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Qu’est-ce qui bloque la mise en place de la CENI ?

Comme vous le savez, la Commission Electorale Nationale Indépendante permanente (CENI), conformément à la révision constitutionnelle intervenue il y a de cela quelques temps, devait être mise en place au plus tard le 31 août 2017. Malheureusement, cette date butoir n’avait pu être respectée du fait du renvoi en seconde lecture par la Cour Constitutionnelle (CC) du projet de révision constitutionnelle, car la haute juridiction avait censuré quelques articles de ce projet de modification qu’elle avait jugés non conformes à la Constitution du 10 novembre 2010.

Naturellement, prenant en considération les observations émises par Kadidiatou Ly et ses collègues, le gouvernement s’était automatiquement exécuté en procédant à la rédaction d’une nouvelle mouture plus conforme à l’esprit et à la lettre de la Loi Fondamentale. Ainsi, un nouveau projet avait été élaboré et soumis en seconde lecture auprès de la CC. Après donc le visa de la haute juridiction, le nouveau texte fit l’objet d’une promulgation par le Président Issoufou, ce qui signifie, concrètement, l’entrée en vigueur du nouveau texte.

Au terme de cette nouvelle loi électorale, la CENI devait être complètement revue aussi bien dans sa composition que dans la durée de son mandat. La nouveauté dans tout cela consiste en la mise en place d’une structure permanente qui, désormais, régulerait le processus électoral en amont et en aval et qui aurait une durée de six ans. Voilà, de façon résumée, les préalables du sujet sur lequel portera la dissertation du jour.

Le CNDP a-t-il encore sa raison d’être ?

Le Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) vit certainement les heures les plus difficiles de son existence, car, comment mettre autour d’une table des gens qui ne parlent point le même langage ? En effet, parmi les raisons profondes ayant présidé à la création dans les années 2000 du CNDP, il y avait surtout la volonté de créer un cadre consensuel de dialogue entre acteurs politiques afin de prévenir les conflits politiques susceptibles de dégénérer en violences politiques pouvant parfois déboucher sur des guerres civiles. Cette initiative était l’œuvre des Nations Unies sous l’égide de laquelle les différentes parties prenantes avaient accepté de faire la promotion de la paix et du dialogue politique, bref de faire la politique entre hommes civilisés !

Grâce à ce cadre de concertation permanente, la classe politique nigérienne avait pu obtenir des solutions consensuelles sur maintes questions d’importance majeure, telle que la modification du code électoral à plusieurs reprises ou encore la représentativité des partis politiques dans les structures de la CENI. Malheureusement, le cadre restreint de cet article ne nous permet pas de nous étendre sur toutes les avancées majeures que le CNDP a pu apporter à la vie politique nationale. Mais comme on le voit, l’initiative était à la fois noble et louable.

Aujourd’hui, force est de reconnaî- tre que le CNDP bat de l’aile, ses réunions étant devenues sporadiques, quand ce n’est pas tout simplement bancales du fait de l’absence quasi-totale de la nouvelle opposition politique incarnée désormais par le Lumana/FA de Hama Amadou, tel un enfant gâté ! En réalité, les concepteurs du CNDP avaient pensé, à juste titre, que cet instrument était une panacée universelle contre les conflits politiques contemporains. Ils n’avaient pas tort tant que les différents acteurs politiques acceptaient de mettre, chacun, de l’eau dans son vin pour trouver des solutions consensuelles.

Cependant, comme le dit un proverbe du terroir, il faut deux personnes pour briser une calebasse, plus prosaïquement, il faut être deux pour vouloir la paix. Si par le passé le CNDP avait pu rayonner, il fallait pour cela que les acteurs politiques de cette époque le voulussent ardemment (excusez-nous de cette tournure avec cet imparfait du subjonctif). En effet, qui était majorité et qui était opposition à cette époque ?

Le MNSD et son allié de la CDS étaient aux commandes de l’Etat, tandis que le PNDS et ses alliés constituaient l’opposition politique. Comme on le voit, la maturité politique des acteurs de ces temps-là était pour beaucoup dans la réussite du CNDP. Il faut souligner particulièrement l’attitude responsable et surtout constructive de l’opposition de l’époque qui aurait pu jouer à l’enfant gâté comme le fait aujourd’hui le Lumana et ses affidés, si quelque le souci de la quiétude de la nation n’avait été la seule et unique préoccupation de Zaki et ses camarades de la CFDR.

Heureusement, le sens de la responsabilité avait fini par prévaloir sur toutes autres considérations. De nos jours, qui représente l’opposition politique au Niger ? Depuis le départ du MNSD-Nassara de l’opposition, sans doute érodé par une longue traversée du désert et une fracture ouverte au sein de son Bureau Politique ayant débouché sur la création du MPR Jamhuriya, et aussi depuis l’éclipse de Mahamane Ousmane et la démission de fait d’Amadou Boubacar Cissé, l’opposition politique nigérienne n’est plus incarnée que par quelques irréductibles du Lumana qui croient dur comme fer que sans Hama Amadou le monde s’arrêterait de tourner !

Voilà, malheureusement, à quoi est réduite l’opposition politique nigérienne actuelle, et le député Nassirou n’avait nullement tort, lorsqu’il dé- clarait que  »le Lumana n’est pas un parti politique comme les autres, mais bel et bien un comité de soutien à Hama Amadou » ! Dès lors, comment raisonnablement attendre de ce groupuscule d’individus fanatiques qu’il fasse la démonstration d’une certaine hauteur d’esprit au sein d’un cadre comme le CNDP ? En fait, la stratégie politique du Lumana, si véritablement, elle en est une, est simple à comprendre : faire croire au monde entier que la démocratie n’existe plus au Niger depuis que la Justice nigérienne a condamné Hama Amadou dans l’affaire dite des bébés importés, condamnation qui, si elle devenait définitive, sonnerait le glas de la carrière politique de Tawey Baba !

Voilà toute la raison pour laquelle le Lumana ne pourrait pas venir siéger dans un cadre comme celui du CNDP où il est souvent question d’élections auxquelles son gourou ne pourrait prendre part ! Le Premier Ministre Brigi Rafini, président du CNDP, en dépit de sa sagesse et de ses qualités d’homme consensuel, perdrait son temps et son énergie en tentant vainement de faire revenir à la table de négociations le Lumana. Désormais, les gens au sein du CNDP devraient envisager la vie sans le Lumana, et plus il en serait ainsi, plus les choses se passeraient mieux.

Les points d’achoppement au sein du CNDP

Après cette parenthèse sur les difficultés actuelles du CNDP à bien fonctionner, il convient à présent d’aborder la question cruciale de la mise en place de la CENI permanente sur laquelle semblent achopper les discussions entre les parties prenantes. En effet, au terme de la nouvelle loi électorale, la CENI deviendra une structure permanente pour une durée de six années. Parmi les nouveautés, la CENI permanente englobera également le Comité national de reprise du fichier électoral ainsi que l’élaboration du fichier biométrique. Pour présider cette CENI permanente, un appel national à candidatures a été retenu comme mode de désignation de ses responsables.

Ainsi, cet appel à candidatures a été effectivement lancé récemment et plusieurs candidatures (une vingtaine) ont été enregistrées pour les différents postes au sein de la CENI permanente. En effet, il s’agissait de pourvoir à quatre postes permanents au sein de la CENI : la présidence, la viceprésidence, le premier et deuxième rapporteurs. Sur la vingtaine de candidatures enregistrées à ces quatre postes, le CNDP, à l’unanimité, avait confié le soin à un comité technique restreint de procéder à une présé- lection des candidats.

Ainsi, ce comité technique avait effectivement fait ce premier tri, mais malheureusement, au grand désespoir des membres du CNDP, ce choix n’a pas rencontré l’agrément de la majorité des membres du CNDP. Voyons à présent les différentes candidatures qui étaient en lice pour ce qui est de la présidence, trois candidatures avaient été retenues : Me Issaka Sounna, les magistrats Alio Daouda et Hamidou Moumouni. Pour la vice-présidence, il s’agissait de Amadou Aladoua et Idi Daouda, car concernant le supposé troisième candidat, Amadou Boubacar Hassane, le constitutionnaliste maison de télé Bonferey, personne ne pouvait prendre sa candidature au sérieux tant sa mauvaise foi et son activisme éclectique étaient de notoriété publique.

Seul le MNSD de Seini Oumarou avait cru bien faire en soutenant sa candidature ! Enfin, il s’agissait aussi de pourvoir aux postes de premier et deuxième rapporteurs dont les candidatures étaient celles du DAPJ du Ministère de l’Intérieur et du Secrétaire permanent de la CENI, Yahaya Garba, alias José. En voilà pour les postulants à cette CENI permanente.

Finalement, le CNDP se résolut à prendre ses responsabilités en retenant Me Issaka Sounna, qui il faut le rappeler, avait déjà été Président de la CENI sous le Commandant Wanké en 1999. Pour le poste de vice-président, Amadou Aladoua a été préféré à Idi Daouda et à notre cher  »constitutionnaliste » de télé Bonhaway, pardon Bonferey ! Nous en sommes-là pour le moment au sujet de la désignation des responsables de la CENI permanente en attendant que les choses évoluent, car avec le CNDP actuel, rien ne semble définitif.

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Zak (OPINIONS N° 378 )

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7 plusieurs commentaires

  1. Griot, Honte a toi, surement que ton geniteur regrete d`eter pour une part responsable d eton arrivee sur terre

  2. En publiant ce torchon émanant d’un dechet humain ce site continue de devoiler son appartenance au régime.

  3. J’ai honte des journalistes qui ne s’adonnent qu’à des médisances. Zak, le journaliste! Il faut changer ton comportement . Amadou Boukari, le constitutionnaliste, qu’est-ce qu’il t’a fait? Es-tu un musulman? Bref, un croyant? Sais-tu la punition de quelqu’un qui médit les autres?
    Merci

  4. une grande erreur commise par la classe politique et juridic c de laisser issoufou et ses gurisistes amis metre une ceni permanente en place,ceci va leur permetre d’instaurer un systeme de DANIYA ELECTORALE au niger comc ki c passe au nigeria pendant 12ans avec PDP de Obasanjo,walahi Talahi les deputes nigeriens,les hommes de loi du niger,la societe civile nigerienne,la classe politic nigerienne et les nigeriens et nigeriennes en generale vous avez commi une grande erreur de laisser issoufou creer une tel ceni com celle,issoufou et ses semblables sont des egoistes il ne connaissent ke leurs interet et leurs poches,cette ceni n’est k’un gachi politic corrompu,elle ne sera k’une chienne de chasse des gurisistes,cette ceni ne sera k’un service ratache au siege rose de PNDS,ET SON PRESIDENT ne sera k’un corrompu chien de chasse de gurisistes,il ne va ke leurs servir comme ils veulent,il va faire pure ke la ceni de l’indicape Abdourahamane Ghoussoumane petit chien de Salou et oci pure ke la honteuse ceni de deliquant Boube Ibrahim le petit chien des gurisistes,lui meme gourisiste et pot pourit.VOUS TOUS KE DIEU ALLAH (S.W.T) VOUS MAUDIT,K’IL VOUS VOUS DETRUIT,K’IL FAIT DE VOUS LES PLUS PAUVRES DE CETTE PLANETE ET DE L’AU-DELAS,AMINE,YA ALLAH AMEEN,SOUMA AMINE.

    • Vérité, vous insultez les gents sans raison en les traitant de chien, délinquant etc et vous osez prononcer le nom de Allah? C’est peut-être de l’incohérence avec soit-même.
      Qu’Allah vous pardonne, vous, nous, et tous ceux qui souhaitent au nom d’Allah la malédiction aux autres pour des considérations politiques. Ce n’est peut-être pas la bonne façon de faire la politique encore moins d’être le meilleur militant.

    • TAISEZ vous , ZAK le grand est de retour les petits Souley Zaberou doivent se tenir à l’écart .

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