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PARTIS POLITIQUES : Du concassage de Issoufou au dynamitage à la Macron!

Vous rappelez-vous sans doute l’antienne de l’opposition politique nigérienne sous le premier mandat du Président, lorsqu’elle parlait dans ses interventions publiques de  »concassage des partis politiques » pour désigner l’ouverture politique prônée par le Chef de l’Etat dans sa volonté de rassembler tous les Nigériens de bonne volonté en vue de la reconstruction nationale.

Comme vous le savez, cet appel du premier magistrat du pays avait été entendu au-delà des clivages politiques traditionnels, ce qui avait eu pour résultat quelques remous au sein de certaines formations politiques dont les leaders ne voulaient point de la main tendue du Président de la République, le plus souvent, pour des raisons d’humeur personnelle.

Alors, il n’en fallait pas plus aux détracteurs pour crier au  »concassage des partis politiques », d’accuser le Président Issoufou de vouloir  »tuer » la démocratie nigérienne, de  »caporaliser » les partis politiques, bref, la lexicologie ou la terminologie utilisée à cet effet par l’opposition était assez fournie pour montrer à quel point elle en avait beaucoup souffert.

Or, de tout cela il n’en était rien, car, en réalité, les soubresauts auxquels ces formations politiques étaient en proie résultaient plus des inconséquences politiques de leurs dirigeants que d’une quelconque volonté du Pré- sident Issoufou de phagocyter ces partis politiques. En effet, ces formations politiques payaient-là, cash, les différents choix politiques dé- sastreux de leurs leaders qui n’avaient jamais pensé faire leur autocritique, leur mea culpa, comme on dit, bref se remettre en cause en vue de repartir sur de nouvelles bases plus saines.

Ces potentats politiques n’étaient donc, en fin de compte, que rattrapés par leurs vieux fantômes du passé, car, rassurez-vous, les comptes du passé se solderont toujours, quel que soit le temps que cela prendra ! Et comme nous vivons dans une société et une époque où l’on croit que ses malheurs viennent toujours de l’autre, il était bien plus facile pour eux de rendre le Président Issoufou le seul et unique responsable de leurs propres turpitudes. En réalité, à l’époque, à OPINIONS, nous n’avions jamais porté un regard dépréciatif sur cette pratique somme toute légale, car relevant du jeu normal de la politique comme on en fait tous les jours.

Personne n’avait été forcé à venir ré- pondre à l’appel du Président Issoufou, ceux qui l’ont fait l’ont fait en toute liberté et beaucoup se sont assumés. Si ceux qui étaient au pouvoir avant Issoufou ne l’ont pas fait, ce n’est point parce qu’ils ne voulaient pas le faire, mais c’était tout simplement parce qu’ils étaient incapables de débaucher, à force d’arguments et de persuasion, un député ou un militant du PNDS !

En un mot, c’était, à la limite un art, et n’importe qui n’est pas artiste! Pourtant, ce que l’on avait reproché au Président Issoufou sous les cieux nigé- riens, un autre, Emmanuel Macron, le nouveau président français, vient de le réussir en France, sans que cela ait soulevé les tollés que nous avions connus chez nous. En effet, parti de presque rien, puisque son mouvement (En Marche) avait moins d’une année d’existence, ce jeune amiénois de 39 ans, sans expérience d’élu, parvint à la lumière le 7 mai 2017 en devenant le huitième président de la Cinquième République française.

Mieux, son mouvement, devenu entre-temps  »La République en marche », créa la surprise générale, à l’occasion des électives lé- gislatives du 11 au 18 juin 2017, en remportant la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale, devenant ainsi la première force politique en France !

Se situant au-dessus du clivage traditionnel Gauche-Droite, le  »macronisme » avait su ravir et séduire de nombreux électeurs français qui en avaient assez des atermoiements de la Gauche et des trahisons de la Droite. Cependant, le jeune Président ne s’était pas arrêté là, car dans sa volonté de changer les usages et les visages comme il le professe, il a aussi entrepris un véritable dynamitage des formations politiques, principalement dans le parti socialiste et chez les Républicains.

Même le groupe LR à l’Assemblée s’est  »scissiparisé » en deux blocs : d’un côté, Les Républicains canal historique et de l’autre, les  »Macron-compatibles » ou bien  »Les constructifs » !

Comme on le voit, ébranler un parti politique et de surcroit un adversaire n’est pas un crime en soi, mais relève davantage de ce que l’on appelle le cynisme politique, et aucun code politique, moral ou pénal ne punit cette  »infraction ». Si en France, un pays, d’une aussi vieille démocratie, le Président Macron a pu se livrer à ce jeu de massacre des partis politiques, sans que cela ait ému quiconque en dehors de la vieille classe politique, pourquoi chez nous au Niger refuserait-on au Président Issoufou une opération de simple concassage des partis politiques adverses ?

Existe-t-il une démocratie à géométrie variable, applicable seulement en France et interdite au Niger ?

Pour finir, exprimons un simple regret : au vu de l’ampleur du dynamitage auquel s’est livré Macron, l’œuvre supposée de concassage du Président Issoufou parait insignifiante et devrait s’inspirer du cas Macron pour créer un courant  »Issoufou-compatibles » à l’Assemblée nationale du Niger. Simple avis !

[author ]ZAK (OPINIONS N° 375)[/author]

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