Accueil / ACTUALITE / Pour la création d’une monnaie commune unique africaine viable…

Pour la création d’une monnaie commune unique africaine viable…

Le combat pour la souveraineté monétaire de l’Afrique, doit se poursuivre lentement, discrètement, avec stratégie et tacts, mais sûrement avec conviction.

Les responsables de la conduite de la politique financière et monétaire de l’Afrique,  ont déjà validé le principe de la création d’une monnaie commune unique africaine au sommet de l’Union Africaine.

Pour être efficace, il  faudrait commencer d’abord par la création  des  regroupements  sou-régionaux des zones  monétaires  puis   tendre vers  une véritable intégration économique, monétaire sous-régionale  au niveau des organismes sous-régionaux ,  ensuite  aller  vers  une intégration économique sous-régionale,  en fin aboutir à  une intégration économique générale, globale, à l’échelon continental , ce qui faciliterait  la création d’une monnaie commune  unique africaine dépourvue des obstacles majeurs.

Ces étapes sont en train d’être observées discrètement, lentement mais sûrement au niveau de l’Union Africaine.

Au niveau de la CEDEAO par exemple, entre autres, le processus de la création d’une monnaie unique de la zone CEDEAO est en bonne voie, ce processus est piloté par le Président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou. Incha Allah ! Sauf cas de force majeure, d’ici 2021, selon les informations à notre possession, la monnaie unique de la zone CEDEAO serait une réalité.

Donc le processus de la création d’une monnaie commune  unique africaine est en cours, le processus doit obéir aux critères d’une convergence économique globale, très  unifiée , et bien harmonisée.

La gestion du processus de la création d’une zone monétaire  est très complexe,  compte tenu des enjeux, des différents obstacles, à notre humble avis la discrétion serait la  meilleure mise,  donc il serait hautement souhaitable d’éviter de trop  dévoiler la stratégie.

Cette  problématique de la création d’une monnaie commune unique africaine a déjà été posée par les pères de l’indépendance politique de l’Afrique.

En effet,  le Président Diori Hamani, le Président Dr Kuwameh N’krumah du Ghana, le Président Modibo Keita du Mali, le Président Thomas Sankara du Burkina Faso, la liste est longue, j’en  passe, ont tous (chacun à sa manière) , clairement posé cette problématique. Par conséquent la dite problématique de la création d’une monnaie commune unique africaine ne date pas d’aujourd’hui, les tenants de la politique de l’extrême droite européenne,  n’ont rien inventé, en réalité quand ils demandent à la France d’arrêter d’appauvrir l’Afrique, à travers la servitude du francs CFA au trésor français,  ils ne font que  défendre  leurs intérêts , car il est établi par la nouvelle théorie économique que le développement économique et social de l’Europe est subordonné au développement économique et social de l’Afrique.

L’ancien président français, Jacques Chirac a déjà averti, il faudrait restituer à l’Afrique ce qui lui revient pour éviter, à l’avenir, des problèmes de la gestion du pouvoir  dans les anciennes colonies françaises, qui auront  sans doute des répercussions négatives sur l’Europe en général et la France en particulier.

Le classement des pays les plus riche d’Afrique ci-dessous, effectué  par la Banque Africaine de Développement, la BAD , en 2018 , illustre bien cette triste  réalité :

1- Nigeria (581 milliards de dollars)

2- Afrique de Sud (276 milliards de dollars)

3- Égypte (264 milliards de dollars)

4- Algérie (170 milliards de dollars)

5- Soudan (124 milliards de dollars)

6- Maroc (121 milliards de dollars)

7- Angola (104 milliards de dollars)

8- Éthiopie (93 milliards de dollars)

9- Kenya (77 milliards de dollars)

10- Tanzanie (52 milliards de dollars).

Aucun pays de la zone CFA ne figure dans ce classement.
Donc le FRANC CFA est un grand handicap pour le développement économique et social des pays membres de la zone francs CFA.

Si les leaders africains prendraient conscience des grandes potentialités économiques et du futur poids démographique  que représente le continent, l’Afrique dominera le monde.

Sans une Afrique économiquement viable l’Europe serait asservie à l’Asie et aux États-Unis d’Amérique. Le débat se situe à ce niveau.

Les asiatiques, les russes, les italiens et certains Européens conséquents, ont bien compris les enjeux, ils  veulent profiter des grandes potentialités économiques et commerciales que présente l’Afrique mais  les accords commerciaux secrets entre la France et ses anciennes colonies  bloquent ce processus de libre échange en vue de l’avènement d’un nouvel ordre économique mondial juste et équitable qui permettrait à tous les pays  de profiter.  D’où l’intérêt pour les africains progressistes de saisir l’opportunité de ce débat pour faire avancer les choses dans l’intérêt supérieur de l’Afrique.

La génération montante doit redoubler d’efforts, tenir bien le flambeau allumé par les pères progressistes de l’indépendance politique de l’Afrique pour parvenir  à la souveraineté monétaire de l’Afrique tant souhaitée par nos martyrs, source de développement économique et social, donc du bonheur.

Encore une fois, la création d’une monnaie commune unique africaine viable,  devrait être subordonnée à une intégration économique sous-régionale d’abord puis intégration économique et monétaire, globale et bien harmonisée.

À bon entendeur salut !

Par Issoufou Boubacar Kado Magagi (Tamtam Info News)

À propos Administrateur

8 plusieurs commentaires

  1. Sur beaucoup d’autres sujets, je ne partage pas le même point de vue que M. Kado, mais cette fois-ci, je suis d’accord avec lui. La monnaie est le plus grand levier du développement. Confier le pouvoir de battre ta monnaie à quelqu’un, c’est s’assujettir à lui. Nous sommes esclaves économiques, tant le CFA n’a pas disparu.

  2. Il est sans aucun doute moralement nécessaire de se départir du franc cfa et de créer une monnaie nouvelle.
    ça marquera un point final à une certaine forme de néo colonisation.
    Mais ne nous faisons aucune illusion sur l’impact économique d’une telle mesure. Une monnaie ne rend pas plus riche, c’est le travail, l’industrialisation d’un pays, la formation des habitants, son rayonnement international, la bonne gestion des richesses du sous-sol et par dessus tout la bonne gouvernance qui produisent des richesses.
    Quand le valeur de notre monnaie commune sera côtée sur le marché international, si nos économies sont mauvaise, la valeur de notre monnaie sera trés faible et notre capacité d’acheter des biens à l’étranger sera tout aussi faible….Je pense que ceux qui attendent des miracles seront déçus…Seul le travail, la rigueur et la création d’entreprises locale ou internationales sur notre sol nous permettra de progresser.

  3. Il faut distinguer le discours politique du discours ideologique. Hassoumi a use de la rhetorique politique pour dire ce qu’il a dit mais ideologiquement je doute qu’il soit convaincu de ce qu’il a dit. L’article de Kado est tres edifiant et ne me semble nullement lie au debat en cours sur le limogeage sanction de massoudou qui s’apparente plus a ce qu’on qualifie parfois de : Frapper les morts pour faire peur aux vivants. Issoufou a son agenda cache que l’activisme de massaoudou mettait a mal. donc il fallait sevir et il l’a fait maladroitement cas meme.

  4. les pays africains qui ne sont pas sous influence du FCFA ont d’abord cherché le savoir politique + éducatif qui leur a permit de faire queue de mèche avant d’abolir cette monnaie française qui n’a en réalité pas grand impact sur nos pouvoir d’achat = la fortune dépend des pensées + actions créatives successives .
    Pour être claire sans donné trop de détaille , nous voulons que l’Afrique soi d’abord socialement + politiquement + commercialement unie = la jeunesse consciente de l’humanité la rattachera à l’Europe pour des raisons sans précision encore .
    NB : chers militants et militantes du Niger surtout les personnels de l’ Administration Publique , soyez apte a analyser + exécuter les plans qui vous seront reçus de ISSOUFFOU MAHAMADOU lorsque l’espace + temps nous séparera de façon temporaire = Niger avenir du fameux Nourou Walam = démocratie libéral

  5. À mon humble avis, aucun ministre des finances ne peut publiquement dire que le FRANC CFA est un grand handicap pour le développement économique et social de l’Afrique.
    Par stratégie ils gardent profil bas compte tenu de la complexité de la création d’une monnaie unique africaine. Si ils s’accordent à le dire ouvertement de manière régulière des obstacles majeurs risqueraient de surgir et de bloquer le processus qui est déjà en marche. Certes certains ministres odacieux ont eu à le dire. Mais par suite ils ont été remerciés et ou faits démissionés. Le premier économiste africain qui clairement posé cette problématique du francs CFA à travers un livre , dans les années 1970 a été trouvé mort sur son lit. Pour en parler avec franchise, il faudrait avoir le courage et la conviction.
    Beaucoup d’économistes africains progressistes sont au combat pour que les choses changent en faveur de l’avènement d’une monnaie unique africaine. Je me rappelle encore des conférences débats organisées par l’USTN dans les années 1990 , lorsque le professeur Ismael Camara de l’ENA a traité les directions nationales de la BECEAO de guichets du Trésor français en Afrique, le tollé que cette conférence a soulevé déjà à sont temps! Aujourd’hui les données ont évolué positivement au profit de l’Afrique, des hommes politiques européens, asiatiques, américains et tous les grands spécialistes de la monnaie sont d’accord à dire que le FRANC CFA profite plus à la France qu’aux pays membres de la zone francs CFA.
    C’est pourquoi il est nécessaire que les africains soucieux de l’avenir de l’Afrique se mobilisent à l’occasion de ce débat pour faire avancer les choses dans l’intérêt supérieur de l’Afrique.

  6. M. Kado a attendu que M. Hassoumi soit viré pour accouché d’un tel écrit.

    • Issoufou Boubacar Kado Magagi

      Trois articles similaires existent sur mon mur Facebook . Celui ci date d’une semaine, vous pouvez le vérifiez également sur mon mur Facebook.
      Je n’écris pas pour chanter un régime ou dénigrer un ministre. Je dis ma part de vérité.
      Hassoumi Massaoudou suit régulièrement mes écrits. Il a pris connaissance de ma position. Il a sa position, j’ai ma position sur le sujet. Cela ne veut pas dire que j’ai des problèmes avec lui.
      C’est un ministre qui a fait un bon travail au ministère des finances. Je l’ai reconnu , notre divergence sur le FRANC CFA n’enlève en rien l’ estime que j’ai pour ce ministre des finances courageux qui a fait avancer beaucoup des réformes.

  7. Il y a plus grave: notre ex- ministre a dit que tous les ministres des finances de l’UEMOA pensent la même chose. Qu’en est-il réellement? Car si tel est le cas c’est que la France garde toujours son pré carré contre l’intégration africaine.
    Alors nous n’avons pas fini avec ce que J. Pouémi a appelé l la « répression du développement » de nos pays.

Répondre à karim Yaou Annuler la réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.