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SCANDALE A LA C.U.N : Que sont devenus les taxis urbains ?

Le scandale que nous allons vous révéler dans cette dissertation est aussi grand qu’un suppositoire géant planté dans un fruit, mais aussi extrêmement répulsif pour toute personne amoureuse de sa patrie. Il faut, nous pensons, être tout simplement un apatride consommé pour se rendre coupable d’une telle infamie. Mais pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette scabreuse affaire, il serait judicieux de faire un flash-back dans le passé, plus précisément, sous la transition du Général DJIBO Salou, lorsqu’un certain capitaine, Idé Seyni, avait été nommé Administrateur Délégué de la Communauté urbaine de Niamey.

En effet, les autorités nigériennes avaient approché la République Islamique d’Iran, le pays de Hassan Rohani, pour solliciter auprès de cette dernière une aide en matériels roulants. Cette Ré- publique sœur en islam du Niger avait accepté de ré- pondre favorablement à cette requête. Ainsi, l’Ambassade de la République Islamique d’Iran accréditée au Niger était disposée à offrir des bus à la CUN, des bus qui devaient être gérés par la Société des Transports Urbains de Niamey (SOTRUNI), une entité relevant de la CUN. Mais à la surprise générale, la partie nigérienne, sans doute pour des motifs inavoués et inavouables, fit volte-face en demandant à la partie iranienne de convertir ces bus en petits véhicules berlines pour servir de taxis urbains, afin de résoudre soi-disant le chômage endémique des jeunes.

La République Isla mique accepta, volontiers, cette proposition qui semblait dans sa forme une bonne intention. Les accords avaient été paraphés par le Directeur Général de la SOTRUNI qui s’était d’ailleurs rendu en Iran à cet effet. Après cet accord, 90 véhicules, de marque européenne fabriqués en Iran, avaient été acheminés sur le Niger, via le port de Coto nou.

Pour faire entrer ces véhicules sur le territoire national, il fallait payer des droits de douane. Comme il s’agissait d’un don, il fallait tout simplement écrire au Ministère des Affaires Etrangères pour que celui-ci, à son tour, saisît son homologue des finances pour faire bénéficier à ce don le régime de l’exonération fiscale. Ce qui fut fait et les véhicules atterrirent au Garage Municipal où se trouvait le siège de la SOTRUNI. Il faut ici signaler qu’entre-temps, la donne politique venait de changer avec le départ du capitaine Idé Seyni (la transition ayant pris fin) et l’arrivée du nouveau locataire de la CUN en 2011, un certain Oumarou Dogari, au terme des élections municipales de 2010.

Pour la vérité, nous signalerons que ni le capitaine Idé Seyni sous la direction duquel les négociations avaient été menées, ni Oumarou Dogari sous le mandat duquel les véhicules avaient été réceptionnés ne tremperont dans ce scandale digne de la camorra sicilienne. Le véritable responsable de cette affaire tordue ne sera que l’administration du maire central, Hassane Seydou, qui hérita de la CUN après le limogeage de Oumarou Dogari en 2013. Il faut préciser que sous le mandat d’Oumarou Dogari, les véhicules avaient réquisitionnés pour servir de taxis afin de cas ser, comme on le dit, les mouvements de grève intempestifs des taximen de Niamey.

Vous l’auriez peutêtre remarqué, les taxis de la CUN avaient momentané- ment circulé dans la ville de Niamey avant de disparaitre des écrans radars. Au fait, qu’est-ce qui s’était passé? A son arrivée à la CUN, ne manquant sans doute point d’imagination, le nouveau maire central, Hassane Seydou, en complicité avec le Conseil de Ville, trouva l’ingénieuse idée de créer, artificiellement, une obscure société dénommée City Transport à la tête de laquelle lui et ses complices avaient nommé un DG pantin.

Le coup d’Etat venait d’être perpétré alors contre la SOTRUNI désormais mise hors-jeu pour la gestion de ces véhicules. C’est ici que commencera la véritable saga mafieuse de Hassane Seydou et ses complices du Conseil de Ville. Contre une modique caution de 400.000 FCFA, les 90 véhicules avaient été confiés à City Transport pour exploitation. Mais dans les faits, cette caution avait valeur d’achat, car jamais, les recettes générées par l’exploitation de ces véhicules n’étaient allées dans les caisses de la CUN.

On peut légitimement se demander le fondement légal de la création de City Transport, en violation flagrante de l’es prit et de la lettre de ce don iranien censé répondre à un besoin bien déterminé : ré- sorber le chômage des jeunes à travers des activités génératrices de revenus. Seuls Hassane Seydou et ses complices du Conseil de Ville ont la réponse à cette légitime question. Le résultat de ce crime contre la jeunesse niaméènne, c’est ce cimetière de carcasses et de ferrailles que vous voyez sur ces images.

D’après des sources dignes de foi, en valeur hors-taxes, une voiture de ce don coûterait 3.000.000 de nos francs, c’est 90 X 3 = 270.000.000 F CFA. Aujourd’hui, d’après ces mêmes sources, sur les 90 véhicules il ne reste que huit en état de fonctionner ! Mais vous n’êtes sans doute pas au bout de votre peine, au regard des suites de cette affaires. En effet, ce don iranien était aussi accompagné d’une importante quantité de pièces détachées pour la maintenance en bon état des véhicules en question : il s’agissait de containers pleins à craquer de pièces détachées d’une valeur marchande d’environ un milliard de nos francs.

Une fois arrivés sur le cordon douanier, ces containers, pour arriver à destination, devaient s’acquitter des taxes douanières comme cela est de règle en matière d’importation. Au lieu de suivre le processus ayant abouti à l’exonération fiscale des 90 véhicules comme nous l’avions expliqué plus haut, les amateurs de City Transport avaient buté sur l’intransigeance des services de douane qui avaient catégoriquement refusé le franchissement de la cargaison sans le paiement des droits de douane. Ainsi, les containers en question étaient restés en souffrance dans les locaux de la douane, à la merci des intempéries.

Au finish, personne ne sait, à l’heure actuelle, où sont passés lesdits containers, étant entendu que, subrepticement, des individus, sans doute à la solde de City Transport, et peut-être en complicité avec des douaniers, passaient régulièrement pour soustraire, de façon frauduleuse, des pièces détachées destinées à l’entretien de leur parc autos. Tenez, ce que nous allons vous révéler dépasse l’entendement humain : à défaut de pouvoir disposer de la totalité des containers placés sous magasins de douane, nos apprentis gérants en transport urbain ont fait  »preuve » d’imagination créatrice en dépiéçant carrément un lot de voitures neuves pour servir de pièces de rechange à des véhicules déjà en circulation !

Ici, nous retrouvons le Pr Yénikoye Ismaël quand il parlait des  »paradoxes dont le Niger contemporain est le champion toutes catégories’! Devant le désastre et la triste fin qu’a connue ce don, les autorités iraniennes ont été profondément bouleversées par l’attitude irresponsable de la partie nigérienne qui s’était montrée indigne de la confiance de cette ré- publique sœur qui avait cru, naïvement peut-être que ce don serait utilisé à bon escient et conformément à la noble intention de résorption du chômage endémique des jeunes dans la capitale.

Il était prévu qu’après les 90 véhicules, un autre lot similaire serait acheminé sur le Niger, portant ainsi ce don à 180 voitures ! Malheureusement, devant ce fiasco patent et surtout inadmissible, les autorités iraniennes étaient obligées de se ré- tracter, abandonnant ainsi des centaines de jeunes sur le carreau. Au demeurant, il serait impératif que les autorités compétentes du Niger prennent leurs responsabilités, toutes leurs responsabilités pour ne pas laisser impuni ce crime odieux, en diligentant la HALCIA pour traquer, démasquer tous les auteurs, co-auteurs et complices, tous ceux qui auront, de près ou de loin, profité ou trempé dans cette mafia.

L’assainissement et la moralisation de la vie publique nationale étaient un des grands chantiers du programme de la renaissance du Niger du Président Issoufou Mahamadou. Cependant, à l’épreuve des faits, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir dans cette direction et ce cas si caractéristique du dé- clin progressif de l’esprit civique de ce Niger contemporain est-là pour le rappeler.

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ZAK (OPINIONS N° 382 )

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22 plusieurs commentaires

  1. Toutes la paparazzi Gouriste se donne à cette activité et d ailleurs il n y a plus rien à faire au gouristan zakien si c est pas ce genre de scandale mais quand on veut tuer son chien on l accuse de rage.

  2. D’ailleurs tout ce qui a causé le problème de ces taxis, ce sont leurs pièces qui manquent et leur mécanique qui faisait elle aussi défaut. Quand vous regardez bien sur les photos, vous verrez que c’est des taxis accidentés. La plupart des accidents ont eu lieu en déhors de Niamey alors que ces taxis sont cencés circuler uniquement à Niamey. On accuse personne mais on demande la bonne appréciation de la situation avant toute divulgation dans l’intention de bien faire les choses. Notre Jeunesse a besoin d’etre socialement intégrée et économiquement rentable, multiplions donc des bonnes initiatives tout en mettant en conscience les échecs des autres et avancons vite comme disait l’autre pour ne pas etre en retard de génération. Merci.

    • Merci pour cette intervention responsable, pleine de sagesse.
      Malheureusement nous sommes déjà en retard pour plus d’une génération car notre pays enregistre des médiocres performances au niveau de son système éducatif.
      Nous devons ouvrir les yeux car la situation est très grave. Sans parler de la majorité de nos enfants exposés à illettrisme, il important de savoir qu’au plan intellectuel nous sommes en train de sombrer. C’est tellement vrai que les nigériens sont de moins en moins compétitifs au plan des études. Pour chaque vous verrez que le consultant principal est non nigérien.
      Et même l’État du Niger, malgré ses 8 universités, préfère confier aux étrangers les grandes réflexions sur notre avenir.
      Ainsi, le document Niger 35 a été essentiellement élaboré par des non nigériens.
      Ce n’est peut être pas cohérent mais ces inquiétudes doivent être partagées par tous ceux qui aiment ce pays et qui s’intéressent à son avenir.
      La bataille contre le sous-développement se gagne d’abord au plan intellectuel.

  3. Chers compatriotes et cher jour naliste, ne cherchons pas à nuire pour nuire. Toute l’histoire de ces taxis racontée par ce soit disant jour naliste est fausse, totalement fausse. L’IRAN n’a jamais voulu donner des bus au Niger et meme ces taxis sont l’oeuvre d’une autre structure pendant la transition et non de Mr Idé comme le jour naliste veut le faire entendre. Ces véhicules à l’achat coutent plus de trois millions, mais malheureusement ils ont passé deux ans garés au garage municipal avant d’etre mis en taxi et vous savez les dommages qu’un véhicule peut avoir s’il est garé deux ans sans aucune protection ? Pour un don de 90 véhicules, l’Iran ne donnera jamais un milliards de don des pièces détachées ou bien renouveller le don comme si c’est avec le Niger seulement que l’Iran a des ralations. Ce don a été fait pour stimuler l’importation des véhicules et des pièces Iraniennes au Niger. Merci.

    • Vous n’avez rien dit. Aucun peuple n’aide un autre, gratuitement sans intérêt.
      Chaque peuple qui se respecte doit créer les conditions de dépasser l’aide.
      Notre problème et qu’on attend toujours le beurre et l’argent du beurre. C’est ainsi qu’aucun nigérien ne bouge sans vous demander de l’argent même si vous voulez l’aide à sortir de la misère.

  4. ENCORE UN LIEVRE POUR CREER DES SOUCIS A UN EX-ABOKI!

  5. Du vol, de l’arnaque, du détournement, encore et encore.
    Quand est ce que nous allons nous conduire en vrais patriotes, soucieux de l’avenir du Niger et de ses enfants?

  6. Le pire dans cette histoire c’est que ça ne nous étonne pas et même encore pire: ça ne nous révolte plus…
    Et pourtant nous sommes musulmans et nous pratiquons sans arrêt deux choses que notre Prophète (PSL) nous a interdit: le vol et la mendicité.

  7. comme on dit, qui se ressemble s’assemble….un voleur ne peut point attraper un autre voleur…..sinon lorsqu’on lit cet article….on ne peut pas me dire que les autorités ignorent tout ça….l’histoire a commencé depuis 2013, bientôt 5 ans et vous voulez nous faire croire que les malfaiteurs sont des génies…arrêtez svp!!!!

    ils sont tous complices dans les détournements des biens publiques…j’ai dis bien tous, sans exception!!!sinon comment est-ce qu’ils financent leurs soit disant partis politiques………..

  8. Mr le journaliste, nous détestons tous le vol, le détournement des biens publics. Mais pourquoi vous attendez toujours quand le gars est hors pour dévoilé ses forfaits. Actuellement il y a dans le gouvernement de IM plein des gens qui trainent des casseroles visibles depuis la lune mais que vous ne dénoncez pas. C’est ce côté de la chose qui pince le coeur. S’il ce président de la cun est toujours dans la mrn, je suis presque sûr que cette affaire ne serait pas dévoilée de la sorte.

  9. pauvre Niger qui vit en quémandant. on quémande on détourne le don on vole et on endette le pays …………..une culture qui remonte à plus de 20 ans. un pays sans justice va surement vers sa faillite

  10. C´est celui qui a mis la justice sur cale qui est seul responsable de ces delits. C´ést issoufou mahamdou.

  11. Je condamne le fait, le Niger et son peuple doivent rentrer dans leur droit.

    Mon Cher haba kouma, tu vois pourquoi j’implore DIEU contre tous ceux qui marchent le progrès de mon pays, hier seulement vous m’avez pas compris quand je disais que ceux qui trahissent les aspirations légitimes du Niger finiront par Paris ou le Maroc.
    Heureusement que ce soit même un don et si c’était une dette remboursable!!!!
    Ok conseil, vigilance pour les 23 milliards de la table ronde

  12. Le problème est que au-delà de ce Mr c’est tout un comportement.
    Nous sommes tous comme ça.
    Nous cherchons tous à manger.
    Nous n’avons honte de rien.
    L’honnêteté est un délit
    On fait simplement du bruit pour insulter ceux qui dirigent mais au fond chacun de nous se cherche où brouter.

    • Monsieur Haba kouma,

      C’est vrai que nous cherchons tous à brouter mais pas dans toutes les conditions. Il existe des nigeriens (bien qu’ils soient pas nombreux) qui cherchent à faire une vie decente sans detourner ou spoilier les biens publiques. Et ces gens là, ne sont pas dans la politique.

  13. ce mr est après sa sortie de sonichar investit dans le garage tolafric,sis quartier Complexe.

  14. Nous avons donc demandé une aide de l’Iran, un pays à l’époque sous embargo. Et ce pays nous aidés. Et qu’est ce que nous avons fait de cette aide?
    Nous l’avons détournée.
    Questions:
    – quel genre de peuple sommes-nous?
    – pourquoi n’avons -nous honte?
    Question plus tragique: arriverons-nous un jour à sortir du sous-développement?
    Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir?

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