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Quand Le Mercure Dégringole…

Ça a gravement grelotté, presque toute la journée d’hier jeudi, à Niamey. Et pourtant, les Niaméens pouvaient s’estimer heureux par rapport au reste du pays. En effet, la capitale était une des localités les plus chaudes du Niger, avec 16 degré au thermomètre. Le mercure, qui a commencé à dévaler depuis quelques jours, a littéralement dégringolé au cours de la journée d’hier pour tomber à 5° à Dirkou, 7° à Agadez,  8° à Tahoua, 9° à Zinder, 10° à Maradi, etc.

Avec cette vague de froid glacial, aggravée par le souffle de violents courants d’air,  on peut dire qu’il  ne fait pas bon vivre, ces derniers temps, dans les villes et villages du Niger. En vrais Sahéliens traditionnellement habitués à vivre tout le reste de l’année sous 45° C à l’ombre, il y a bien de quoi se lamenter en criant à l’austérité des intempéries. La situation est surtout critique la nuit où, à 22 heures déjà, les rues sont quasiment désertes même au cœur de la capitale. Même les quelques rares noctambules qui circulent encore sont transits de froid.

Et le matin, au réveil, le supplice est intenable, surtout pour les élèves et les travailleurs qui doivent se réveiller très tôt pour prendre une douche froide avant de prendre le chemin de l’école pour les premiers, et du service pour les seconds. Aussi, on est littéralement ‘’givré’’ devant l’image de tous ces petits anges grelotant de froid sur le chemin de l’école, avec souvent pour seule protection la légère tenue scolaire. Il semble que c’est la rigueur observée au sein des établissements sur le port de la tenue qui leur impose un tel calvaire. Pourtant, nul n’ignore les effets néfastes du froid chez ces êtres si fragiles.

Il n’empêche que les plaintes et les jérémiades viennent surtout des adultes et des plus vieux. Ceux-là mêmes qui s’entourent de tous les soins pour se prémunir contre les intempéries. Ainsi, pour certains d’entre eux, c’est l’occasion de dépoussiérer et d’enfiler la veste restée aux débarras toute l’année, pour se pavaner en ville aux allures de ‘’L’homme de Bordeaux’’, ce fameux personnage de la pièce de la Troupe Yazi Dogo dont tout le Niger a entendu parler. En tout cas, tout passe : blouson, écharpe, bonnet, turban et autres vêtements lourds. Il n’empêche que, pour beaucoup de gens, les dégâts occasionnés par le froid restent immuables : toussotements sans fin, larmoiements, lèvres desséchées et fendillées, peau rugueuse, pieds lézardés, et une frimousse de… poisson frit !

Et c’est ces instants de clavaire que choisissent les indésirables rôdeurs de nuit pour troubler le sommeil des paisibles citoyens transis de froid. Ainsi, profitant des nuits glaciales où les rues sont quasiment désertes, les malfrats de tout acabit s’adonnent à leur sport favori qui consiste à se lever au milieu de la nuit pour escalader les murs, sauter les verrous des portes des habitations et déménager littéralement les biens des gens. Chaleur sahélienne, où es-tu ?

Par Assane Soumana (ONEP)

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