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Niger : le sens de la mesure

Abdoulahi ATTAYOUB

La montée des tensions socio-politiques appelle plus à la nécessité d’un discours d’apaisement qu’à une surenchère guerrière qui risque de conduire le Niger dans une impasse politique.

Dans un pays qui aspire à s’acheminer vers une gouvernance répondant aux attentes d’une population dont les besoins de base ne sont pas encore satisfaits, la classe politique devrait faire preuve de plus de réalisme et de retenue dans sa pratique et aussi dans l’exercice de la confrontation démocratique.

Le climat politique ne cesse de se détériorer au Niger. La tension suscitée par la dernière loi de finances n’est pourtant finalement que l’expression d’un malaise général que la classe politique ne parvient pas à surmonter. Pouvoir et opposition demeurant figés dans une confrontation dont le pays se passerait bien en ces périodes d’incertitudes !

De plus, les manifestations de rue ne sauraient constituer un élément de légitimation d’une action politique mise à mal par certains comportements arrogants. Des comportements mal perçus qui entretiennent une tension dont le pays n’a, à l’évidence, nul besoin en ce moment. Plusieurs voix tentent ainsi de s’élever pour appeler à l’apaisement et à plus de pragmatisme dans la gestion des affaires de l’Etat par ces temps troublés.

Le président de la République se doit certes, en tant que premier magistrat du pays, de respecter et de veiller au respect de la Constitution, mais il est aussi et avant tout le garant de la cohésion nationale et de l’unité du pays. Par conséquent, il lui appartient de trouver le meilleur usage des outils constitutionnels dont il dispose pour assurer la quiétude et la paix au Niger afin de mettre toutes les potentialités du pays en situation de faire face aux défis du moment.

Aujourd’hui, ni le pouvoir en place ni son opposition politique ne sont en mesure de gagner ce bras de fer dans un pays qui n’arrive plus à assurer sa sécurité et qui ne dispose pas des moyens nécessaires à un fonctionnement normal de ses institutions. Il y a donc urgence à calmer les ardeurs des uns et des autres pour penser d’abord à l’intérêt du pays.

La classe politique devrait prendre la mesure de la situation réelle du pays et cesser l’actuelle guéguerre qui mine de plus en plus les fondements de celui-ci. Le Niger ne peut plus se permettre le luxe d’une crispation partisane qui pourrait avoir pour conséquence de cristalliser l’attention de l’opinion sur des considérations très secondaires au regard des besoins de la population. Une population qui se sent de plus en plus prise en otage pour des raisons très éloignées de ses intérêts propres. Dans une situation géopolitique et socio-économique similaire, certains pays auraient déjà appelé à la formation d’un gouvernement d’union nationale, seul capable de concentrer son action sur les urgences du moment.

Le Niger s’enfonce dans le désordre et le chaos aussi parce que les perspectives politiques ne rassurent plus. Le président Issoufou Mahamadou est confronté de toute évidence à une situation qui ne devrait pas être… acquise. Après avoir su construire des coalitions de pouvoir pendant ses deux mandats, il lui reviendra de continuer à la consolidation de l’esprit démocratique dans des conditions sécuritaires et socio-économique inédites.

Les actions de la société civile et de l’opposition politique se sont de plus en plus étendues à l’ensemble du pays. Elles risquent de se durcir si les autorités nationales n’adoptent pas une attitude plus mesurée dans la gestion de ce mécontentement. Il y a lieu ainsi d’éviter une escalade qui risque d’atteindre très rapidement un point de non-retour.

Dans ces conditions, il pourrait être de plus en plus difficile de persister à solliciter la solidarité de la communauté internationale sans que cette dernière ne mette davantage son nez dans les affaires du pays et ne soit tentée de limiter les dégâts. Il ne semble donc pas exagéré de penser que la classe politique actuelle brille par une curieuse insouciance. Une insouciance qui tranche terriblement avec l’urgence d’une situation sécuritaire et économique qui se dégrade inexorablement.

Lyon, 18 mars 2018

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Abdoulahi ATTAYOUB

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14 plusieurs commentaires

  1. Soyons honnête, la crise social polit ici à économique ne doit même pas faire débat,tout être honnête reconnait que le pays va mal,mais au lieu de faire du bruit inutilement mettons nous a table de discussion pour avoir des solutions et sachons qu’il n’ya pas de super nigérien,nous sommes tous égaux devant la loi. A bon entendeur salut!!!

  2. Prions tous pour le bonheur de notre pays et son peuple. C’est le plus important. Mercenaire ou citoyen honnête, rien n’arrivera que par la volonté de Dieu. Restez calme; serein et ayez foi à l’avenir. Mettez vous au travail au lieu d’accuser X ou Y. Dieu ne vous donne des dirigeants qu’à la hauteur de votre foi.

  3. La renaissance est sourde et muette, elle n’a pas besoins de conseils!

  4. Le fugitif a encore payé ce gars pour vouloir parler de crise politique au Niger ,il ne connait pas notre réalité.Le fugitif oublie que c’est Dieu qui donne le pouvoir à qui il veut et le reprend au moment voulu (kounfa yakoune).On a tout dit , tout raconté , tout entendu ,ils ont dénigré ,mentis hélas ……..
    .Que Dieu protège notre chère patrie le Niger.si on est homme on doit parler parmi les hommes ,si on est responsable politique et patriote qui prétend diriger, on ne doit jamais fuir sa patrie et se cacher ailleurs pour souhaiter toutes sortes de calamités à son pays.

    • Mr craignez le tout le puissant,et aussi pensez au jour du jugement dernier,si c’est vrai que ce monsieur est payé pour parler du mal qui mine le niger ou pas payé, vous talaka, sachez bien que vous répondrez.
      Ayez le bon sens quand le pays va mal n’accusons pas x ou y nous sommes tous fautifs.

  5. Politiciens Et Fonctionnaires Millionnaires Ou Milliardaires, Eh Les Camarades Vous Êtes Terribles. Avec Tout Çà Vous Voulez Qu’on Continue A Cotiser Pour Vous Permettre De Maintenir Votre Train De Vie Honteux Dans Un Pays Qui Fat Pitié.

  6. Oui je pense bien il y a urgence pour ceux la qui aiment le pays. Par contre le régime continue sa stratégie machiavélique à assoir sa dictature par tout les moyens. Prenons juste le cas ressent d’une société de microfinance ASUSU que le régime en place veut vilipender 10 Milliards de Fcaf par le seul fait que Ibrahim Yacouba de MPN Kishin Kasa n’est pas d’accord avec leurs manœuvres politiques. Donc à travers sa femme ils peuvent facilement le faire fléchir et le calibrer à l’heure ou ils veulent.

  7. Le problème actuel du Niger est parti des élections de 2016 pour lesquelles, le Président voulait coûte que coûte passer dès le 1er tour pour éviter toute coalition au 2ème tour qui pourrait gagner les élections. Malheureusement pour lui, un prisonnier l’a mis en ballotage et au lieu de le libérer pour qu’il batte campagne comme lui, il a continué dans son forcing et les résultats sont connus; un score à la soviétique. Après on chante un gouvernement d’union nationale pour apaiser la tension, plus de 50 partis politiques sont à la mangeoire, mais la situation ne s’est pas améliorée, la tension sociale s’accentue.
    Solution : il y a un ras le bol d’une frange importante de la population, il faut écouter cette frange et trouver des solutions à leur mécontentement. Il ne faut pas leur opposer un bras de fer parce que cette frange n’est pas à négliger, elle peut faire bouger une montagne

  8. ….AH BELLE ANALYSE!!!

    MAIS Mr ABDOULAHI NE CONTOURNEZ PAS LES CAUSES PROFONDES DE LA CRISE SOCIO-ECONOMIQUE ET POLITIQUE ACTUELLE DU NIGER!!!!

    …EN BÂCLANT LES ELECTIONS D’AVRIL 2016, EN JOUANT LA DIVISION DES DIFFÉRENTES COMPOSANTES SOCIO-POLITIQUES ET EN RESTANT INSENSIBLES AUX CRITIQUES SUR LA GOUVERNANCE FINANCIÈRE ET ECONOMIQUE DU PAYS (AVEC 60% DE PAUVRES), LES CAMARADES QUI DIRIGENT (EUX SEULS!!!) SONT LES PRINCIPAUX RESPONSABLES DE LA CRISE …QUI RISQUERAIT DE COÛTER TRÈS CHER A TOUT LE MONDE!!!

    …UNE CHERETE POUR LE NIGER QUE VOUS AVEZ DÉJÀ MENTIONNÉE (PAR NOTAMMENT LES DÉSORDRES, LES INTERVENTIONS EXTÉRIEURES DE TOUTE NATURE, ETC. )!!!

    • Le Niger se porte très bien malgré insécurité fout au tour.Inutile de diaboliser la situation.L’agissement de la société civile est politique.Plusieurs d’entre eux sont déclarés candidat.Les urnes sont des outils qui départage dans ces circonstances.Société civile de mensonge.A un moment de Boko Haram,ils ont nié et ont justifiés la contre attaque de nos soldats comme un génocide.Aujourd’hui cette société civile s’est tus.N’est-ce pas Tangari

      • Bien dit.c’est que le président a fait comme travail est satisfaisant compte tenu de la situation actuelle,insécurité et crise financière régionale. Vous diaboliser les situations pour creer un climat d’insécurité ou d’incertitude de l’opinion publique. On tout vu on sait c’est que les régimes antérieures ont fait c’est vraiment insignifiant vu la situation économique et sécuritaire favorable.vive la république, bonne chance a notre cher président.

    • Vous êtes dans le vrai. Dans tous les pays, lorsqu’il y’a grogne, les dirigeants qui ont le sens de l’état écoutent cette grogne, essaient de rassurer ceux qui se plaignent. Apportent dabs la mesure du possible des solutions idoines. Quand le peuple va dans la rue et qur les dirigeants font de même, alors ce peuple a de mauvais dirigeants.

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