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REFEXIONS AUTOUR DE L’EVALUATION DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE

L’Évaluation des enseignants de primaire continue à défrayer la chronique  dans le secteur de l’Éducation et pose  des incompréhensions  dans la présentation de ses résultats  qui distinguent quatre groupes.  Une évaluation a pour but  de mesurer le niveau d’apprentissage ou d’apprécier une performance.

Il existe bien sur plusieurs formes d’évaluation qui se font à différents moments et sont  généralement des activités de contrôle. Les différents types d’évaluation sont :

  • Diagnostique ou prédictive, qui se fait en début de formation ;
  • Formative, à la fin d’une séance de formation ;
  • Sommative, à la fin d’une période de formation ;
  • Certificative lors d’un examen.

L’Évaluation des élèves et étudiants détermine le passage  d’un niveau à un autre ou l’obtention  d’un diplôme. L’évaluation peut aussi permettre d’apprécier les compétences des travailleurs ou du personnel d’un secteur particulier.

Quand l’évaluation est notée, on ne distingue que deux groupes : ceux qui ont la moyenne et ceux qui n’en ont pas. On peut donner une seconde chance à une partie de  ceux qui n’ont pas la moyenne et alors organiser une deuxième session pour « repêcher »  certains. Dans ce cas et dans tous les examens et concours jusque là connus au Niger, on accorde cette seconde chance aux candidats ayant obtenus la note de 8/20.

Dans de  rares examens comme au BEPC, ces dernières années on   descend à 7/20. Ainsi, on  octroie  1/20 de «  bonus » à ceux qui ont obtenu  au moins 7/20 et qui  ont strictement moins de 8/20 pour  justement leur permettre d’avoir 8/20 et d’accéder à la deuxième session.   Ceux qui obtiennent  8/20 à  8,99/20 sont d’office qualifiés pour le second groupe et ceux qui obtiennent  9 à 9,99 sont directement repêchés et considérés admis au premier groupe.

Dans aucun examen, on ne « repêche » à moins de 7/20. Mais très curieusement et du jamais vu, à l’évaluation des enseignants du Primaire quatre groupes on été distingués :

  • O à 3/20, groupe considéré comme n’ayant pas la compétence d’enseigner et qui en principe doit être remercié;
  • 3,01 à 5/20, groupe considéré comme « à racheter », et qui devrait suivre une formation à l’issue de laquelle les « apprenants » seront de nouveau évalués et ne seront retenus que ceux qui auraient la moyenne;
  • 5,1 à 9/20, groupe à « maintenir » et qui bénéficiera de formation au cours de l’année suivante;
  • > 9,01/20, groupe considéré comme ayant « réussi » l’évaluation et dont la qualification est reconnue.

Les notes inférieures  à 7/20  sont généralement appréciées  par les correcteurs comme étant  très faibles, médiocres, faibles ou  insuffisants.

D’ailleurs pour le groupe  >9,01 on doit distinguer :

  • 9,01 à 9,99 «  repêché de manière conventionnelle » et
  • > 10/20 qui est de fait le seul vrai groupe à réussir l’évaluation.

Combien sont-ils, ceux qui ont réellement obtenu une note égale ou supérieure à 10/20 pour cette évaluation des enseignants du Primaire et pourquoi  avoir distingué quatre groupes ?

Est-ce  parce que l’évaluation ou le test  préalable, qui d’ailleurs est confirmé par l’évaluation faite, supposait comme hypothèse forte  qu’une grande proportion d’enseignants  n’aurait pas la moyenne en français et mathématiques.

Que les experts, les spécialistes de l’éducation et les enseignants chercheurs des sciences de l’éducation nous éclairent sur les contours du classement  en  quatre groupes et du seuil acceptable de repêchage dans  une évaluation. Cette évaluation portant sur le français  et  les mathématiques, permet-elle véritablement de mesurer efficacement  les compétences des enseignants du Primaire ?

La question de qualité ne peut se résoudre en un laps de temps. Pour y parvenir il faut une bonne politique éducative bien planifiée avec des moyens conséquents et cela prendra nécessairement quelques années. Les nouvelles technologies de la communication doivent prendre une place de choix dans CETTE nouvelle politique éducative. Aussi, nous pouvons suggérer que entre les principes et la réalité, il faut toujours opter pour la conciliation et donc la réalité.

C’est pourquoi nous estimons que pour mettre d’accord le Ministère de l’Éducation Nationale  de la Promotion des Langues Nationales et de l’Éducation Civique et les syndicats des enseignants il serait plus utile après cette évaluation de  donner aux techniciens du ministère assez de temps pour faire toutes les analyses et de procéder à un contrôle de l’enseignement en situation  de classe dès la rentrée. On ciblerait alors tous ceux qui ont obtenu moins de 7/20, (connaissant leur « niveau » et localisation exacte), pour programmer des visites au plan national et uniquement durant le mois d’octobre, en renforçant l’équipe des inspecteurs et conseillers pédagogiques du primaire par leurs collègues retraités et  des  enseignants des écoles normales d’instituteurs et des facultés des sciences de l’éducation. Et ainsi ceux qui n’obtiendraient pas la moyenne en situation d’enseignement en classe devraient évidemment être remerciés et ce  faisant  aucun problème de conformité ne se posera  avec le statut de la fonction publique. De plus cette façon de faire  aurait permis de poser un bon diagnostic du système d’enseignement,  faire démarrer l’école conformément à la réglementation en vigueur   et faire en sorte que les élèves,  les enseignants, les cadres d’encadrement et de conception utilisent  le temps scolaire comme au « bon vieux temps » où l’école s’étalait d’octobre à juin.

Je reviendrais très prochainement sur un autre « constat » ou affirmation disant que les enseignants bruts, ceux qui n’ont pas reçu de formation pédagogique initiale seraient plus performants que ceux qui sont issus des écoles normales.

L’article 73 de la LOSEN, Loi n°98-12 du 1er juin 1998 portant Orientation du Système Educatif Nigérien dit que l’évaluation du système éducatif doit se faire périodiquement et s’appliquer à la politique éducative, à la finalité et aux objectifs, aux programmes et méthodes, aux enseignants, encadreurs et aux apprenants. Malheureusement, le suivi et l’évaluation ne sont pas appliqués et  de ce fait et d’autres insuffisances ou inadéquation vis-à-vis de la situation présente, cette loi sans doute la plus importante  de notre système éducatif doit être revisité.

La question de « l’École » concerne tout le monde et la contribution de tous, sans passion, dans une élévation d’esprit,  de don de soi et de justice, comme notre bien commun le plus cher,  est indispensable pour le devenir de notre nation. Merci d’avance de toutes les critiques pour la construction d’une école de qualité, du Préscolaire à l’Université, en passant par l’Enseignement Professionnel, en nette progression ces dernières années et le Secondaire (où je suis). Merci encore et vive l’École Nigérienne.

Enfin, il faut dire « Il n’est jamais trop tard pour bien faire » et « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Il faut avoir de bons principes, savoir où on veut aller, déterminer le rythme, garder le cap, mettre les moyens et y croire. Le développement sera à portée.

À propos de l'Auteur

MOUSTAPHA LIMAN TINGUIRI, planificateur de l’Éducation, chef de Division Formation Examens et Concours /DRES Zinder

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11 plusieurs commentaires

  1. LES REMERCIES OU PLUS PRECISEMENT LES REJETES VONT ETRE VICTIMES DE TRAFFIC HUMAINS POUR LES FAIRE DEVENIR DES DOMESTIQUES…DES SERVEURS…DE JE NE SAIS QUOI D AUTRES ET A UN SALAIRE DE MISERE….LES RENDANT AINSI MOINS QUE DES ESCLAVES COMME ON L AVAIT VECU LORS DU PROGRAMME D AJUSTEMENT STRUCTUREL-P.A.S.- AU LIEU DE LES MAINTENIR EN PLACE ET S OCCUPER DE LA JEUNESSE DU PAYS QUI EST UNE RICHESSE INDENIABLE SI ELLE EST ENCADREE. AU MOINS EN LES FAISANT MAINTENIR LES ENFANTS EN CLASSE CELA EVITERAIT A NOS ENFANTS DE DEVENIR DES DELINQUANTS POUR FINIR DANS DES GROUPES DE TERRORISTES.

  2. CEUX QUI ONT EU DES MAUVAISES NOTES TRES LAMENTABLES SUITE AU TEST …..EUX NON PLUS NE DOIVENT PAS ETRE REJETES SI TANT EST QUE ILS ONT LA VOLONTE ET L AMOUR DE L ENSEIGNEMENT …….ON DOIT PLUTOT LES CAPITALISER ET LES RECYCLER …..C EST ENCORE UN AUTRE DEFI A RELEVER……

    ON DOIT ETUDIER LEUR CAS POUR VOIR SI ILS NE SONT PAS VICTIMES D EPUISEMENT FAUTE DE RECYCLAGE CAR VOUS SAVEZ CERTAINS SONT MEME OUBLIES DANS LEURS LIEUX D AFFECTATION PUISQUE TRES ELOIGNES ET TRES DIFFICILE D ACCES….SANS BIBLIOTHEQUE ….SANS TELEVISION….SANS RESEAU DE COMMUNICATION…….

    LE MINISTRE MARTHE QUE JE SALUE BIEN DOIT REVOIR SA COPIE.

  3. DE NOTRE SYSTEME EDUCATIF ON DOIT RETIRER LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES CAR CELA PEUT SE FAIRE EN FAMILLE.A L ECOLE ON DOIT MEME REINSTAURER LE SYSTEME DE …SYMBOLE…LA PRATIQUE QUI INTERDIT DE PARLER LA LANGUE MATERNELLE A L ECOLE ……DE NE PARLER QUE EN FRANCAIS QUI EST LA LANGUE D ENSEIGNEMENT.

    PAR CONTRE POUR LE CONCOURS IL Y A MEME PLUS DE QUATRE GROUPES CAR IL Y A UN GROUPE DE CEUX QUI DONT LES NOMS NE FIGURENT DANS AUCUN DES QUATRE GROUPES ….ET EUX ILS SONT DANS QUEL GROUPE???? C EST LE GROUPE CINQ OU BIEN LE GROUPE ZERO???

    DONC DANS CE CONCOURS IL Y A BEAUCOUP D IRREGULARITES…..LE MINISTRE MARTHE DOIT ETRE ENCORE PLUS VIGILANT…….IL DOIT REVOIR LA LISTE INTEGRALE DE TOUS LES ENSEIGNANTS.JE PARLE DE CEUX QUI EXISTENT REELLEMENT CAR IL Y A DE DOUBLONS ET DES FICTIFS C EST D AILLEURS RAISON POUR LAQUELLE QU IL Y A EU BEAUCOUP D ABSENTS PUISQU ILS N EXISTENT PAS PHYSIQUEMENT.

  4. C’est la rentrée. Concrètement:
    1. Que faire pour sauvegarder notre école ?
    2. Que faire pour mettre notre école à l’abri des contingences et des conjonctures politiques ?
    3. Pourquoi sommes-nous encore divisés sur la question de l’école qui doit pourtant faire consensus ?
    4. Que faire pour permettre à nos pauvres enfants d’avoir une formation de qualité comme les enfants des autres pays?
    5. Sommes –nous moins soucieux de notre avenir que les autres peuples ?
    6. A quand la fin du concours d’échec auquel se livrent les politiciens de notre pays?
    7. A quand donc la fin de « tu m’as fait échouer, je te fait échouer »?
    8. A quand la prise de conscience collective qu’en fin de compte c’est le Niger qui échoue (c’est à dire nous tous) et ce depuis la Conférence Nationale ?
    9. Pourquoi continuer à sacrifier nos enfants, à leur envoyer par lâcheté les factures de nos inconséquences?
    10. En un mot va-t-on continuer à jeter nos enfants dans les rues les enfants des autres pays sont en train d’apprendre?
    11. Si nous devrions continuer dans la même voie quel autre classement, dans le concert des nations peut-on espérer pour notre pays?

  5. « Enfin, il faut dire « Il n’est jamais trop tard pour bien faire » et « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Il faut avoir de bons principes, savoir où on veut aller, déterminer le rythme, garder le cap, mettre les moyens et y croire. Le développement sera à portée. »
    Vous avez tout dit
    Le développement est possible
    Le développement est à notre portée
    Mais cherchons réellement ce développement?
    La question mérite d’être posée vue l’état de délabrement mental dans lequel nous nous enfonçons volontairement.
    En fait la vie c’est un choix et nous avons choisi de rester dans la pauvreté et le dénouement.

  6. Lu pour vous:
    Réponse du président iranien au président américain:
    « Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion. Non seulement nous allons développer nos missiles mais aussi nos forces aériennes, terrestres et maritimes. Pour défendre notre patrie, nous ne demanderons la permission à personne »

    • C’est là une histoire des grands peuples qui cherchent toujours à avancer.
      Nous on cherche à manzer.
      Et pour ça nous passons tout notre temps à nous haïr, à nous insulter, à nous médire, à nous maudire à nous souhaiter toutes sortes de calamités. Tout ça à la recherche du manzer.

  7. bravo voila ce que j attends des nigériens qu ils profitent des reseaux sociaux pour faire des propositions concrètes. C’est cela qui fait avancer un pays.
    Merci Mr Tinguiri

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