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« Rôles des partis politiques, des syndicats et des Organisations de la Société Civile dans la démocratie nigérienne  » …

Malgré sa relative récence et les soubresauts qu’elle a connus, notre démocratie est aujourd’hui louable et enviable. Cependant, dans le processus de son parachèvement, ses différents acteurs comme les partis politiques, les syndicats et  les organisations de la société civile, chacun en ce qui le concerne, a le devoir de bien jouer son rôle.  Quand les acteurs ne comprennent pas ou outrepassent leurs rôles, l’anarchie va s’installer. 

Les partis politiques  ont pour objectif la conquête et l’exercice démocratiques du pouvoir et la mise en oeuvre d’un projet de société ou un programme politique. L’objectif de gouverner distingue les partis politiques des autres acteurs. Les syndicats sont dans une logique de corporation et défendent les intérêts de leurs membres. Ils peuvent aussi avoir une vision globale de la société. Les OSC sont quant à elles dans une forme d’auto-organisation de la société en initiatives citoyennes dans des domaines variés. Elles contribuent aussi au contrôle citoyen de l’action publique. Les trois sont fondés sur l’intérêt général ou collectif. Cependant, les frontières sont bien délimitées et chacun de ces acteurs a son rôle bien clarifié. Quand l’un s’arroge le rôle de l’autre, il s’expose à la déviance et à sa propre fragilisation. 

C’est une lapalissade que de dire qu’au Niger nous avons une panoplie de partis politiques dont nombreux sont ceux parmi eux qui n’existent que par leurs récépissés.  Même ceux qui font semblant d’exister traînent beaucoup de tares et d’insuffisances.  On peut reprocher à certains leur inconstance et leur manque de représentativité et à d’autres leur sectarisme, leur incivisme, leur manque de programme et le déficit de formation civique et politique de leurs militants.  Il y’a au moins une nette démarcation dans la configuration politique. Il existe d’un côté une majorité plurielle et de l’ autre une opposition hétérogène. En tant que contre-pouvoir, l’opposition incarne la possibilité d’une alternance politique. Ce qui est surtout à déplorer c’est le rôle négatif qu’elle joue. Elle est prise en otage par un groupuscule. Elle fuit le débat démocratique en adoptant la politique de la chaise vide pour privilégier les déclarations spécieuses et les comportements antidémocratiques. Ce qui est révélateur de son antipathie pour l’alternance démocratique. 

Une telle posture créera les conditions de son autodestruction. De la manière dont les choses évoluent, tout laisse à croire que notre opposition a atteint ses limites, elle est essoufflée et déboussolée. Elle a besoin d’être vite remplacée.  Pour le dynamisme de notre démocratie et l’amélioration de la gouvernance démocratique gage du développement économique et social de notre pays, la majorité a besoin d’une opposition forte, constructive et responsable. Comme on le dit « si tous les pays ont un gouvernement, seules les démocraties ont une opposition. »

Pour le cas des syndicats, celui des scolaires y compris, ils sont très nombreux à jouer le rôle qui est le leur pour la vivacité de notre démocratie.  Dans un contexte de pluralisme politique, syndical et associatif, les scolaires ont aussi compris que « l’avant-gardisme révolutionnaire » n’est plus un facteur mobilisateur. Ils ont conscience que pour maintenir leur unité intra et intersyndicale, ils ont intérêt à éviter les incursions maladroites sur le terrain glissant de la politique. Il faut admettre que dans la défense de leurs intérêts, la grande majorité de ces syndicats ont une démarche consciente et conséquente. Il doivent aussi mettre l’accent sur la formation syndicale de leurs membres. L’ironie du sort, c’est le cas du syndicat des enseignants chercheurs qui sort du lot. Dans leur syndicalisme, ils doivent éviter le « corporatisme égoïste et nombriliste » avec une méthode jusqu’au-boutiste contre-productive qui conduit  à l’isolement et à la décrédibilisation de leur organisation. 

Quant à la société civile, elle existe bel et bien au Niger, mais c’est surtout sa frange subversive qui est la plus bruyante. C’est chez elle où la confusion et l’amalgame se côtoient aussi bien dans les idées que dans les moyens de les faire passer. Certains de ses animateurs sont tantôt de connivence avec l’opposition, tantôt ils se substituent à elle. Ensemble, ils sont dans une logique insurrectionnelle et antidémocratique de la conquête ou la reconquête du pouvoir politique. Du coup, ils créent une sorte de méfiance entre eux et le peuple qui n’accepte pas ce genre de débordement. 

La comble de l’ambivalence c’est leur prétexte de la restauration de la démocratie dans la cité et le refus de la démocratie à l’interne. A l’intérieur de ces organisations, la démocratie interne et la réddition des comptes sont des sujets et des débats tabous. Nous assistons ni plus ni moins à une monarchisation de la société civile. C’est pourquoi, le Niger a plus que besoin d’une nouvelle génération de la société civile qui va contribuer au renforcement de la vie démocratique du pays et non à la conquête du pouvoir par des astuces et des raccourcis.

Dès lors que les règles du jeu démocratique sont clairement établies, il va sans dire que les hors-jeux  sont facilement visibles. Malheureusement, nous assistons à une imposture de la part de certains acteurs. Ils usent et abusent des libertés publiques tout en criant à la dictature dans leur sempiternel salmigondis où s’entremêlent des propos passéistes, utopistes et nihilistes. 

 L’exercice démocratique n’a pas pour but de défier et affaiblir l’autorité de l’Etat.   Dans tout ce que nous faisons, les valeurs éthiques, civiques et patriotiques doivent nous guider pour le développement économique et social d’un Niger qui nous appartient tous. 

Par Zakaria Abdourahaman

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2 plusieurs commentaires

  1. Le Subconscient Jikan Bagobira de Hankourawa

    L’HISTOIRE DE LA DÉMOCRATIE PAR LE FRÈRE ZAKARIA S.KAB (manuscrit non édité).

    Dans l’histoire de l’Humanité, l’homme fut la seule créature qui a survécu malgré toutes les difficultés et cataclysmes naturels liés aux invasions des géantes autres créatures tels les préhistoriques dinosaures, les incroyablement ravageuses épidémies d’un genre de Black Death qui ratissent tout un peuple sans quartier; et, s’ajouta les effets graves des oligarchies quand le droit est permis d’établir un chef pour diriger les humains toujours en mouvement à la recherche d’un leu paisible où se sédentariser. Dans cet obscurantisme, beaucoup de pratiques cultuelles se sont produites dans la vie de l’homme.
    1/ Les chefs devenant de plus en plus sanguinaires où souvent, il fallait sacrifier des humains pour satisfaire les caprices de la nature. Exemple: offrir une belle fille/femme ou des jeunes garçons robustes pour avoir la pluie, écarter l’incendie que peut causer la flèche incendiaire de Dieu Thor dont le Haoussa jure souvent par son bruit THOR’NA’TSÂÂ voulant dire le bruit/TSÂÂ de mon/NA dieu/THOR ou pour satisfaire le besoin d’un animal dangereux (mère dinosaure qui menace un peuple en tuant des gens pour n’en prendre qu’un et aller nourrir ses petits). C’était sous des rites incantatoires que le chef (sorciers) désigne la personne à sacrifier, le propre enfant du chef ou autrui, soit-il.
    2/ Et, ce fut le temps des lois claniques établies pour juger et punir les indélicats (voleurs, esclaves fuyards…).
    3/ En rappel de l’arène de l’Olympie:
    – Une très longue période s’était écoulée quand le moment arriva où l’impératrice désirant voir du spectacle, peut faire organiser des duels entre les prisonniers qui se battaient à mort jusqu’au dernier (le vainqueur se rachète pour sa victoire). Ainsi, il y eut des champions aux combats des gladiateurs, au marathon, à la lutte et aux techniques de combats contre les dinosaures.
    – Ces champions devenus des hommes libres souvent nommés notables à la cour impériale, se sont entendus pour leur notoriété pour combattre ces pratiques exterminatrices des meilleurs guerriers qu’ils sont. Et, ils menèrent des campagnes de sensibilisation aux fins de convaincre la population des mauvaises gestions du peuple. Le Chef est le meilleur combattant contre les animaux tueurs des humains pour se nourrir. Il est issu de Klissa/écurie des champions dit KLISSA’TA’NET’JR (écurie prononcée de Na’ATTAJ’R/Netjer riche roi Netjer dont les grecques ne sachant quoi remplacer cette expression, la laissèrent telle en disant KLISTENE/ CLYSTÈNE dont on dit fondateur de la Démocratie en 700 Av JC. Or, Clystène fut fondateur de la Société Civile pour emmener les peuples à épouser leurs idéaux contre la dictature de la cour impériale.

    LES PARENTS GÉNITEURS DE LA DÉMOCRATIE: De la popularité des meilleurs guerriers et champions sportifs épousant la civilité des populations, naquit la SOCIÉTÉ CIVILE sous une forme de démocratie limité aux seuls grands combattants qui n’ont d’aspiration que la liberté des peuples à décider de leur destin quant au choix de leurs souverains. C’est ainsi que Abou Moussa Al Ach’ar le Yéménite (Grand Compagnon du Prophète Mohamed Messager de l’Islam Envoyé d’Allah – swt) ayant refusé de participer dans un camp ou dans l’autre de Mo’awiya Ibn Abou Sofiane et d’Ali Ibn Abi Thalleb lors de la guerre inter-musulmane dite guerre de Siffîne; dis-je, Abou Moussa Al Ach’ar réfléchie et mit au point la démocratie afin de faire choisir le 4ème Calife de la Oumma Islamique. Ainsi, les ennemis des enfants d’Adam falsifièrent pour nous faire avaler cette pilule amère en la démocratie contemporaine qui permet d’élire frauduleusement celui le bon arrangeur des affaires des puissants tapis dans l’ombre qui financent les électeurs à coup de sommes d’argents; d’où, quoique l’on veuille de bon dirigeant parmi les candidats, les fraudes ne manqueront pas pour imposer le moins bon sur les meilleurs. Pour une fois au Niger, nous avons la chance divine d’avoir le dirigeant de notre choix en SEM le Président Issoufou Mahamadou. Espérons que son successeur soit comme lui ou fasse davantage de bonnes choses à l’utilité de la population – le Peuple nigérien.
    Selon les peuples et leurs habitudes coutumières, étant tout de même pacifistes, les différents groupes de Sociétés Civiles des royaumes devinrent des groupements Associatifs de l’empire que l’on peut considérer de nos jours comme étant les Partis Politiques. Du courage Mr le Ministre A.Zakaria.

  2. A Monsieur le Ministre A. Zakaria:

    – En parlant de déficit de démocratie au sein de la société civile, oubliez-vous le manque total de démocratie au sein de votre parti dirigé depuis des décennies par une seule personne? Soyons honnêtes car on peut aussi le constater bien sûr à Lumana et dans tous les partis politiques où le culte du chef est total. Alors cet argument est à sens unique et ne tient pas la route.

    -En parlant de l’opposition, vous écriviez: « Ce qui est surtout à déplorer c’est le rôle négatif qu’elle joue. Elle est prise en otage par un groupuscule. Elle fuit le débat démocratique en adoptant la politique de la chaise vide pour privilégier les déclarations spécieuses et les comportements antidémocratiques. Ce qui est révélateur de son antipathie pour l’alternance démocratique. » Tiens qui a remarqué que la démocratie n’est pas bonne en particulier dans le milieu académique? Qui est pris en otage par des militants au point d’être incapable de sanctionner ces derniers consacrant ainsi le règne de la justice à sens unique? Qui fuit le débat démocratique en refusant la discussion avec la société civile sur la loi des finances 2018 puis 2019, e, refusant le dialogue avec les enseignants chercheurs en leur imposant des textes pondus probablement par quelques ambitieux et(ou) cabinets de consultants revanchards?

    – En jetant des fleurs aux scolaires, vous rejoignez de ce point de vue toute l’élite socio-politique du Niger, sociétés civiles incluses. En effet parce qu' »on » a gardé un esprit estudiantin, querelleur, « syndicalement » puérile et(ou) parce qu’on a peur de la masse des jeunes, on refuse d’assumer son rôle de leader en caressant la jeunesse dans le sens du poil. cette dernière est indispensable par exemple à certains acteurs de la société civile. Bref sur ce point: toute cette élite est constituée d’éternels étudiants à l’esprit d’adolescents nonobstant leurs positions politiques.

    – Tiens le dada du nigérien intellectuel  » l’enseignant-chercheur bashing »: Faites un tour honnêtement dans les facultés sans amphithéâtres, sans laboratoires dignes de ce nom, sans budget de fonctionnement depuis ce maudit guichet unique, sans bibliothèque et locaux aux normes internationales, sans bureaux pour les enseignants chercheurs insuffisants en nombre avec en prime une absence totale de couverture médicale pour eux et pour leurs familles et des retards de salaires avec des coupures iniques et illégales; et au vu de cette réalité que vous fuyez vous pouvez persister dans votre opinion. Il est vrai que l’augmentation des frais de mission des fonctionnaires et des députés est justifié car pour ces derniers, ils « travaillent dur » en « levant les mains » pour approuver tel ou tel texte et en faisant pour certains du business international, du trading via la Guinée Bissau, en faisant du commerce de la « farine », il est vrai que le « pain » paye bien et est bien consommé.

    Lest but not least, votre analyse a oublié un paramètre crucial, la justice qui est l’huile qui lubrifie et connecte les composants, les composantes de la démocratie. En effet une démocratie sans justice, sans équité ou avec une justice asymétrique, n’est qu’un leurre. Une démocratie où cette perle précieuse qu’est la justice est mise entre les mains impurs d’asociaux, de malotrus, sans éducation qui la piétinent est un enfer pour tous :citoyens, investisseurs potentiels..etc Votre analyse déconnectant les composantes de la démocratie sans lubrifiant entre elles (justice, dialogue..) est artificielle.

    Sans rancoeur.

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