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Où est passée la MRN ?

Le président du PNDS

Le Mouvement pour la Renaissance du Niger (MRN), la coalition de partis politiques appartenant à la mouvance présidentielle, est porté disparu depuis un certain temps, perdu sans doute au milieu du vacarme assourdissant d’une opposition politique décidée à porter son combat au-delà du cadre républicain, faute de rendez-vous électoraux avant 2021.

Formée d’une cinquantaine de formations politiques regroupées autour du programme de la renaissance du Président de la République, Issoufou Mahamadou, la MRN est aujourd’hui l’ombre d’elle-même, inexistante, inerte, amorphe, voire grisée par les lustres et autres dividendes politiques. Est-elle encore animée d’idéal républicain qui l’avait conduite six ans plus tôt à accompagner le programme politique sur la base duquel Issoufou Mahamadou avait été élu puis réélu président de la république ?

A l’épreuve des faits, on peut en douter, car la flamme militante n’est plus ce qu’elle était au commencement de cette aventure politique. Aux premières heures, on y trouvait des hommes et des femmes convaincus de la justesse de leurs choix, enthousiasmes dans leurs élans et surtout animés d’une foi prométhéenne dans l’action politique. Ils avaient cru, sincèrement et profondément, aux idéaux défendus par le programme de la renaissance du Niger du Président Issoufou et ils se l’étaient même approprié en le défendant en toutes circonstances.

Du temps de sa splendeur, la MRN avait réussi, partout, à damer le pion à l’opposition politique, à l’Hémicycle, dans des meetings populaires et dans les médias, Sanoussi Tambari Jackou et ses camarades étaient devenus plus audibles que leurs rivaux de l’ARDR. La MRN était tranchante, intraitable et impitoyable face à toutes sortes d’adversité, réconfortée en cela par les grandes réalisations du programme de la renaissance.

La solidité de la MRN fut sans doute la cause principale de la stabilité politique et institutionnelle qui caractérisa le premier mandat du Président Issoufou, en dépit de certaines velléités de remise en cause ayant émaillé ce quinquennat. Jamais dans l’histoire politique du Niger, une aussi large coalition de formations politiques (une cinquantaine de partis) n’avait dégagé une telle unité, une telle homogénéité au point qu’on pouvait agréger les différentes composantes pour en faire un seul parti politique !

D’ailleurs, elle put même se mettre d’accord pour présenter un candidat unique aux élections présidentielles de février et mars 2016, pendant que sa symétrique de l’opposition y allait en rangs dispersés. C’est dire combien la MRN fut originale en ses heures de gloire !

Cependant, ce bel édifice, fruit de la convergence des idées et de la communion des esprits et des cœurs, est en train de s’effondrer, sa visibilité étant devenue quasiment nulle ! Comme si le second mandat l’avait tétanisée, la MRN n’enchante plus. En effet, elle semble avoir totalement démissionné, capitulant de fait devant les troupes d’un Soumana Sanda, l’ancien pensionnaire du camp pénal de Say.

Qu’est-il donc arrivé à la MRN, si flamboyante et si allante jadis, aujourd’hui amorphe, estropiée ? Eh bien, lorsque la poursuite des nobles idéaux fait place à la recherche d’intérêts personnels et égoïstes, alors, bonjour les dégâts ! On ne le dira jamais assez, la politique est une affaire de conviction, et lorsqu’il n’en est pas ainsi, elle passe à côté de son objet : servir l’intérêt général.

Jadis, au sein de cette MRN, on se battait pour le triomphe des valeurs contenues dans le programme de la renaissance du Niger, aujourd’hui force est de constater que le Président Issoufou semble seul, tel un général d’armée sans troupes. Chacun, ayant revendiqué et obtenu son strapontin, semble œuvrer pour lui-même, son clan ou sa chapelle. Le Niger entre-temps sera devenu le cadet de leurs soucis, pourvu que les dividendes politiques se multiplient à une puissance exponentielle !

On n’en est là aujourd’hui dans ce Niger du fric et de la frime où la course à l’accumulation des richesses semble devenue la préoccupation principale de certains princes du pouvoir. On semble avoir oublié le point de départ de toute cette aventure politique idéalisée par la vision patriotique d’un homme aux convictions républicaines éprouvées.

L’enfant de Dandadji souffre, aussi bien dans sa chair que dans son âme.

Il souffre de l’absence à ses côtés d’hommes et de femmes tout aussi convaincus que lui de la possibilité de changer positivement le Niger. Il souffre enfin de ce déclin progressif de l’esprit civique qui caractérise tant le Niger contemporain et qui fait découvrir que peu d’hommes et de femmes sont dignes de confiance à l’épreuve des faits. Voyez-vous, quelles que soient la détermination et la volonté d’un homme d’Etat, à lui seul, il ne peut accomplir la haute mission que lui a confiée le peuple.

Et comme dit Lamartine, le célèbre poète français du 19ème siècle,  »un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Le drame actuel du Président Issoufou est là : presque tous sont plus obnubilés par la progression de leurs chantiers personnels que par la réussite du programme de la renaissance acte2 ! Faites un tour simplement à Koubiya, Francophonie ou autres banlieues de Niamey pour constater le rythme infernal auxquels sont livrés le béton et le fer !

Pendant que l’Etat ploie sous des difficultés économiques avérées avec la chute des cours des matières premières, ces petits malins surnagent et narguent les citoyens par l’étalage ostentatoire de leur subite fortune. Faites un tour aussi dans les établissements scolaires huppés de la place, genre Bédir où les inscriptions se chiffrent à la brique (environ un million) au collège et au lycée, pour constater que seules les progénitures des voleurs en cols blancs y font la pluie et le bon temps !

Pour retrouver le chemin de la réussite, il faudrait avant tout rétablir les principes de la bonne gouvernance dans toute sa plénitude, en commençant par se débarrasser de toutes les branches mortes qui obstruent la bonne marche du pays. Ces écuries d’Augias ne font pas seulement retarder la marche du pays, ils nous font carrément régresser à tous points de vue !

Par leurs agissements et leurs indélicatesses notoires, elles pourrissent la vie et ternissent l’image du régime. Par leur faute, elles font désespérer des millions de Nigériens de la possibilité de voir changer le pays en faisant passer leurs intérêts égoïstes devant les intérêts supérieurs de la nation. On a connu pareils cas sous la Cinquième république du duo TandjaHama Amadou, qui consacra le printemps des vautours au Niger, à travers les LAP, PSOPP et autres moyens de captation des ressources publiques.

Tous ceux qui avaient fini par se gendarmer devant le règne de l’argent-roi de cette époque sont tombés des nues face à la résurgence, de nos jours, des reflexes primitifs d’accumulation du capital pour le capital, faisant ainsi de chacun un loup pour l’autre. Est-ce là la voie du socialisme originel, tel que l’avaient imaginé et théorisé Jean Jaurès, Guesde et autres grands penseurs de Gauche, ce socialisme plein d’humanisme qui défendit la veuve, l’orphelin et l’opprimé ?

Non, assurément, car l’enfant de Dandadji est l’incarnation vivante et la preuve impérissable d’un socialisme progressiste et vivificateur qui assurera à chacun sa place au sein de la société selon ses mérites et non d’après ses titres ! La grande flamme de l’espérance allumée par les nobles idéaux du programme de la renaissance du Niger, cinq ans plus tôt, concrétisés par les mirifiques réalisations physiques dans maints domaines, s’assombrit petit à petit, faute d’adeptes sincères et convaincus pour porter haut et partout ce projet ambitieux et audacieux, mais nullement inaccessible.

Nous en sommes-là, aujourd’hui, malheureusement, quand l’égoïsme ruine les grands projets, a dit un penseur ! Lorsque le désir de se réaliser personnellement vient à l’emporter sur le devoir de servir la collectivité, quand les ambitions personnelles prennent le pas sur les aspirations collectives, alors, plus personne pour faire rêver. C’est bien dommage !

Nous osons espérer que l’ardeur combattante et l’aspiration à l’immortalité à travers la postérité ne se sont qu’assoupies un moment et que, très vite, après une profonde et sincère remise en cause de soi, les choses se rétabliront dans leur cours normal comme le souhaite ardemment l’enfant de Dandadji.

[author ]ZAK (OPINIONS N° 370)[/author]

13 Comments

  1. ll n’a rien vue un adage disait » Mieux vaut être seul que d’être mal accompagner » Que Dieu nous protége des ennemis de la république. ameen

  2. « duk kanwar ja ce » c’est comme un berger qui pait ses animaux en pleins champs et qui fait mine de ne pas s’en apercevoir. En conséquence Issoufou Mahamadou est seul et unique responsable de tous les maux dont souffre notre pays aujourd’hui. Et nous le pardonnons pas pour ça.

  3. ¨..Il souffre de l’absence à ses côtés d’hommes et de femmes tout aussi convaincus que lui de la possibilité de changer positivement le Niger¨ si vous parlez ainsi de ce traitre de issoufou qui a sacrifie les interets strategiques du niger a l´autel de sa relation personnelle avec le ps francais, qui a pille le niger au profit de sa famille, qui a sacrifie l´ecole et la dignite du niger du fait de son incompetence et de son irresponsabilite, qui a erige le clanisme en valeur, qui a fait des trafiquants de tous genres ses seuls amis avec qui cooperer pour leurs propres interets, …, si c´est a ce leche cul de hollande que tu attribues une quelconque ambition pour le niger, alors tu te mets le doigt dans l´oeil ZAK. Issoufou n´est rien qu´un mauvais cauchemard dont le Niger aura du mal a se relever, il est l´alpha et l´omega de la malediction qui frappe le niger depuis ce 7 avril 2011.

  4. je suis d’accord avec votre commentaire. Tous les Présidents que le Niger a connu ont désenchanter à cause de la turpitude de leurs compagnons. Ils naviguent seul sur le bateau en absence de bons compagnons. Ramenez le Niger à un service de l’Etat. tous les agents préféreront le Chef qui détourne et qui distribue le butin qu’au Chef correcte.

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