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Robert Mugabe, de la libération nationale à la tragédie nationale

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et son épouse, Grace, le 29 juillet lors d’un meeting du ZANU-PF à Chinhoyi.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Il n’y a pas de doute que Robert Mugabe, alias Bob a marqué l’histoire de l’Afrique en général et de l’ancienne Rhodésie devenue Zimbabwe le 18 avril 1980 en particulier. Un Etat devenu indépendant après s’être libéré du joug de la colonisation britannique par une lutte de libération nationale. Il était à la tête de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) avec comme compagnon de lutte Joshua Nkomo, chef de l’Union populaire africaine du Zimbabwe (ZAPU).

Après s’être débarassé de Joshua, les deux mouvements rivaux fusionnent pour devenir Zanu-Front patriotique. Ses camarades et lui ont courageusement et dignement lutté pour la libération nationale de leur pays. C’est tout naturellement et logiquement que ses camarades de lutte et le peuple zimbabwéen ont accepté de le voir à la tête du pays nouvellement indépendant. L’homme est cultivé, intelligent, charismatique et fin stratège. Les puissances occidentales et leurs alliés ont usé de tous les stratagèmes et complots pour défaire Bob et ses camarades, mais ces derniers sont toujours restés inébranlables.

Ils jouissaient du soutien de leur peuple qui savait d’où il venait et où il allait et à l’époque Bob a toujours été conscient que son peuple lui faisait confiance. Seulement, on a beau être un héros de libération nationale, il ne faut surtout pas oublier que la victoire sur le colonisateur et l’oppresseur a été possible grâce aux autres camarades de lutte et le vaillant peuple zimbabwéen. Plus les puissances étrangères cherchaient à déstabiliser son régime, plus Mugabe le durcissait et son entourage opportuniste le rendait impopulaire à l’intérieur.

Au fil du temps, il a fini par s’éloigner de ceux qui ont fait sa gloire et sa légitimité pour se rapprocher d’un clan de parvenus qui en réalité n’ont jamais connu les souffrances et les sacrifices des dures années de libération nationale et qui sans vergogne ont subtilement créé les conditions de la confiscation de cette légitimité en utilisant un Bob vieux et fatigué. Finalement, ses camarades de lutte ont décidé de rectifier à leur manière la dérive croissante. Ni l’opposition politique ni les conpirations extérieures n’ont eu raison de Bob, mais les contradictions et le rapport des forces intra-système ont fini par prouver que Bob a atteint ses limites et qu’il ne peut pas diriger de manière absolutiste ad vitam æternam.

Reconnaissons quand même que Bob et ses camarades ont à un moment donné de l’histoire rendu au Zimbabwe sa fierté. Beaucoup ont encore en mémoire la célèbre chanson engagée de Bob Marley intitulée « Zimbabwe » qu’il a chanté à l’occasion de la proclamation de l’indépendance. Quant à sa femme Grace et son entourage communément appelé le G40, ceux par qui la tragédie est arrivée, ils finiront par admettre que les bonnes choses ont toujours une fin.

Cependant, nombreux sont les patriotes africains qui n’ont pas voulu de la fin dans laquelle ils ont conduit Bob le héros. Aucun régime politique ne peut substituer la démocratie. Notre continent ne doit pas continuer d’assister à des telles tragédies. Quel que soit le terme utilisé, ce qui vient de se passer au Zimbabwe est regrettable. L’usage de la force et de la violence doit être à jamais banni. L’alternance démocratique doit être le moyen de la conquête et de l’exercice du pouvoir.

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Abdourahaman ZAKARIA

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7 plusieurs commentaires

  1. Il y´a eu un AVANT Mugabe et il y´aura un APRES Mugabe sur le continent africain. Tous ces dictateurs pervers, corrompus et anti-patriotiques qui se maintiennent au pouvoir en pervertissant le jeu democratique devraient interroger leur conscience et quitter avant qu´ils ne finissent comme blaise compaore ou mugabe.

  2. UNE RAISON DE PLUS POUR INTERDIRE A CEUX QUI ONT 70 ANS D ETRE CANDIDAT AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES.

    • En quoi le père fondateur de loumana te gêne? au point de parler de limite d’age???!!!!.
      Bari karanbani

    • A ALI SIDI BEN MAHADI MOLAH je pense que si ton mentor avait 70ans tu n’allais pas proferer des betises pareilles…ce sont vos propos qui rendent ce vieux dinosaure de HAMA si populaire te aimé par son peuple

  3. Evidenent quand on abuse du pouvoir, quand un pouvoir derive quand un president oublie la miserable dans laquelle son peuple vit , quand un president est pret a vendre son pays pour se maintenir au pouvoir il finira toujours comme ca. Si un president croit qu’il est la pour diviser, emprispmer ou intimider un jour le peuple prenda sa responsabilite et rien ne peut l’ arreter Un beau jour c’est ce qui risque d’arriver au Niger
    Si ce president croit quand quitant il va placer un certain bazoum vendeur de passports diplomatique alors l’histoire nous dira la suite

  4. Ces femmes fatales qui nuisent a l´exercice du pouvoir democratique doivent etre neutralisees a jamais. L´armee zimbabwenne a pris ses responsabilites et d´autres armees surtout de l´afrique francophone devraient lui emboiter le pas pour debarasser les peuples de ces sangsues nauseabondes que sont ces premieres dames politiques.

  5. l’age a finalement remporté….il ne pouvait plus contrôler la folie du pouvoir de sa femme qui, visiblement en est pour quelque chose dans cette situation de crise mais ses ennemis blancs disent déjà que c’est la mauvaise gouvernance de Mugabé qui a amené cette crise mais connaissant les personnages, on ne va pas y accorder du crédit…ce monsieur même si je n’ai pas beaucoup d’informations sur son pays, je sais au moins une chose et une bonne chose sur ce pays, Zimbabwe, pays de Mugabé a des universités classées parmi les meilleures de l’Afrique, quoi de plus qu’un bon système éducatif (ce n’est pas grâce aux blancs ce résultat mais grâce au dictateur) mais comme il a empêché aux blancs de puiser à leur guise les richesses de son pays (comme ce que fait Areva par exemple au Niger, ensuite nos chef d’État sont décorés à l’Élysée) alors c’est le diable, c’est le dictateur etc…

    il est très vieux, par respect pour ce qu’il a fait, il devrait soutenir une personne qui comprend mieux son combat et ça ne va pas manquer, ensuite le peuple aura le dernier mot dans les urnes!!!!

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