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Une opposition en perdition !

Ce qui a toujours fait le charme de la démocratie telle que l’avaient conçue les ingénieux athéniens, c’est cette dialectique ontologique entre majorité et opposition, ce vacillement permanent et perpétuel entre une chose et son contraire. La démocratie, la véritable, ne saurait être appréhendée sans cette dialectique immanente à sa substance. Reposant sur cet équilibre, la démocratie suppose donc une dualité, un antagonisme, bref une opposition entre deux conceptions sur la meilleure façon de gérer la cité.

Alors, pour exister et perdurer dans le temps et dans l’espace, le système démocratique doit, perpé- tuellement, se réinventer à partir de cette fracture radicale que l’on nomme majorité et opposition. Aujourd’hui, dans la dissertation du jour, la réflexion portera sur l’état de l’opposition politique nigérienne actuelle, une opposition en grande difficulté stratégique, voire existentielle.

Que vaut aujourd’hui l’opposition nigérienne ?

On ne sait plus aujourd’hui sous quels sigles définitifs on peut désigner l’opposition politique nigé- rienne actuelle, tant elle sera passée championne des dénominations, comme si changer de nom était synonyme de changement de stratégie. A la vérité, ces multiples appellations de l’opposition sont aussi révélatrices de son état de décomposition avancée que de son manque cruel d’imagination pour faire son boulot institutionnel.

Tournée plus vers une irréductibilité pour la cause d’un homme politique rattrapé par les démons de son passé, l’opposition nigérienne est tout simplement absente des débats, car incapable d’occuper l’espace qui est le sien, place usurpée désormais par une société civile aux élans politiques. Cette démission patente de l’opposition nigérienne témoigne de son incapacité congénitale à sortir de cette posture quasi insurrectionnelle pour se projeter sur la voie véritable d’une opposition institutionnelle, responsable, susceptible de constituer une alternance crédible au régime actuel.

Si l’on a pu, à juste titre, saluer la stabilité politique et institutionnelle qui avait caractérisé la Cinquième république, c’est qu’en partie, l’opposition politique de l’époque, en l’occurrence le PNDS/ Tarayya, s’était montré digne du jeu de pouvoir qui était en cours e ce temps-là.

Ainsi, la vitalité d’une dé- mocratie se mesure également par la capacité de l’opposition de remplir pleinement son rôle de contrepouvoir institutionnel. Mais lorsque elle en vient à démissionner devant cette lourde responsabilité, et c’est malheureusement le cas actuel, alors, il va de soi que notre démocratie s’en ressentira profondément. Aujourd’hui, force est de constater que l’opposition politique n’a d’existence que dans la forme, quand elle n’est pas tout simplement diluée dans les réseaux sociaux !

Ni à l’Assemblée où elle est écrasée sous le poids de la majorité parlementaire, ni dans les cercles citoyens où elle brille par son absence, même pas dans la rue où elle a pris, désormais, de sous-traiter ses dé- boires avec sa  »société civile », elle sera plus devenue une ombre errante qui se promène avec son épitaphe macabre :  »ci-gît l’opposition nigérienne ». Le dernier crédit qui lui restait était l’appartenance du MNSD de Seini Oumarou, ce qui donnait une apparence crédible à un mouvement désuni en réalité. Aujourd’hui, l’opposition politique ne vaut pas grande chose et le Président Issoufou et ses collaborateurs peuvent remercier le ciel, puisque, comme disent nos amis ivoiriens : en face, ya rien !

Désormais, au lieu de constituer une force alternative au régime en place, l’opposition politique actuelle se contenterait de se réduire à un simple groupe de pressions pour l’avenir quasi exclusif d’un seul individu. Son attitude actuelle est semblable à celle du capitaine du Titanic, qui avait décidé, stoïquement, de périr sur son paquebot. Ainsi, au Lumana, quoiqu’il en soit, en dépit de l’implacable logique judiciaire, contre vents et marées, le maître-mot sera le naufrage collectif en 2021. Voilà pourquoi, l’opposition politique a un horizon plombé du fait de cette incapacité à transcender ce choix périlleux digne d’un drame cornélien !

La dernière manifestation organisée dans la capitale est d’d’ailleurs symptomatique du malaise actuel qui ronge l’opposition politique nigérienne incapable d’inventer et d’animer une formule de stratégie de lutte politique plus porteuse, c’est-à-dire plus axée sur les attentes des citoyens nigériens désormais las de ces petites querelles byzantines, loin, très loin de leurs préoccupations du moment.

A la vérité, autant les politiques croient avoir acquis de la maturité, autant les militants et les simples citoyens, de par leurs expériences, sont aussi des gens avertis des questions politiques et aspirent, par conséquent, à l’émergence d’une classe politique plus responsable et surtout plus imaginative dans la recherche des solutions à leurs préoccupations. Aujourd’hui, les Nigériens sont un peu nostalgiques de cette forme d’opposition qu’ils avaient connue avec le PNDS/Tarayya, lorsque Zaki, preuves à l’appui, dénonçait les travers mafieux du régime de la Cinquième République, tout en défiant les protagonistes de porter plainte en justice si les allégations les concernant étaient diffamatoires ou calomnieuses !

On se souvient de cette époque glorieuses où le leader rose faisait la tournée des 14 milles villages et hameaux du Niger afin de s’enquérir du  »Niger profond » cher à un certain Kountché. C’est vrai, de nos jours, on ne voit plus ce genre d’opposants atypiques qui s’arrachent à leur luxe urbain pour aller inhaler les odeurs champêtres de la campagne.

C’est pourquoi, d’ailleurs, certains ne portent point le PNDS dans leur cœur, car ils aimeraient que ce parti continue à régenter l’opposition. Mais ce qu’ils oublient ou feignent d’oublier, c’est qu’un parti politique ne peut rester éternellement à l’opposition, puisque dans la définition d’un parti politique se trouvent la conquête et l’exercice du pouvoir ! Dieu merci, les militants du PNDS et le peuple nigérien ont décidé depuis 2011 ceux qui sont aptes à diriger le Niger et ceux qui sont destinés à l’opposition !

Alors si l’opposition politique n’est plus ce qu’elle devrait être, la responsabilité ne devrait pas être recherchée du côté du pouvoir en place qui fait lui son boulot, n’en déplaise à ses détracteurs, mais la faute incomberait, incontestablement, à ce qui tient, aujourd’hui lieu d’opposition, un simple ramassis de frustrés politiques qui ne saurait avoir un dessein national.

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ZAK (OPINIONS N° 383 )

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7 plusieurs commentaires

  1. Hama le pyromane, on instruit tous les tabliers pour ne pas oser vous vendre des allumettes parce qu’on est certain que vous pourriez incendier ce pays de bilma à torodi.

  2. Alla hou Akbar!les malheureux mahamane Ousmane, où est tout l’argent que tu as volé?Tu es vraiment un homme fini.entre le fauteuil présidentiel et toi,c’est comme le pôle nord et le pôle sud.

    • Hum les vrais voleurs se sont rués vers votre Renaissance de peur d’être poursuivi. Mahaman Ousmane c’est la démocratie et l’intégrité. Laisse voir ceux là que tu chante s’ils peuvent être tranquilles et imperturbable une fois le pouvoir attaché.

  3. Apparemment ce nigérien est nostalgique des temps de son mentor, le mal nommé HAMMA+.
    Il fait peut-être partie de ces arrivistes que le pyromane a fabriqués de toutes pièces et déversés dans la fonction publique pour voler . Leur seul remords est qu’ils n’ont plus accès aux caisses pour MANZER.
    Qui disait que le chasseur peut devenir un jour la biche?

  4. Tout ce que les nigeriens qui ne portent pas de lunettes en bois voient aujourd’hui, c’est une opposition qui a decide de se battre contre un systeme malfaisant et vampirique anime par un individu qui a beneficie des ventres mous de la republique pour transformer la democratie nigerienne en pouvoir totalitaire. Nous felicitons tous l’opposition et l’assuront de notre total soutien pour restaurer la democratie et la paix sociale entre nigeriens. Bien entendu, les sangsues du guri ne le voient pas pareil des lors qu’elles ont choisis de troquer leur amour le pays, leur dignite et leur patriotisme contre les prebendes que leur rapporte la gestion vagabonde, le laisser faire et le favoritisme du lionceau de dandadji.

  5. En tout cas, Hama + (je ne sais vraiment pas s’il est un ion électropositif dans cette notation) nous a montré de toutes les couleurs. En tout cas si j’étais un électron, il ne saurait me capter pour retrouver sa forme atomique. Et je vous jure, nous sommes nombreux à qui le nom de Hama donne la chair de poule, par mauvais souvenirs. Des souvenirs d’une vie vécue du seul fait d’une vision d’un homme politique qui estimait que la voie bienveillante de l’Etat qu’il avait suivie pour arriver ne saurait servir aux autres Nigériens issus de parents pauvres comme lui. Une vision d’un homme politique qui a toujours cru que pour gouverner, il faut éteindre toutes les lumières. Je m’arrête là, pour ne pas réveiller les démons.

  6. Ah…… salut, l’artiste. Tout est dit, et bien dit.
    L’opposition actuelle n’a point d’avenir car, ayant à sa tête, un certain HAMMA+, tristement célèbre.
    Les étudiants de ma génération et les fonctionnaires n’ont pas la mémoire courte.

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