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Sommet du G5 Sahel: un autre projet de développement économique et social !

Le mardi 06 février 2018, le Niger a abrité le sommet des pays membres du G5 Sahel. Ce sommet a pour menu plusieurs points d’ordre du jour en plus de la défense et la sécurité, c’est aussi le développement des pays du sahel. Le G5 sahel est un projet de développement économique et social qui intéresse les pays. Les ministres en charge du Développement ont aussi tenu leurs réunions pour élaborer les dossiers et les projets qui ont été soumis au sommet des Chefs d’Etats, à leur tour, vont décider de l’avenir de ces projets.

Les pays du Sahel  sont confrontés à beaucoup de défis communs non seulement en termes de développement mais aussi et surtout sur le plan sécuritaire. C’est ce qui justifie d’ailleurs la création de cette Force conjointe du G5­Sahel pour accompagner les efforts de développement entrepris dans les autres secteurs. Elle est une initiative portée par le Président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou.

Cette force est une sorte de duplication d’une autre initiative qui a été mise en œuvre dans le Bassin du Lac Tchad (la Force mixte multinationale) qui regroupe le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Bénin. Le G5 Sahel permet aux pays membres de maîtriser la situation sécuritaire dans leurs zones. Plusieurs puissances internationales se sont manifestées pour accompagner le G5 Sahel. Il a obtenu le soutien de l’Union Européenne, de la France, les Etats Unis, l’Arabie Saoudite et d’autres pays.

Ces partenaires stratégiques importants, prouvent, aujourd’hui, il n’y a pas d’inquiétude à se faire par rapport au financement. Ce soutien n’est pas seulement dans le financement du G5 mais aussi dans la synergie d’actions sur le terrain. Initialement, ces deux forces présentes au Niger (la France et les Etats Unis), étaient installées pour aider à gérer la crise au Mali pour les cas des Français alors que les Américains étaient là pour aider à gérer et contenir les menaces provenant de la Libye.

Les pays membres doivent contribuer, chacun, à hauteur de 10 millions de dollars. Il faut préciser ici qu’il s’agit de la mobilisation et l’équipement des différents bataillons ainsi que leur prise en charge. C’est ce qui constitue une partie de la mise initiale actuellement sans un seul franc de l’extérieur. Pour le Ministre de la défense nationale du Niger, Kalla Mountari, là où ce n’est pas encore effectif, ce n’est pas lié aux finances, mais plutôt à des questions techniques par exemple le choix de l’emplacement des états-majors ou de déploiement de troupes, ou même quelque fois des questions juridiques comme jusqu’où peut aller la compétence de la force du G5 par rapport aux territoires tiers, jusqu’où peuvent agir les armées nationales à l’intérieur d’un pays tiers.

Ce sont ces questions-là qui ont amené certains à hésiter, mais ces questions ont été réglées. L’objectif est de sécuriser l’espace G5, ce n’est pas des opérations hors du G5­Sahel. Car, il est difficile à l’échelle nationale pour chacun des pays individuellement ; c’est une situation qui demande énormément de moyens matériels et financiers, mais aussi en termes de personnels.

La force est opérationnelle pour ce qui est du fuseau Centre ; elle est en train de se mettre en place par rapport aux fuseaux Est et Ouest. C’est dire que la force est en place entre le Burkina, le Mali et le Niger où il y a des menaces réelles et très actives. Le Niger a mis tous ses bataillons ; les unités burkinabè se sont installées, le Mali est en train d’installer les siennes. Les opérations ont commencé dans ce secteur.

Au niveau du secteur Est (Niger et Tchad), le dispositif est en train de s’installer ; l’espace est délimité, le siège est retenu, les états-majors sont en train de se constituer, et les bataillons sont positionnés dans cette partie. L’autre fuseau (fuseau Ouest) qui concerne la Mauritanie et le Mali est aussi en train de s’installer parce qu’il y a cette menace aussi en Mauritanie, même si on n’entend parler. Il y a une sorte de nébuleuse endormie qui a commencé à réagir dès que le G5 a commencé à s’installer puisqu’il constitue pour elle, une véritable barrière.

Le Niger a profité de la présence de ces forces sur notre territoire pour voir comment elles peuvent renforcer l’Armée nigérienne. Et c’est pourquoi nos forces armées travaillent quotidiennement avec la force Barkhane et les forces américaines qui leurs aident en formation, en équipements mais aussi en renseignement. Car, aujourd’hui, toute la longueur des frontières de notre pays, il n’y a que la frontière avec le Bénin, et c’est la plus petite, qui soit relativement calme.

Sinon au Nord avec la Libye et l’Algérie, à l’Ouest avec le Burkina Faso et le Mali, dans le bassin du Lac Tchad à l’Est et au sud avec le Nigeria, notre pays fait face à des menaces au niveau de toutes ces frontières. Cette coopération militaire, qui a permis au Niger de rester un pays relativement sécurisé. Ce qui est au bénéfice des populations. Il faut louer cet esprit d’anticipation du Président de la République qui a permis de conserver intact notre pays parce qu’il n’y aucune force qui contrôle une quelconque portion de notre territoire national.

C’est extraordinaire dans le climat actuel qui prévaut dans le Sahel, avec la généralisation des menaces, malgré qu’on est dans une guerre asymétrique, parce qu’on a à faire des ennemis invisibles, qui se fondent parmi les populations, qui font usage de tous les moyens avec pour seul but de faire mal peu importe la cible. L’essentiel pour ces groupes terroristes c’est de taper et de tuer. C’est facile de faire mal, puisqu’ils choisissent indistinctement leur cible qui peut être une mosquée, une caserne, un marché, une colonne militaire ou un cortège de mariage, un rassemblement de baptême ou une gare routière, etc….

Il faut que les Nigériens comprennent que si les mosquées ou les marchés ne sont pas attaqués comme dans les autres pays, c’est parce qu’il y a des gens qui tiennent et protègent ces marchés. C’est pourquoi souvent que des gendarmes ont été tués parce qu’ils sécurisent un marché, on entend que des Gardes nationaux ou des policiers sont victimes dans une embuscade dans leurs déplacements pour aller sécuriser tel ou tel axe. C’est le signe que l’Etat du Niger est présent partout.

Mais, il existe des difficultés à assurer la sécurité dans les conditions normales dans certains points, c’est le cas de certains marchés frontaliers, où ces marchés sont fermés notamment à la frontière du Mali et dans le Lac Tchad, parce que ce sont des marchés où les groupes terroristes peuvent venir se ravitailler et se renseigner. Chaque fois que le Niger a des difficultés de ce genre, on évalue la situation et prendre des décisions qui permettent de mieux sécuriser notre population.

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Source: LE TEMPS

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