Home ACTUALITE “Chaque citoyen a un rôle à jouer dans la défense et la préservation de notre territoire”, affirme le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Directeur du CNESS

“Chaque citoyen a un rôle à jouer dans la défense et la préservation de notre territoire”, affirme le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Directeur du CNESS

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Notre pays, le Niger, fait face aux défis sécuritaires multiformes qui menacent ses efforts de développement, de renforcement de sa jeune démocratie et de modernisation de sa vie publique. Pour y répondre efficacement, il s’est doté d’un cadre de veille et d’anticipation stratégique, le Centre National d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS).

Pour le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Directeur du CNESS, le CNESS est un outil d’aide à la décision, autrement dit un think tank au service de l’Etat et de ses institutions. Ce genre de structure stratégique n’existe généralement que dans les pays occidentaux. Les think tanks sont tellement nécessaires et importants pour la vie publique des Etats qu’ils font l’objet d’observation et d’évaluation rigoureuse. A titre d’exemple, le Général Boulama évoque l’Université de Pennsylvanie qui dispose d’un index qui classifie les Think tank du monde entier en fonction de leur catégorie, leur pertinence, leur importance, leur domaine d’intervention, leur efficacité etc.

C’est dire que ce type d’outil est essentiel pour la construction d’un Etat moderne. Donnant un aperçu sur les think tanks, le Directeur du CNESS indique que « les Etats Unis à eux seuls disposent de près de 2000 think tanks, idem pour l’Europe, tandis que toute l’Afrique réunie compte moins de 500 centres à ce jour. C’est un retard que nos Etats doivent rattraper et les plus hautes autorités de notre pays l’ont bien compris.

Dans tous les cas, les grandes mutations socio-politiques, économiques, culturelles ou environnementales imposent une certaine accélération des décisions. Celles-ci doivent être éclairées pour que l’action soit efficace ». Ayant une claire vision d’un monde en perpétuel mouvement, le Président de la République, Chef de l’Etat, Issoufou Mahamadou a créé par décret, le CNESS, le 16 janvier 2015. Rattaché au Cabinet Civil du Président, ce centre a pour principale mission de mener, en relation avec les services et institutions concernés, des analyses et des études prospectives permanentes sur les enjeux stratégiques de la vie nationale et internationale.

A ce titre, il a entre autres objectifs d’effectuer des études prospectives, de procéder à une évaluation globale des questions sécuritaires et stratégiques et de mener des réflexions dans le domaine des relations internationales, des questions de défense et de sécurité, leur évolution et leur implication sur le développement national.

Pour atteindre les objectifs qui lui sont fixés, un tel Centre doit être constamment animé, produire beaucoup en matière de réflexion et beaucoup former également. Aussi pour le Général Boulama, « l’animation, la production et la formation constituent en quelque sorte notre feuille de route qui a été élaborée dans une première phase, sous forme d’un plan d’orientation stratégique pour une durée initiale de trois ans. Ce plan a été validé le 9 mars dernier par le Conseil d’orientation du CNESS qui en est son organe décisionnel.

S’agissant du fonctionnement et l’organisation du CNESS, le Directeur du Centre rappelle qu’il s’agit d’un Centre étatique rattaché au Cabinet civile du Président de la République. Le Ministre Directeur de cabinet en est l’autorité hiérarchique, il est également le Président du Conseil d’orientation qui comprend en outre le Ministre chargé des Affaires Etrangères ; Le Ministre chargé de l’Intérieur ; le Ministre chargé de la Défense Nationale ; l’ensemble des recteurs des Universités publiques du Niger, le Directeur de cabinet du Premier Ministre et le Directeur de l’ENAM. Le Conseil d’orientation joue un rôle décisionnel car c’est à lui de définir les orientations stratégiques du Centre et de valider les propositions de la Direction.

A côté de cet organe, nous avons aussi un Conseil Scientifique composé de 7 membres nommés pour un mandat de quatre ans. Ce conseil scientifique qui regroupe d’éminentes personnalités reconnues pour leurs compétences avérées, joue un rôle technique qui consiste entre autres à donner son avis sur les programmes scientifiques du Centre et évaluer la qualité scientifique de ses travaux. Ces deux organes se complètent et garantissent l’objectivité des activités du CNESS. Enfin, vous avez la Direction qui en est l’organe exécutif chargé de l’animation, de la coordination et de la mise en œuvre des programmes du Centre.

Voici en résumé la structure du CNESS. Revenant aux objectifs du centre, il affirme mesurer avec lucidité l’ampleur de la tâche et la qualité des résultats qui sont attendus du CNESS. Mais, qu’il reste optimiste car nous allons nous atteler sans relâche à tout mettre en œuvre pour que la réussite soit au rendez-vous. « Premièrement, nous comptons valoriser les travaux de nos chercheurs et experts locaux à travers les publications du Centre.

Dans ce cadre, notre démarche est inclusive et consistera à impliquer les universitaires, les chercheurs, les experts, les hauts fonctionnaires de l’Etat et les officiers des forces de défense et de sécurité dans l’animation du Centre. Deuxièmement, nous comptons constituer un réseau de partenaires, notamment avec les institutions régionales et internationales poursuivant des objectifs similaires aux nôtres. Enfin, avec l’appui de l’Etat et des partenaires nous comptons renforcer nos moyens d’action qui tournent essentiellement autours des études, de l’analyse prospective et de la formation ».

Concernant les études et les formations, le Général Boulama souligne que les analyses et les sondages font partie des études qui seront publiés par le Centre. Le volet formation s’adressera particulièrement aux fonctionnaires de l’Etat, aux officiers des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux membres de la société civile intéressés par les questions de sécurité. Ces formations se dérouleront sous forme de séminaires de renforcement de capacités, de cycles de formation certifiante, de conférences, colloques et foras. Ici, l’objectif visé est d’accentuer la formation continue des acteurs de la sécurité et surtout de stimuler en eux la réflexion stratégique. « Plus nous avons de cadres bien formés, mieux nous disposerons de grandes capacités de repenser notre stratégie globale et notre politique de défense et de sécurité.

Dans cette même veine, le 14 mars passé, nous avons organisé un premier séminaire de renforcement des capacités des cadres diplomatiques et des officiers des Forces de Défense (FDS), séminaire qui a porté sur le thème : Diplomatie, Défense et Sécurité : Nouveaux acteurs, nouveaux enjeux, nouvelles pratiques. Ce séminaire initial a été l’occasion d’un partage de connaissances sur les enjeux sécuritaires face à l’émergence des acteurs non étatiques et à la montée de l’extrémisme religieux. C’est très significatif et bénéfique d’avoir ce type d’échanges qui permettra aux participants de mieux comprendre certains enjeux contemporains notamment ceux liés à l’émergence des acteurs non étatiques armés ».

Parlant du plan d’orientation stratégique du CNESS, le Général Issa Boulama, Directeur du centre précise que « ce plan tire son essence du programme de Renaissance du Président de la République, Chef de l’Etat et prend en compte la vision prospective de la stratégie de développement durable et de croissance inclusive (SDDCI) « Niger 2035 ». Le plan est également en phase avec les objectifs poursuivis par la Stratégie de Développement et de Sécurité (SDS-SahelNiger) qui est une composante du Plan de Développement Economique et Social (PDES).

Au niveau sous régional, ce plan s’inscrit également dans le cadre des grandes orientations sécuritaires définies par les Chefs d’Etat au niveau du G5 Sahel, de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et de l’Autorité du Liptako Gourma (ALG). Comme je l’avais dit plus haut, ce plan comporte trois axes majeurs qui concernent respectivement le développement des capacités institutionnelles et la mobilisation des ressources du CNESS, le
développement des études et de la recherche et le développement de la formation dont j’ai étayé les contours. Dans ce plan, nous tenons spécifiquement à la mise en œuvre de deux programmes essentiels au niveau du développement des études.

Il s’agit de la mise en place d’un observatoire national des risques avec tout ce que cela impliquera en termes de mobilisation de compétences et de moyens technologiques appropriés. L’observatoire des risques aura pour but de mettre en place un système d’alerte précoce à l’échelle nationale. Il s’agira par un travail d’analyse solide d’identifier ces risques et de créer un système de suivi multidimensionnel à même de doter le gouvernement nigérien d’un outil d’anticipation, de prévention et d’aide à la décision.

Ensuite, nous tenons également à l’élaboration d’un projet de politique nationale de défense et de sécurité qui comportera trois phases essentielles : Une phase d’initiation et d’ébauche où nous allons tout d’abord faire l’état des lieux de tout ce qui existe en la matière ; une phase de conciliation et de consolidation qui consistera à réunir tous les acteurs concernés en vue de dégager et rédiger les grandes lignes du projet et enfin une phase de validation du projet dont l’élaboration sera confiée à des experts nationaux de haut niveau ».

Le CNESS jouera un rôle important sur le plan sous-régional. D’ores et déjà nous a expliqué le Directeur du centre, « nous partageons également les mêmes communautés, les réalités climatiques sont presque identiques, les défis économiques, politiques et les menaces sécuritaires restent les mêmes dans toute la bande sahélo-saharienne. De ce point de vue, le Niger, en tant que zone tampon entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, apparaît certainement, comme le pays le plus approprié pour l’expérimentation d’un organe dédié aux études stratégiques et d’analyse de sécurité.

Outre sa pertinence nationale, le Centre aura aussi pour rôle de servir comme un véritable outil de recherche et d’action pour toute la sous-région. Dans ce cadre, nous comptons travailler étroitement avec les organisations sous régionales et régionales. Notre vocation c’est d’accompagner les décideurs tant au plan national qu’au niveau régional et même international. Nous avons déjà commencé à développer des partenariats stratégiques notamment avec la CEN-SAD qui nous accompagne déjà dans le processus d’implantation du Centre.

Nous allons continuer l’offensive dans ce sens, en essayant de fédérer tous les acteurs régionaux de la sécurité autour du CNESS ».

Le Général Issa Boulama a enfin salué la clairvoyance des plus hautes autorités pour la mise en place de cet outil d’aide à la décision. Notre ambition est de faire du CNESS un centre d’excellence où l’ensemble des nigériens intéressés par les questions stratégiques pourront s’affirmer et apporter leur contribution à travers la réflexion sur les enjeux stratégiques et la défense des intérêts fondamentaux de la nation. Notre pays est un acteur régional clé dans la lutte contre le terrorisme. A ce titre nous sommes acteurs de notre sécurité collective et chaque citoyen a un rôle à jouer dans la défense et la préservation de notre territoire.

[author ]Namalka Bozari (Allo Tamtam N° 01 du 23 mai 2017 ) [/author]

10 Comments

  1. je demande quelle strategie vous développer et elles servent a quoi en réalité, si toute fois des individus se font le plaisir d’attaquer nos FDS. Allons seulement ont peut tromper une partie du peuple mais on ne pourra tromper tout un peuple et de façon continue.

  2. Merci général porteur de valises du président gouri , Boulama toi qui n’a aucune expérience te voila propulsé général par le tuyau de ton beau frère souleye kane, retourne géré les valises du PR, il y’ a des militaires compétents , ce n’est vraiment pas ta place

  3. La création du CNESS est une bonne initiative , en effet, c’est un organe ,si il est bien exploité, qui permettra à notre pays de faire face aux défis sécuritaires et stratégies développement économique et social . Si également les travaux de recherche et articles de réflexions stratégiques de nos chercheurs seront rationnellement utilisés , beaucoup des erreurs dans certains choix stratégiques seraient évitées et le pays tendrait irréversiblement vers le progrès et le développement économique et social. Nous souhaitons que ce précieux organe soit doté des moyens conséquents à la hauteur des ambitions tracées . La sécurité et le développement économique et social d’un pays n’ont pas des prix .

  4. Ce Centre dédié aux études stratégiques comble un vide et apporteta une valeur ajoutée certaine à la gouvernance au Niger. Notre pays a longtemps pati, en effet, d’une absence de vision globale et à long terme des enjeux. Ce qui ne lui a pas permis d’asseoir une stratégie de développement cohérente sur le long terme. La création du Centre est à mettre à l’actif du Président ISSOUFOU MAHAMADOU, qui démontre, ce faisant, son caractère d’homme d’Etat visionnaire.

    1. C’est vrai ce que vous dites. Toutefois il reste à faire confiance aux intellectuels nigériens et aux nigériens en général dans nos projections sur l’avenir. Personne ne construira ce pays à notre place.
      On ne peut pas créer 8 universités et aller chaque fois chercher quelqu’un d’autre pour nous expliquer, pour nous dire ce qu’il nous faut et comment nous organiser pour l’obtenir.
      Que cesse donc ce complexe d’infériorité.
      Qu’on cesse de blaguer avec l’éducation de nos enfants
      Qu’on cesse d’être toujours à la recherche d’un père….

  5. Merci mon général.
    Pour que ce pays avance il faut que chaque nigérienne et chaque nigérien, dans tous les secteurs d’activité, se conduise comme un soldat au front.
    – il y a la guerre contre les agressions extérieures pour protéger nos frontières
    – il y a la guerre contre nous-mêmes c’est à dire contre tous nos mauvais comportements (attentisme, recherche du gain facile, la méchanceté, la paresse, la haine du voisin, le gaspillage, ….)
    – il y a la guerre contre la pauvreté et la misère qu’on ne peut gagner que par le travail acharné.
    -…………………

      1. MERCI DE LA RÉPLIQUE MAIS JE DIS:
        – il y a la guerre contre nous-mêmes c’est à dire contre tous nos mauvais comportements (attentisme, recherche du gain facile, la méchanceté, la paresse, la haine du voisin, le gaspillage, ….)
        – il y a la guerre contre la pauvreté et la misère qu’on ne peut gagner que par le travail acharné.
        -…………………
        Répondre

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