Home ACTUALITE Rappel historique actualisé , de la lutte syndicale en 1990: les étudiants étaient le fer de lance de la lutte pour l’instauration de la démocratie au Niger…

Rappel historique actualisé , de la lutte syndicale en 1990: les étudiants étaient le fer de lance de la lutte pour l’instauration de la démocratie au Niger…

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IL y a 30 ans, les étudiants nigériens avaient organisé une marche pacifique , le 9 février 1990 , pour réclamer les meilleures conditions de vie et d’études, cette marche avait été violemment réprimée par les forces de l’ordre du pouvoir de la 2ème République, trois étudiants avaient été tués, Maman Saguirou, Alio Nahantchi , Issaka Kainé et plusieurs blessés graves avaient été enregistrés.

L’USN a été toujours à l’avant -garde de la lutte pour le triomphe de la démocratie au Niger et le respect des libertés publiques.

Nous nous  rappelons encore de  l’important travail que nous avions  effectué avec l’USN à l’époque, dirigée par Moussa TCHANGARI et Boubacar SABO.

La tuerie de 9 février 1990, avait provoqué une gigantesque marche de protestation suivie d’un grand meeting à la place de l’Unité (rond-point de l’ENA), le 16 février 1990. Toutes les organisations Socioprofessionnelles étaient présentes pour réclamer que la justice soit faite.

Après le meeting de protestation, les manifestants s’étaient recueillis auprès des tombes des martyrs,  aux cimetières musulmans de yantala, de Niamey.
Depuis lors une tradition s’était installée à l’occasion de l’anniversaire des événements du 9 février 1990, des cérémonies des commémorations suivies des prières pour le repos des âmes des martyrs sont organisées sur toute l’étendue du territoire national.

La marche du 16 février 1990 avait été filmée par le journaliste GREMAH BOUCAR, correspondant de la voix de l’Amérique au Niger. Il avait eu des petits soucis avec les services des renseignements de l’époque, grâce à la prompte réaction des  forces démocratiques ,il avait vite retrouvé sa liberté, son film lui avait été restitué.

Le mouvement de protestation avait pris une grande ampleur et s’était transformé en une revendication d’ordre politique et économique.

Suite aux tergiversations du bureau exécutif de l’USTN à conduire la lutte avec vigueur, un comité composé de six structures syndicales avait été spontanément mis en place pour porter le flambeau de la lutte, allumée  par les étudiants. Ce comité était composé de : l’Union des Scolaires Nigériens (USN), le Syndicat National des Enseignants du Niger (SNEN), dirigé par le camarade Ibrahim Mayaki, paix à  son âme, le Syndicat des Impôts et Trésor(SNIT),( éclaté aujourd’hui en trois structures syndicales, SNAT, SNAI et SNAF)dirigé par le camarade Issoufou BOUBACAR KADO, le Syndicat des Enseignants Chercheurs du Supérieur (SNECS), dirigé par le camarade Bachir Attoumane, le Syndicat du personnel  de l’hydraulique et de l’Equipement Rural(le SNAHER ),dirigé par le camarade Namata, Bonnet Rouge et le syndicat Unique du Personnel des Ressources Animales ( le SUPRA) dirigé par le camarade  Abdou MAIGANDI, paix à son âme .

Au fur et à mesure que la lutte avançait , le comité s’élargissait, il était devenu un comité de neuf avec l’arrivée : du Syndicat des Travailleurs des Bâtiments et  des Routes (SYNBAROUTE) dirigé par le camarade SEKOU, paix à  son âme , du Syndicat du Personnel Administratif et Technique  de l’Université de Niamey (SYNPATUNI), dirigé par  les camarades Amadou et Maiga, et le Syndicat Nationale des agents de l’Agriculture du Niger ( SNAAN), dirigé par les camarades Halidou et Marou.

Le conseil Syndical de GOUDEL avait été le point de départ de la réconciliation entre le comité de neuf Syndicats et le bureau exécutif de l’USTN. En effet, après des débats très houleux, avec les interventions très habiles des camarades : Bazoum MOHAMED, Moussa OUMAROU, Ibrahim BOUBACAR, Seidou SABO, Mohamed MOUSSA, etc. Il avait été demandé au comité des neuf Syndicats de présenter des excuses au bureau exécutif de l’USTN, pour accusation de corruption porté contre l’USTN, dans un appel à la mobilisation des militants du dit comité des neuf.

Le comité avait donné suite  à la demande de la plénière, en contrepartie le bureau exécutif  de l’USTN avait retiré sa plainte contre le comité des neuf Syndicats auprès de la justice. Les choses étaient  rentrées dans l’ordre, le bureau exécutif de l’USTN avait repris le chemin de la lutte.

Des conférences débats étaient organisées et animées par des éminentes personnalités : Le Professeur Abdou MOUMOUNI DIOFFO, paix à son âme , savant en énergie solaire, Ancien Ministre Léopold Kaziendé, paix à  son âme, Son Excellence DJIBO BAKARY , leader du parti SAWABA, ancien chef du gouvernement du Niger, ancien syndicaliste craint par les colons, paix à son âme,  Dr BEN ADJI, économiste au ministère du plan, paix à  son âme, SAO MARANKAN, ancien magistrat, paix à  son âme etc.

Depuis les évènements du 9 Février 1990 et la grande marche du 16 Février 1990, la réunion du bureau exécutif de l’U.S.T.N était élargie aux secrétaires généraux des syndicats affiliés pour les raisons d’efficacité dans la lutte. Les réunions étaient présidées par le camarade Laouali MOUTARI, Secrétaire Général de l’U .S.T.N .

Malgré les arrestations et menaces d’emprisonnement proférées à l’endroit des responsables syndicaux, notamment l’arrestation du camarade Issoufou BOUBACAR KADO, Secrétaire Général du Syndicat National des Impôts et Trésor (SNIT) et de son adjoint, Amadou MAIRIJIA, paix à  son  âme,  Sanoussi Tambari Djackou , Bello Tchousso , paix à son âme , etc , en  juin 1990, les travailleurs nigériens et les scolaires avaient soutenu avec enthousiasme et détermination toutes les luttes engagées pour le triomphe de la démocratie et l’avènement d’une conférence nationale souveraine et sereine.

Nous avons encore en mémoire : les sketches animés par les infatigables  Boubé Namaiwa et Noura pour galvaniser la troupe à la place de la concertation  , des orateurs de talents , Afela Farouk, Kaka Doka, Zakaria Abdouramane, Sayabou dit TSA, Hima, ect .

Que du bon vieux temps, des  souvenirs des luttes syndicales glorieuses et des amères défaites qui donnaient des tonus pour aller de l’avant  jusqu’à l’obtention du multipartisme intégral et de la tenue de la conférence nationale souveraine !

Les luttes étaient axées sur deux objectifs : économique et politique.
Sur le plan économique : le mouvement syndical avait mobilisé comme seul homme tous les travailleurs et scolaires en vue de revendiquer notamment la levée des mesures adoptées par le gouvernement portant atteintes aux maigres salaires et au  faible  pouvoir d’achat des travailleurs.
La revendication avait porté également sur la levée de la mesure remettant de nombreux auxiliaires à la disposition  des collectivités territoriales déjà déficitaires.
Suite aux différents meetings et marches de protestation les travailleurs et les scolaires avaient dénoncé la gabegie et l’enrichissement illicite de ceux qui dirigeaient le pays.
Des projets du régime tendant à privatiser des sociétés bien portantes comme la S.N.T.N, l’O.F.E.D.E.S, la NIGELEC, la S.N.E, la SONIDEP et de mettre encore au chômage d’autres camarades avaient  été violement critiqués à la place de la concertation (lieu des grands meetings de protestation).
Au plan politique: l’U.S.T.N avait  demandé au gouvernement de juger les auteurs du massacre des étudiants et élèves du 9 Février 1990 et de faire la lumière sur les évènements de TCHNITABARADEN  et avait exigé que justice soit faite.

Et enfin l’organisation d’un débat qui permettra à tous les nigériens à travers des cadres démocratiques de se retrouver autour d’une même table et de penser avec sérieux les conditions pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait  le Niger.

Sur le plan politique malgré l’évolution de notre démocratie en dents de scie, nous pouvons dire que la démocratie est en marche au Niger car aucun régime ne peut la remettre en cause. Cependant sur le plan économique beaucoup reste à faire.

L ‘ histoire retiendra que le Programme d’Ajustement Structurel, le PAS, rejeté, a passé un an après la tenue de la conférence nationale souveraine, d’où les limites de certaines recommandations et décisions de la conférence nationale souveraine.

 La lutte doit être  poursuivie par la génération montante en y innovant  avec des nouvelles formes de lutte en tenant compte de la réalité du terrain.
 Car l’unicité de cadre de lutte  et la solidarité agissante entre les forces vives de la  nation dont a bénéficiés  notre génération , se font défaut aujourd’hui à cause de la diversité des objectifs et des certaines influences exercées par les organisations politiques sur certaines  organisations de la société civile.

D’où la nécessité de travailler avec abnégation pour l’unité des forces vives de la nation envue de tenir  bien le flambeau allumé  par la génération précédente,  en vue de continuer la lutte pour la  sauvegarde des acquis  démocratiques et des respects des libertés publiques.

Par Issoufou Boubacar Kado MAGAGI. (Contribution Web)

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