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Sauvons la lutte traditionnelle : La lutte traditionnelle sport roi au Niger !

Depuis ma plus tendre enfance , je n’ai jamais raté les moments solennels de la lutte traditionnelle aux sons des tam-tams de Sogolo l’infatigable griot des lutteurs de l’Ader et de son autre rival Zoura Mai Goundoua de Guidan Adou , griot des lutteurs de konni et du Nigéria voisin , à la maison des jeunes de Birni N’Konni, où après la récolte du mil , les jeunes lutteurs s’affrontaient, à cinquante mettres de ma maison familiale . C’était avant l’institution du championnat national de lutte traditionnelle par le général Seini Kountché.


À l’âge de douze ans déjà , je reprenais sur la route des champs , certains vers que Sogolo chantait à l’intention des certains grands lutteurs pleins de pouvoirs mystiques, j’ai nommé : Dan Tama Toron Guiwa, Illa Na Baki Goumbi, Djadi Dan Chatou, Atta Na Illela, Ali Dan Maaounia, Katouné Etc..


C’étaient des très beaux poèmes !
Heureusement notre frère et ami Sidi , actuel consul du Niger à Djeddah a pu écrire et traduire ses beaux poèmes.


Le lutteur Katouné champion de Zoura arrête toujours de lutter desque l’heure de la prière de  » asr » s’approche , c’est à dire dès que les animaux sont de retour du pâturage dans l’après-midi , Zoura son grand griot et les autres lutteurs de son groupe prennent congé de l’arène jusqu’au lendemain.

Tout cela procède de caractère mystique de la lutte traditionnelle. Si nous ecartons les anciens lutteurs des championnats de lutte traditionnelle , nous enleverons à la lutte un de ses caractères véritablement traditionnels.


J’ai en mémoire ce lutteur détenteur de pouvoirs mystiques , le nommé Amadou Jaki, qui se désaltére avec une jarre pleine d’eau avant de commencer son combat. Dès la première prise il terrasse son adversaire quelque soit son gabarit.


Les compétitions étaient accompagnées des rites mystiques et des « kirarirs » ! Pleins d’élégance et de fairplay.


Puis est venue la lutte traditionnelle de sabre national , la lutte traditionnelle qui donnait beaucoup plus de joie à beaucoup plus des citoyens nigériens, la lutte traditionnelle ciment de l’unité nationale au Niger, car toutes les régions y participent, grâce à la télévision nationale , tout le Niger suit l’événement.


Aujourd’hui avec le recul, après la retraite de : Kadadé Zambo, Kantou, Salma, Balla, Guissa, Komando, Lagalanga , Naroua etc…


Que nous reste-il du goût au joie que donnait la lutte traditionnelle ?
Les anciens lutteurs malgré leur patience, leur profonde réserve commencent à s’inquiéter sur l’avenir de la lutte traditionnelle au Niger .


Depuis trois ans , chaque championnat de lutte traditionnelle est émaillé des disputes , discordes , bref des incidents du fait d’une mauvaise organisation du dit championnat .
Une lutte traditionnelle sans anciens lutteurs, est une lutte sans pouvoirs mystiques, c’est une lutte sans nos réalités socio-culturelles.


Il est grand temps que tous ceux qui peuvent agir , fassent en sorte que la lutte traditionnelle ciment de l’unité nationale au Niger, retrouve sa lettre de noblesse.


La problématique qui se pose est de savoir : pourquoi ces contestations des arbitrages ?
Pourquoi les arènes sont presque vides au moment du championnat ?
Pourquoi trop des ingérences dans les affaires techniques de la lutte traditionnelle ?


Pourquoi ces bagarres dans nos arènes ?
Ce sont des situations autrefois étrangères à nos arènes de lutte traditionnelle !


De la manière la plus sérieuse avec laquelle sera abordé un débat francs et constructif, dépendra le bon avenir de notre lutte traditionnelle qui fait la fierté de notre cher pays.


La politique de l’autruche ne mène à rien, prenons le taureau par les cornes avant qu’il ne soit trop tard .


Le mensonge fleurit mais ne donne jamais des fruits .

Les lampions de la lutte traditionnelle se sont éteints à l’arène de lutte traditionnelle de Tillabery , ce jeudi 3 janvier 2018.


La région de Dosso a été consacrée championne de lutte traditionnelle , sport Roi au Niger. En effet, le champion, détenteur du sabre national , le vice-champion, le 3ème champion et le 4ème champion, viennent tous de la région de Dosso. Quel sacre !


C’est pour la première fois dans l’histoire du championnat de la lutte traditionnelle au Niger que les quatres premières places reviennent à une seule région.


Bravo et félicitations à la Région de Dosso ! C’est toujours le Niger qui gagne.
Comme l’a bien dit le Premier Ministre, Brigi Rafini et bien d’autres analystes du sport roi au Niger, il faudrait que la lutte traditionnelle reste dans son cadre strictement traditionnel car ça fait partie de notre patrimoine culturel.


A l’occasion ce 40ème champion plusieurs insuffisances ont été constatées, par conséquent il serait hautement souhaitable de tenir compte et de trouver les voies et les moyens de corriger les dites insuffisances pour l’avenir. Car le vin est déjà tiré, il faut le boire , comme disent les français.
Tournons donc la page , regardons vers l’avenir.


Le règlement et la méthode de gestion de la lutte traditionnelle doivent être revus et corrigés en tenant compte des nos réalités socio-culturelles.


La lutte traditionnelle a ses réalités qu’il faut toujours sauvegarder.


Les anciens lutteurs et les griots des arènes sont dépositaires de certains secrets de la lutte traditionnelle, personne ne doit ignorer cette réalité.
À bon entendeur salut !


Par Issoufou Boubacar Kado Magagi.

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9 plusieurs commentaires

  1. La lutte. Tradi nigérienne est malade.le Niger est entrain de perdre sa deuxième places au tolac au détriment des pays comme le Nigeria,voire du Ghana,de la côte d ivoire ect.il ya des finales ou le Niger n arrive plus a faire qualifier ses lutteurs.ces pays commencent a comprendre la lutte .si l on ne prend garde,dans un avenir proche,le Niger ne sera même pas parmi les trois premiers.ll fo de la compétition en permanence pour nos lutteurs.de la technicité(du judo)

  2. Mr Kado merci une fois encore de votre intervention,mais a mon humble avis ce Kassoum
    n est pas fais pour le ministere du sport il n a qu a quitter.C est un veritable predateur partput ou il passe ce sont des histoires a dormir debout.
    Rendez au prochain conseil de Ministres.
    Meme son parti l a vomi.

  3. Salut

    Je suis davis avec Kado que la lutte doit garder son caractere traditionel. Actuellement les combats sont denatures avec du judo et autres techniques importees. Raison pour laquelle on enregistre des combats trop defensifs car on oblige les lutteurs a ne pas appliquer leur savoir faire intrinseque.
    Il faut donner priorite au traditionel sinon on va assister a des musiques de guitare a la place du goundoua.

  4. Soyez modeste Malam Assis !
    Quand on est déracinés, on peut pas comprendre ce quoi la lutte traditionnelle !
    Les petits arbitres formés à l’école occidentale ne peuvent arbitrer la lutte traditionnelle.
    Elle a ses propres réalités que seuls les initiés connaissent. Le bricolage ne marche avec la lutte traditionnelle, vous avez suivi les réactions des citoyens et des initiés par rapport aux insuffisances des championnats de ces trois dernières années.

  5. Selon la loi, les corrupteurs et les corrompus sont soumis aux mêmes sanctions malheureusement en ce qui concerne les sanctions prises à l’encontre des lutteurs de Tahoua et de Dosso seuls les terrassés ont été victimes. S’ils savent qu’ils ne peuvent pas assumer les conséquences de leurs décisions, ils auront pu attendre la fin de la lutte pour sanctionner. La loi ne dispose que pour l’avenir. Si même ces sanctions ont été prévues dans leurs textes pourquoi sont-ils revenus sur leur décision.Probablement, le pouvoir s’est rendu compte que leur décision a été partiale et au nom de la cohésion sociale et de l’unité nationale, il s’est investi. Car nous l’avons vu l’année passée, le Président n’a pas hésité à recevoir les deux finalistes pour leur prodiguer des sages conseils. Pour l’unité nationale, nous ne devons reculer en face de rien.

  6. Honte à toi défenseur des pouvoirs mystiques

    • Ici qu’on le veut ou pas les pouvoirs mystiques font partie intégrante de la lutte traditionnelle.
      Évidemment quand on n’a pas étudié la lutte traditionnelle , on ne peut que trouver cette demarche irrationnelle, alors on copie les règlements des autres et on veut coller à nos réalités. D’où les insuffisances constatées par le Premier lors de la clôture du 40 ème championnat.
      Quand on est déracinés, coupés de nos réalités socio-culturelles, on ne peut comprendre les enjeux de la lutte traditionnelle.

  7. HAMID Ag Mohamed

    C’est une sage pensée que vous avez publié Mr KADO. comme vous l’avez dit, le plus important c’est l’avenir de la lutte qui compte mais il faut reculer pour mieux sauter autrement dit, se reférer de ce qu’était la lutte, qui est qui? qui fait quoi? Comment? Et où? Avoir les réponses à ces questions je pense que ce sport ROI rennaîtra afin de retrouver ses lettres de noblesse.

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