droit à la contraception et à l’IVG. Certaines mettent en danger leur vie lors d’avortements clandestins. Des médecins risquent la prison. Au même moment, à la Réunion, d’autres femmes sont avortées et stérilisées sans leur consentement. Or il ne s’agit pas d’un simple fait divers. Si les médecins de la clinique Saint-Benoît se sont permis de tels actes, c’est parce qu’ils se sont crus encouragés à le faire – c’est d’ailleurs ce qu’ils répètent à leur procès. Alors qu’en France, la publicité pour les contraceptifs est interdite [elle ne sera légale qu’en 1987, ndlr], en outre-mer, des campagnes massives pour le contrôle des naissances et la contraception sont organisées par les pouvoirs publics. A la Réunion, la propagande pour le contrôle des naissances est alors permanente. D’immenses affiches, au bord des routes, représentent des femmes suivies de huit enfants avec écrit en gros : «Assez !» La radio et les journaux relaient des messages publicitaires, diffusent des documentaires antinatalistes… Des associations soutenues par l’Etat distribuent des tracts prônant le contrôle des naissances avec au dos des adresses, comme celle de la clinique de Saint-Benoît. De leur côté, les médecins de la clinique arrivent dans l’île avec la conviction que les femmes de «ces pays-là» ne devraient pas faire d’enfants. Cette conviction a rencontré un discours officiel. Ils se sont sentis libres de se livrer à des avortements. Et quand on voit la faiblesse des condamnations dans cette affaire, on se dit qu’ils ont eu raison de le penser…

      La volonté de contrôler les naissances dans un pays en voie de développement est courante, et pas seulement en France…
      L’idéologie de la «surpopulation» des pays sous-développés prospère précisément après la Seconde Guerre mondiale. Le malthusianisme règne à l’époque en Occident. On rend les femmes du tiers-monde responsables du sous-développement. En réalité, on inverse la causalité : la plupart des études prouvent aujourd’hui que c’est le sous-développement qui entraîne la surpopulation. Mais à l’époque, les Etats-Unis et toutes les grandes institutions internationales tiennent un discours alarmiste, qui fait suite aux mouvements de décolonisation. Dès les années 50, la surpopulation des pays pauvres «menacerait» la sécurité du «monde libre», pour reprendre le vocabulaire de la guerre froide. La théorie de la surpopulation évite aussi de questionner le rôle du colonialisme et de l’impérialisme dans la pauvreté. Et ces discours visent, bien sûr, avant tout les femmes.

      Selon vous, le cas de la Réunion montre à quel point ce discours est biaisé. Pourquoi ?
      Jusqu’en 1920, les femmes sont très minoritaires sur l’île. Longtemps, les faibles taux de natalité n’ont pu compenser le fort taux de mortalité. Après la Seconde Guerre mondiale, oubliant tout ce passé durant lequel la Réunion avait plutôt connu des problèmes de sous-population, la métropole parle de «surpopulation galopante», de «démographie galopante», de «nécessaire modernisation». Au lieu de reconnaître que le développement de ces territoires de l’autre bout du monde n’est pas une priorité pour la métropole, les pouvoirs publics prétextent d’un développement impossible… pour cause de surpopulation. Les solutions proposées seront donc l’organisation des migrations et le contrôle des naissances. Plus personne ne parle de développement économique.

      Vous cherchez à montrer, en comparant les discours radicalement opposés adressés aux femmes de la métropole et à celles de la Réunion, l’hypocrisie du discours de la République «une et indivisible».
      Après la fin de la guerre d’Algérie, la France veut tourner la page. Le contexte social, économique, politique n’est plus le même que lors de la colonisation et les imaginaires ont évolué dans les sociétés de la métropole, comme dans les sociétés locales. Pourtant, dans ce cadre républicain, la domination demeure. C’est pourquoi je parle de «colonialité républicaine» : une domination qui utilise les codes du régime républicain en racialisant les citoyens de façon subtile. Des rapports «d’experts» présentent les femmes noires comme cyclothymiques, ne maîtrisant pas leur sexualité, abandonnées par leurs hommes alcooliques, violents, volages ou incapables de travailler. La «colonialité républicaine» n’est pas seulement l’œuvre de la métropole, elle bénéficie de relais locaux. Une petite bourgeoisie, séduite par la «vie à la française», émerge, qui cherche à se distinguer des familles nombreuses plus pauvres. Elle adopte l’idéologie du contrôle des naissances diffusée par l’Etat français. Les médecins sont évidemment les premiers responsables du scandale de la clinique de Saint-Benoît. Mais les femmes y étaient envoyées par les centres de protection maternelle et infantile ou de Planning familial locaux, dont les salariées étaient bien souvent des femmes réunionnaises.

      A travers l’affaire des avortements forcés à la Réunion, vous interrogez aussi le féminisme français, aveugle, selon vous, à la condition des femmes réunionnaises…
      Le «Manifeste des 343» est publié deux mois seulement après le procès des avortements sans consentement de Saint-Benoît. Il n’y fait pourtant aucune référence. Il est frappant de voir à quel point le féminisme des années 70 s’est intéressé à la question de l’impérialisme et des dictatures – il a beaucoup soutenu les femmes vietnamiennes – sans jamais réfléchir en retour sur les questions que ces enjeux posaient au féminisme lui-même. La première matrice du féminisme français est pourtant une analogie avec l’esclavagisme : pour Olympe de Gouges, la femme est la propriété de son père et de son mari, comme l’esclave est la propriété de son maître. L’hymne du MLF [Mouvement de libération des femmes] dit bien : «Nous qui sommes sans passé, […] nous sommes le continent noir. Levons-nous femmes esclaves…» Sa deuxième grande matrice a été la décolonisation – la guerre d’Algérie surtout. Pourtant, quelques années plus tard, au lendemain des accords d’Evian, cette matrice est oubliée, les mouvements féministes passent à autre chose. Tout se passe comme si les Françaises à Mayotte, à la Réunion, aux Antilles ne faisaient plus partie de ce féminisme.

      Comment l’expliquer ?
      Cet «oubli» vient sans doute d’une forme de soulagement. L’Algérie, c’est fini. On a eu tellement honte de ce que la France a fait… si on pouvait ne plus en parler, ça arrangerait tout le monde. Les féministes françaises peuvent redevenir des victimes du patriarcat sans avoir à s’interroger sur sa dimension racialiste. Le MLF se replie sur l’Hexagone. S’intéresser à ce qui se passe à la Réunion ou aux Antilles imposerait de réfléchir aux privilèges des femmes blanches… Ces dernières n’ont pas intégré dans leur histoire les avortements forcés de la Réunion.

      Y a-t-il un lien entre ce repli, hier, du féminisme et les déchirements, aujourd’hui, au sein du féminisme sur le voile et les banlieues notamment ?
      L’incompréhension s’est même durcie dans les années 80. S’ouvrir à d’autres luttes de femmes dans d’autres territoires de la République permettrait pourtant de changer la focale. Si le combat des féministes françaises pour l’IVG avait intégré l’histoire des avortements forcés à la Réunion, la question de la liberté des femmes sur leur corps aurait sans doute été posée différemment. «Notre corps nous appartient» aurait pu renvoyer aux situations où, historiquement, ce déni a été exercé racialement. La gestion différente du ventre des femmes, à Paris ou à Saint-Denis de la Réunion, démontrait que le patriarcat n’est pas le même partout, qu’il n’est pas universel. Et que la liberté des femmes ne peut pas être déclinée de la même manière partout : sur certains territoires, le passé esclavagiste et colonial apporte d’autres dimensions, et l’écrasement des femmes doit aussi intégrer le racisme. Le féminisme français a manqué l’occasion d’être aussi riche et divers qu’il l’est aux Etats-Unis, plus apaisé aussi. Il y aurait certainement beaucoup moins d’incompréhension et de conflits aujourd’hui autour de la question du voile notamment, et de savoir qui est une «bonne» féministe et qui ne l’est pas. Au contraire, le féminisme français s’est «blanchi».

      Ces dernières années ont tout de même émergé en France un afro-féminisme, un féminisme musulman, des féministes «racisées»…
      Mais là aussi, il y a parfois une grande ignorance de cette histoire. Ces femmes devraient davantage s’intéresser à ce qui les a précédées. Elles ont tendance à dire : «Avant, le féminisme était blanc, désormais, avec nous, il sera aussi non-blanc.» Or des femmes non blanches se sont battues depuis toujours – à l’époque de l’esclavage comme au sein de la Coordination des femmes noires dans les années 70. Aujourd’hui, elles lisent l’Américaine Angela Davis, mais la Parole aux Négresses, de la Sénégalaise Awa Thiam [paru en 1978], a disparu des mémoires.

      Et sur l’île de la Réunion, le scandale des avortements forcés est-il resté profondément inscrit dans les mémoires ?
      Très peu. J’ai parlé de cette histoire à des jeunes Réunionnais de 20 ans – aucun n’en avait entendu parler. Mais une jeune fille a questionné sa mère qui, elle, s’en souvenait. Sans doute la honte a été grande pour ces femmes qui ont été avortées, voire stérilisées, souvent sans leur accord. D’autres, épuisées par des grossesses à répétition, ont peut-être aussi été soulagées. La honte a dominé car la maternité est extrêmement valorisée à la Réunion. Il faut retourner ce sentiment, les femmes n’ont pas à avoir honte.

      TOH….. MAMAKY ..SURPRISE…..😳

  5. Mme il faut commencer par balayer la devanture de votre maison, le PR a deux femmes, on ignore le nombre de ses enfants, presque tous les ministres ont pris une deuxième femme avec des enfants en nombre pléthorique et même tonton Zakou s il avait une cousine du village aurait deux femmes et des enfants en gogo , donc au prochain conseil de cabinet il faut leur transmettre ce message ou la fermer c est tout.

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