Home ACTUALITE TICAD 7 à Yokohama : Le Président Issoufou Mahamadou a présidé vendredi une importante réunion sur « le renforcement de la paix et de la stabilité »…

TICAD 7 à Yokohama : Le Président Issoufou Mahamadou a présidé vendredi une importante réunion sur « le renforcement de la paix et de la stabilité »…

Le Président de la République, SEM Issoufou Mahamadou a participé activement, du mercredi 28 au vendredi 30 août 2019 à Yokohama, au Japon, à la 7ème Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique (TICAD 7).

Peu avant la clôture de cette rencontre, le Chef de l’Etat a présidé les travaux de la Plénière 5, dont le thème était « le renforcement de la paix et de la stabilité. »

Les Chefs d’Etat africains ou leurs représentants, les responsables japonais ainsi que ceux des Organisations Internationales, ont pris la parole lors de cette importante rencontre, évoquant ainsi diverses questions relatives à ce thème.

On peut citer entre autres, le renforcement de la démocratie, l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et l’extrémisme ; les problèmes de réfugiés ; la prévention, la médiation et la résolution des conflits ; les questions de développement et la nouvelle approche proposée par le Japon en matière de paix et de stabilité en Afrique.

S’adressant aux participants à cette rencontre, SEM Issoufou Mahamadou a rappelé que l’Agenda 2063 à travers le premier plan décennal 2013 -2023, se fixe, entre autres objectifs, de faire taire les armes en 2020.

« Tout laisse croire qu’il sera difficile d’atteindre cet objectif, car aux conflits classiques, s’ajoutent d’autres foyers de tension d’un genre nouveau comme la piraterie maritime sur les côtes du continent, le terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad, en Libye, en Somalie, les bandits armés, les preneurs d’otages et les trafiquants de tous genres », estime le Président de la République.

« Ces conflits, s’ils ne sont pas résolus à temps, peuvent compromettre les perspectives de développement économique et social, qui s’offrent au continent », a-t-il ajouté.

Face à toutes ces menaces, le Président Issoufou Mahamadou affirme que « premièrement, nous devons admettre que la sécurité est un bien public mondial et à ce titre, elle est l’affaire de tous les Etats.»

« La sécurité est le domaine par excellence où le multilatéralisme peut agir à condition de repenser profondément les missions des Nations Unies », a-t-il ajouté, invitant « tous les partenaires de la TICAD à soutenir une telle approche. »

Deuxièmement, il est important de se pencher sur les causes profondes de la détérioration de la situation sécuritaire en Afrique notamment dans le bassin du Lac Tchad et dans le Sahel, a dit SEM Issoufou Mahamadou.

Parmi ces causes profondes, le Chef de l’Etat a cité l’extrême pauvreté et l’ignorance.

« La lutte contre le terrorisme et le crime organisé, militaire à court terme, passe par le développement économique et social à moyen et long terme », a-t-il expliqué.

« Il est donc heureux que la TICAD 7 ait décidé de travailler sur trois piliers : accélérer la transformation économique et améliorer l’environnement des affaires à travers l’innovation et l’implication du secteur privé, bâtir une société durable, renforcer la paix et la sécurité », s’est réjoui le Président de la République.

« Pour renforcer la paix et la sécurité, nous soutenons les solutions envisagées dans le plan d’action de Yokohama », a-t-il affirmé.

Pour assurer et sauvegarder la paix et la sécurité notamment au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad, le Président de la République préconise, en premier lieu, « le règlement urgent de la question libyenne qui passe par la restauration de l’Etat en Libye. »

Il faut ensuite mettre nécessairement en œuvre les programmes de développement des zones fragiles en vue de lutter contre la pauvreté et l’ignorance, a-t-il poursuivi.

Troisièmement, SEM Issoufou Mahamadou suggère « la nécessité de coordination en matière de lutte contre le terrorisme au niveau des Etats concernés et la coopération de la communauté internationale. »

Enfin, la lutte contre l’extrémisme et le radicalisme religieux.

Le Chef de l’Etat a par ailleurs souligné « l’importance du chantier de la coopération Japon-Afrique dans divers domaines » et a réaffirmé « notre grand intérêt et notre foi dans le partenariat spécial qui unit le Japon à l’Afrique. »

A l’issue de la Plénière 5, le Chef de l’Etat et plusieurs de ses pairs africains ont participé à une rencontre sur les activités de GAVI, l’Alliance du Vaccin.

Le Président Issoufou Mahamadou a saisi cette occasion pour remercier GAVI pour le soutien apporté au Niger.

GAVI est le principal bailleur de vaccination au Niger, un des principaux partenaires de santé dans notre pays avec des investissements importants, de près de 100 milliards de FCFA, a-t-il indiqué.

Ce soutien de GAVI a permis au Niger d’avoir un taux de couverture vaccinale de plus de 90 pour cent, de financer des vaccins nouveaux et des chaines logistiques qui peuvent permettre d’atteindre chaque enfant partout sur le territoire national, a-t-il expliqué.

Evoquant les « résultats extraordinaires » obtenus grace à l’Alliance du Vaccin, le Chef de l’Etat a dit le nombre de cas de rougeole a passé de 60.000 en 2004 à 1500 cas aujourd’hui.

« Grâce à GAVI, nous avons éliminé le tétanos néo natal et maternel, le poliovirus sauvage et nous avons augmenté le nombre de vaccins disponibles pour la vaccination de routine (de 7 à 14 vaccins) », a poursuivi le Chef de l’Etat.

Toutes ces actions ont contribué à la réduction de la mortalité des femmes et surtout des enfants, s’est-il réjoui.

« Les femmes du Niger, les enfants du Niger peuvent témoigner de l’efficacité des interventions de GAVI au Niger. Ils souhaitent que GAVI continue ses activités, et continue également à rendre accessible et disponible les vaccins », a insisté le Président de la République.

« Les enfants et les femmes du Niger veulent que les autres partenaires techniques développent des vaccins contre certaines maladies infectieuses et non transmissibles par exemple », a-t-il dit.

« Ils veulent que tous les acteurs se mobilisent pour la reconstitution des fonds pour la vaccination pour la période 2021-2025, une période au cours de laquelle GAVI a des programmes ambitieux de vaccination », a-t-il ajouté.

« Bravo GAVI, Bravo. Et je demande à GAVI de poursuivre ses actions en faveurs des femmes et des jeunes enfants du Niger.

En marge de la TICAD 7, le Président de la République a reçu vendredi, successivement, le Directeur Exécutif de GAVI, M. Chioma Nwachukwu, la Directrice Exécutive de l’UNFPA Dr. Natalia Kanem et des ressortissants nigériens dont deux étudiants vivant au Japon.

Par Presidence de la Republique

2 Comments

  1. « LE GRAND MALHEUR DE L’AFRIQUE, C’EST AUSSI L’ABSENCE DE QUALITÉ DE SES DIRIGEANTS »

    Et TOTO A DIT ne fait que partager…….

    L’ancienne juge d’instruction française, Eva Joly, parle de sa croisade contre la corruption sur le continent, dont la plus retentissante concerne la compagnie Elf

    Icône de l’anti-corruption, Eva Joly, a, au cours de sa carrière de juge d’instruction au pôle financier du Palais de Justice de Paris, mis à jour de nombreuses affaires dont la plus retentissante fut le réseau africain de corruption de la compagnie Elf. A son actif également la mise en examen de Roland Dumas, alors président de Conseil Constitutionnel français, ou encore l’affaire Bernard Tapie contre le Crédit Lyonnais. Eva Joly a également conseillé plusieurs gouvernements dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale. En 2012, elle a été désignée candidate à l’élection présidentielle française pour le parti Europe Ecologie Les Verts. 

    Le mois passé, elle était reçue à Londres par l’ONG Tax Justice Network qui lui a remis un Prix pour sa contribution extraordinaire en faveur de la justice fiscale. Idriss Linge l’a rencontrée à cette occasion. Entretien.

    Agence Ecofin : Votre plus grande bataille contre la corruption s’est déroulée en Afrique. Comment avez-vous mené cette enquête ?

    Eva Joly : C’était une enquête qui avait commencé de façon assez modeste à partir d’un dossier de la COB (le gendarme de la Bourse en France, NDLR), à l’époque, concernant la société de textile BIDERMANN. Et j’ai découvert assez rapidement qu’il y a avait de mouvements de fonds pas normaux et au bout d’une longue enquête, j’ai pu déterminer que BIDERMANN avait bénéficié d’un soutien tout à fait anormal d’ELF. Et à partir de là, on est partis en Afrique et j’ai pu ainsi établir qu’il y avait tout un système de corruption et de bénéfices indus. Donc, l’argent de Elf était réparti : un peu retournait en Afrique mais beaucoup restait en France et servait pour les besoin propres des dirigeants, pour leurs femmes, leurs enfants, leurs maitresses, pour leur train de vie. Et c’est effectivement la plus grande enquête anticorruption en Occident depuis la deuxième guerre mondiale. Et ce qui est bien, c’est que nous avons pu la porter jusqu’au bout et que des gens ont été condamnés. 30 personnes ont été condamnées dans ce dossier. Mais c’était la première fois qu’on mettait vraiment à jour le réseau.

    AE : Que vous a appris cette enquête sur l’Afrique ?

    Eva Joly : On a montré comment des dirigeants africains, corrompus par l’argent d’ELF, personnellement, permettaient à la France de s’enrichir au détriment des pays africains. Ça, c’était très intéressant. Et cet aspect-là du dossier n’a pas été vraiment traité, je crois, alors qu’il y avait un matériel qu’on pouvait utiliser scientifiquement.

    AE : Vous n’êtes pas intervenue qu’en Afrique francophone. En Zambie, par exemple, qu’avez-vous découvert ?

    Eva Joly : Oui, la Zambie, comme tous les pays miniers qui vivent de l’extraction des matières premières, ne reçoit pas la juste part de cette rente naturelle qui est vraiment captée par les multinationales qui utilisent tous les « tricks in the book », notamment ils utilisent le tri des transferts au détriment des pays, que ce soit le Mali ou la Zambie. Ils utilisent les paradis fiscaux, comme Maurice pour la Zambie, et les bénéfices réalisés ne vont pas dans les pays où ils pourraient être taxés pour participer au développement.

    En fait, les chiffres que nous avions à l’époque était que la Zambie ne tirait que 50 millions de dollars de cette industrie alors que la valeur de l’exportation était de l’ordre 3 milliards, donc c’était vraiment une petite partie. En plus, il subventionnait l’électricité nécessaire à l’industrie minière, sans compter l’usage des routes et autres… Et donc, c’est tout à fait révoltant. Et la Norvège dans le cadre de son projet d’aide au développement a aidé le gouvernement zambien à modifier les contrats qui le liaient aux multinationales et le résultat a été spectaculaire. Ça n’a malheureusement pas duré parce que le président, qui était anti-corruption et qui avait envie de ce programme (Michael Sata, NDLR), est mort et son successeur (Edgar Lungu, NDLR) est revenu dans les vieilles traditions…

    AE : Comment ces chefs d’Etat peuvent-ils céder à la tentation ?

    Eva Joly : C’est très souvent parce qu’ils sont payés, eux, à titre personnel avec des fonds sur des comptes, pour la Zambie, à Londres. C’est très peu cher pour les multinationales. Ils donnent 100, 120 millions aux dirigeants corrompus et moyennant quoi ils peuvent continuer à piller le pays. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui il faut créer un registre global de biens, mondial, qui permettrait de suivre qui est propriétaire de quoi, partout, et ceci pour pour les pays en développement, comme pour les pays développés. Et ça ce serait un progrès énorme dans la lutte contre la corruption et aussi contre toute forme de criminalité.

    AE : Après toutes ces années à combattre la corruption en Afrique, voyez vous un progrès se dessiner ?

    Eva Joly : Non. Le grand malheur de l’Afrique, c’est aussi l’absence de qualité de ses dirigeants. Et c’est à la société civile d’intervenir, c’est aussi de travailler sur la démocratie et de faire en sorte que les dirigeants soient plus transparents, plus comptables envers la population. Et que cette malédiction s’arrête. Je pense qu’il y a une grande volonté, une grande compréhension aujourd’hui dans les pays développés du fait que nous devons laisser à l’Afrique une plus grande partie de ses richesses. Nous sommes terriblement responsables de la situation au Mali.

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