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Soupçons de survalorisation du site d’Imouraren dans les comptes d’Areva

Le groupe nucléaire français Areva pourrait être prochainement visé par une nouvelle enquête préliminaire, au sujet de la valorisation du site d’Imouraren dans ses comptes 2016, a révélé le Journal du dimanche, dimanche 25 juin.

Dans sa dernière édition du dimanche 25 juin, le Journal du dimanche (JDD) rapporte que la brigade financière aurait réceptionné, mi-mai, une étude remettant en cause la valorisation du site d’Imouraren dans les comptes 2016 d’Areva. Selon le journal, les enquêteurs auraient déjà procédé à des auditions. Et le groupe nucléaire, déjà visé par deux instructions judiciaires au sujet de ses comptes et du rachat d’Uramin, pourrait voir s’ouvrir une nouvelle enquête préliminaire à son encontre.

En 2009, Areva, alors dirigé par Anne Lauvergeon, avait acquis le permis d’exploitation du site d’Imouraren, au Niger. À l’époque, le groupe avait présenté le site comme un « gisement de classe mondiale », abritant 275 000 tonnes de minerais et sur lequel on pourrait produire 500 tonnes d’uranium par an pendant 35 ans.

Gel des travaux sur le site

Areva a investi près de 900 millions d’euros dans la mise en exploitation du site. Mais, en mai 2014, le groupe a dû stopper les travaux, arguant que les conditions de marché n’étaient plus favorables. La majorité du personnel nigérien a été licenciée, et une partie des équipements a été vendue.

Depuis, le groupe affirmait que la mise en exploitation était retardée mais toujours prévue. Il n’a, en 2014, pas intégré de provision pour déprécier sa participation dans le projet. Ses actifs immobilisés y étaient alors évalués à 865 millions d’euros. En 2015, le groupe a déprécié ces actifs de 194 millions d’euros. Idem en 2016, avec une dépréciation de 316 millions d’euros. La valeur des actifs du site n’est plus que de 348 millions d’euros.

Des réserves d’uranium surévaluées

Le JDD, qui a interrogé des géologues ayant étudié le site, s’étonne que la valorisation d’Imouraren n’ait pas été totalement dépréciée en 2014. Déjà en 2012, un géologue s’inquiétait de la surévaluation des réserves d’uranium récupérables, selon le journal qui a aussi recueilli un témoignage dénonçant la légèreté des analyses sur lesquelles se serait basé Areva pour estimer le gisement.

Areva se serait pourtant appuyé sur ces estimations pour proposer à EDF, en 2012, une participation de 19% dans le projet. Selon le journal, l’augmentation de capital du groupe, début 2017, poserait également problème, puisqu’elle se serait appuyée sur la valorisation du site d’Imouraren dans les comptes 2016.

Encore lourdement endetté, et toujours en perte – 665 millions d’euros en 2016 –, le groupe nucléaire essaie de se remettre d’une décennie calamiteuse. Des pérégrinations d’Areva sur le continent de 2005 à 2011 sous la direction d’« Atomic Anne », il ne reste que les mines nigériennes qui étaient déjà en exploitation à cette époque. Toutes les nouvelles opérations lancées à cette période ont été suspendues ou abandonnées.

[author ]Par Jeune Afrique[/author]

5 Comments

  1. Je n’ai ni confiance à AREVA ni à la France. Il ne faut pas qu’ils essayent de nous divertir. Le simple fait que plus de 70 % de l’énergie en France provient des centrales nucléaires qui fonctionnent majoritairement à base de l’uranium du NIGER nous suffit pour dire que la France nous exploite dangereusement et cela depuis plus de 50 ans.
    Que le site d’Imouraren soit sous-évaluer ou sur-évaluer, qu’ils nous laissent diversifier nos partenaires. C’est tout.

  2. Cet article est intéressant. De nombreux journalistes nigériens visiblement mal informés nous ont expliqué que la Niger était très riche en minerai d’uranium et qu’Areva gagnait beaucoup d’argent
    Or, voilà qu’on apprend qu’Areva perd des centaines de millions d’euros et que nos gisements seraient plus faibles que prévu…
    Qui croire??

  3. la production annuelle du projet Imouraren serait de 5000 tonnes au lieu de 500 tonnes. Ce serait plus de la production cumulée de Cominak et Somair

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