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ACTUALITE - Diplomatie - 21 mai 2021

Cessez-le-feu israélo-palestinien, une grande victoire de la diplomatie nigérienne

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Après 11 jours d’un carnage insoutenable, Israël et le Hamas ont signé hier un accord de cessez-le-feu. Ce cessez-le-feu négocié par l’Egypte et le Qatar a pris effet ce vendredi matin. Avant d’arriver à cet arrêt des hostilités, l’armée d’occupation israélienne fidèle à ses habitudes a détruit complétement la bande de Gaza et a commis des crimes abominables.

Il faut rappeler que depuis le début de l’escalade le 10 mai, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu quatre réunions (dont trois à huis-clos) en huit jours sur le conflit israélo-palestinien à la demande de trois de ses membres : la Chine (présidente du Conseil en mai), la Norvège et la Tunisie.

« Le message des quatre réunions du Conseil de sécurité est fort et clair. Il faut mettre fin à la crise, mettre fin aux hostilités, mettre fin à la violence et protéger les civils », avait déclaré l’Ambassadeur chinois aux Nations Unies, Zhang Jun, lors d’un point de presse mercredi.

Toutefois, les membres du Conseil ne sont pas parvenus à s’entendre sur une déclaration ou résolution communes sur la crise en cours. « Bien que (le Conseil) ne s’exprime pas encore d’une seule voix, la position de la majorité écrasante est claire », avait toutefois assuré mardi M. Zhang. L’Ambassadeur chinois avait appelé tous les membres du Conseil « à se joindre aux efforts collectifs pour le cessez-le-feu et la protection des civils ».

Ces affrontements ont fait au moins 240 morts en dix jours (en grande majorité des Palestiniens).

Devant cette horreur et face à l’incapacité de la communauté internationale, bloquée au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, la diplomatie nigérienne, qui a retrouvé toutes ses lustres d’antan a déployé tous ses canaux pour mettre fin aux supplices du vaillant peuple palestinien.

C’est ainsi que sur instructions du Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Mohamed et les directives du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, SEM Hassoumi Massaoudou, le Représentant permanent du Niger à l’ONU, SEM Abdou Abarry a multiplié les contacts et le lobbying pour amener la communauté internationale à mettre au drame à ciel ouvert qui s’est abattu sur les Palestiniens.

En sa qualité à l’ONU de président de l’Organisation pour la coopération islamique et de member de comité Al Qods, un comité qui attire régulièrement l’attention de la communauté internationale contre «la volonté d’Israël d’occuper, de judaïser et d’altérer les monuments de civilisation musulmans et chrétiens de la ville d’Al Qods, partie intégrante des territoires palestiniens occupés et capitale de l’Etat palestinien», le Niger se devait de tout mettre en oeuvre pour mettre fin à la souffrance du people palestinien.

En effet, face à l’impasse au Conseil de Sécurité, deux autres organes intergouvernementaux de l’ONU – l’Assemblée générale à New York et le Conseil des droits de l’homme à Genève – ont été saisis cette semaine pour organiser deux réunions sur la crise israélo-palestinienne. Le Niger et l’Algérie, respectivement présidents de l’Organisation pour la coopération islamique et du groupe des Etats arabes à l’ONU, ont demandé au Président de l’Assemblée générale, Volkan Bozkir, la tenue d’une telle réunion.

Pour le Représentant permanent du Niger à l’ONU, SEM Abdou Abarry, intervenant lors de la réunion de l’Assemblée Générale de l’ONU, « Face au blocage constaté au sein du Conseil de Sécurité qui, après quatre sessions, n’a pas été en mesure de se prononcer sur les graves évènements en cours, l’Assemblée Générale est dans son rôle de contribuer à la désescalade de la violence, pour épargner les vies humaines, arrêter les destructions d’infrastructures et d’habitations qui creusent encore un peu plus, le fossé entre Israéliens et Palestiniens.

Car, poursuit-il pour le Niger, la défense des idéaux et principes de la Charte des Nations Unies n’est pas une option ; c’est un impératif dont le respect est le garant de la paix et de la sécurité de chacun et de tous les États membres, grands ou petits.

La grave situation en Palestine, du fait de l’occupation israélienne constitue pour nous tous, un test quant à notre volonté de respecter les valeurs qui fondent notre Organisation. »

Il a également affirmé avec une forte conviction, « N’ayons pas peur de le dire ! les violences de ces derniers jours sont la conséquence directe de la poursuite de la politique de colonisation effrénée des terres palestiniennes menée par Israël depuis plus de 54 ans.

Cette politique faite d’évictions, d’intimidations, de provocations et de brimades de toutes sortes à l’endroit des populations, en particulier à Jérusalem-Est, du fait des actions des forces de sécurité israéliennes et des colons extrémistes et de surcroit durant le mois béni de Ramadan, a été sans conteste le détonateur du soulèvement auquel nous assistons. Comme elle l’a fait au Conseil, ma délégation condamne, sans réserve, ces actes et appelle Israël, la puissance occupante, à respecter le Droit international et le Droit international humanitaire ».

Le diplomate nigérien a reconnu que, « Nul ne saurait contester, à Israël, le droit de se protéger et de se défendre, comme le martèlent certains, comme si c’était le territoire Israélien qui était occupé.

De même, nul ne saurait envisager ou exiger que des populations sans défense, vivant sous le joug d’une occupation féroce, se résignent à rester éternellement sans réaction, face à l’inertie d’une communauté internationale sensée pourtant les défendre et la protéger ».

Avant de conclure son allocution, l’Ambassadeur Abdou Abarry a notamment insisté sur l’arrêt immédiat des hostilités en déclarant que, « Face à l’urgence, nous devons appeler à la cessation immédiate des hostilités en exigeant l’arrêt des bombardements contre les populations civiles palestiniennes, bombardements qui hélas, n’épargnent ni les camps des réfugiés, ni les écoles, ni même les édifices des Nations Unies, encore moins ceux abritant les organes de presse. Les civils, de quelque bord qu’ils soient, doivent être protégés sans considération d’origine, de race ou de religion, conformément au droit international humanitaire et aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité sur leur protection en temps de conflit.

De même, les tirs de roquettes en direction d’Israël, en réaction aux bombardements, devraient cesser, pour donner une chance à la paix.

En effet, de même qu’on ne peut soigner une maladie en s’attaquant à ses symptômes, on ne pourra pas régler la crise israélo-palestinienne en arrêtant simplement les violences actuelles, comme cela a été fait plusieurs fois déjà. La véritable solution, c’est d’amener Israël à mettre fin à sa politique de colonisation des territoires palestiniens. La véritable solution, dis-je, c’est d’avoir le courage de créer les conditions en vue de l’avènement d’un État palestinien indépendant et viable, dans ses frontières de 1967, vivant côte à côte avec Israël, et avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux résolutions pertinentes de ce Conseil et de l’Assemblée Générale.

Les longues années d’attente, de promesses non tenues, d’espoirs vains, éloignent de la solution à deux États, surtout lorsque par ses agissement, Israël la rend, à terme, irréalisable avec la poursuite de sa politique de bantoustanisation des territoires palestiniens par voie de déguerpissement, de confiscation, et d’occupation illégale des terres palestiniennes.

Ma délégation espère que notre présente réunion contribuera à mettre un terme à cette dangereuse escalade. Nous devons tout mettre en œuvre pour faire triompher la justice, la paix et la liberté. Nous devons avoir le courage de créer les conditions en vue de l’avènement d’un État palestinien indépendant et viable, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale.

Les peuples de cette merveilleuse région, creuset des trois grandes religions monothéistes, nous regardent, le monde aussi. Nous ne devons pas et ne pouvons pas faillir à notre responsabilité historique de les aider ».

Pour leurs parts, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Volkan Bozkir, se sont félicités jeudi soir de l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas après 11 jours de combats.

Le chef de l’ONU « a salué le cessez-le-feu entre Gaza et Israël après 11 jours d’hostilités meurtrières. Il appelle les deux parties à respecter le cessez-le-feu », a dit son porte-parole dans un message posté sur Twitter.

Lors d’un point de presse, Volkan Bozkir a pour sa part estimé que « la nouvelle du cessez-le-feu tardif à Gaza est rassurante ». « C’était l’une des principales demandes des États membres que nous avons entendues lors du débat d’aujourd’hui. Cela montre que lorsque l’Assemblée générale prend l’initiative et que les États membres s’expriment ensemble, nous obtenons des résultats », a-t-il ajouté.

Une quarantaine d’enfants palestiniens ont été tués, et beaucoup plus ont été blessés et déplacés depuis le début de l’escalade des hostilités dans la bande de Gaza.

Par TamtamInfo News

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