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Relations Niger-Sénégal: lettre ouverte à Monsieur le Président de la République du Niger

Monsieur le Président de la  République, Je m’adresse de nouveau à vous, parce que l’heure est grave pour nous autres « sénégalais » d’adoption, après un séjour de plusieurs décennies au Sénégal, et je suppose, pour tous les Nigériens épris de paix et attachés aux relations paisibles avec ce pays.

De quoi est-il question ?

A lire le contenu des médias du Sénégal, comme ceux d’ailleurs et les réseaux sociaux, les relations séculaires tissées depuis des siècles entre les peuples sénégalais et nigérien et par les deux Etats, depuis nos indépendances, sont sérieusement remises en cause.

Au vu de cette situation anormale, nous « Sénégalais » du Niger, nous nous sentons interpellés sur l’opportunité d’un tel passage à vide entre deux pays frères, en ces moments de périls sécuritaires multiformes, face auxquels, la stratégie gagnante nous impose plutôt à tous, de resserrer ces liens fraternels, afin de mieux affronter lesdits périls qui menacent l’existence de nos Etats.

Deux peuples, deux nations, deux Etats qui, de mémoire d’homme, n’avaient jamais rencontré le moindre problème dans leurs relations, se retrouvent « à couteaux tirés », selon les titres de la presse. En cause, nous dit-on, la présidence de la Commission de l’UEMOA, convoitée par les deux pays frères. Pourquoi une telle posture, puisqu’au terme du Traité de l’UEMOA, « Les délibérations de la Commission sont acquises à la majorité simple de ses membres. En cas de partage, la voix du Président est prépondérante » ?

Il ressort clairement des dispositions de cet article que les pouvoirs du titulaire du poste tant convoité sont visiblement plus que limités. Quant au principe de rotation prévu à l’article 33 du même Traité, auquel nous semblons tenir, bien que mentionné dans les statuts des institutions auxquelles nos deux pays frères sont membres, à savoir, la BCEAO et la BOAD, vous le savez mieux que tous, ce principe a malheureusement souvent très mal fonctionné.

Pourquoi alors, notre pays devrait-il inutilement mettre en danger des relations d’amitié séculaires avec un pays frère, relations tissées par les peuples sur des siècles, en s’accrochant inutilement à la mise en œuvre d’un principe, certes inscrit dans les textes de nos institutions depuis des décennies, mais dont la mise en œuvre n’a jamais été effective ?

Monsieur le Président de la République,

Les relations multiformes qui nous unissent avec ce peuple et ce pays frère du Sénégal, bâties pierre par pierre par les hommes et les régimes qui se sont succédés, sont sacrées. Je n’ai pas besoin de rappeler qu’au plan religieux, l’Islam qui nous unit le plus avec ce peuple et une de nos contrées s’impose de plus en plus comme la plaque tournante de la confrérie Tidjaniya dans la sous-région ouest africaine en particulier, et en Afrique en général par la célébration du mouloud.

Suivant les propos tenus par le Consul honoraire du Sénégal dans notre pays, dans un passé récent, à savoir, « Le Sénégal et le Niger ont une relation que je qualifierais de «je t’aime moi non plus ». Je m’explique : voilà deux pays que tout devrait rapprocher. Au plan culturel, il y a des similitudes. Sur la religion, ce sont les mêmes  populations musulmanes. Au-delà, au Niger, les gens sont très regardants sur ce qui se passe au Sénégal. Les Bacheliers nigériens sont envoyés dans les universités ou instituts de management sénégalais. Les hauts cadres sont formés au Sénégal ou y ont fait leur spécialisation. Les cadres de l’Armée, de façon générale, sont d’anciens enfants de troupe au Sénégal. Ces deux pays devraient se rapprocher davantage, parce que partageant beaucoup. »

En complément de ces propos du diplomate sénégalais, j’ajouterai pour ma part, qu’avec l’installation des « dibiteries haoussa », fort appréciées des sénégalais, il  est difficile de faire quelques centaines de mètres dans une ville du Sénégal, sans entendre parler haoussa, preuve que nos deux peuples sont intégrés depuis fort longtemps, des décennies avant les indépendances de nos Etats.

Dans ces conditions, le plus Haut et plus important poste international du monde, mérite-il de mettre en cause les relations historiques entre nos deux pays ?

« La guerre naît de l’hostilité, celle-ci étant la négation existentielle d’un autre être », selon le penseur Carl Schmitt, c’est pourquoi, nous autres « Sénégalais » du Niger, souhaitons que vous accordiez votre préférence à toute solution prenant en compte la préservation des relations privilégiées avec notre seconde patrie que constitue le Sénégal, dans l’intérêt bien compris de nos deux pays frères. Et puisque « tout choix implique un renoncement », aucun sacrifice de part et d’autre ne sera de trop pour la préservation de nos relations fraternelles.

C’est pourquoi, « la diplomatie étant une affaire trop sérieuse pour être laissée aux seuls diplomates », pour paraphraser Georges Clémenceau, des « Sénégalais » du Niger tels que les Premiers Ministres Cheiffou Amadou, très apprécié dans ce pays, et Adji Boukari et bien d’autres plus qualifiés que moi, notre diplomatie parlementaire ayant fait ses preuves, nos religieux, la société civile, vos nombreux amis politiques originaires de ce pays, ne seront pas de trop pour contribuer à la recherche d’une issue heureuse à cette crise diplomatique inédite, inconnue de notre histoire diplomatique. Nous ne perdons pas de vue que la consolidation de notre intégration régionale, pratiquée depuis fort longtemps par les peuples, demeure l’objectif ultime des dirigeants de nos Etats.

Vous me permettrez, pour finir, de rappeler la sagesse de Henry Ford sur l’intégration : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est  la réussite ».

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma déférence.

[author ]Djibrilla Mainassara Baré – Ancien Conseiller Spécial du Président de la République, Chargé des Questions Economiques et Financières – Ancien Auditeur Interne de la BCEAO, Membre de l’Institute of Internal Auditors (IIA-USA) – Ancien SG de l’Association des Fonctionnaires Nigériens et Assimilés au Sénégal (ANFAS).[/author]

138 Comments

  1. Après Lover c’est ISSA?
    Alors ISSA:

    Donne nous des preuves du patriotisme de Djibril. Dis -nous à quelle occasion Djibril a -til montré son patriotisme et son amour pour le Niger?
    Pour avoir courageusement fui le Niger après le 9 avril?
    Pour avoir choisi de se terrer au Sénégal pendant tout le temps qu’à durer le combat pour la mémoire de son frère?
    Pour avoir refusé de prendre même les coups de fils venant du Niger pendant son exil à la BECEAO?
    Pour avoir choisi son poste à la BECEAO au combat contre les assassins de son frère?
    Pour son retour au Niger après avoir pris soin de terminer à carrière à la BECEAO et pris une retraite dorée?

    ISSA, un conseil: tu dois aller dormir tu es trop fatigué.
    En politique la césarienne n’existe pas.

  2. Si c’est pas que c’est le petit frère au grand frère, on sera effectivement tenté de discuter l’angle nationaliste. Le problème de Jibril est que l’autre est un ami (certes c’est important) mais il faut voir aussi le nigérien qui est son frère. Il n’y a pas d’équivoque parce que à 100 ans même ses petits enfants n’auront pas un véritable droit d’écrire à un président sénégalais alors qu’ils écrieront toujours quel que soit le président de la république du Niger, c’est aussi ça la réalité d’une immigration.
    Mais dans le fond, un accord bilatéral n’engage pas tellement les autres États de l’uemoa , ce qui veut dire que la seule façon de nous départager risquerait d’être un vote. Et le fait que l’autre vient juste de perdre à l’UA, la sympathie jouera contre nous. Malgré que le nigérien est de loin meilleur, je pense qu’on perdra ce vote quelque soit la performance de notre diplomatie. En effet, personne ne serait à l’aise de sanctionner un candidat, un pays, 2 fois de suite. Pour autant le Niger doit continuer la lutte et peut plus facilement proposer et obtenir en échange l’acceptation du principe de la rotation après les 4 ans et que tous les pays signent (accord multilatéral) et que ça commencera avec un nigérien compte tenu de cette situation. Et puis un vote, ça divise.
    J’ai pas toutes les données, mais la situation pourrait être différente si tous les pays avaient entériné l’accord. Mais le Sénégal a plus tord, parce que la commission de l’uemoa n’est pas comme une banque comme bceao où on peut penser sans rotation parce que cela tue la dynamique de l’organisation. Il y’a aussi la façon non cavalière de faire.

    1. Je pense que le comportement de l’ancien président sénégalais sur la crise libyenne n’a pas aidé le Sénégal 0 l’UA. Les africains n’ont pas aimé que WADE aille jusqu’à Bengazi pour insulter Kadhafi la vaille de l’assassinat de ce dernier par les Sarkozy.

  3. C’est décevant de voir que beaucoup de nigériens manquent totalement de nationalisme même primaire. Vous ne pouvez pas vous moquer des intérêts de votre pays simplement parce que vous êtes contre le régime de Issoufou. Les hommes passent, le pays reste et il vous appartient. En plus, il y a une certaine presse d’origine sénégalaise qui tente d’intoxiquer l’opinion sur cette affaire de présidence de la commission de l’UEMOA en disant que  » le niger veut cumuler le poste de vice gouverneur et la présidence de l’UEMOA ». Macky Sall fait du chantage sur le poste de vice gouverneur détenu par le niger et le Burkina depuis toujours.Dans tout le dispositif de l’UEMOA, c’est le seul avantage qui a été donné au Niger alors que le Burkina a le siège de la Commission de l’UEMOA en plus du poste de Gouverneur. Pourquoi ne pas demander au Burkina de céder son poste de vice gouverneur étant donné qu’il a le siège de la Commission. C’est plus réaliste non? Le Sénégal a le siège de la BCEAO tandis que la CI détient le poste de Gouverneur depuis toujours. Le Bénin a le poste de président de la BOAD et le Togo abrite le siège. Le Mali a déjà occupé le poste de président de la Commission. Dans tout ça, comment est-ce qu’on peut demander au Niger de céder le poste de Vice Gouverneur qui est permanent contre un poste de Président de la Commission dont le mandat n’est que de 4 ans. Dans tous les cas, si on respecte le principe de la rotation au poste de président de la Commission, le niger va accéder à ce poste tôt ou tard. Ce n’est pas un avantage particulier qu’on donne au niger en proposant de nommer un Nigérien à ce poste, c’est pour la rotation et c’est certainement parce que ce pays n’a rien comme avantage qu’on a voulu commencer par lui. La presse sénégalaise spécule sur un certain accord entre Macky Sall et Issoufou qui n’a jamais existé mais c’est de l’intox. pour justifier coûte que coûte la position de Macky Sall contre ISSOUFOU. Ou alors Macky Sall veut pousser Ouattara à revoir la question de la BCEAO et de la BOAD, dans ce cas son combat serait plus juste comme certains l’ont dit. Dans tout ça, c’est la compétence du président en exercice qui est en jeu et la sortie de crise ne dépendra que de lui: il se trouve être le plus âgé, sage, son pays économiquement le plus puissant et on croyait que ces atouts étaient suffisants pour que cette crise soit jugulé mais hélas…

  4. SI MAHAMADOU QUI A GRAVEMENT VIOLE LES RÈGLEMENT DE L’UEMOA SUR LE CHANGE EN RESTITUANT LES DEVISES SAISIES PAR LA DOUANE A L’AÉROPORT DE NIAMEY, PENSE QUE LES CHEFS D’ÉTAT VONT LUI FAIRE CONFIANCE POUR LUI CONFIER LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION DE L’UEMOA, IL SE TROMPE. ISSOUFOU, C’EST DÉSORMAIS TRES CLAIR DANS L’ESPRIT DES AFRICAINS, EST UN TRADER …….PRET A PARIER AVEC L’ARGENT D’AUTRUI POUR AVOIR GRATUITEMENT DE L’ARGENT.

  5. Il parait que Issoufou ISSA veut coûte que coûte faire main main basse sur l’argent …..de la Commission l’UEMOA pour faire faire à son président qu’il veut placer du……TRADING et gagner des milliards …….GRATUITEMENT…..sans rien faire (Hassoumi DIXIT). Les Chefs d’Etat qui savent maintenant de quoi il est capable pour les sous se sont passés le mot.

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